• La décennie révolutionnaire fut le théâtre d'un conflit politico-religieux passionné dont l'histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, d'églises vandalisées et d'un catholicisme malmené et banni. S'il n'a pas lieu de le nier, la question religieuse pendant la Révolution est néanmoins trop ambiguë pour amalgamer antireligion et anticléricalisme. Un gouffre opposa en réalité le fanatisme de quelques-uns de ceux qui dénonçaient les conséquences néfastes de l'intrusion du clergé aussi bien dans le domaine public que privé. Reste qu'en s'attaquant de front à l'Église catholique de France pour la mettre au pas, les révolutionnaires ont froissé une partie de la société en ne prenant pas le poids de l'attachement populaire à l'institution et à ses hommes. Leur volonté de contrer l'influence et la puissance cléricales déboucha sur une crise d'une ampleur rare dont Christine Le Bozec livre, en historienne, les tenants et les aboutissants.  

  • En effet, à la différence de la domination et de la coercition, l'autorité est la parole du collectif, elle est le Tiers qui conditionne tout ensemble le langage et le rapport à autrui. Comment faire autorité dans la famille, à l'école, au travail ou en politique lorsque toute position d'exception se trouve par avance récusée, contestée, sinon méprisée ? Qu'est-ce qu'une société dans laquelle plus personne n'assume la position d'exception et les normes de la vie ensemble ? Quelles en sont les conséquences sur la construction psychique de l'autonomie et de la responsabilité ?

    Dans un dialogue constructif, Jean-Pierre Lebrun et Alain Eraly, appartenant à des disciplines différentes, croisent leurs approches et s'essaient à concevoir de nouvelles formes d'autorité au service du commun, plus respectueuses de nos valeurs démocratiques.

  • À qui confier la prévention, la dénonciation et l'interdiction de l'abus ? À Dieu, répond Philippe Lefebvre, montrant comment il intervient dans les vies des personnages bibliques. Un Dieu qui, lui, pratique vraiment la tolérance zéro. Et qui attend que son Église se conforme à sa réprobation absolue. Un pamphlet salutaire.
    Comment tuer Jésus ? En voulant ignorer le mal. Trop longtemps, l'Église s'est tue sur les abus qui avaient lieu en son sein. Trop longtemps, l'Église n'a pas confronté ce scandale à la lumière de l'Écriture. Trop longtemps, l'Église a cru qu'elle n'avait qu'à continuer un chemin déjà connu.
    C'est pourquoi Philippe Lefebvre a décidé de prendre la parole. Sans outrance ni effet, sans fard ni concession, le plus créatif des exégètes éclaire les témoignages contemporains à la lumière de nombreuses pages bibliques et montre comment toute intervention divine refuse les sentiers tracés d'avance. Et combien sont exaltés, au contraire, la disponibilité, l'éveil, la bifurcation, afin de ne laisser personne sur le bord du chemin.
    De Moïse, qui fait un détour pour rencontrer Dieu dans le Buisson ardent, au Samaritain de la parabole, qui fait un détour pour prendre soin d'un blessé, la logique du cheminement est de savoir bifurquer pour un bien qui, pour être inconnu, n'en est pas moins pressenti comme supérieur, nécessaire.
    Voilà ce que nous enseigne Dieu lui-même, qui va à rebours des silences coupables et des processus convenus.
    Sinon ? Sinon, notre silence tue Jésus, son enseignement et tous ceux qui, en Lui, sont bafoués.
    Un livre choc. Un écrit salutaire.

