• C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le coeur de trois hommes. Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

  • Quotidiennement, des agitateurs prennent d'assaut les tribunes pour attiser colères identitaires et passions xénophobes. Leur brutalité verbale, qui vise principalement les «migrants» et les «musulmans», rappelle la violence de ceux qui, dans la première moitié du siècle précédent, vilipendaient les «métèques» et les «juifs». De la même façon que les droites d'antan vitupéraient contre le «judéo-bolchevisme», leurs épigones fustigent l'«islamo-gauchisme», qu'ils associent à l'antisémitisme.

    Or ces mêmes accusateurs font parfois preuve d'une étonnante complaisance lorsqu'ils se trouvent confrontés, dans leurs alentours culturels et idéologiques, à des considérations pour le moins équivoques sur les juifs ou sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Soudain ils deviennent magnanimes et peuvent même trouver à leurs auteurs des circonstances atténuantes. Et ainsi se perpétue l'abject.

  • J'ai dix ans. C'est un dimanche, tôt le matin, l'été, et il fait beau.

    Des éclats de voix. Un meuble qu'on jette au sol et le mur qui vibre sous ma main. Quelque chose de grave se trame : dans ma tête d'enfant, je le sais depuis toujours. Terrifié mais désobéissant, j'ose sortir de ma chambre où on m'a confiné.

    La porte d'entrée est fracassée. Des uniformes, figés, des visages tendus, des yeux noirs. Une femme s'exclame : « Merde, il y a un gamin ! »

    Orphelin, Thomas grandit entre un internat à la discipline étouffante et l'appartement d'une tante mutique. Une fois adulte, croyant tourner le dos à son milieu d'origine et à la vie qui lui était destinée et après quelques errances, il se voit embauché par une entreprise dénommée France réelle. En plus de sa proximité avec l'extrême droite française, celle-ci s'avère bien plus liée que prévu à ce milieu dont il croyait se détourner et à ses propres parents.

    Né en 1964, Thierry Brun a été steward aux Wagons-lits, vendeur de tissus au marché Saint-Pierre et négociateur boursier. Il a notamment publié Surhumain (Plon, 2010), La ligne de tir (Le Passage, 2012) et Ce qui reste de Candeur (Jigal, 2020).

    Né en 1964, Thierry Brun a été steward aux Wagons-lits, vendeur de tissus au marché Saint-Pierre, secrétaire attaché aux passeports d'un importateur russe et négociateur boursier. Il est l'auteur de Surhumain, thriller cyberpunk (Plon, « Nuit blanche » 2010), La ligne de tir (Le Passage, 2012), qui aborde le terrorisme par le roman noir, Les Rapaces (Le Passage, 2016, et Le Livre de Poche, 2017) et Ce qui reste de Candeur (Jigal, 2020).

  • A la manière de Marx dans Le 18 Brumaire, l'un de nos plus grands analystes politiques, spécialiste des mouvements d'opinion, décrypte les impasses des enjeux et des perspectives de la France d'aujourd'hui. Superbement lumineux.
    Quel " Nouveau Monde " a véritablement instauré l'élection d'Emmanuel Macron ? Pourquoi, en emportant le traditionnel clivage gauche-droite, a-t-elle ravivé des oppositions disparues ? Comment la rupture des équilibres politiques anciens a-t-elle entraîné de nouvelles fractures sociales ? En quoi le triomphe du bloc élitaire, étendant son pouvoir sur l'entière société, a-t-il rouvert une grave période de tension et de violence ? Et le rejet de ce libéralisme autoritaire désormais dominant peut-il provoquer, en 2022, la victoire d'un bloc populiste unifié ?
    C'est à toutes ces questions cruciales que répond ici, Jérôme Sainte-Marie. En expert reconnu des études d'opinion et du conseil politique, convoquant l'histoire et l'actualité, le décodage des idéologies et le décryptage des sondages, l'examen critique des appareils administratifs, financiers, médiatiques et des mouvements militants ou contestataires, il montre, recourant à Marx comme à Tocqueville, que loin de s'atomiser, la société française se polarise.
    Jamais la montée aux extrêmes entre les élites et le peuple n'avait été explorée comme ici, dans toute sa profondeur.
    Un exercice pénétrant de lucidité sur aujourd'hui. Une indispensable leçon d'anticipation sur demain. Un essai sur la France contemporaine sans précédent, pour tous ceux qui veulent comprendre et prévoir.

  • Le narrateur est un Français comme les autres, ou presque. La banlieue, ses origines, c'est derrière lui. La victimisation, ce n'est pas son genre. Il vit désormais au coeur de Paris, a fait une grande école, travaille dans la finance, vit avec la femme qu'il aime : il a réussi. Soudain, la machine s'enraye. Dans une France pétrie de peurs, la victoire de l'extrême droite est logique, implacable. La nouvelle prési­dente applique méthodiquement son programme : le «

