• Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d'écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l'hiver, d'événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l'Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l'un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu'elle veut - et ce qu'elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s'amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d'à côté, accueillir - pas trop souvent - ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine...
    Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d'une femme qui nous donne envie de vieillir.

  • C'est le goût inoubliable de l'enfance que nous livre ici Sheng Keyi, une brassée de parfums et de saveurs venus du plus loin de son enfance dans la campagne du Hunan. L'odeur des eaux dormantes où, se faisant une petite barque d'une bassine en fer, elle va cueillir les fleurs de lotus et les châtaignes d'eau. L'arôme discret des fleurs du jujubier sous lequel elle faisait ses devoirs, celui du riz cuit dans la paille et des beignets d'armoise et de citrouille cuisinés avec les légumes du potager maternel.
    C'est un pays d'étangs et de rizières, où l'on mange à peine à sa faim, où l'on ne possède rien. La petite fille rêve de déployer ses ailes et de découvrir le monde au-delà de la rivière. Et elle y réussira, qui sait, mais entre-temps tout ce qui faisait la joie de son enfance aura été détruit. A la liberté de la petite sauvageonne d'alors répond la rare liberté de ton de la romancière d'aujourd'hui. Sheng Keyi dénonce ardemment les ravages de la modernisation des campagnes chinoises et fait renaître l'éclat des vies humbles qui ont disparu."

    Sheng Keyi naît en 1973 dans un village très pauvre du Hunan où la littérature est un rêve inaccessible. A vingt et un ans, elle part comme tant d'autres enfants de payans tenter sa chance en ville, à Shenzen. Elle décrira la lutte des femmes migrantes pour trouver un emploi dans un premier roman qui lui assure un succès immédiat. Sheng Keyi vit aujourd'hui à Pékin et ses livres traitent de la condition des femmes en Chine avec une rare liberté de ton.
    Déjà paru : Un paradis.

  • Presqu'îles

    Yan Lespoux

    • Agullo
    • 21 January 2021

    " Le premier noyé de la saison, c'est un peu comme l'ouverture de la cabane à chichis, la première grosse pousse de cèpes ou la première gelée : ça rythme l'année. " Un premier recueil de nouvelles chez Agullo, pour inaugurer notre nouvelle collection petit format, Agullo Court. Une balade souvent très drôle dans le Médoc des Landes, territoire sauvage et méconnu.
    Préface d'Hervé Le Corre : " On pourrait passer en revue toutes les histoires de ce recueil tant elles collent à la mémoire, comme la résine aux doigts avec cette odeur forte. Yan Lespoux écrit sans lyrisme, sans pathos, au plus près de son sujet. "
    Un coin secret de champignons. Un tracteur en boîte de nuit. Une vierge phosphorescente. Un concert fantôme. Des chemins de sable qui serpentent entre les pins jusqu'à l'océan.
    L'envie de partir et le besoin de rester...
    Presqu'îles, ce sont des tranches de vie saisies au vol, tour à tour tragiques ou cocasses qui, à travers les portraits de personnages attachés de gré ou de force à un lieu, les landes du Médoc, parlent de la vie telle qu'elle est, que ce soit là ou ailleurs. Au fur et à mesure que ces textes courts se répondent et s'assemblent, un monde prend forme. Celui de celles et de ceux dont on ne parle pas forcément, que l'on ne voit pas toujours.
    Sans pathos, au plus près de son sujet, Yan Lespoux dessine un archipel de solitudes qui touche à l'universel.

  • Dans ce dialogue empli de sagesse, Caton est désigné comme l'avocat de la vieillesse contre quatre chefs d'accusation : elle empêcherait de briller dans la vie publique, affaiblirait le corps, interdirait les plaisirs et ferait sentir l'approche de la mort. Pour Caton au contraire, la vieillesse est l'âge le plus propice aux oeuvres accomplies de l'esprit, le corps étant délivré de la servitude des sens. Elle prépare l'âme à la libération totale procurée par la mort. Caton suggère une attitude exemplaire et loue l'expérience. Celui qui n'attend que de lui-même n'a rien à craindre des lois de la nature : "La faiblesse convient à l'enfance ; la fierté à la jeunesse ; la gravité à l'âge mûr ; la maturité à la vieillesse : ce sont autant de fruits naturels qu'il faut cueillir avec le temps."

    Né en 106 av. J.-C., mort en l'an 43, Cicéron put très jeune démontrer ses talents d'orateur, devenir grand avocat de Rome et connaître la gloire, lors du procès qui conduisit à la condamnation de Caius Verrès, gouverneur concussionnaire de la Sicile. Consul, il écrivit des oeuvres de philosphie politique (De oratore, De re publica et De legibus) et un Brutus. Défenseur d'un idéal de formation universelle, il est souvent placé à l'origine de l'humanisme tel que conçu à la Renaissance.

