• " Nous n'avons pas tenté une oeuvre originale : on peut éclaircir l'histoire, on ne la renouvelle pas. Nous n'avons pas non plus soutenu une thèse. Nous nous sommes efforcé de montrer comment les choses s'étaient produites, quelles conséquences en étaient résultées, pourquoi, à tel moment, telle décision avait été prise plutôt que telle autre. Ce qu'on découvre, au bout de cette analyse, c'est qu'il n'est pas facile de conduire les peuples, qu'il n'est pas facile non plus de fonder et de conserver un Etat comme l'Etat français, et l'on en garde, en définitive, beaucoup d'indulgence pour les gouvernements. Peut-être ce sentiment est-il la garantie de notre impartialité. Mais comment serions-nous de parti pris puisque notre objet est de présenter dans leur enchaînement les événements de notre histoire ? Nous ne pouvons la juger que par ses résultats. Et, comparant notre condition à celle de nos ancêtres, nous sommes amené à nous dire que le peuple français doit s'estimer heureux quand il vit dans la paix et l'ordre, quand il n'est pas envahi et ravagé, quand il échappe aux guerres de destruction et à ces guerres civiles, non moins redoutables, qui, au cours des siècles, ne l'ont pas épargné. " Ce passage, tiré de l'introduction de ce livre publié en 1924, illustre bien la nature de l'ouvrage. Loin de ce que feront l'école des Annales et l'historiographie marxisante des années 1950 et 1960, Jacques Bainville privilégie une histoire plus " classique " et littéraire qui, tout en se fondant sur l'exactitude des faits et le refus des partis pris, traite singulièrement de l'histoire politique de la France imbriquée dans l'histoire de la politique extérieure que, en tant que journaliste et chroniqueur parlementaire, il connaît sur le bout des doigts. Toute son attention est portée, avec une très grande clarté, sur l'enchaînement des faits au service d'un but, montrer comment la France s'est construite à travers les âges, comment celle de son temps provient de celle d'hier. Un grand bonheur de lecture au contact d'un livre très instructif.

  • Les Pirates, c'est une histoire débutée dans la nuit des temps et illusoirement terminée au siècle dernier, composée de bateaux noirs, de noms terrifiants, de naufragés, de mythes et des trésors... Dans cet ouvrage devenu un classique, Gilles Lapouge évoque les Boucaniers, les Barbaresques, les flibustiers et les écumeurs de la mer de Chine comme autant de figures fascinantes dressées contre l´ordre établi, et contre l´image qu´ils se faisaient de la condition humaine.

  • "Cela ne se fait pas", "il n'y a qu'à", "il faut", "tu veux", "je dois", "toujours", "jamais".


    Voilà comment parle à travers nous notre règlement intérieur.

    Organe critique, siège du jugement, tribunal intime de tous nos procès, il est nommé "surmoi" par la psychanalyse. Trop sévère chez certains, laxiste chez d'autres, il nous empêche souvent de vivre. D'où vient-il ? Comment se forme-t-il ? Comment agit-il ? Ce petit guide vous invite à découvrir, sur les traces de Freud, Ferenczi et Mélanie Klein, ce concept crucial de la psychanalyse. En prime, il vous donnera des pistes pour assouplir votre propre surmoi, afin d'exister par vous-même de façon autonome et authentique.

  • Consciemment ou non, nous prêtons aux autres des sentiments et des intentions qu'ils n'ont pas. Nous avons l'impression d'être à leur place et de bien les connaître. Ce sont pourtant nos propres sentiments que nous projetons sur eux. Les enfants le disent simplement : "C'est celui qui le dit qui y est".

    La projection est un concept psychanalytique dont nous faisons tous l'expérience au quotidien. Que signifie-t-elle ? À quoi sert-elle ? Par quels chemins détournés s'exprime-t-elle ? Honte, peur, jalousie, amertume ou tristesse... quels sentiments dissimule-t-elle ?

    Ce petit guide vous invite à découvrir ce phénomène à la fois courant et extraordinaire qu'est la projection. En prime, il vous permettra de reconnaître, de comprendre et d'accepter vos propres projections.

