• Avant que j'oublie

    Anne Pauly

    Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un "gros déglingo", dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixelisé de feu son épouse. Mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy, et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison il faut bien faire quelque chose, à la mort de ce père Janus. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille, la narratrice, qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Et puis, un jour, comme venue du passé et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

    1 autre édition :

  • En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au coeur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu'effrénée.
    Jusqu'à ce jour où ses pas le mènent à l'hôtel de la Falaise... Là, le propriétaire lui donne accès à son registre et lui propose de le consulter dans la chambre 29, au deuxième étage. Mais exténué par un mois de vaines recherches, il finit par s'endormir avant d'être brusquement réveillé en pleine nuit par des impacts sourds contre sa fenêtre...
    Dehors, il pleut des oiseaux morts. Et cette scène a d'autant moins de sens que Gabriel se trouve à présent au rez-de-chaussée, dans la chambre 7. Désorienté, il se rend à la réception où il apprend qu'on est en réalité en 2020 et que ça fait plus de douze ans que sa fille a disparu...

    1 autre édition :

  • Un manuscrit sans fin, une enquête sans corps, une défunte sans visage...
    Aux alentours de Grenoble, un jeune a fini sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans son coffre, le corps d'une femme, les orbites vides, les mains coupées et rassemblées dans un sac. À la station-service où a été vue la voiture pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l'homme qui conduisait n'était pas le propriétaire du véhicule et encore moins le coupable.
    Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L'institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. En pleine promo pour son nouveau roman dans un café parisien, elle résiste à la pression d'un journaliste : elle ne donnera pas à ce vautour ce qu'il attend, à savoir un papier sur un auteur à succès subissant dans sa vie l'horreur racontée dans ses livres. Car sa vie, c'est un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L'inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d'Opale où est resté son mari depuis la disparition de leur fille. Mais un appel lui annonçant son hospitalisation à la suite d'une agression va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées. Il a perdu la mémoire. Elle est seule.
    Dans le vent, le sable et le brouillard, une question se posera : faut-il faire de cette vie-là un manuscrit inachevé, et en commencer un autre ?

    1 autre édition :

  • Les porteurs d'eau

    Atiq Rahimi

    11 mars 2001 : les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan.
    Le même jour basculent la vie d'un porteur d'eau à Kaboul et la vie d'un exilé afghan entre Paris et Amsterdam.

  • Ses parents viennent de mourir dans un accident de voiture. Désirant accomplir leur dernière volonté d'être enterrés dans leur village natal, la jeune physicienne Ruth Schwarz entreprend les démarches nécessaires. Mais elle est bientôt confrontée à une série d'obstacles qu'on dirait surgis d'un cauchemar.

    Le village en question, Groß-Einland ? Il ne figure sur aucune carte, personne ne le connaît, c'est comme s'il n'existait pas.

    Quand elle finit par le trouver, à force d'acharnement et aidée par le hasard, elle découvre un lieu étrange, dissimulé dans la montagne, à la fois figé dans un passé féodal et terriblement mouvant, bâti sur une cavité gigantesque, une mine d'argent désaffectée qui, telle une bête souterraine, ne cesse d'ouvrir des fissures dans les rues, de fendre les murailles et de faire pencher les places vers son gouffre béant.

    Le sujet semble totalement tabou parmi les habitants. Les trous du sous-sol seraient-ils aussi des trous de mémoire sur lesquels on a coulé le béton du mensonge par omission ? Qu'a-t-on caché dans ces galeries souterraines, quel massacre a-t-il été perpétré dans ces lieux, et par qui ?

    La mystérieuse comtesse qui règne sur la bourgade embauche bientôt Ruth pour ses talents de physicienne, afin qu'elle prépare le colmatage du sol et des secrets.

    Mais comment arrêter la vérité quand elle sort enfin du puits ?

    À seulement trente ans, avec ce premier roman puissant et burlesque, Raphaela Edelbauer se livre à une exploration onirique et fantastique des souvenirs refoulés de l'Autriche, dans la lignée des plus grands auteurs du pays : Gustav Meyrink, Franz Kafka et Thomas Bernhard.

