• Qu'est-ce que l'inconscient ? Ce n'est pas un théâtre, mais une usine, un lieu et un agent de production. Machines désirantes : l'inconscient n'est ni figuratif ni structural, mais machinique. - Qu'est-ce que le délire ? C'est l'investissement inconscient d'un champ social historique. On délire les races, les continents, les cultures. La schizo-analyse est à la fois l'analyse des machines désirantes et des investissements sociaux qu'elles opèrent. - Qu'est-ce qu'OEdipe ? L'histoire d'une longue « erreur », qui bloque les forces productives de l'inconscient, les fait jouer sur un théâtre d'ombres où se perd la puissance révolutionnaire du désir, les emprisonne dans le système de la famille. Le « familialisme » fut le rêve de la psychiatrie ; la psychanalyse l'accomplit, et les formes modernes de la psychanalyse et de la psychiatrie n'arrivent pas à s'en débarrasser. Tout un détournement de l'inconscient, qui nous empêche à la fois de comprendre et de libérer le processus de la schizophrénie.

    La première édition de L'Anti-OEdipe est parue en 1972.
    Des mêmes auteurs : Mille plateaux (Capitalisme et schizophrénie 2)

  • L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités. - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'État.
    Chaque thème est censé constituer un « plateau », c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
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    Mille plateaux est paru en 1980.
    Des mêmes auteurs : L'Anti-OEdipe (Capitalisme et schizophrénie 1)

  • La théorie de Donald Winnicott (1896-1971) marque un tournant dans l'histoire de la psychologie infantile ; elle nous renseigne sur les conditions d'une existence adulte accomplie. Tout commence dès la naissance, et même avant. Porté par une mère « suffisamment bonne », le nourrisson vit l'illusion d'être à l'origine des événements : il crée un espace intermédiaire entre le rêve et la réalité... Qu'est-ce qu'une mère suffisamment bonne ? Pourquoi le doudou est-il indispensable à l'enfant ? Comment transformer l'agressivité en force créatrice ? D'où vient le sentiment de ne pas être soi, d'être irréel ou de ne rien valoir ? Les concepts winnicottiens présentés dans cet ouvrage offrent des réponses d'une étonnante actualité. Ils mettent au centre de la réalisation de soi la capacité à s'adapter, à accueillir l'inattendu et à faire de l'imprévu une source d'enrichissement personnel.

     Ses découvertes  Son message  Son héritage


    ANNE LEFÈVRE est psychologue clinicienne et psychanalyste. Elle est membre de la Société psychanalytique de Paris. Sa pratique hospitalière avec les enfants durant vingt-cinq ans, ainsi que son abord des adultes « cas limites », l'ont amenée à s'intéresser tout particulièrement à Winnicott.

  • L'essentiel à connaître sur la psychanalyse ! Pourquoi la " psychologie des profondeurs " est-elle devenue la " psychanalyse " ? Comment peut-on analyser notre inconscient ? Qu'a-t-il à nous apprendre ? La discipline fondée par Freud il y a plus d'un siècle demeure mystérieuse. Pourtant, elle nous dévoile le sens caché de nos rêves, de nos fantasmes, de nos actes... y compris les plus absurdes. À travers toutes ses dimensions (théorique, pratique, historique) cet ouvrage propose, en 50 concepts clés, une approche simple de la psychanalyse.
    50 notions dont :
    o le fantasme
    o la sexualité
    o la phobie
    o le lacanisme
    o le rêve
    o le refoulement

  • Inconscient, désir, pulsions, mais aussi psychométrie, troubles en tous genres... Voici l'essentiel des notions de psychologie, pour tous ceux qui souhaitent découvrir la discipline dans une démarche professionnelle ou personnelle. La psychologie est une science humaine qui a beaucoup évolué ces vingt dernières années. L'objectif : l'aborder sous les notions les plus modernes, en laissant une part limitée aux approches psychanalytiques, dont les concepts principaux et la grille de lecture sont essentiels à la compréhension de plusieurs notions mais qui ne peuvent plus résumer la pratique du psychologue. Ariane Calvo aborde les approches cognitives, comportementales, les neurosciences, et la grande évolution du traitement des traumatismes psychiques. Elle s'intéresse également à la psychométrie et aux courants de la psychothérapie.
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  • Avec plus de quatre-vingts ouvrages à son crédit et une place de premier plan dans la littérature américaine, Joyce Carol Oates se voie souvent poser la question : comment devient-on écrivain ?