  • "C'est plus fort que moi", "je n'ai pas pu me retenir"...

    Qu'il s'agisse d'un fou rire ou d'une crise de colère, nous avons tous fait l'expérience de ces débordements irrépressibles d'énergie. La psychanalyse parle de pulsions. Si un simple fou rire ne porte pas à conséquences, l'évacuation de nos pulsions peut prendre des chemins plus pernicieux : actes manqués, somatisation, transposition d'un sentiment d'amour en haine, etc.

    Qu'est-ce qu'une pulsion ? Quels sont ses mécanismes d'expression ? Sommes-nous tous égaux face à nos pulsions ? Ce petit guide fait le point sur la notion de pulsion en psychanalyse, en s'appuyant notamment sur les outils que Freud et ses successeurs nous ont légués. En prime, il nous invite à reconnaître et canaliser nos propres pulsions, pour les mettre au service de nos projets et de nos ambitions.

  • "On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la Politique ? Je réponds que non, et que c´est pour cela que j´écris sur la Politique..." C´est par cette citation de Jean-Jacques Rousseau dans "Le Contrat social" que l´auteur ouvre ce court essai, à la fois simple et savant. Résolument gaulliste et chrétien, fondamentalement humaniste, D. Picard nous entretient de la gouvernance de la France aujourd´hui : - de l´Éducation, où il prône notamment les valeurs classiques de la discipline et de l´importance de l´orthographe ; - de la Politique où il s´inscrit contre la politique des partis, prône leur dissolution pure et simple et opte pour une présence effective de toutes les couches de la population dans le système : véritable démocratie participative - de la Défense, à propos de laquelle il insiste sur la nécessité du maintien d´une autonomie militaire du pays et se défie du fédéralisme. Mais il se positionne aussi sur des sujets tels que la Médecine sous la forme d´une vibrante plaidoirie pour l´homéopathie et une vraie diversité d´approche thérapeutiques, ou la Justice en attaquant sans complaisance l´institution carcérale telle qu´elle se présente aujourd´hui, notamment en remettant en cause une politique d´enfermement systématique. D´une liberté d´esprit vivifiante, ce texte très documenté nous permet de mieux penser la situation de la France dans notre temps : s´appuyant sur des savoirs anciens pour élaborer des réponses pour aujourd´hui, l´auteur donne à penser, ouvre des pistes, éclaire notre histoire d´une lumière chaude et revigorante : celle d´un humanisme de combat.

  •  Roman carrefour, roman indémodable, à la transition du symbolisme vers le moderne, expérimentation essentielle à l´aube du XXe siècle, on n´en pas fini avec Les Faux-Monnayeurs. Récit proliférant, greffe de personnages, fiction par ellipse, mises en abîme, tout ce qu´on décrypte ici vaut pour l´expérience d´écrire aujourd´hui. Sous la direction d´Hélène Baty-Delalande (Paris VII/Cerilac), huit chercheurs en explorent la poétique et les signes, enfin la figure même d´André Gide parmi nous.

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche

  •  L´Afrique, berceau de l´humanité, est aussi le lieu où ont germé les pensées scientifique, artistique, philosophique, spirituelle et religieuse de l´Occident dont la Grèce aura été l´habile courroie de transmission.  L´héritage de l´Occident n´est pas grec, il est foncièrement africain. De nombreuses sources - antiques, classiques, modernes et contemporaines - souvent occultées, l´attestent. Sur cet héritage, l'Occident a élaboré ses propres modes de construction des savoirs et d'appréhension de l'invisible. Aujourd´hui, le passé de l´Occident qui scelle son « africanité » resurgit dans le présent, comme par refoulement, dans diverses manifestations identifiables à un processus d´«africanisation».

    Dans ce livre, avec une volonté et un élan résolument vulgarisateurs, l´auteur examine l´entrelacement du passé et du présent de l´Occident, reflets de son «africanité» et de son «africanisation». Leur mise en regard révèle des codes à décrypter pour les projets d´avenir, pour se prémunir contre les écueils des dérives de l´irrationnel.