  • La valise

    Sergueï Dovlatov

    Huit objets sortis de la valise de Dovlatov lors de son exil sont autant de prétextes à des récits autobiographiques:- Les chaussettes finlandaises- Les chaussures du maire- Un costume croisé convenable- Le ceinturon d'officier- La veste de Fernand Léger- La chemise en popeline- La chapka- Les gants d'automobilisteChacun de ces objets lui rappellera une histoire particulière de sa vie en URSS; des histoires qu'il racontera avec concision dans des textes haletants, drôles et au rythme nerveux.La Valise a une composition particulière («cubique» dira le critique Elisseïev) qui lui donne un cadre très intime où affleurent plus que jamais nostalgie et tristesse face à l'absurde. Mais, comme toujours chez Dovlatov, c'est la dérision et l'ironie tendre qui l'emportent.

    Sergueï Dovlatov (1941-1990) est né dans l'Est de la Russie. Journaliste dans des journaux de province, il ne sera jamais publié de son vivant en Union Soviétique, ses écrits y sont taxés d' «idéologiquement hostile». Il émigre aux États-Unis en 1978 (à 37 ans) où ses écrits, romans et nouvelles, des comédies autobiographies, y sont enfin publiés, notamment dans The New Yorker. Il est aujourd'hui unanimement acclamé par la critique russe et ses récits sont très populaires en Russie.

  • "Tanja Luci´c est devenue professeure de littérature à l'Université d'Amsterdam après avoir fui la guerre en ex-Yougoslavie. Là-bas, elle donne des cours à une classe composée de jeunes exilés yougoslaves dont la plupart gagnent leur vie en confectionnant des vêtements pour le « Ministère de la douleur », une boutique sadomasochiste. Tous vivent dans la « Yougonostalgie », un attachement sentimental à ce qu'était leur pays avant son éclatement. Pour soigner leur mélancolie, Tanja leur propose d'écrire le récit de leur vie et la façon dont ils ont vécu la désintégration physique et culturelle de cet État. Mais cette méthode pédagogique inhabituelle n'est pas sans conséquences : bientôt, elle s'attire les foudres des uns, et ravive les tensions entre les autres...
    Dans ce roman où l'ironie et l'humour noir sont rois, Dubravka Ugresi´c explore la douleur de la perte, l'isolement et la solitude auxquels ne saurait échapper aucun exilé. Que nous reste-t-il quand on a tout perdu - son pays, son foyer, et même sa langue ?"

  • En 1961 est mort Roland, l'éléphant de mer du zoo de Berlin. Au moment d'ouvrir son estomac, on découvrit à l'intérieur de l'animal une pléiade d'objets insolites : un fume-cigarette rose, quatre bâtonnets d'esquimaux, une broche, une épingle à cheveux...
    Le Musée des redditions sans condition est à l'image de ce trésor. Constitué d'une mosaïque de récits, d'anecdotes, de souvenirs, il raconte une histoire simple, faite de déplacements et de nostalgie : une mère, dans Zagreb assiégée, pense à sa fille exilée à Berlin. Celle-ci imagine à son tour la fuite de sa mère un demi-siècle plus tôt, de la Bulgarie vers la Yougoslavie. Comment rendre compte de l'exil et de ce qu'il représente pour ceux qui l'ont vécu, ceux dont la vie tient dans une valise pleine de souvenirs disparates, vieilles photos, journaux intimes, objets rescapés de l'enfance ?
    Tour à tour drôle, malicieux ou mélancolique, Le Musée des redditions sans condition retrace de façon lumineuse la vie de personnages partagés entre deux cultures.

  • Sept histoires fortes, drôles, émouvantes.
    Sept petits romans avec chacun son intrigue, ses personnages, son dénouement inattendu.
    Sept lieux du monde, Mozambique, Kirghizie, île Maurice... qui apportent leurs couleurs et leurs parfums.
    Sept occasions de donner aux grandes questions contemporaines un visage humain.
    Sept instants de vie.
    Un même bonheur de lecture.