  • Roy est encore un enfant lorsque son père, James Fenn, dentiste et
    pêcheur professionnel raté, se suicide d'une balle dans la tête. Tout
    au long de sa vie, Roy ressassera ce drame qui deviendra son obsession
    mais aussi une source, douloureuse, d'inspiration. Comment se créent
    et se transmettent des légendes familiales ? Quelles histoires notre
    mémoire choisit-elle de garder et sous quelle forme ? À partir de quelques
    moments intimes éparpillés dans le temps - faiblesses, infidélités, désirs,
    contemplations - se met en place une histoire de perte, d'amour tendre
    et de retrouvailles imaginaires dans les espaces sauvages de l'Alaska.

  • Tony vit sa retraite sereinement. Autrefois, il a connu la passion avec Veronica qui l'a quitté pour son ami Adrian. Il a écrit une lettre épouvantable aux deux amou¬reux, et peu après, Adrian s'est suicidé. Pourquoi Adrian s'est-il tué ? Quarante ans plus tard, des souvenirs occultés remontent à la surface. Et puis, soudain, la lettre d'un notaire, un testament difficile à comprendre et, finalement, la terrible vérité.

  • Le 7 février 2009, les flammes ont ravagé le bush australien et causé la mort de 173 personnes. Un des incendies les plus meurtriers de l'histoire de l'Australie.
    Derrière ce géant de flammes et de fumée se dessine bientôt la silhouette d'un monstre à taille humaine, accusé d'avoir délibérément mis le feu avant de contempler, assis sur le toit de sa maison, les eucalyptus brûler à perte de vue. Dans la vallée minière reculée de Latrobe, dominée par les énormes cheminées de la centrale à charbon la plus polluante du monde, Chloe Hooper se lance sur la piste du présumé pyromane, dix ans après les faits.
    Qui devient incendiaire, et pourquoi ? Thriller psychologique documentaire aux allures de chasse à l'homme, L'Incendiaire met à nu les ambiguïtés de la société australienne et aborde de front son rapport à la crise environnementale contemporaine.

  • "C'est l'histoire de ce qui se passe dans l'esprit d'un homme. Ou le roman vrai de Manuel Cortès, rêvé par son fils - avec le perroquet Heidegger en trublion narquois de sa conscience agitée. Manuel Cortès dont la vie pourrait se résumer ainsi : fils d'immigrés espagnols tenant bistrot dans la ville de garnison de Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, devenu chirurgien, engagé volontaire aux côtés des Alliés en 1942, accessoirement sosie de l'acteur Tyrone Power - détail qui peut avoir son importance auprès des dames...

    Et puis il y a tous ces petits faits vrais de la mythologie familiale, les rituels du pêcheur solitaire, les heures terribles du départ dans l'urgence, et celles, non moins douloureuses, de l'arrivée sur l'autre rive de la Méditerranée.

    Dans l'épaisseur de la chair est un roman ambitieux, émouvant, admirable - et qui nous dévoile tout un pan de l'histoire de l'Algérie. Une histoire vue par le prisme de l'amour d'un fils pour son père."

  • Le 22 mai 2020, deux statues martiniquaises de Victor Schoelcher furent brisées. Mais le bruit provoqué par ces destructions fut vite couvert par le fracas médiatique suscité par la mort de l'Afro-Américain George Floyd tué à Minneapolis, par la police, le 25 mai. Les images de son agonie agirent comme un catalyseur et déchaînèrent dans le monde des actes iconoclastes contre les statues glorifiant de « grands hommes » blancs, dont l'action est condamnée à divers titres (esclavagisme, colonialisme, racisme). Comme d'autres pays, la France, où tout avait donc commencé un peu plus tôt, fut touchée. Pour mieux comprendre la réalité et les enjeux du débat, et après avoir rendu compte de la situation sur plusieurs continents, Jacqueline Lalouette étudie le cas de la France ultramarine et continentale, où diverses statues liées à l'histoire de l'esclavage et de la colonisation furent contestées, vandalisées et, pour certaines, détruites. L'auteur s'interroge ensuite sur les solutions préconisées, de leur retrait à la réalisation de statues de nouveaux héros. Elle donne au final les clés de compréhension de ce débat passionné, en lui-même révélateur des oppositions mé-morielles, parfois violentes, qui traversent la France.  

