• II y aura soixante-dix ans, le 5 avril 1951, que les époux Rosenberg furent condamnés à mort pour des faits d'espionnage qu'ils n'ont pas commis. Exécutés 2 ans plus tard, parce que juifs et communistes en pleine guerre froide.Au-delà des jugements sur leur innocence ou leur culpabilité, leur geste de liberté face à l'accusation ne doit pas être considéré comme un épiphénomène de l'Histoire, mais bien comme un acte de résistance contre la « chasse aux sorcières ».Tout cela nous rappelle avec force qu'aucune fin ne peut justifier l'injustifiable : l'atteinte aux libertés individuelles.

    Gérard A. Jaeger est historien, essayiste, romancier et grand reporter Suisse.

  • Depuis près d'un siècle, l'« affaire Seznec » est devenue le roman-feuilleton le plus long de l'histoire judiciaire française. Pour y mettre fin, ce livre reprend le dossier accablant ayant mené à la condamnation de Guillaume Seznec qui n'a été victime ni d'une erreur judiciaire, ni d'une « affaire d'État », ni d'une « machination policière ».

    25 mai 1923. Pierre Quéméneur, négociant en bois et conseiller général du Finistère, et son ami Guillaume Seznec, possesseur d'une scierie à Morlaix, font voyage vers Paris pour y négocier une Cadillac provenant des stocks laissés par l'US Army après 1918. Trois jours plus tard, Seznec rentre seul en Bretagne et nul ne revit jamais son compagnon de voyage.

    L'enquête sur cette disparition le fait passer de témoin à suspect puis de suspect à accusé. À l'automne 1924, la cour d'assises de Quimper le condamne aux travaux forcés à perpétuité. Un ensemble de présomptions avérées et concordantes le désigne coupable d'avoir tué Pierre Quéméneur.

    Personne ne peut imaginer que va bientôt débuter la chronique séculaire d'une folie médiatique tendant à persuader l'opinion publique de l'innocence du condamné.

    Tout en rappelant les méandres de cette longue enquête, l'auteur étudie le difficile dialogue entre une justice attachée aux faits et aux preuves et une opinion publique qui, elle, préfère les fables romanesques. Cet essai d'histoire globale mêle un récit policier, un roman familial, l'analyse d'une fabrique de mensonges, une construction identitaire bretonne, une réflexion politique et la description d'une passion française croisant justice, crime et médias.

  • Une série de crimes sordides ensanglante plusieurs départements de l'Est de la France. Des soldats sont assassinés par un tueur au comportement psychotique déstabilisant. Chargée de l'enquête, la gendarmerie nationale engage des moyens inédits dans une traque macabre et impitoyable. Pourtant, rien ne la préparait à affronter une telle exception dans l'histoire criminelle française. Entre erreur judiciaire et envers du décor, le lieutenant Thierry Massilon et Ayala la journaliste devront plonger dans les tréfonds de leur âme et se confronter aux pires des déviances. Un thriller psychologique haletant qui mélange les sentiments humains et bouleverse tous les repères.

  • 28 septembre 1986. La France est sous le choc. On vient de découvrir à Montigny-lès-Metz les corps sans vie de deux enfants de huit ans, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, massacrés à coups de pierres.
    Rapidement, un coupable est trouvé. Trop rapidement ? Patrick Dils, un timide adolescent de seize ans, écope de la peine maximum, la réclusion criminelle à perpétuité. Il faudra attendre quinze ans et trois procès d'assises pour qu'il soit officiellement innocenté par un verdict d'acquittement en avril 2002. Mais alors, qui est le meurtrier ? Francis Heaulme, le suspect n°1 qui, après avoir bénéficié d'un non-lieu en décembre 2007, est à nouveau dans le collimateur de la justice ? Quelqu'un d'autre ?
    En 2008, un premier ouvrage en forme de contre-enquête minutieuse avait déjà permis de relancer l'affaire, au point d'avoir été versé au dossier d'instruction. Aujourd'hui, entièrement réactualisé et au centre du procès du « routard du crime », ce livre - qui se lit comme un roman - révèle de nombreux éléments nouveaux et des témoignages inédits. En plus de décrypter le processus qui a conduit à l'une des erreurs judiciaires les plus marquantes du XXe siècle, il éclaire d'un jour surprenant des faits qu'on croyait jusqu'à présent presque établis.

