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    Et l'Homme découvrit l'intelligence animale...   Savez-vous que les poissons ont des peines de coeur ? Que les fake news existent chez les gallinacés ? Que le rat sait faire preuve d'intelligence émotionnelle ? Que le poulpe utilise une carte de navigation cognitive pour s'orienter ? Avez-vous déjà entendu parler du podomètre de la fourmi, de l'art de la consolation chez les corbeaux, ou du drongo, un passereau machiavélique qui imite les cris d'alerte d'autres espèces afin de les faire fuir et de leur voler la nourriture ? Les preuves d'une intelligence animale s'accumulent : la mémoire, l'aptitude à résoudre des problèmes, mais aussi la créativité, la sensibilité, et même la culture censée être la dernière barrière infranchissable entre l'être humain et l'animal. En évitant le piège de l'anthropomorphisme, l'auteur raconte, de nombreux exemples à l'appui, cette recherche en plein bouillonnement. Une avancée dans la connaissance qui devrait rendre l'Homme plus conscient de sa place au sein de la nature.

  • Si les sciences ont généré des progrès indiscutables, elles suscitent aussi des inquiétudes. Auraient-elles trahi nos attentes? Seraient-elles responsables, en nous instituant «maîtres et possesseurs de la nature», du dérèglement climatique, de la pollution et de la destruction de la biosphère? L’accusation est trop simpliste, car la science n’est pas indépendante de son contexte socioéconomique et ses applications techniques sont d’abord inscrites dans des choix de société. La science peut tout à fait nous aider à construire un monde où il fait bon vivre, mais l’expérience a montré que le primat du profit la détourne d’un tel objectif.
    En sa qualité de citoyen et d’enseignant-chercheur, Jean-Marie Vigoureux dénonce ainsi le détournement de la science et la marchandisation non régulée de ses applications. Il nous montre comment sciences et techniques servent davantage la finance et la grande industrie que le développement humain, mais aussi pourquoi les valeurs développées par la pratique des sciences sont tout aussi indispensables à notre humanité qu’elles sont essentielles à la démocratie.
    À l’heure où la crise environnementale menace l’humanité dans son existence même, l’émergence d’une réelle science éthique et citoyenne requiert donc la remise en cause du libéralisme et la refondation de nos démocraties autour de l’idée d’un progrès véritable qui ne peut se concevoir que dans la justice et le partage. Comme aimait le rappeler Albert Einstein: «Il est illusoire et dangereux de tout attendre de la science, car la connaissance de ce qui est ne nous renseigne jamais sur ce qui doit être. […] La science peut nous permettre de réaliser les buts que nous nous fixons, mais la détermination de ces buts est en dehors de son domaine. Pour décider du changement, il faut faire appel à des objectifs qui relèvent d’un choix volontaire.»

  • La plupart des physiciens conçoivent la beauté formelle comme la voie royale vers la découverte scientifique. Aveuglés par l'élégance mathématique, ils s'interrogent sur les trous noirs, développent des théories stupéfiantes, inventent des dizaines de nouvelles particules, décrètent des modèles de grande unification. Mais aucune ou presque de ces idées n'a été confirmée par l'observation - en fait, nombre d'entre elles sont tout bonnement invérifiables. Pourtant les théoriciens sont persuadés que leurs gracieuses équations et leurs formules élégantes recèlent de formidables vérités sur la nature. Résultat, la discipline est aujourd'hui dans l'impasse. Dans Lost in Maths, la physicienne Sabine Hossenfelder mène l'enquête pour comprendre comment l'obsession moderne de la beauté empêche de voir le monde tel qu'il est. Elle invite les physiciens à repenser leur façon d'édifier des théories et rappelle la nécessité, pour les scientifiques, d'accepter le désordre et la complexité afin de découvrir la vérité sur notre univers. Sabine Hossenfelder est chercheuse à l'Institut des Études Avancées de Francfort (FIAS) et auteur du blog de vulgarisation Backreaction.

  • En une centaine de textes, d'Apollonius à Théon en passant par Euclide et Ptolémée, vous ne verrez plus les mathématiques de la même manière. Qui a déjà lu l'énoncé original du théorème de Pythagore, qui sait qu'il existe un autre théorème qui porte le nom de Thalès, qui sait où trouver les anecdotes les plus fantasques sur Archimède ? Ce livre permet de donner la parole aux grands mathématiciens de l'Antiquité pour dissiper les mystères qui les entourent : Thalès qui tombe dans un puits, Archimède qui compte le nombre de grains de sable qu'il faudrait pour remplir l'univers, l'invention oubliée du zéro par Jamblique, la quadrature du cercle, le nombre d'or... Cet ouvrage est le premier du genre en France. Accessible à celles et ceux qui sont allergiques aux mathématiques tout en étant passionnant pour les mathématiciens chevronnés, il présente les mathématiques de l'Antiquité gréco-romaine par ses textes, permettant de découvrir comment elles étaient pensées, formulées et rêvées. S'appuyant sur le fonds des Belles Lettres, le livre est enrichi par de nombreuses traductions inédites.