  • Des lettres bouleversantes. 
    Une jeune femme enfermée. 
    Un mystère à résoudre. 
    1956. Ivy Jenkins s'apprête à donner naissance à son premier enfant. Mais la société puritaine britannique des années 1950 ne lui permettra pas de profiter de ce bonheur. Abandonnée par son amant, répudiée par sa famille, elle est internée de force à St. Margaret, un couvent pour mères célibataires.  Très rapidement, l'institution la sépare de son bébé. 2017. Samantha Harper, une jeune journaliste, tombe sur  des lettres déchirantes qui révèlent les terribles conditions  de détention d'Ivy Jenkins à St. Margaret. Au fil de ses recherches, elle découvre une série de morts suspectes. Alors que le couvent est sur le point d'être démoli, il ne lui reste plus que quelques heures pour faire éclater la vérité. Avant qu'elle ne soit ensevelie à jamais...
    Un premier roman suffocant, inspiré de faits réels, qui mêle avec brio mystère et suspense. Aussi émouvant que dérangeant, Les Enfants perdus de St. Margaret s'est déjà vendu à plus  de 350 000 exemplaires dans le monde.
    « On vous garantit des montagnes russes émotionnelles. » My Weekly
    « Quelle lecture enchanteresse, déchirante, magnifique-ment écrite et intense ! Ce livre m'a apporté tout ce que j'ai toujours recherché dans un roman, et plus encore. » The Writing Garnet 

  • La liberté de connaitre une vie intime, amoureuse, sexuelle participe, pour chacun d'entre nous, de la construction de soi et de l'édification de relations interpersonnelles. Ces expériences ne sont pourtant pas également accessibles à tous.

    Dans les établissements médico-sociaux, organisés selon des principes de vie collective et d'accompagnement, quels espaces de liberté et d'intimité sont-ils ouverts pour les personnes qu'ils accueillent ?

    Issu d'une recherche de terrain, l'ouvrage donne la parole aux personnes en situation de handicap et aux professionnels qui cheminent à leurs côtés. Quelle diversité d'approches et de pratiques leur propos révèlent-ils?

  • Dans une approche de l'éducation cohérente avec la complexité de la sexualité humaine, ce guide présente des outils pratiques permettant la préparation, l'animation et l'évaluation de séances d'éducation sexuelle auprès de tous les publics, à tous les âges de la vie, en milieu scolaire ou en institution.

    Conçu par une équipe multidisciplinaire, son objectif est de fournir aux professionnels de l'éducation, de l'enseignement, du secteur médico-social, de la prévention... des supports concrets pour accompagner l'échange, la communication, la découverte de la sexualité dans toutes ses dimensions, cognitives, affectives et émotionnelles. Il propose également un modèle d'organisation (financier, réglementaire, éthique, déontologique etc.) nécessaire à la mise en place d'un projet d'éducation sexuelle en institution.

    Ce guide d'éducation à la sexualité repose sur une organisation structurée avec des fondements théoriques solides issus de différentes disciplines (sociologie, psychologie, philosophie, anthropologie, biologie, etc.) et sur des pratiques pédagogiques réfléchies, nécessitant une formation rigoureuse des intervenants. En accord avec les recommandations de l'OMS, il soutient que l'éducation améliore les connaissances et l'estime de soi, change les attitudes, interroge les normes de genre et les normes sociales, et permet aux sujets de faire des choix conscients et respectueux concernant les relations interpersonnelles et la sexualité.

  • La loi, c'est eux !Pour faire une loi, il faut être ministre. Pour être ministre en France en 2016, il vaut mieux avoir commencé très tôt à prendre le bon chemin, faire les bons choix, entrer dans les bons moules... et attendre son tour. Tout ça, Emmanuel Macron l'a bien compris ! Après un parcours sans faute (lycée privé, Khâgne, Science Po, ENA...), le voici en 2014 ministre de l'économie. Succédant au turbulent Arnaud Montebourg, il hérite du projet de loi pour la croissance et le pouvoir d'achat qu'il a pour mission de faire adopter avec l'aide de ses conseillers. Réunions interministérielles, débats parlementaires, conférences de presse, manifestations, avis du Conseil d'État... avant d'être mise en application, la « loi Macron » va devoir passer à la moulinette des institutions françaises. Et les méandres du Parlement s'avèrent parfois hostiles et pleines de surprises, surtout pour qui a peu l'habitude de les pratiquer.Aurel, spécialiste du dessin politique, et les journalistes Hélène Bekmezian et Patrick Roger utilisent cette loi médiatique pour nous raconter la création d'une loi en France comme autant d'épreuves d'un jeu de société ou d'un parcours du combattant mélodramatique et toujours très théâtral devant la "représentation" nationale de l'Assemblée. Ils trouvent là un moyen judicieux et ludique d'expliquer à tous les citoyens que nous sommes le fonctionnement de nos institutions, écrasées par une complexité, une technicité et une rigueur bureaucratique qui effraient.