  • " À la lecture de Méfiez-vous des enfants sages, on pourrait croire que l'auteure est la réincarnation de Carson McCullers, racontant les secrets de l'Amérique profonde. [...] Cécile Coulon a la manie du détail. Elle nous bluffe par la maturité et l'humilité de son écriture. " Elle
    " Je n'ai pas rêvé cette nuit-là. Mon chagrin grandissait dans mon sommeil. Je me souviens du réveil, avec l'impression de manque, et mes parents dans l'encadrement de la porte. J'ai pris mon pantalon qui traînait par terre. Dehors, il faisait déjà chaud, mais je ne suis pas allée à l'école. La maison d'Eddy était fermée. Je me suis assise sur les marches en me disant que Kristina ne serait jamais au courant, que Freak ne pourrait pas me dire ce qu'il en pense. J'ai arrêté de croire en Dieu, j'ai arrêté de croire qu'il y avait d'honnêtes gens sur terre, j'ai arrêté de sourire pour rien, et je me suis dit que je devais faire comme lui, que je devais mourir au moment où j'en aurais envie, et dire aux gens d'aller se faire mettre, une bonne fois pour toutes. "

  • « Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages. »
    Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l'âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d'autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.
    Une chose les unit encore : l'attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd'hui, l'heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c'est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute...
    Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d'une magnifique amitié et véritable chant d'amour au Midwest américain.

  • Au soir de son départ à la retraite, monsieur Takewaki s'effondre dans la rue, les bras chargés de fleurs. Il est admis en soins intensifs à l'hôpital. A son chevet se succèdent bientôt médecins, infirmières, amis et proches, les remords autant que les regrets. Mais, bientôt, alors qu'il s'enfonce dans un profond coma, son esprit l'entraîne hors de son corps, dans une échappée belle à la redécouverte de son ancienne vie, à la poursuite des ombres qui ont composé son existence. En dépit de son immobilité forcée, et tandis qu'il perçoit les échos des conversations, il reconstitue peu à peu le sens d'une existence pleine d'émotions, au point de revenir au jour même de sa naissance. Pour renaître, à nouveau.
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    Asada Jirô, né à Tokyo en 1951. Disciple de Mishima, il s'engage dans les forces d'autodéfense après le suicide de l'écrivain. Il reçoit en 1997 le prestigieux prix Naoki pour son roman Le Cheminot. Cet écrivain prolifique excelle dans des registres très divers : romans historiques, fictions, nouvelles, essais. Plusieurs de ses romans, dont Le Roman de la Cité interdite - paru aux éditions Picquier - sont des best-sellers.Aux éditions Picquier : Le Cheminot, Le Roman de la Cité Interdite

  • Poly

    Nicolas Vanier

    • Xo
    • 11 June 2020

    Parfois, entre un animal et un être humain, naît plus qu'une complicité : une histoire d'amour... Été 1964. à Beaucastel, dans le Gard, les chansons yéyés résonnent dans les transistors et les enfants piquent une tête dans les eaux claires de la Cèze pour se rafraîchir. Dans ce décor idyllique, pourtant, Cécile ne cesse de pester. Pourquoi sa mère, Louise, lui a fait quitter Paris pour ce " trou paumé " ?
    Ici, rien ne va pour elle : sa nouvelle maison est sordide, les gamins du coin sont moqueurs, son père, parti en Italie, lui manque. Quant à Victor, un homme très louche propriétaire d'un château en ruines, il tourne un peu trop autour de sa mère.
    Cécile se sent seule, elle s'ennuie tellement... Jusqu'à l'arrivée en fanfare d'un cirque dirigé par l'autoritaire Brancalou. La vedette du spectacle est un poney nommé Poly. Entre l'animal maltraité et l'enfant naît une incroyable amitié. Le début d'une folle et belle aventure qui les mènera loin de cet environnement hostile. Et leur fera braver tous les dangers...
    Avec ce roman, Nicolas Vanier met en lumière l'extraordinaire intelligence de l'enfance face à la condition animale, nous appelant tous à un sursaut de respect et de bienveillance.
    Un livre tendre et puissant

  • Sa connaissance profonde du personnage l'autorise à en parler comme d'un compagnon de pensée : Solmi réussit à faire réfléchir les textes les uns par rapport aux autres, dévoilant l'unité non pas doctrinale mais l'essence de la pensée de celui qu'il désigne parfois par son prénom, Giacomo. Même la présentation de la correspondance de Leopardi éclaire son ancrage poétique dans le monde. Solmi montre qu'il s'agit toujours d'une oeuvre se faisant, d'un cheminement qui s'esquisse à même ses errements face à son destin misérable et dont le Zibaldone reste la preuve la plus éloquente. Tout ce qui fait que l'oeuvre de Leopardi jouit d'une délicieuse et si profonde indétermination est esquissé dans un style fluide qui témoigne d'une expérience approfondie de la vie de l'oeuvre.