    Bien que le travail de l'imagination demeure un mystère, Oates fournit, à travers ce livre, un certain nombre de réponses à tous ceux qui s'interrogent sur l'acte d'écrire et le processus de création.

    Traitant non seulement de l'inspiration, mais aussi de la mémoire, de lautocritique et de l'« unique pouvoir de linconscient », Oates aborde la manière dont le langage, les idées et l'expérience se rassemblent pour créer une oeuvre. Sur un plan plus personnel, elle évoque ses premiers pas dès sa plus tendre enfance dans le domaine de l'écriture, offre de précieux conseils aux jeunes écrivains, et samuse presque à décrire les affres de l'auteur au travail.

    Et si, tout au long de ces pages, court le fil du doute et de l'humilité, s'affirme aussi une certitude : l'inspiration et l'énergie et même le génie sont rarement suffisants pour produire une oeuvre d'art littéraire : car faire de la prose est aussi un métier, et un métier doit s'apprendre.

  • Dans ce nouveau séminaire, Jean-Richard Freymann poursuit son exploration subversive de la clinique analytique, à partir de l'idée que les praxis avec l'inconscient renouvellent toutes les pratiques du colloque singulier.  À regarder de près dans la cure analytique, il montre que l'inconscient est bâti sur un tissu complexe de mécanismes : le refoulement, la sublimation, l'idéalisation, la forclusion, le déni, la conversion... Il développe l'hypothèse personnelle que « chaque sujet est porteur de tous les mécanismes psychiques même s'il existe chez chaque être parlant un mécanisme prépondérant ». Les frontières entre les tableaux cliniques sont ainsi questionnées dans un retour à Freud pour interroger Freud avec Lacan mais aussi Lacan avec Freud.

    Témoignant de la vitalité de « l'école de Strasbourg », Jean Richard Freymann propose au lecteur un cheminement dans l'histoire de la psychanalyse, à la fois classique et moderne, pour découvrir une sorte de tresse de dynamiques psychiques qui traversent chaque être parlant.

  • Influence

    François Roustang

    L'influence est l'action cache et continue d'tres inanims ou anims qui dcident du destin de l'homme. Celui-ci, depuis des millnaires, interroge cette puissance pour savoir ce qu'il est autoris entreprendre. Il ne croit plus qu'elle provient des astres. Il la voit l'oeuvre dans ce qu'il subit l'intrieur de lui-mme et travers les relations qu'il entretient avec ses semblables. De nos jours, l'influence a pris le nom d'inconscient, corollaire d'une psych ferme sur elle-mme. Il s'agit en fait de l'appartenance de l'tre humain au monde des vivants, plus prcisment son animalit. Mtaphore de l'influence, l'hypnose, qu'il faudrait appeler veille du corps ou veil de la vie, est la plaque tournante o peuvent s'changer l'animalit de l'homme et son humanit. L'animalit ne peut pas tre humanise si l'humain n'a pas t animalis. L'influence ainsi entendue devient le pralable de la libert. Celle-ci n'est plus l'indpendance dont rvait Narcisse. Elle est l'appropriation par l'homme de ce que lui impose sa condition de vivant. Influence est paru en 1991.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Ce recueil s'est donné pour défi d'être à la hauteur du sujet qui en fait l'objet.

    On y trouvera donc des lettres de psychanalystes bien sûr et même de proches de Lacan de la première heure. Mais aussi celles d'artistes, de scientifiques, de philosophes, etc.,.et pas seulement français mais aussi étrangers.