  • Les deux enquêtes policières sont prétexte à montrer que deux suspects ne se valent pas. L'action se déroule entre septembre 1991 et mars 1992, en Isère. La police scientifique est balbutiante. Arte s'appelle La Sept.
    Première moitié du roman : parce qu'il est au mauvais endroit au mauvais moment, Jacques Vaudou, agriculteur, veuf, la quarantaine, se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis ; parce que l'inspecteur principal chargé de l'enquête ne brillera pas par son intelligence, il en découlera des invraisemblances, des erreurs de jugement préjudiciables à Jacques. Ce dernier découvrira alors la célébrité du suspect, le pouvoir de la presse qui n'enquête pas, le quant dira-t-on, l'opprobre qui le submerge.
    Béatrice, sa femme, ainsi que Lili, sa fille, sont mortes, fauchées un an plus tôt par un chauffard. Ils continuent pourtant de dialoguer avec la première tout au long du livre. On comprend qu'il ne s'est pas vraiment remis de ce drame. Malgré son athéisme et son pacifisme, il a deux amis : un ancien para d'Indo et le curé. Le hasard l'innocente.
    Seconde moitié : La vie semble reprendre son cours. Mais ce que le hasard nous, il peut le dénouer.
    Jacques rencontre fortuitement le journaliste qui avait couvert son affaire. Sa femme surtout aussi. L'attirance est réciproque. Il cocufie celui-là. Ça pourrait suffire à son bonheur. Mais lui ne peut plus vivre heureux dans ce monde.
    Mieux, une sombre affaire immobilière dans son village sur fond de corruption va lui fournir le prétexte ainsi que la victime de sa vendetta. Dans le déroulé de la machination que Jacques va monter contre ceux qui l'ont précédemment sali, on retrouvera les protagonistes de la première moitié. Avant la chute finale.
    Conclusion : la présomption d'innocence sera fonction du préjugé favorable ou non dont le suspect bénéficiera dans l'opinion. La lumière médiatique braquée sur deux actes similaires ne projettera pas la même ombre sur leurs auteurs. Certains auront le droit d'être coupables, d'autres pas. L'inégalité entre les hommes est là aussi.
    Le genre ? Disons polar sociétal.

  • Le boucher de Meudon

    Jules Mary

    On n'aurait jamais dû laisser le thriller devenir une spéciatlité américaine.

    On est en 1893, banlieue de Paris. Les gares et les trains prendront ici une grande place. Jules Mary a connu Rimbaud, vous savez : "Un joli crime piaulant dans la boue de la rue". Ici, c'est juste dans l'arrière-boutique de la boucherie de Meudon, que tout se passe.

    L'enquête, le médecin légiste et ses experts, le juge d'instruction, le procureur général, on balaiera tous les étages de la vie parisenne, et c'est à couper le souffle.

    Mais tout s'enracine dans la vieille campagne, dans les pulsions brutes, la présence des animaux et le sang sur les mains.

    Jules Mary a été un des grands initiateurs de la littérature populaire en France. La plus noble. Il a beaucoup écrit, après ce "Boucher de Meudon" qui l'a lancé, on l'a un peu oubié - c'est à tort. C'est grâce à des gens comme lui qu'ont pu venir ensuite des Simenon (auquel on pense souvent dans ce livre), et d'autres.

    C'est la période des Troppmann, c'est le moment où la ville devient tentaculaire. Mais il n'y a pas besoin de prétextes raisonnables pour s'enfoncer dans un livre qui se lit à telle allure, jusqu'au bord de la guillotine.

    Un vrai, vrai grand livre. Et il faut que ça se sache.

    FB

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