  • La boîte à outils, conceptuels et méthodologiques, du sociologue clinicien, élaborée à partir de divers terrains de recherche ou d'intervention.

    Cet ouvrage de référence rassemble les méthodes et problématiques centrales ainsi que les objets et champs de recherche investis par la sociologie clinique. La spécificité de cette approche tient à la façon d'appréhender et d'analyser les phénomènes sociaux et psychiques, dans une perspective à la fois théorique (elle articule la compréhension des processus sociaux à celle du sujet jusque dans ses processus intrapsychiques) et politique (elle pose au-delà de la critique, la nécessité d'une clinique du social et l'accompagnement des processus de subjectivation).

  • Cette enquête sur l'immense demande de quantification dans le monde moderne examine le développement des significations culturelles de l'objectivité depuis plus de deux siècles. Comment devons-nous tenir compte du prestige actuel des méthodes quantitatives et de leur puissance ? La réponse habituelle est que la quantification est considérée comme souhaitable dans l'enquête sociale et économique depuis ses succès dans l'étude de la nature. Cette justification ne satisfait pas Theodore Porter. Pourquoi, demande-t-il, le genre de succès obtenus dans l'étude des étoiles, des molécules ou des cellules devrait-il être un modèle attrayant pour la recherche sur les sociétés humaines ? Et d'ailleurs comment faut-il comprendre l'omniprésence de la quantification dans les sciences de la nature ? À son avis, nous devrions diriger notre regard dans la direction opposée : en comprenant l'intérêt pour la quantification dans les affaires, le gouvernement et la recherche sociale, nous apprendrons quelque chose de nouveau sur son rôle dans la psychologie, la physique et la médecine. S'appuyant sur un large éventail d'exemples issus des laboratoires et du monde de la comptabilité, des assurances, de l'analyse coûts-avantages et du génie civil, Porter montre qu'il est « parfaitement faux » d'interpréter la rigueur quantitative de la science comme une tendance en quelque sorte inhérente à l'activité de cette dernière, sauf là où les pressions politiques et sociales imposent un compromis. En réalité, la quantification naît d'une tentative pour élaborer une stratégie d'impersonnalité permettant de résister aux pressions de l'extérieur. C'est dans un contexte culturel que l'objectivité prend son essor, la quantification devenant plus importante lorsque les élites sont faibles et les négociations privées suspectes, et que la confiance fait défaut. Theodore M. Porter, professeur d'histoire des sciences à l'université de Californie, à Los Angeles, est l'auteur de The Rise of Statistical Thinking, 1820-1900 (1986), et de Karl Pearson : The Scientific Life in a Statistical Age (2004). Il est membre de l'American Academy of Arts and Sciences. Nouvelle préface de l'auteur. Traduit de l'anglais par Gérard Marino.

  • Émile Meyerson (1859-1933), philosophe français, juif d'origine polonaise, chimiste formé en Allemagne, a élaboré une oeuvre de philosophie des sciences considérable, forte de plusieurs volumes, qui embrasse les conceptions de la science classique comme les principes de la thermodynamique, la théorie de la relativité et la mécanique quantique.
    L'oeuvre de Meyerson a longtemps été négligée dans la tradition épistémologique française, alors qu'elle avait rallié à elle nombre des physiciens aussi éminents qu'Einstein et de Broglie ou des psychiatres comme Minkowski et le jeune Lacan.
    La « philosophie de l'intellect » de Meyerson fait de la recherche d'invariants dans la nature le principe fondamental de la raison et le ressort inaperçu de l'histoire des sciences. Elle a su aussi bien s'expliquer avec la pensée idéaliste allemande qu'interroger le fonctionnement du sens commun. Elle a entretenu des relations complexes avec certaines théories majeures de son temps, celles de Brunschvicg et de Bachelard, ou celles de Frege et de Schlick. Par son analyse des paradigmes scientifiques du passé, Meyerson annonce Koyré et Kuhn, qui se sont d'ailleurs réclamés de lui. Il ouvre ainsi des perspectives plus que jamais d'actualité dans les débats contemporains en philosophie des sciences.
    Frédéric Fruteau de Laclos, agrégé de philosophie, est maître de conférences à l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne et membre du Centre d'histoire des systèmes de pensée moderne. Il a publié en 2009 L'épistémologie d'Émile Meyerson. Une anthropologie de la connaissance et Le cheminement de la penséeselon É. Meyerson, et plus récemment La psychologie des philosophes. De Bergson à Vernant.