    On y trouvera aussi et surtout des propos et des arguments inattendus, des plus loufoques au plus sérieux. Des plus intimes aux plus théoriques.

    Le tout forme un « portrait chinois » de la psychanalyse aujourd'hui, qui se confond nécessairement (pour le meilleur comme pour le pire) avec l'effet Lacan et le bilan de son enseignement.

    Laurie Laufer est née en 1964. Psychanalyste, romancière pour la jeunesse, elle est professeure en psychopathologie à l'Université de Paris et directrice du Centre de recherche Psychanalyse, Médecine et Société. Elle est l'auteure de L'Énigme du deuil, (PUF, 2006). Avec Florence Rochefort , elle a dirigé le recueil Qu'est-ce que le genre ? (Payot 2014), et avec Amos Squverer Foucault et la psychanalyse (Herman, 2015).

  • Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • Quelle relation y a-t-il entre la psychanalyse, dont la pratique est fondée sur le langage, et la musique, qu'on dit asémantique parce qu'elle nous bouleverse sans jamais articuler de signification précise ? Pourrait-il y avoir quelque chose de musical dans les phénomènes auxquels la psychanalyse a à faire, et spécialement, dans le cas de la mélancolie ?

    En suivant le dernier enseignement de Lacan, influencé par les théories de Jakobson et de Levi-Strauss, Silvia Lippi construit un parallèle entre psychanalyse et free jazz fondés tous deux sur l'improvisation. La notion de rythme permet d'envisager une modalité de la cure qui n'oppose pas le discours maniaque aux exigences d'un ordre symbolique extrinsèque et forcément répressif. Il ne s'agit plus d'interpréter, mais de rythmer : le jazz a montré que des rythmes et des tempos différents n'empêchent pas l'émergence d'un discours commun entre les éléments du groupe.

    L'auteure propose une approche psychanalytique des psychoses, qui repose plus sur l'invention que sur la réparation et rompt avec une conception déficitaire de cette structure clinique. La psychose devient le paradigme de la lutte contre tout pouvoir centralisé, incarné par les différentes figures paternelles et paternalistes de notre société. Avec le rythme, la psychanalyse redevient clairement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une force d'émancipation.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.

    Dans ce nouveau volume, il amplifie et complète les thèmes abordés dans le tome 1 en étudiant la névrose obsessionnelle à partir des carnets où Freud consigne au jour le jour les séances de l'Homme aux rats.

    Ce journal permet une analyse plus fine des grands traits de la névrose obsessionnelle à partir du texte même de son discours où se révèlent son besoin incessant de vérification, son impossibilité à se déterminer chaque fois qu'il doit faire un choix, la manière dont il répète toujours les mêmes attitudes... mais aussi sa culpabilité constante et son sentiment d'être un criminel.

    Tout au long de ce texte, Charles Melman nous mène, pour notre plus grand intérêt, dans le dédale de cette pathologie qui conserve malgré tout sa part de mystère.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud

  • Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une cession extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir

  • L'intuition : Est-ce un don ? Une émotion ? Une expérience ? Un sixième sens ? Quelle est sa nature? D'où vient-elle ? Est-elle réflexe, instinct "animal"... ou véritable intelligence ? Qu'en pensent certains scientifiques d'aujourd'hui ? Qu'apporte-t- elle ? Nous est-elle utile dans notre quotidien ? Doit-on lui faire confiance ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage répond et sur lequel il apporte un regard innovant.

    Apprendre à écouter est l'une des clés dont chacun de nous peut s'emparer pour construire une vie plus en harmonie avec ses désirs profonds. Mais, pour cela, il faut être conscient des atouts et des bienfaits de l'intuition. Par sa justesse, son authenticité, elle nourrit notre créativité, nous guide et nous aide à avancer.

    Les multiples témoignages que vous trouverez dans cet ouvrage nous montrent combien l'intuition peut changer nos vies.

    Pour vous aider à écouter votre capacité intuitive et la développer, les auteurs ont conçu le quotient d'écoute de l'intuition (Q.E.I.).