  • éparses

    Georges Didi-Huberman

    • Minuit
    • 6 February 2020

    C'est le simple « récit-photo » d'un voyage dans les papiers du ghetto de Varsovie. La tentative pour porter, sur un corpus d'images inédites réunies clandestinement par Emanuel Ringelblum et ses camarades du groupe Oyneg Shabes entre 1939 et 1943, un premier regard.
    Images inséparables d'une archive qui compte quelque trente-cinq mille pages de récits, de statistiques, de témoignages, de poèmes, de chansons populaires, de devoirs d'enfants dans les écoles clandestines ou de lettres jetées depuis les wagons à bestiaux en route vers Treblinka... Archive du désastre, mais aussi de la survie et d'une forme très particulière de l'espérance, dans un enclos où chacun était dos au mur et où très peu échappèrent à la mort.
    Images de peu. Images éparses - comme tout ce qui constitue cette archive. Mais images à regarder chacune comme témoignage de la vie et de la mort quotidiennes dans le ghetto. Images sur lesquelles, jusque-là, on ne s'était pas penché. Elles reposent cependant la question du genre de savoir ou, même, du style que peut assumer, devant la nature éparse de tous ces documents, une écriture de l'histoire ouverte à l'inconsolante fragilité des images.

  • Que sont devenus les rescapés et les survivants de Nagasaki ? Combien sont-ils encore ? Et surtout, qu'ont-ils à nous dire ?
    Longtemps, Reiko Kruk-Nishioka s'est tue. Aujourd'hui, après mûre réflexion, c'est par un récit romancé, écrit à hauteur d'enfant, agrémenté de dessins de sa plume, qu'elle a choisi de témoigner.
    Keiko, dix ans, assiste depuis des mois, fascinée, au ballet des Libellules rouges de l'école d'aviation voisine. Un chant affirme « les femmes ne montent pas sur les avions » ? Qu'importe. Keiko sera pilote. En attendant, son coeur bat plus fort quand Koyama, son prince rouge à l'écharpe blanche, l'emmène voir les biplans de près, leurs hélices de bois, leurs ailes de toile peinte, puis lui offre un baptême de l'air improvisé. Mais c'est la guerre et, bientôt, les avions pacifiques sont enrôlés pour partir à l'attaque. Tous les autres, plus solides, ont été abattus. À fréquenter les pilotes, Keiko découvre leur peur, leurs doutes, leur soif de vivre, le fait qu'ils ne sont encore que des enfants dans un monde où les adultes mentent et se trompent systématiquement. Un jour, un peu avant midi, à vingt kilomètres de là, une bombe pas comme les autres tombe sur la ville de Nagasaki.

  • Dans un XIXesiècle encore à écrire, un jeune écrivain du nom de Victor Hugo s'insurge de la destruction de l'ancienne France et de ses monuments. Texte de jeunesse qui témoigne de l'acuité précoce de son auteur, Guerre aux démolisseursnous met face à un homme engagé dans les débats de son temps, et dont le diagnostic sévère laisse le lecteur toujours aussi dubitatif. Quelle place pour la protection du passé dans une époque obsédée par le progrès industriel ?
    Victor Hugo met ici toute sa verve pour répondre à cette question et se fait le défenseur de ce qui constitue rien de moins que l'âme et l'histoire d'un pays : ses monuments. Le texte d'Hugo fascine en ce qu'il pose les jalons d'un débat ancien de presque deux siècles, qui reste aujourd'hui encore plus que jamais d'actualité.

    Faut-il le rappeler ? Victor Hugo (1802-1885) est le fameux auteur de Notre-Dame de Paris et des Misérables...

  • Trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le premier, l'écrivain-voyageur, à 67 ans, évoque son rapport à l'âge, à la mémoire, et naturellement à l'enfance, « état de convoitise et de peur où tout ce qui arrive pour la première fois, cadeau ou blessure, laisse une marque indélébile ». Au centre du livre, le texte éponyme un récit savoureux, quasi-proustien, qui raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, Nicolas triompha de l'« une des figures les plus détestées » de son enfance : Bertha, la bonne prussienne. Le dernier texte est un hommage au père, bibliothécaire et « conteur tout à fait extraordinaire », voyageur « par procuration » au travers des livres.