  • À la fin du Moyen-Âge, et jusqu'au début de l'époque moderne, l'astronomie n'a pas réellement d'autonomie ni sa fin en elle-même : largement ancillarisée, elle a surtout pour fonction et pour tâche de mesurer les périodes planétaires, et donc le temps. Ce qu'en dit le théologien Andreas Osiander, dans l'Avis au Lecteur ajouté en tête du De Revolutionibus, énonce la définition et la fonction de l'astronomie encore valable - du moins certains le souhaiteraient-ils - au temps de Copernic : « Il revient en propre à l'astronome de faire l'histoire des mouvements célestes (...) de concevoir et d'inventer des hypothèses quelles qu'elles soient par la supposition desquelles on puisse calculer avec exactitude, à partir des principes de la géométrie, ces mouvements tant pour le futur que pour le passé. » Cet ouvrage travaille à vérifier la pertinence de cette définition, à en comprendre les enjeux, et aussi les limites, c'est-à-dire à comprendre comment et pourquoi cette définition de l'astronomie est rapidement devenue insuffisante, inadéquate, et finalement obsolète. Mais il montre aussi, à sa façon, comment la « science moderne » qui est « fille de l'astronomie... descendue du ciel sur la terre le long du plan incliné de Galilée » (Bergson), n'a pu constituer le temps en une variable indépendante qu'en séparant radicalement le temps réel, historique, d'un temps idéal, condition de possibilité des phénomènes physiques. Notre ouvrage peut aussi se lire comme une enquête sur l'origine de ce partage. Édouard Mehl est professeur de philosophie moderne et histoire des sciences à l'Université de Lille, et membre de l'UMR 8163 du CNRS (Savoirs, Textes, Langage). Nicolas Roudet dirige la bibliothèque de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l'Homme en Alsace (MISHA), à l'Université de Strasbourg.

  • Biologie de synthèse, nanotechnologies, liste sans fin de nouveaux gadgets électroniques, de nouveaux artefacts robotiques... La course permanente à l'innovation irresponsable impose au corps social de se soumettre aux développements de multiples nouveautés technologiques.
    Appauvrissement des ressources, accroissement de la pollution, surveillance toujours plus méticuleuse des États et des individus, solitude au travail, en sont le résultat. Surmonter ces problèmes exige de revenir sur l'idée de nature, en prenant conscience qu'il n'y a pas une nature en soi, à notre service, dans laquelle nous pourrions puiser sans fin, mais que l'idée que nous nous faisons d'elle s'est constituée progressivement depuis la fin du XVIe siècle. C'est cette fabrique de l'idée de nature à l'époque moderne et de ses conséquences qui fait l'objet de ce livre.
    Pourquoi avons-nous abandonné notre existence et notre responsabilité pour la fascination du détour technologique ? Résolument à contre-courant, l'auteur rend possible une critique et un dépassement de l'emprise « inéluctable » de l'innovation, de l'économie libérale utilitariste et de la technique sur notre avenir.

  • Avec Albert Einstein (1879-1955), ce sont les fondements mêmes de notre univers qui sont bouleversés, avec les grandeurs physiques et leurs significations: l'espace et le temps sont fusionnés dans sa palette, et bientôt transmutés avec la matière elle-même pour constituer une nouvelle géométrie du monde réel.
    La lumière et les atomes se parent d'aspects quantiques qui préparent une nouvelle vision des objets matériels. Les cieux, ouverts il y a quatre siècles, se mettent à bouger, d'abord à son insu, et la cosmologie, devenue science, révèle que l'étoffe du monde a une histoire, qui est celle d'un déploiement continu de l'espace-temps.
    Cette représentation mentale, qui donne prise sur le monde, s'est formée dans une tête qui pensait, comme nous, mieux que la plupart d'entre nous, comme un chercheur, un philosophe ou un artiste, un homme dans son temps. On tente ici d'en suivre la genèse.
    Michel Paty, Physicien ; Directeur de recherche au CNRS, REHSEIS, Equipe Recherches épistémologiques et historiques sur les sciences exactes et les institutions scientifiques (en 1987).