    Allez sur www.qei.fr pour le découvrir.

  • Pourquoi avons-nous du mal à être nous-mêmes ? Parce que nous avons des blocages. De toutes sortes, souvent fondés sur une peur, ils menacent d'empoisonner notre existence et nous empêchent de nous réaliser. Ils nous paralysent et entretiennent en nous un sentiment de malaise. Pour aider celles et ceux qui souffrent à s'en libérer, ce guide décrypte le mécanisme du blocage, propose une typologie des peurs, ainsi que des pistes pour s'en débarrasser. Cette nouvelle édition est enrichie d'un cahier d'exercices à pratiquer au quotidien.

    Une auteure experte - Un guide pas à pas - Des exercices pratiques

  • Les interrogations sur le métier de psychanalyste sont nombreuses. Quelle peut ou doit être sa formation ? Quel est son rapport avec la médecine (mais aussi avec la psychologie ou la philosophie) ? Qu'en est-il du contre-transfert ? Du désir de l'analyste ? Peut-on, selon le voeu de Ferenczi, parvenir à une « métapsychologie des processus psychiques de l'analyste » ? Doit-on d'ailleurs viser à cela ? Jusqu'à quel point les formes de son action peuvent-elles varier, en fonction de la singularité des cas, de la mutation des discours sociaux, de l'apparition de nouvelles pathologies ? 

    Plus encore que la psychanalyse d'un point de vue idéal, c'est le psychanalyste au travail, dans sa pratique quotidienne, que questionnent les auteurs. Leur perspective n'est pas métapsychanalytique. Ils n'adoptent pas une position de surplomb qui les ferait théoriser, de l'extérieur, sur leur métier. Au contraire, ils montrent que la pratique analytique elle même ne se soutient que de la position que prend l'analyste par rapport à son acte et d'un désir qui se remet toujours en question.

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  • « Les femmes infertiles m'ont tout appris. Leur souffrance, leurs symptômes, les paradoxes de leur désir d'enfant m'ont offert une expérience clinique inattendue à laquelle le discours universitaire ne m'avait pas préparé. Parfois, même souvent, elles conçoivent sans traitement, au-delà de tout espoir thérapeutique. Me rappelant ainsi que rien n'a d'effet sur le corps si la dimension du sujet humain et le mystère de la vie ne sont pas respectés. Leur refus de concevoir témoigne que l'objectivité scientifique et la matérialité de la société de consommation éloignent de la vie au lieu de la servir.

    L'être humain souffre toujours de ses limites et de son impuissance mais aussi de ses excès qui le précipitent dans l'illusion du bonheur par le comblement du manque. Ces nouveaux symptômes interfèrent avec les influences sociétales pour décider de l'avènement de la vie. Aujourd'hui, les femmes me conduisent plus loin encore. Leur témoignage ouvre sur l'universel. Car tout être humain peut entendre, quel que soit son sexe, qu'il lui est possible un jour de se retourner sur sa vie pour changer son destin... » J. R.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée, quand c'est le réel de l'expérience psychanalytique qu'il est question de penser, dans ce livre, avec Lacan ?

    S'orienter dans la pensée, puisqu'au dire de Lacan nous pensons avec nos pieds, c'est marcher. Ce que pratiquait Aristote. Marcher, comme dit écrivant Madame Bovary Gustave Flaubert, droit sur un cheveu. Mais pour marcher droit sur un cheveu que faut-il savoir ? Il faut savoir se faire fourmi, comme celle que dessine Escher traçant sa piste sur la ligne plus mince qu'un cheveu du ruban de Möbius. C'est sur son grand huit que se lance la parole dans l'expérience analytique, au bord du trou de l'inconscient où penser c'est perdre le fil. 

    D'où le vertigo d'OEdipe sur le grand huit de la vérité. Giorgio de Chirico l'a bien compris : devant la sphinge aux yeux clos, OEdipe n'a plus sa tête. C'est sur ce mannequin métaphysique d'OEdipe que Freud a taillé sur mesure son complexe normatif. 