    NICOLAS BOUVIER (1929-1998), est un des plus grands écrivains de langue française de la deuxième moitié du 20e siècle, voyageur, photographe et iconographe.

  • Une femme à bout de souffle court dans l'orage. Dans le creux de sa main, un message gravé en lettres de sang : « Pr de retour ». Elle pense être en février, nous sommes fin avril. Elle croit sa mère vivante, celle-ci s'est suicidée voilà trois ans dans un hôpital psychiatrique...
    Quatre minutes. C'est pour elle la durée approximative d'un souvenir. Après, sans le secours de son précieux organiseur électronique, les mots, les sons, les visages... tout disparaît.
    Pourquoi ces traces de corde sur ses poignets ? Que signifient ces scarifications, ces phrases inscrites dans sa chair ? Quel rapport entre cette jeune femme et les six victimes retrouvées scalpées et torturées quatre années plus tôt ?
    Pour Lucie Henebelle, lieutenant de police de la brigade criminelle de Lille, la soirée devait être tranquille. Elle deviendra vite le pire de ses cauchemars... Une lutte s'engage, qui fera ressurgir ses plus profonds démons.

    1 autre édition :

  • Mi-homme, mi-ours, Frederick Exley (1929-1992) traversait de longues périodes d'hibernation d'où il émergeait armé de romans étourdissants. Avec À la merci du désir, il nous offre son cocktail favori, un zeste de réalité rallongé de fiction, servi par une écriture flamboyante. De sa romance avec une hôtesse de l'air mythomane, à sa captivité aux mains d'un Irlandais fou, en passant par la veillée funéraire de son frère, son oeuvre oscille entre humour, fantasme et culpabilité. Narcissique dégoûté par lui-même, mais jamais effrayé de révéler le pire, c'est le mythe de sa propre histoire qu'il bâtit. Et c'est dans un excès doublé d'une grâce fascinante qu'il y parvient : chaque amour est une passion, chaque passion, une frénésie, et chaque coucher de soleil, un aveuglement.

    Frederick Exley [1929-1992] est à la fois un écrivain unique et emblématique des lettres américaines. Unique, car il habitait un univers étrange et n'obéissait à aucune règle; emblématique car, en écrivain américain typique, sa légende s'est faite sur seulement trois livres.

  • Gloria Vynil Nouv.

    Gloria Vynil

    Rose-Marie Pagnard

    Porter en soi une amnésie comme une petite bombe meurtrière, avoir cinq frères dont un disparu, vivre chez une tante tutrice et folle de romans : telle est la situation de Gloria, jeune photographe, quand elle tombe amoureuse d'Arthur, peintre hyperréaliste, et d'un Museum d'histoire naturelle abandonné. Dans une course contre le temps, chacun des deux cherche alors, au moyen de son art, à capter ce qui peut l'être encore de ce monument avant sa démolition. Un défi à l'oubli, que partagent des personnages lumineux, tel le vieux taxidermiste qui confond les cheveux de Gloria et les queues de ses petits singes. Avec le sens du merveilleux et le vertige du premier amour, Gloria traverse comme en marchant sur l'eau cet été particulier et sa révélation monstrueuse.

    ROSE-MARIE PAGNARD a notamment publié La Période Fernandez (1988, Actes Sud, prix Dentan), Dans la forêt la mort s'amuse (1999, Actes Sud, prix Schiller), Janice Winter (2003, éditions du Rocher, Points Seuil), J'aime ce qui vacille, 2013, Zoé, Prix suisse de littérature).

  • Venir apres - nos parents etaient deportes Nouv.

    « Je suis une fille de déportée. En relisant ces mots, j'ai un sentiment d'étrangeté et d'irréalité. Ma mère a été déportée. »Comment dire cette enfance singulière, ces parents qui parlaient avec un accent, ces toutes petites familles déracinées, ces traces de la Shoah sur la deuxième génération qui n'a pas connu les camps, mais a grandi dans le traumatisme de cette tragédie ?Danièle Laufer a recueilli les témoignages d'une vingtaine de femmes et d'hommes, comme elle nés de survivants des camps nazis. Tous ont estimé que l'heure était venue pour eux de parler afin de transmettre la mémoire de ce qui les a « à la fois détruits et construits ».Avec une grande sensibilité, elle a tissé ensemble leurs histoires, leurs émotions et les siennes. Venir après se lit comme le roman de vies hantées par des fantômes, où surgit malgré tout la joie d'être là.