    Poète, essayiste, critique, admirable connaisseur de la littérature française, Sergio Solmi (1899-1981), auteur des Méditations sur le scorpion, n'a cessé, tout au long de sa vie, de revenir à Leopardi.

  • Il s'agit de ceux qu'on a appelés les enfants d'après-guerre, nés en grand nombre après la Libération, sitôt revenu le goût de vivre.De tout ce qui est arrivé après (les autos, l'électroménager, les supermarchés, les vacances, les voyages, la télévision, bref, le progrès et la vie moderne) les parents ont mesuré l'aubaine qui les soulageait de la dureté d'avant et, comme ils en avaient l'habitude, ils ont travaillé pour pouvoir en profiter.

    Pour les enfants d'après-guerre, c'était comme si le progrès était né avec eux et grandissait avec eux, ils sont les seuls à avoir vu et vécu tant de différences entre leur début et leur fin.

    Aujourd'hui, ils sont comme la fin d'une série. Ils gardent la mémoire de ce qui était et qui est enfoui profondément. C'est ce qui reste.

    C'est avec son premier livre Hôpital silence (éditions de Minuit, 1985), alliant témoignage et sens de l'écriture, qu'elle attire l'attention de Marguerite Duras qui reconnaît en elle une alliée, une parente en littérature. Elle publie ensuite le récit L'Attente (1989), Nous deux (1993, prix Rossel) et À l'étranger. Aux Impressions Nouvelles, elle a déjà publié De fer et de verre, la Maison du peuple de Victor Horta.

  • Deux ouvriers se déplaçant de chantier en chantier et une prostituée en fuite font un bout de chemin ensemble. Une amitié se crée entre eux qui étaient des inconnus et qui le redeviendront bientôt. Leurs espoirs et leur nostalgie auréolent ce voyage d'une poésie et d'une humanité profondes.
    Les trois histoires qui complètent ce livre évoquent des épisodes clés de l'histoire de la Corée, avec une tonalité parfois autobiographique : un enfant pris dans la tourmente de la guerre civile entre le Sud et le Nord dans les années 1950 ; la désespérance d'un soldat coréen enrôlé dans la guerre du Viêtnam ; les désillusions d'un paysan parmi les milliers de ceux qui, dans les années 1970, désertèrent les campagnes pour les mirages de la ville.

  • « En contrepoint de ses oeuvres de fiction, António Lobo Antunes, dans Livre de chroniques, ne cesse de laisser penser ses sens. Il bouscule une fois encore nos idées reçues sur l'écriture, fouille les labyrinthes de la mémoire, architecture ses obsessions : la guerre - celle des sexes, celle des États, celle des groupes sociaux, toutes celles qui donnent envie de « regarder, avec une émotion croissante, une gravure poussiéreuse dans le grenier qui montre une jubilante multitude de pauvres autour de la guillotine où l'on coupe la tête de rois » -, la cruauté, la désespérance. « Peut-être qu'il fait toujours nuit quand on a grandi ? » Le Livre de chroniques refermé, comme chaque page écrite par António Lobo Antunes depuis Le Cul de Judas, incite le lecteur à pénétrer dans cette nuit afin de mieux entendre la sienne. » Claire Juliet, Le Passe-Muraille

  • Cadeaux de Noël

    Colette

    À l'occasion des fêtes de fin d'année, Archipoche réédite une anthologie de textes de l'inimitable Colette, dans laquelle celle-ci évoque ses souvenirs d'enfance et la magie propre à cette période de l'année.Noël et le jour de l'An sont l'occasion pour Colette de retrouver ses réveillons d'autrefois. De ressusciter par l'écriture l'attente de la dernière heure de l'année ou l'avènement de sa première aube, son enfance villageoise, sa maison heureuse et, bien sûr, celle qui en est l'âme : Sido, sa mère. De 1909 à l'automne 1948, toute l'oeuvre littéraire de Colette évoque ces moments privilégiés. En femme qui a compris la vie, elle se livre à une méditation sur le monde de l'enfance et invite ses lecteurs à retrouver les " vraies fleurs de décembre que sont Noël et le 1er janvier ". Temps arrêté, rythme immuable, cycle des saisons. Dans ses textes sur les fêtes, Colette exprime sinon une philosophie de la vie, du moins une conduite de vie : recommencer et non répéter. Renaître à soi-même. Se transformer.
    " Ô tous les hivers de mon enfance, une journée d'hiver vient de vous rendre à moi ! C'est mon visage d'autrefois que je cherche, dans ce miroir ovale saisi d'une main distraite, et non mon visage de femme, de femme jeune que sa jeunesse va bientôt quitter... "

  • Nagori, littéralement « reste des vagues », qui signifie en japonais la nostalgie de la séparation, et surtout la saison qui vient de nous quitter. Le goût de nagori annonce déjà le départ imminent du fruit, jusqu'aux retrouvailles l'année suivante, si on est encore en vie. On accompagne ce départ, on sent que le fruit, son goût, se sont dispersés dans notre propre corps. On reste un instant immobile, comme pour vérifier qu'en se quittant, on s'est aussi unis.