  • L'adjectif « phorique » nous vient du grec ancien (phorein) et veut dire « porter », aussi bien porter un petit enfant qui ne peut se porter tout seul, qu'un objet pour le déplacer d'un endroit à un autre. La fonction phorique caractérise tout ce qui relève explicitement de cette action de portage, soit une partie non négligeable des activités humaines liées aux problématiques de dépendances.

    Pierre Delion revient sur ce concept qu'il a forgé, en écho au concept de holding développé par Winnicott, dans l'élaboration d'une psychopathologie transférentielle spécifique des enfants autistes et psychotiques, concept qui se révèle pertinent pour explorer les fonctions parentales. En s'appuyant sur le développement « normal » de l'enfant, il en mesure toute l'importance dans le soin aux enfants et aux adultes présentant un développement entravé.

    Pour lui, la fonction phorique ne peut être détachée d'une réflexion institutionnelle qui aidera l'équipe soignante à mettre en place les bons opérateurs pour en faciliter l'émergence. Il permet de réélaborer en profondeur la politique de soins psychiques, mais son utilité peut être étendue à toutes les situations de dépendance dans la relation humaine (éducatif, pédagogique, juridique, sociétal...).

  • En 1978, paraissait un essai qui changeait la perception commune de la littérature : L'Institution de la littérature, devenu depuis un classique de la sociologie littéraire. Son auteur analysait la littérature comme un lieu de pouvoir d'autant plus puissant qu'il ne s'avoue jamais comme tel. En tant qu'institution, la littérature n'obéit à aucune charte, n'est dotée que d'une faible visibilité, mais ses mécanismes et ses effets peuvent se mesurer. Décrivant la littérature des XIXe et XXe siècles en ces termes, Jacques Dubois démontait, pièce par pièce, la littérature dans ses croyances, ses mythes et ses rituels.

    Professeur de l'université de Liège, Jacques Dubois est spécialiste du roman français des XIXe et XXe siècles et se réclame de la critique-fiction. Il est notamment l'auteur de Le Roman policier ou la modernité (Armand Colin, 1996), Pour Albertine. Proust et le sens du social (Seuil, 1997), Les Romanciers du réel (Points Seuil, 2000), Stendhal. Une sociologie romanesque (La Découverte, 2007). Il a édité avec Benoît Denis trois volumes de romans de Simenon dans la bibliothèque de la Pléiade.

  • Une démocratie sans autorité ?

    Alain Eraly

    • Eres
    • 5 September 2019

    De la famille à la politique, la crise de l'autorité touche à peu près tous les responsables dans toutes les institutions. La perte de légitimité du politique et la crise des Gilets jaunes offrent une illustration frappante des raisonnements développés dans cet ouvrage. L'enjeu n'est pas d'apprendre à vivre sans autorité, mais d'engendrer des formes d'autorité plus respectueuses des valeurs de notre temps.

    Pour l'essentiel, la crise de l'autorité est une bonne nouvelle, son érosion engage toute notre modernité et rien ne saurait justifier de faire machine arrière. Il reste que ce déclin affecte en profondeur nos formes de vie et nos institutions. Partout, le besoin d'autorité se fait sentir, mais une autorité au service de la démocratie, du débat public, des droits et des devoirs, de la justice et l'équité, de la transmission des valeurs fondamentales, de la défense du commun contre l'emprise des intérêts privés, de l'adaptation des modes de vie à l'urgence écologique. Tout retour en arrière est proscrit : l'autorité est donc à réinventer.

  • Les équipes des établissements sociaux, médico-sociaux, sanitaires, scolaires... attendent du superviseur des réponses aux questions qu'elles se posent dans la pratique quotidienne. Comment le superviseur travaille-t-il la demande qui lui est ainsi faite ? Evidemment le superviseur ne peut pas tout. Dans sa position d'extériorité, il met le feu aux poudres, dépoussière l'accumulation des savoirs et des savoir-faire, des préjugés, des yaka, des faukon, éveille chez chacun le désir de savoir, de comprendre, d'agir, de se risquer.