  • Jean Le Rond d'Alembert (1717-1783), connu pour avoir dirigé l'Encyclopédie avec Denis Diderot, est une figure clé du siècle des Lumières. Mathématicien, il a ouvert de nouvelles voies au développement des méthodes de calcul mathématique physicien, il a unifié les principes de la mécanique des solides et des fluides, et fait faire des progrès considérables à l'astronomie mathématique philosophe enfin, il a, développant une véritable épistémologie avant la lettre, examiné de manière critique la genèse et la signification des connaissances scientifiques, s'intéressant notamment à la question de leur domaine de validité, ainsi qu'aux conditions de leur application.
    D'Alembert témoigne vigoureusement du nouveau rapport qui s'instaure, à l'époque des Lumières, entre les sciences et la philosophie.
    Son oeuvre, qui s'inscrit dans une double filiation, newtonienne et cartésienne, a été déterminante pour le développement d'une conception pleinement rationnelle de la physique mathématique, exprimée dans les oeuvres marquantes de ses disciples, la Mécanique analytique de Lagrange et la Mécanique céleste de Laplace, et son influence, ainsi que celle de sa philosophie, directe sur Condorcet, se fera encore sentir au long du XIXe siècle.
    Michel Paty, Physicien ; Directeur de recherche au CNRS, REHSEIS, Equipe Recherches épistémologiques et historiques sur les sciences exactes et les institutions scientifiques (en 1987).

  • Isaac Newton (1642-1727), mathématicien, physicien, théologien, historien, alchimiste, homme politique et grand commis de l'État, est à l'origine d'une révolution culturelle dont les effets continuent de se faire sentir: l'auteur des Principia Mathematica (1684) a donné sa pleine expansion à la science - telle que la conçoivent les Modernes - en mathématisant le monde, en l'expliquant sans faire intervenir de considération sur la structure ultime du cosmos ou sur le plan de Dieu pour l'univers.
    À partir de Newton, la science laisse à la métaphysique et à la religion le soin de s'interroger sur l'origine des phénomènes physiques et se donne pour tâche l'établissement, de plus en plus rigoureux, des loisgouvernant ces phénomènes - origine du succès planétaire de la science, une fois relayée par la technique.
    On essaie ici de restituer les grands moments de l'oeuvre de cet immense savant, associé à la naissance de l'astronomie moderne à l'explication du mouvement des planètes (avec l'hypothèse d'une force gravitationnelle attirant ces planètes vers le soleil ainsi que les unes vers les autres) à la théorie du mouvement (la mécanique) qu'elle suppose à une explication des phénomènes de la couleur appuyée sur une conception nouvelle de la structure de la lumière à de grands résultats mathématiques, entre autres l'invention du calcul infinitésimal.
    On évoque également sa théologie, son activité politique et administrative, son intérêt pour l'histoire et pour l'alchimie: c'est la place de la rationalité dans la société moderne qui s'en trouve du même coup dévoilée.
    Marco Panza, Assistant en histoire et philosophie des sciences à l'université de Genève (en 1992) ; Chargé de recherche au CNRS (en 2003).

  • Nul doute que notre siècle devra trouver des solutions à ses besoins en énergie et à la dégradation de son environnement. Dans l'état actuel des connaissances, la fission du noyau d'uranium en est une, malheureusement non exempte de défauts. Le moindre est de laisser aux futures générations des déchets embarrassants. Le pire est la crainte qu'elle permette un acte terroriste apocalyptique.

    Pour bien saisir tous les tenants et aboutissants de l'énergie nucléaire, il faut d'abord connaître les premiers tâtonnements scientifiques, les années de recherche fébrile, les décennies de secrets et les confrontations politiques et économiques dont elle a fait l'objet dans le passé. Et aujourd'hui, entre nécessité énergétique et inquiétude, il importe tout autant d'en comprendre les potentialités, avec ses points forts et ses points faibles et, plutôt que de la rejeter sans appel, de militer pour que ceux qui en maîtrisent les techniques soient tenus d'en faire des applications en tous points rassurantes.

    Appuyé sur un imposant travail documentaire, De l'atome au nucléaire - Un siècle de prouesses scientifiques et d'enjeux politiques relate cette histoire centenaire captivante. L'ouvrage est à la portée de tout lecteur qui souhaite comprendre les implications scientifiques, techniques et politiques de la découverte et de l'utilisation de l'énergie atomique et la part d'irrationalité qu'elles ont engendrée. Mais le lecteur ou l'étudiant avide de détails scientifiques et historiques sera aussi comblé, car l'ouvrage comporte un grand nombre de notes complémentaires et de références, fournies en annexe.