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l´Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l´anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des for

  • Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa pet

  • À l'aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire oeuvre d'historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n'ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination. Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu'ils ont endurées. Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barre

  • Un Journal est une source d'exception pour l'historien et pour tous, une approche à l'échelle humaine des conditions d'existence à un temps donné. Lorsqu'il écrit le sien, Otto Gerard (plus tard Gerry) Fischl est un adolescent juif en pleine croissance ca

  • « " Pitchipoï " un nom étrange qui sonnait mal à nos oreilles, nous juifs provençaux bercés dès notre enfance par le patois méridional de Mémé Cohen dont le mari était aconier, un métier typiquement marseillais, avec sa barque de ravitaillement destiné au

  • « Le Neveu de Rameau, ou la supériorité du « fou » sur le « philosophe » ? Et si c´était le contraire ? Les Liaisons dangereuses, un éloge masqué du libertinage ? Voire... La révolte au sérail à la fin des Lettres persanes, une dénonciation déjà féministe

  • Il est fréquemment arrivé après la Shoah que des couples se forment sur un terrain de douleur commune. Fanny et David, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs

  • Depuis la fin de l´année 2010, la légitimité des pouvoirs en place a été mise à mal dans de nombreux pays arabes. Des manifestations de masse ont cherché, avec plus ou moins de réussite, à défaire la violence d´État devenue, au fil du temps, une procédure naturelle de gouvernement des hommes. Mais ces soulèvements populaires ne doivent pas être interprétés comme des « réveils », des « printemps » ou des « révolutions ».
    Éloigné des thèses idéologiques sur la « glaciation islamiste » ou sur les « révolutions arabes » comme nouveaux modèles d´émancipation, cet ouvrage analyse les transformations en cours dans cette région du monde d´abord comme des transgressions symboliques produisant un effet émancipateur, parce qu´elles font croire à l´incroyable et permettent de penser l´impensable.
    Quelles sont les conditions qui doivent être réunies pour que ces sociétés, que l´on dit arabes, inventent en chacune d´elle un espace démocratique ? Tel est l´enjeu fondamental des derniers soulèvements. La tâche actuelle est aussi immense qu´urgente, puisqu´il s´agit de comprendre ce qui est arrivé et d´anticiper sur le probable ou l´inévitable.

  • Gérard Tixier est psychiatre et psychanalyste. Il est intervenu pendant plus de 20 ans dans le cadre de l'association "Urgences psychiatrie". Il est co-auteur de plusieurs ouvrages dont Les Paranos : mieux les comprendre chez Payot et Éloge de la déprime : non à la dictature du bonheur ! chez Milan.

    "J'arrive lorsque la situation est mûre, au paroxysme du conflit. Dès que je pénètre sur les lieux, je dois percevoir l'intensité et les caractéristiques de la crise, capter les moindres signes (gestes, intonations, expressions) et tenter de dédramatiser. Puis, il me faut décrypter ce qui se joue tout en discernant le rôle de chacun et opter pour une stratégie thérapeutique." À toute heure du jour et de la nuit, Gérard Tixier, psychiatre "urgentiste", parcourt la ville pour apporter à domicile les premiers soins à des personnes atteintes d'une souffrance psychique, d'un choc émotionnel ou de troubles mentaux plus ou moins graves.

    30 récits d'intervention "à chaud" nous entraînent au coeur de la folie ordinaire, celle de la détresse affective, mentale, familiale ou sexuelle, et révèlent pour la première fois l'envers du décor d'une société en crise.

    Ce témoignage unique a une vertu pédagogique : il donne des clés pour repérer les prémices de troubles majeurs, fournit une méthodologie d'intervention et aide à rétablir le dialogue.

    Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre.