    La posture du superviseur est déterminante. Il est un « tire-bouchon ». Sans cesse il réouvre ce que la pente institutionnelle tend à clore : le questionnement, les énigmes de la clinique, les embrouilles du vivre et travailler ensemble, l'inquiétante étrangeté, l'intranquillité du transfert...

    /> Les auteurs témoignent d'une pensée vivante, en cours d'élaboration, sur cette pratique singulière de la supervision d'équipes. Ils font part de leurs doutes et de leurs tâtonnements en essayant de mettre en tension leur conception de la posture qui, loin d'être figée, se soutient avant tout d'une pratique clinique.

  •  « Une posture éducative s'apprend et s'éprouve. Elle se pense, se formalise, se transmet mais toujours à partir de ce que le terrain laisse affleurer d'essentiel et de nécessairement contradictoire. Elle se construit dans la rencontre avec ce qu'elle draine d'imprévu et d'insaisissable. C'est un art de la banalité et de la modestie dont la clinique sociale guide chaque parole, chaque geste, chaque regard, chaque silence. Elle fait du quotidien partagé avec les personnes, de ces fragments d'histoire dont on ne parle pas, des moments uniques et indispensables à la compréhension du métier. »

    À l'aide de très nombreuses illustrations, l'auteur déplie les multiples facettes la posture éducative. Au fil des pages, il en dévoile toute la complexité mais aussi et surtout la cohérence et donc le professionnalisme. Il n'évite aucune question, n'élude aucun paradoxe. Au contraire, il s'en saisit pour mieux les penser et les réintégrer au coeur des pratiques. C'est une réflexion menée sous les auspices de l'éthique et de la responsabilité : une éthique de la parole qui accepte les silences, une éthique du renoncement qui abandonne la maitrise et le savoir pour mieux s'ouvrir à la vérité du sujet et ne pas sombrer dans la résignation, une éthique de l'implication enfin qui fait de l'engagement subjectif du professionnel le coeur de son métier.

  • Paul Fustier (1937-2016), professeur de psychologie à l'université de Lyon 2, est une figure emblématique de la clinique des équipes et des institutions, dans le champ du travail social et du soin psychique. Ses analyses de la vie quotidienne des établissements ont été décisives pour penser les pratiques éducatives et soignantes à un triple niveau : institutionnel (la tâche primaire, la crise et le changement), professionnel (le faire équipe), relationnel (le lien d'accompagnement ). On lui doit notamment d'avoir mis l'accent sur l'importance des espaces intersticiels et des pratiques en ricochet, à travers lesquels les enfants, les résidents, les patients et autres usagers des institutions trouvent l'occasion de faire autre chose que d'être seulement et strictement aidés, soignés ou éduqués.

    L'entretien mené avec Paul Fustier, complété par des textes significatifs, donne la mesure de l'émergence et de l'originalité de sa pensée, tout en la contextualisant dans sa trajectoire biographique.

    L'élaboration de cet ouvrage a bénéficié du concours du CNAHES.

  • Les personnes âgées arrivent en institution avec leur histoire personnelle, faite non seulement de beaux souvenirs, de gratitude, de savoirs, mais aussi de regrets, de pertes, de peurs qui accentuent leur fragilité et influencent la qualité des jours qui restent à vivre. C'est ainsi que le récit de vie, conçu comme une manière de relier leur passé au présent et de le sauvegarder, a fait son entrée au sein des établissements. Il se révèle un moyen efficace pour tisser des liens et consolider la transmission entre les générations.

    Cet ouvrage est le fruit d'une rencontre de recueilleuses de récits de vie passionnées, qui toutes ont suivi la formation du Certificate of Advanced Studies de l'université de Fribourg, en Suisse. Elles partagent leur pratique et leurs démarches novatrices afin de donner envie aux accompagnants, aux responsables d'établissements et même aux bénévoles de développer la place du récit de vie en institution. La diversité et la richesse des expériences relatées s'accompagnent d'apports théoriques qui viennent les étayer.