  • Faire des recherches fondamentales sur la radioactivité et étudier ses effets sur les organismes vivants : le but conjoint de l'Université de Paris et de l'Institut Pasteur permit au début du XXe siècle le croisement de deux itinéraires d'exception, celui de Marie Curie, la physicienne deux fois nobélisée, et de Claudius Regaud, l'histologiste devenu un spécialiste de l'action des radiations ionisantes sur les tissus. Ces deux chercheurs exceptionnels favoriseront l'émergence d'un modèle institutionnel associant la physico-chimie et le biomédical, qui suscitera plus tard un intérêt international. Habile expérimentateur, Regaud identifia clairement la radiosensibilité des cellules souches, mère de toutes les autres, et la latence des lésions cellulaires transmissibles aux descendants. Visionnaire, il eut la remarquable intuition du rôle du noyau cellulaire comme cible élective des radiations et a souligné l'importance du facteur temps dans les effets de l'irradiation.
    Son travail d'observation et son implication amenèrent le chercheur à devenir thérapeute ; il devint par là-même le héraut d'une radiothérapie anti- cancéreuse scientifique. Co-directeur, avec Marie Curie, de l'Institut du radium (qui deviendra l'Institut Curie), Claudius Regaud a manifesté toute sa vie un intérêt militant pour les aspects sociaux, tant pour la transmission des savoirs que pour l'organisation sanitaire dans la France de l'entre-deux- guerres.
    Jean-Pierre Camilleri, qui fut le directeur médical de l'Institut Curie, est anatomopathologiste, professeur des Universités et directeur honoraire de la Section Médicale de l'Intitut Curie. Jean Coursaget fut le président de l'Institut Curie ; il est médecin et physicien, professeur émérite des Universités et président honoraire de l'Institut Curie.

  • Le XXe siècle a été riche en événements pour les sciences physiques. La découverte de la structure de l'atome et la mécanique quantique ont permis une meilleure compréhension de la matière et, partant, l'essor de l'électronique.
    Une armada de particules ont été identifiées, et une nouvelle représentation des forces et des champs a vu le jour. A partir d'une révision de la mécanique de Newton, la relativité d'Einstein a débouché sur une représentation de l'espace et du temps en une seule entité, l'espace-temps. La compréhension des étoiles et du cosmos s'en est trouvé changée : le concept de " Big bang " en particulier a renouvelé notre vision des origines de l'Univers. La théorie du chaos et l'étude des systèmes dynamiques ont connu leur apogée. Enfin, la physique de la Terre, avec la confirmation de l'hypothèse de la dérive des continents, et l'exploration du Système solaire ont littéralement explosé. Cet ouvrage détaille ces progrès de la connaissance en sciences physiques, en mettant en évidence leurs racines historiques, les nouveautés conceptuelles et les interrogations philosophiques qu'ils suscitent. Ce regard en arrière permettra-t-il d'imaginer ce que sera la physique du XXIe siècle ?
    Michel Paty, docteur ès sciences physiques, docteur en philosophie et historien des sciences, anime l'équipe " Recherches Epistémologiques et Historiques sur les Sciences Exactes et les Institutions Scientifiques " à l'Université Paris 7.

  • À l'image de l'histoire des sciences, celle de la connaissance de la circulation sanguine est le fruit de siècles de tâtonnements, d'avancées, de transmissions et parfois de reculs. Un long cheminement dans lequel se relient trois chaînes de savoirs, trois espaces historiques, géographiques, culturels et linguistiques : la Grèce Antique, le monde arabo-musulman et la chrétienté latine d'Occident. Cette histoire illustre l'importance fondamentale des échanges entre ces « mondes » : si la science moderne a pu exister, c'est notamment grâce aux savoirs grecs que les Arabes ont traduits, enrichis puis transmis par le sud de l'EuropeD'Alcmaion de Crotone, le Grec qui distingue veine et artère au VIe siècle av. J.-C., aux avancées considérables du XXe siècle, en passant par les thèses erronées du gréco-romain Galien et la découverte fondamentale de langlais Harvey au XVIIe siècle, louvrage retrace cette histoire scientifique et médicale, qui est aussi celle des idées et des civilisations. Il permet ainsi de sinterroger sur les conditions propices au développement de la science et sur son rapport étroit avec la religion. Un livre captivant sur lhistoire de la cardiologie, science à laquelle lhomme moderne doit une grande part de sa longévité.

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