  • Voici les memoires passionnantes - et hilarantes ! - d´un des plus grands noms de l´edition francaise de la fin du XXe siecle. Un des quatre grands qui ont donné ses lettres de noblesse a la science-fiction dans l´hexagone.
    Dans cette autobiographie, Jacques Sadoul livre enfin ses souvenirs de 35 ans d´edition des litteratures de genre, dont la creation d´une collection SF chez J´ai lu. A travers des rencontres prestigieuses, des hasards saisissants et une foule d´anecdotes, il se fait chroniqueur d´une epoque ou tout etait possible, car tout etait a faire.
    De plus, et pour la premiere fois, vous decouvrirez les visages de vos ecrivains preferes grace a une galerie de portraits photographiques appartenant a la collection personnelle de l´auteur.
    Si vous voulez entrer dans l´intimite des grands de l´edition et du roman populaire, rencontrer Barbara Cartland, Gotlib, van Vogt ou Stephen King, savoir comment les mangas sont apparus en France, qui etaient Jacques Bergier ou Frederic Ditis, participer a la bataille de Librio... alors vous tenez entre vos mains la reference essentielle que tout fan de BD, passionne de SF ou apprenti historien se doit de posseder.
    C´est dans la poche ! est notre heritage, car nous sommes tous les enfants de Sadoul.* * C´est sa femme qui va etre surprise...

  • Comment ne pas être fasciné à la pensée d'être contemporain d'une de ces très rares mutations essentielles de l'écrit, aussi violente et profonde que celle du passage du rouleau au codex, avec son lot d'imprédictible ?
    Affaire technique ou économique ? Elle l'est aussi. Mais c'est d'abord la mutation de ce à quoi nous devons, vis-à-vis de nous-mêmes, notre meilleur : l'imaginaire, la pensée, l'écart silencieux - et tout aussi bien le langage à sa pointe, ce qui nous porte dans la relation à l'autre, poésie compris.
    À preuve, qu'à chacune des grandes époques, l'écrit a tenté de se penser lui-même, dans sa genèse, ses formes, sa réalisation matérielle, et sa diffusion. On est ici sous le signe de grands textes comme la Lettre sur le commerce de la librairie de Diderot.
    Allez, soyons un peu polémiques : on est fatigué de ces discours à la gloire seulement de l'argent et de l'industrie. C'est de civilisation qu'il s'agit.
    Et d'un paradoxe qui rend l'affaire complexe : il y a beau temps que le livre traditionnel est déjà affaire numérique, de bout en bout. Et dans le bouleversement actuel, les lignes de force et de partage rejouent des conflits culturels qui n'ont rien à voir avec la seule question du numérique.
    C'est pour le présent, pour ce que nous avons à inventer au jour le jour, que nous avons à nous saisir d'une réflexion sans concession, nous faire nous-mêmes porteurs d'une complexité (voyez comme je sais vendre...). Longue histoire, de Rabelais à Diderot, de Kant (on verra ici le rôle de son texte Qu'est-ce qu'un livre ?) à Balzac, mais la nouveauté c'est que nous sommes - nous, dont le livre imprimé a été le bain et l'horizon - témoins et acteurs directs d'une bascule à la fois progressive et irréversible, radicale.
    Tous les familiers du monde professionnel du livre, tous les familiers des questions numériques de l'édition connaissent Jean Sarzana et Alain PIerrot. Qu'ils fassent à publie.net cette confiance, pour que ce travail de fond s'insère dans nos réseaux de diffusion, librairies qui nous relaient, grandes bibliothèques d'université, ou les salles de la BPI et d'autres, par simple requête de catalogue, j'en suis profondément touché.  Le livre inclut aussi plusieurs dizaines de liens interactifs, discrètement soulignés, qui vous mèneront aux organismes, rapports, sites, qui en font en lui-même un outil d'étude unique : une interface overte, le temps de la lecture, sur le monde éditorial et les institutions françaises, européennes, internationales qu'il décrit.
    Voici comment Jean Sarzana présente la démarche commune de ce compagnonnage de travail avec Alain Pierrot :