    Danièle Laufer est née en 1951 et a passé son enfance au Maroc. Fille d'une juive allemande déportée dans les camps, elle suit son père à Paris au divorce de ses parents quand elle a 16 ans. Devenue journaliste, elle a passé sa vie à raconter celle des autres, en faisant des incursions dans l'intimisme à l'occasion d'un livre sur sa mère, de documentaires, ou de son dernier doc paru en 2017. Elle a un grand talent pour tisser un lien entre son histoire et celle des témoins qu'elle interroge.

  • Sandarmokh Nouv.

    Sandormokh. Ce charnier abrite, dans une forêt perdue de Carélie, 236 fosses où ont été retrouvés les restes des fusillés de la Grande Terreur. Ce site est devenu l'un des principaux lieux de mémoire et de recueillement en souvenir des victimes des purges staliniennes de 1937-1938, au cours desquelles près de 800 000 personnes ont été abattues d'une balle dans la nuque dans le plus grand secret. Le charnier de Sandormokh est situé non loin de Medvejegorsk, ville tristement célèbre pour avoir abrité le Quartier général de l'OGPU, puis du NKVD. Il a été mis au jour en 1997 par Irina Flige, Iouri Dmitriev et Veniamine Ioffe. Tous trois ont lutté au sein de l'association Memorial contre une réécriture de l'histoire de la Grande Terreur, qui est aujourd'hui toujours aussi vivace au sein du discours officiel russe. Leurs recherches sont un acte de résistance civile. Le livre d'Irina Flige retrace fidèlement les circonstances d'une véritable enquête, à la fois dans les archives et sur les lieux des exécutions, pour retrouver un chaînon manquant de l'histoire de son pays. Il rétablit un chantier historique nécessaire, où sont intriqués toutes les strates d'une « mémorialisation » conflictuelle, mettant en jeu les familles des victimes, les associations nationales (polonaises, ukrainiennes, etc.) et le pouvoir en place. Construit comme une aventure intellectuelle, cet ouvrage a été écrit à l'intersection de plusieurs genres : le lecteur y trouvera des éléments de recherche historique, d'analyse culturelle, de témoignages racontés et de journalisme. C'est ce qui en fait un document unique parmi les ouvrages consacrés aux répressions staliniennes.

  • Le silence des mots Nouv.

    Dans Le Silence des mots, le temps est comme suspendu. Dans cet arrêt devant le gouffre, le ressac de la mémoire se déploie autour d'êtres esseulés, des « déportés de l'intérieur ». Des échos du réel nous parviennent, un ballet d'ombres malmenées par les rues.Il y a aussi un désir intact : la lumière, une femme, l'odeur de la pluie. Ces moments ne sont suspendus que par les vers qui les retiennent, avant qu'un oubli effrayant et libérateur ne les avalent.Composés de strates de visions, d'inscriptions relevées, peut-être, au dos d'un livre ou sur un mur, ces poèmes sont autant de balises pour nous mener au-delà des « vérités avariées », des mensonges et des faux semblants.Cet exil ne cessera qu'au terme du livre, une fois passé derrière les mots. « On ne se sépare pas du rien. »

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié trois recueils de poésies : Stations des profondeurs (2010), Joker & Mat (2016) et La Banlieue du monde (2019). Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • Finir les restes Nouv.

    "Là où j'entrevoyais le bout d'une histoire, je m'aperçois qu'il n'y a pas d'histoire. Qu'il n'y en aura jamais. A peine quelques pleins, quelques déliés, qui flottent comme des branches de bois mort à la surface d'un fleuve.
    Maintenant je n'ai plus d'autre alternative que de vous inventer, à chaque instant de mon amour réel pour vous.
    Je suis devenu le fruit blet d'une fiction."
    Frédéric Fiolof est né en 1966. Il a travaillé une quinzaine d'années en Afrique et en Roumanie et vit aujourd'hui à Bobigny.Grandlecteur, il a publié des chroniques littéraires sur son blog (La Marche aux pages) et dans La Nouvelle Quinzaine littéraire. En 2014, il a créé la revue La Moitié du fourbi. Il est l'auteur de La Magie dans les villes (Quidam éditeur, 2016).