  • «J'ai passé les dix-huit premières années de ma vie avec des nazis. Rien qu'avec eux. J'ai été élevée, façonnée, harcelée, récompensée par eux. Je ne connaissais personne d'autre: mes grands-parents, mon père, les amis de mon père, les enfants avec qui je passais mes vacances, ma première bande, mon premier copain et même l'homme avec qui je suis mariée aujourd'hui - tous étaient nazis. Plus ou moins radicaux, souvent violents, quelquefois déjà condamnés.»
    Heidi Benneckenstein a vu le jour en 1992 près de Munich dans une famille de la classe moyenne allemande : père inspecteur des douanes, mère au foyer. Rien que de très normal. Sauf que les quatre filles du couple sont élevées, sans poupée Barbie ni dessin animé, dans un monde parallèle où l'on cultive la nostalgie du Troisième Reich et le négationnisme. Expédiée pendant les vacances dans des camps paramilitaires clandestins, fragilisée par un père destructeur, Heidi va d'échecs scolaires en échecs professionnels. Néonazie convaincue à l'adolescence, militante au NPD, le parti ultra-nationaliste, elle décroche de l'extrême droite à dix-neuf ans et revient sur son passé sidérant dans ce témoignage, dont la publication en Allemagne à l'automne 2017 a été très remarquée.

  • Alors que l'extrême droite gagne du terrain en France, Nicolas Lebourg s'adresse à une dizaine de personnages fictifs dont le parcours et les idées les amènent à se tourner vers le vote FN. Du professeur d'histoire-géographie d'Albi à l'étudiant gay nouvellement arrivé à Paris, en passant par l'ouvrier agricole de Senlis, tous sont confrontés à la globalisation, économique et culturelle, à la perte de légitimité des grands partis de droite et de gauche. Écouter ces voix-là, entendre les déceptions politiques, le sentiment de déclin et de déclassement social, et comprendre comment le FN a su s'adresser à eux ouvre l'espace de dialogue indispensable à la vie démocratique. En adressant à chacun de ces électeurs une lettre dédiée, Nicolas Lebourg nous éclaire sur la stratégie de communication sophistiquée dont use le FN pour gagner une grande part de l'électorat. Dans un livre courageux qui combine parcours de vie et réflexions sur l'islam, celui qui se définit à juste titre comme le fils d'un mariage heureux, et donc possible, entre Marianne et Mahomet, pose sur l'islam un regard aussi nouveau que nécessaire.

  • La dernière France

    Jacques Jouet

    À leur mort, vous héritez de vos parents.Dans la hotte, vous trouvez des petites choses banales : quelques pièces d'or, un appartement, des dettes négligeables... et puis ce à quoi vous ne vous attendiez vraiment pas : une bibliothèque cachée, très orientée, un "enfer". C'est une bibliothèque très complète (inachevée) de la pensée et de l'activisme éditorial et journalistique d'extrême droite en France depuis Édouard Drumont jusqu'à Vichy.Vous êtes Lémoni ou Clotilde sa soeur. Qu'est-ce que vous faites, quand vous êtes des personnages de roman ?

  • Nous l'observons chaque jour, dans les journaux, à la radio et à la télévision ou sur Internet. Pieuvre géante, Golem envahissant, fantasme collectif et Grande Peur des biens pensants, l'extrémisme s'impose comme une donnée récurrente. Il sculpte l'actualité. On évoque en vrac un "art extrémiste", des "extrémistes de la cuisine", tout autant que des "Etats extrémistes", des "extrémistes religieux", ou des "partis extrémistes "...
    Le paradoxe, c'est que l'extrémisme est en parallèle largement délaissé par les sciences politiques, qui peinent à identifier cet angoissant OVNI .. Il manquait sur le phénomène un ouvrage de référence, observant avec précision l'extrémisme politique, dans le but d'engager un processus de définition.

  • Elle comme lui s'apprêtent à voter pour la première fois. Alors ils ont décidé de faire le tour des candidats. Tous, même De Beer. De Beer, l'extrémiste, le xénophobe, le leader charismatique au discours vénéneux.

    De ce meeting angoissant, où se mêlent la peur et le dégoût, ils ne vont pas revenir indemnes.

    Sophie Adriansen a publié une quinzaine d'ouvrages en littérature générale et jeunesse, dont Je vous emmène au bout de la ligne (éd. Max Milo) et Max et les poissons (éd. Nathan).

  • « J'ai décidé de ne faire un livre qu'avec des femmes. Après la révolution, il y a eu un climat de guerre civile. Un mouvement d'extrême droite a tué beaucoup de gens, notamment le Premier ministre Sá Carneiro. Pendant un an, ce mouvement a été dirigé par l'ex-président de la République, le général Spinola. Je raconte cette période vue par les femmes de ces personnages masculins, les "crocodiles", ces femmes à qui on ne disait pas tout. Ce sont choses supposées, devinées, qui sont évoquées par ces épouses, ces maîtresses, ces veuves. Cela permet plusieurs registres. C'est un beau défi de ne prendre que des femmes. L'une est sourde, l'autre a un cancer, une autre est très grosse. Les crocodiles, ça vient d'un texte de Tchouang-tseu où il exhorte ces bêtes-là.» (Antonio Lobo Antunes, 1998)

  • Un silence gêné règne toujours au Canada sur les liens que des personnages publics ont entretenus avec des idéologies proches du nazisme.

    Durant les années 1930, alors que la faim, la misère, le chômage et les menaces de guerre écrasent le quotidien des

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