    C'est au-delà de l'OEdipe qu'avec Lacan (mais aussi Bataille, Blanchot et Beckett) nous avons à penser l'inconscient et le symptôme, la passe et le contrôle, la jouissance et la féminité, l'angoisse et la phobie, la tristesse vicieuse et le déchet, la ségrégation et les camps.

    M. B.

  • Les songes, ces visiteurs nocturnes, vont du rêve le plus banal, bien que toujours obscur, au cauchemar le plus troublant. Le sommeil est riche de ces fantômes de la nuit, que le dormeur s'en souvienne ou non.

    La frontière entre rêve et cauchemar paraît parfois floue et peut être facilement franchie. Le rêveur glisse alors de l'un à l'autre dans des affects partagés entre plaisir fugace et douleur nostalgique. Mais alors, y a-t-il une spécificité du cauchemar ? Est-il simplement un rêve comme un autre qui, bien que de mauvaise compagnie, répondrait aux mêmes règles ? Ou bien est-il un cas limite de rêves qui n'aurait pas les mêmes causes et ne viserait pas les mêmes objectifs ?

    /> Partant de la constatation, comme le fit Freud, que les premières expériences oniriques des enfants sont plutôt de l'ordre des cauchemars, Martine Menès s'intéresse à ce qu'il en reste dans les cauchemars ultérieurs. Et en particulier dans ceux dits traumatiques qui a priori sembleraient ne dépendre que de faits actuels. L'ouvrage est ponctué de récits (rêves, cauchemars) relatés dans le style poétique qui est la narration la plus proche du discours de l'inconscient.

  • Qu'est-ce que rêver ? Plus d'un siècle après la publication de L'interprétation des rêves, Pierre Bruno mène une enquête sur la culture du rêve, comme un préalable à la question au coeur de la découverte freudienne soit « Quelle est la Deutung (interprétation ou signifiance) du rêve ? »

    Jusqu'à Freud, le rêve n'est pas appréhendé en propre. Il est régulièrement imbriqué dans une fonction politique, religieuse ou artistique qui n'est pas sans biaiser son interprétation.

    Freud pose que la fonction du rêve est d'accomplir un souhait inconscient. Lacan, de façon explicite, tient le rêve comme étant le résultat du travail qui fait passer la jouissance (en elle-même non symbolisable) à l'inconscient, dont la nature est langagière.

    /> En s'appuyant sur de nombreux récits de rêves issus de la littérature et de sa pratique, Pierre Bruno considère de façon nouvelle ces deux positions, sans les contredire, et en tire des conséquences concrètes  dans la pratique de l'interprétation et dans la direction de la cure. Il soutient d'une part que la déformation du rêve n'est pas seulement l'effet du refoulement et, d'autre part, que le rêve est le contraire du fantasme. Le rêve a pour fonction de séparer le rêveur du savoir de l'Autre, en le décalant de l'emprise que le langage exerce sur tout sujet. Autrement dit, le rêve introduit le rêveur au consentement d'une inaccessibilité ultime de l'inconscient - seule voie pour ne pas s'effrayer du réel.

  • Centré autour de thématiques clés (paradigmes émergents, questions de méthode, autisme et troubles envahissants du développement, pratique de l'épistémologie psychodynamique en clinique interdisciplinaire), cet ouvrage met au travail les problèmes épistémologiques et méthodologiques de la psychiatrie d'aujourd'hui au regard de l'avancée des neurosciences et de la recherche psychanalytique.

    Il s'attache à montrer comment la complexité de la clinique contemporaine exige de s'installer à l'interface de ces disciplines régies par des épistémologies différentes. Sans tenter d'y chercher une complémentarité totalisante, les auteurs en explorent les convergences possibles pour une  meilleure compréhension du fonctionnement cérébral et du travail psychique.

    Cette articulation conceptuelle entre causalité physique et causalité psychique, qui ne vient pas remplacer le clivage classique psyché /soma produit une réflexion épistémologique pouvant guider la pratique clinique.

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