Littérature générale

  • Noces ; l'été

    Albert Camus

    'Je me souviens du moins d'une grande fille magnifique qui avait dansé tout l'après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu'aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait après elle une odeur mêlée de fleurs et de chair.'

  • Tirant le Blanc, chevalier breton, parcours le monde pour clamer les mérites de sa dame, la princesse Carmésine. Les jeux de l'amour et de la guerre vont, d'un rebondissement à l'autre, à un rythme effréné, se déployer dans tous les horizons. La prose de

  • Victor Bérard (1864-1931), illustre savant, helléniste en barbe à pointe et cheveux au vent, consacra une bonne partie de son existence à l'Odyssée, en offrit une traduction inoxydable et sillonna la Méditerranée sur les traces d'Ulysse.

    Il s'est ainsi fabriqué d'un tome l'autre une oeuvre foisonnante, son odyssée propre. De même que Victor Bérard a réinventé l'Odyssée, Sophie Rabau invente ici Victor Bérard en Victor B., son double créatif, figure de l'imagination en train de pratiquer l'enchantement du monde.

    Dans cet essai romanesque plein d'une joie - d'une gaieté - dangereusement contagieuse et d'une érudition sans faille et sans complexe, elle nous pousse ainsi d'une main assurée au bord des abîmes de l'interprétation littéraire et offre de nouvelles couleurs à l'un des plus beaux poèmes qui soit.

  • 25 novembre 2016, Raúl Castro annonce la mort de son frère. Depuis son plateau ardéchois Jeanne sent le vent du passé raviver sa jeunesse révolutionnaire. Mais lorsque la lettre d'un ancien camarade, amour de jeunesse inachevé fait surgir les souvenirs, un puissant désir d'avenir la submerge. Depuis Cassis, Ruben a trouvé la force d'écrire, lui qui ne sait plus rien d'elle depuis si longtemps. En dépit des idéaux qui les ont amenés à se rencontrer et à s'aimer, c'est le départ de Jeanne pour Cuba qui a scellé leur éloignement. À moins que ce ne soit le refus de Ruben de la suivre, horrifié à l'idée de retrouver les drapeaux sanglants de la révolution, lui qui a fui l'Espagne franquiste. Mais peu importent les révolutions, seule leurs retrouvailles comptent et tout reste à vivre.

    Catherine Gucher est écrivaine et enseigne la sociologie à l'Université de Grenoble. Pour son premier roman, Transcolorado (2017), elle a, entre autres, obtenu le prix du Festival du Premier Roman de Chambéry et le prix Québec-France Marie-Claire-Blais.

  • "C´est l´histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son oeil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d´une pomme. " Les clandestins, douze hommes et une femme, trouvent la mort là où ils espéraient la vie, rejetés sur une petite plage du nord du Maroc. Ils ont, comme tant d´autres avant eux, rêvé de départ et tenté de rejoindre l´Europe, ici seulement distante d´une vingtaine de kilomètres. Et ils ont payé de leur vie ce désir d´ailleurs qui les a poussés à s´embarquer sur un esquif bien trop fragile.
    Retraçant l´histoire des treize noyés en courts chapitres à travers le souvenir qu´ils ont laissé dans leur village, Youssouf Elalamy a su trouver une construction narrative aux résonances de choeur antique méditerranéen, alliée un style à la fois moderne et lyrique, pour évoquer une poignée de destins tragiques, emblématique de toutes les formes d´exils. Cette polyphonie résonne haut et fort, écrite avec chaleur souvent, hargne parfois, lyrisme toujours.
    Hubert Prolongeau, Le Nouvel Observateur"

  • C'est ainsi que ma vie s'est déroulée, d'une vague à l'autre, d'un pays à l'autre ; elle a dérivé selon les courants, les vents et les humeurs. J'ai le sentiment d'avoir d'abord écrit la terre avec mes pas, en me laissant guider par une boussole intérieure.
    Quel usage peut-on faire du monde ? Naviguer de rive en rive, serrer l'Autre dans ses bras et sur son coeur : être dans cette altérité grandissant au hasard des voyages et des continents qui séduisent et qui forment notre humanité. Initier la relation. Nourrir la rencontre.
    Féconder la terre. De la Bretagne à l'Égypte, du Maroc à l'Espagne, de l'Afrique du Nord au Québec, les identités se font et se défont.
    Rachel Bouvet donne le ton, trace une route d'eau, de terre et de mots.
    Elle emprunte au passage quelques figures de l'Orient et du monde arabe.
    Elle indique sa manière de cheminer dans ce vaste monde. Quelques questions essentielles surgissent : À quel territoire appartient-on aujourd'hui ? Comment refuser cette géographie déchirée qui condamne à l'exclusion et au racisme ? Quel héritage assumeront les enfants issus de ces pérégrinations ?

  • Ombres portées

    Iris Breole

    Mandorla est une île fictive, quintessence du corps et de l'âme de la Méditerranée. Après trente ans d'absence, Claire y revient, avec comme seuls bagages ses fragilités, mais aussi une force intérieure inébranlable, en quête d'identité et de vérité. Car Mandorla, mélodieux nom de l'amande en Italien, constitue le réceptacle idéal de secrets enfouis, de pesants mystères, de trafics crapuleux...
    Décortiquer le fruit pour accéder au coeur des choses, telle sera la tâche que s'assigne Claire. 
    Au carrefour du roman noir, social et psychologique, Iris Bréole tresse avec habileté une intrigue haletante, dans laquelle le lecteur arpente avec la même ardeur que Claire les méandres du passé et les sentiers aussi tortueux que lumineux de son île.

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