  • Cet ouvrage s'intéresse à la vie quotidienne de la Clinique de la Borde comme à ce qui la structure depuis le départ : la mise en place d'un collectif soignant. En quoi le fonctionnement collectif est-il particulièrement pertinent pour traiter les psychoses en institution ? Ce texte est traversé par une double exigence : penser la pratique, apprendre à penser à partir de la pratique. L'auteur propose des outils permettant de comprendre ce qu'est le collectif pour pouvoir l'inventer ailleurs. Ces outils sont philosophiques et issus des sciences sociales ; ils se mêlent ici à la présentation de ce qui fut l'expérience de La Borde.

  • Que serait un « non » qui ferait autorité pour l'enfant ? L'autorité n'est pas la pratique d'un pouvoir mais elle témoigne de la disparité de places et met en oeuvre la référence à une instance tierce.

    Cet ouvrage s'attache à préciser les exigences inhérentes à l'altérité des places liées à l'exercice de l'autorité. Il illustre les difficultés rencontrées par tous ceux qui doivent occuper une place en référence à l'autorité : parents, enseignants, éducateurs, juges, médecins, etc. En effet, l'autorité de ceux-ci ne fait plus consensus dans la vie sociale. Et chacun doit trouver en son for intérieur ce qui assurerait la légitimité de sa parole et l'assise de son identité. Comment l'enfant s'y retrouve-t-il ?

  • À Lisbonne au fil d'une journée de naufrage et de révolte morale, un jeune psychiatre exorcise ses démons: la blessure d'un amour trop intense pour ne pas être sans espoir, la hantise des ses souvenirs de guerre en Angola, sa conscience exacerbée de mener une existence vide et de servir une institution dont il condamne le rationalisme forcené. À travers cette confession d'un homme en quête de lui-même, et pour qui l'écriture, retrouvant sa vertu rédemptrice, devient un moyen passionné de s'intéresser aux autres, de multiplier sa vie, c'est de son douloureux apprentissage consistant à être vivant dont nous parle Lobo Antunes dans ce premier roman de jeunesse (1979). Un roman où souffle déjà l'inspiration des grandes sagas à venir, tant par le regard à la fois tendre et irrévérencieux jeté sur les personnages, que par la fantaisie d'un style qui donne au récit l'attrait d'un conte de fées maléfique.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Psychanalyste au sein d'une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, Danièle Epstein livre une réflexion sur l'embrigadement djihadiste guettant des adolescents déstructurés, qui, à l'issue d'un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.

    Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses  théoriques et  institutionnelles qui témoignent d'un combat clinique dans l'ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l'enjeu de leur vie est de « prendre pied » en s'enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ?

    Garantir l'espace psychique en institution est un combat, une lutte permanente pour que la clinique ne se laisse pas incorporer dans l'ordre judiciaire, pour que la logique institutionnelle n'écrase pas la logique du Sujet. Loin de décrire un mode d'emploi normatif ou de souscrire à une exigence de transparence informative, l'auteur montre comment les jeunes adressés par le juge peuvent ne pas rester objets de la demande judiciaire, et s'engager dans une démarche qui leur est propre.

    Là où le quotidien prend la couleur de l'échec, de la menace et de la peur, l'objectif est de permettre à ces adolescents de s'inscrire dans une re?alite? psychique et sociale vivante et vivable. Ce souci éthique nécessite la cohérence de l'équipe éducative, utilement soutenue par une écoute analytique.

  • Aurions-nous perdu le « bon sens » ? Le monde change tout autour de nous, si vite, si fort, que parfois nous nous sentons égarés, perdus entre mutations technologiques et nouvelles modalités de travail ? Dans le secteur même de la petite enfance, règles, protocoles, grilles, consignes opposables, se succèdent, générant insécurité? et doute permanent.

    À l'invitation de l'ANAPSY.pe, engagée depuis 30 ans auprès du bébé et de sa famille, des professionnels impliqués dans l'accueil du petit enfant et de ses parents s'interrogent ici sur cette crise sociétale qui détermine de nouvelles attentes, de nouvelles demandes et de nouvelles pratiques.