    Frédéric Fiolof est né en 1966. Il a travaillé une quinzaine d'années en Afrique et en Roumanie et vit aujourd'hui à Bobigny.Grandlecteur, ila publié des chroniques littéraires sur son blog (La Marche aux pages) et dans la Nouvelle Quinzaine littéraire. En 2014, il a créé la revue La Moitié du fourbi,dont il est directeur depublication. Il es tl'auteur de La Magie dans les villes (Quidam éditeur, 2016).

  • À cinquante ans, Gleb Ianovski, musicien virtuose, qui a connu le succès à Munich, est atteint de la maladie de Parkinson. Un auteur russe rencontré dans un avion lui propose d'écrire sa biographie ; c'est ainsi que Gleb remonte le fil de ses souvenirs, en tentant de trouver un sens à son existence. Le hasard lui fait rencontrer Vera, treize ans, fille d'un amour de jeunesse, pianiste talentueuse, atteinte, elle aussi d'une grave maladie. Roman à deux voix, oscillant entre passé et présent, Brisbane est un roman symphonique dans lequel la mort est vaincue non pas par la musique, ni par l'amour mais par la force de la mémoire et de la parole.

    Evgueni Vodolazkine, né à Kiev en 1964, est chercheur à l'Académie des sciences de Russie, spécialiste du Moyen Âge. Tous ses romans ont des univers très différents: Les Quatre Vies d'Arséni (Fayard, 2013; Syrtes Poche, 2020), entraîne le lecteur dans la Russie médiévale alors que L'Aviateur (Syrtes, 2019) fait redécouvrir Saint-Pétersbourg du XXe siècle.

  • À travers le portrait spectaculaire d'un homme blessé et hanté, l'auteur des Vies de papier, prix Femina Étranger 2016, revient avec une réflexion éblouissante sur l'oubli et la mémoire.
    Le temps d'une nuit, dans la salle d'attente d'un hôpital psychiatrique, Jacob, poète d'origine yéménite, revient sur les événements qui ont marqué sa vie : son enfance dans un bordel égyptien, son adolescence sous l'égide d'un père fortuné, puis sa vie d'adulte homosexuel à San Francisco dans les années 1980, point culminant de l'épidémie du sida. Mais Jacob n'est pas seul : Satan et la Mort se livrent un duel et se disputent son âme, l'un le forçant à se remémorer son passé douloureux, l'autre le poussant à oublier et à renoncer à la vie.
    En dressant le portrait bouleversant et tout en finesse d'un homme hanté par les souvenirs, Rabih Alameddine livre un texte éblouissant d'érudition et d'imagination, imprégné à la fois d'humour, de violence et de tendresse. Surtout, il nous rappelle l'urgence et la nécessité de se confronter au passé et de ne pas céder à l'oubli.
    " Un texte remarquable qui traite aussi bien de l'amour et de la mort que de la créativité, la spiritualité, la mémoire et la survie. Exceptionnel. "
    Los Angeles Review of Books

  • Les neurosciences cognitives révèlent chaque jour de nouvelles découvertes sur notre cerveau. Mélissa Bonnet nous fait entrer avec plaisir et curiosité dans la lecture passionnante et vertigineuse de cet organe complexe, en s'intéressant tout particulièrement à l'apprentissage des enfants et des adolescents.
    Comment le cerveau retient-il un cours ? Quelle influence peuvent avoir la nourriture et le sommeil sur les apprentissages ? Peut-on travailler efficacement en regardant la télévision ? Comment le cerveau réagit-il aux émotions ? Comment fonctionnent nos mémoires et peut-on les « booster » ? Comment penser l'utilisation des écrans et de l'intelligence artificielle ?
    L'auteur répond à toutes ces questions et bien plus encore en mêlant explications scientifiques et applications concrètes dans notre vie quotidienne.
    Passionnant voyage dans l'intimité du cerveau humain, ce livre nous fait comprendre comment nous apprenons.
    Avec des jeux et des tests à faire en famille, en groupe ou seul pour exercer nos capacités cérébrales : mémoires, émotions, concentration,
    attention...

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