    "AP & JS se croisent depuis un peu plus  de quinze ans dans les différents  circuits de l'édition. Chacun, bien sûr, avec son profil et son  expérience propres : Alain linguiste d'origine, grammairien, observateur plus  qu'acteur à la croisée des techniques numériques et de la transmission du  savoir dans l'enseignement, l'édition et les "arts de la lisibilité" ; Jean  passé par le corps préfectoral, le Trésor, les cabinets ministériels, le  Syndicat national de l'Edition, praticien des problématiques collectives et de  la gestion des ego. Courant 2008, alors en mission auprès de la  SGDL, Jean demande à Alain de participer à un groupe de réflexion qu'il  anime au sein de la Société, l'Atelier de Massa : le courant  passe. L'année dernière, une réflexion commune se fait jour entre eux à  propos de la difficulté à fixer une définition pour le livre dit  numérique. Pris peu à peu au jeu de ces échanges, ils poursuivent  leur démarche interrogative autour de la lecture, du devenir de  l'oeuvre, du droit d'auteur, de certains enjeux de l'action  collective. "Impressions  numériques" naît à l'été 2010 de ce cheminement. Impressions,  parce que tout ce qui touche au numérique se prête encore  mal à l'affirmation".

    Quant au titre, s'il est d'emblée une provocation quant à ce qui aurait pu séparer, dans le geste éditorial, le chemin numérique de la réalisation imprimée, il connote aussi la très haute liberté de pensée d'aute

  • Mallarmé est un poète qui traite les problèmes pleinement philosophiques du sens, de la vérité, des possibilités de l'esprit, mais strictement selon la nature et par les moyens de l'expérience poétique. Dans Mallarmé, c'est le vers, le lexique, la grammaire, les images, qui constituent la pensée comme philosophique : ses notions et sa problématique, son discours et sa logique, sa vision des choses et des dieux, son effort et son style.


    Pierre Campion   Dans l'onde de choc qu'est la mutation numérique du livre, le premier concept affecté est celui de la "page". Ce que nous demandons d'essentiel à la langue, ce qu'elle porte d'exigence de pensée, de rapport au monde, mais le constitue dans l'unité spatiale et blanche de la page, comment le reconduire dans le bruit actuel du monde ?
    Parce que Mallarmé occupe ici une place centrale, nous reprenons cet essai paru aux Presses Universitaires de France en 1994. On est au plus exigeant de l'atelier.  FB   Merci à Gwen Català pour la mise en page et réalisation de cette version numérique. 

  • La magie circulaire de A la Recherche du temps perdu, c'est que le narrateur, tout à la fin, commence de rédiger le livre dont nous venons de finir la lecture. Assomption par le monde des lois de l'écriture, et de son héritage : la grand-mère avec son parler Sévigné, M. de Charlus avec Balzac, et les lectures d'enfance du narrateur, sa passion pour la simplicité de George Sand.
    On sait que Marcel Proust a dû attendre ses 37 ans pour que cet accès à l'écriture de ce qui deviendrait A la Recherche du temps perdu lui soit enfin possible. Mais que toute sa vie et son tavail jusque là y tendaient, depuis les esquisse de Jean Santeuil aux traductions de Ruskin, aux essais sur Baudelaire, Flaubert et Nerval rassemblés dans le Contre Sainte-Beuve.
    Traditionnellement (il a déjà plusieurs fois été édité de façon autonome), ses Journées de lecture sont désormais considérées comme un moment spécifique, une étape de ce virage. Texte pour une fois définitivement fixé par Proust, il sert de préface à sa traduction de Sésame et les Lys de Ruskin (sous le titre initial, encore plus direct, de : Sur la lecture). Mais les matériaux qu'il y emploie sont décisifs : certains s'intègreront quasiment tels quels à Combray. Et admirons, au passage, la place de l'écriture dans cette société à laquelle la première guerre mondiale mettra un terme : le lien lecture-écriture posé de façon aussi liée.
    Et peu importe les livres, même si on croisera Schopenhauer ou Racine et Shakespeare: ce qu'il nous dit, c'est le temps de la lecture, le rapport aux heures, à l'essentielle solitude.
    Texte d'amour, qui nous renforce - très simplement - dans notre rapport nécessaire à lire. Et renouvelle de façon étonnamment vivante le pacte que nous tissons aujourd'hui avec la lecture via nos écrans.

    FB

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