    Quelle est la place accordée aujourd'hui au jeune enfant et à chacun de ses parents ? Quels sont ces nouveaux enjeux, pour les psychologues de la petite enfance, mais aussi pour les pédopsychiatres, psychiatres d'adultes, éducateurs, enseignants, puéricultrices, responsables de structures, pédiatres,... et tout autant pour les familles ? Comment continuer à soutenir la prise en compte de la dimension psychique dans les institutions ainsi que le désir de penser et de travailler ensemble ? Comment ne pas se méprendre dans les multiples sens qui sont imposés a? nos fonctions, comment s'y retrouver, comment redonner du sens, « le bon sens » à nos métiers ?

  • Construites sur un héritage asilaire confessionnel ou philanthropique, les maisons d'enfants à caractère social sont maintenant en première ligne dans les dispositifs de protection de l'enfance mis en oeuvre par les départements. Les MECS sont au carrefour de toutes les problématiques (soin, social, justice) et continuent à accueillir, protéger, éduquer, former, des jeunes en difficulté personnelle, familiale ou sociale, qui ne peuvent, pour diverses raisons, souvent provisoires, être maintenus dans leur milieu familial ou qui ont besoin d'y être accompagnés.

    Les auteurs, usagers, chercheurs et professionnels, questionnent les réalités de la vie quotidienne institutionnelle (des fondements historiques jusqu'aux politiques sociales les plus actuelles) pour en tirer enseignements et perspectives de travail. Ils témoignent qu'en dépit de nombreux écueils, structurels et conjoncturels, les MECS arrivent encore à innover et à aider, familles, enfants, adolescents et jeunes adultes, à trouver leur chemin au milieu des broussailles. Dans une dialectique entre théorie explicitée et pratique « engagée », ils montrent comment se construisent en permanence des avancées dans le respect des personnes accueillies dès lors que technicité rime avec humanité.

  • L'enfant connecté

    Collectif

    Le modèle de la connexion impose sa marque sur les relations intersubjectives. Quels sont les repères fondamentaux à garantir à l'enfant pour qu'il puisse, avec les nouveaux outils médiatiques, s'orienter et se développer ? L'enfant, dans sa quête de réponses à l'énigme de l'existence, rencontre un nouvel objet, le médium numérique. Comment d'une part penser avec l'enfant cet outil mais aussi comment penser avec cet objet ? quel usage de cette machine à connecter favoriserait l'élaboration de représentations inédites qui tiendraient le petit d'homme d'aujourd'hui et de demain suffisamment pour qu'il puisse s'y adosser ?

  • Les formes d'autorité varient à l'infini selon les sociétés et les époques.
    Qu'est-ce donc que l'autorité ? demandait Hannah Arendt voici un demi-siècle. Alain Eraly avance sur cette question un point de vue renouvelé.

    Si l'on réduit l'autorité à une relation d'obéissance, on perd de vue sa fonction première : celle d'inscrire la vie sociale dans l'imaginaire d'une communauté et ainsi de construire un « nous », une identité commune. On a coutume d'associer la crise de l'autorité au grand mouvement d'émancipation des individus propre à notre modernité, or, l'auteur soutient qu'en réalité, cette crise renvoie d'abord à une crise du collectif.

     

  • « Si les récits de mes analysants m'ont appris à créer ce silence en moi qui me permet d'écouter et d'interpréter, ce sont les tableaux de David Malkin qui m'ont poussé à penser et à écrire. Des images ont inspiré ce livre, m'invitant à traverser, d'une façon nouvelle, certains territoires de la psychanalyse. Les formes et les couleurs ouvrent, par un étrange effet de lumière, sur d'autres dimensions qui amènent l'observateur au-delà des apparences vers une expérience visuelle et en même temps spirituelle. »

    En dix chapitres qui sont autant de passages où se croisent l'art, la philosophie et la politique, l'auteur propose un voyage littéraire et une réflexion herméneutique et poétique. D'un discours à l'autre, l'auteur « passe » entre les disciplines et, en revenant à la racine des mots, approche certains concepts psychanalytiques.  Il nous fait rencontrer la dialectique souple de l'inconscient, ses passages qui deviennent forces de subversion analytique du sujet, de la cité (polis) et aussi de la pensée, puisqu'ils opèrent des retournements constants du discours. 

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