  • Clous

    Agota Kristof

    Après les trois romans de sa trilogie, Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge, son dernier roman Hier, ses nouvelles C'est égal et son récit autobiographique L'Analphabète, nous pouvons lire aujourd'hui les poèmes d'Agota Kristof (1935-2011). Peu avant sa mort, elle les avait sortis de ses archives pour qu'ils soient édités. Clous rassemblent les poèmes hongrois de jeunesse dont elle a intensément regretté la disparition au moment de quitter la Hongrie en 1956. Elle les a reconstitués de mémoire, en a ajouté de nouveaux, a choisi leur titre français mais ne les a pas traduits. Source d'inspiration de plusieurs proses, les poèmes sont restés inédits.Ce livre bilingue constitue leur édition originale en hongrois et leur première traduction en français. Ils sont accompagnés de quelques poèmes écrits directement en français. On y retrouve le style tranchant d'Agota Kristof, ses thèmes, la perte, l'éloignement et la mort, mais aussi, largement déployés, la nature et l'amour.

  • Les écrits à caractère autobiographique sont extrêmement rares dans l'oeuvre d'Adorno, et d'autant plus précieux. Le présent volume rassemble quatre d'entre eux, les seuls que l'auteur a choisi de rééditer de son vivant en un recueil, paru chez Suhrkamp en 1967. Le philosophe de l'École de Francfort s'y révèle, dans tous les sens du mot. Il y parle de musique, de son adolescence, de ses rencontres. Il multiplie les anecdotes à valeur sociologique, voire parfois éthologique, tant l'animal - vache, sanglier ou encore marmotte - est loin d'être absent de ces brefs billets d'humeur. Et surtout, ces souvenirs sont littéralement incarnés car spécifi­quement reliés à un lieu. Tout se passe comme si l'évocation d'un paysage, d'une vue, d'un espace quel qu'il soit, était à l'origine de l'écriture autobiographique. Amorbach, nom d'une ville d'Allemagne­ mais aussi d'une abbaye bénédictine. Petite ville qui, par un phénomène de miroir inversé, permet à l'auteur de parler de l'Amérique, de la standardisation et, là aussi, d'industrie culturelle. L'on saisit mieux à la lecture de ces textes la genèse d'une philosophie de la radicalité.

  • " Si Proust avait été " taxi russe " dans le Paris des années 30... " L'Express

    Gazdanov, ainsi que des milliers de Russes en 1920, s'exile et devient l'observateur fasciné de ses compatriotes et des bas-fonds parisiens. Au volant de son taxi, toutes les nuits, il parcourt le labyrinthe des rues de la capitale et de sa banlieue, en même temps que celui de sa mémoire. Cette conduite nocturne accuse les ombres et les lumières des âmes. Le regard, qui se voudrait cynique, exprime une nostalgie et une espérance ample comme un printemps russe.

  • Anciens amoureux, amis de toujours, bergers du Vercors, réfugiés maliens, immigrés algériens, ouvriers syndiqués... dans ces nouvelles, chacun trimbale son passé, avec plus ou moins de joie ou de tristesse, de regrets ou de nostalgie, mais toujours avec la certitude d'avoir été et d'être encore. Il n'est pas question de s'apitoyer ici, le futur reste toujours à écrire, pour plus ou moins longtemps. Pas de jugements non plus, mais un éventail précieux de vies et de paysages dissemblables pour montrer la complexité humaine et la riche diversité qui en découle.

    Ahmed Kalouaz est né en Algérie en 1952. Il est l'auteur d'une trentaine de livres dont une trilogie sur l'histoire de sa famille, parue initialement chez Le Rouergue puis en poche chez Babel, qui fut un succès tant critique que public. Aux éditions Le mot et le reste il est déjà l'auteur d'un roman (Demain c'est le beau monde) et d'un recueil de nouvelles (J'arrivais pas à dormir). Il vit dans le Gard.

  • « De livre en livre, Lobo Antunes affine sans cesse un langage d'une puissance inouïe qui fait de la douleur d'individus égarés au bord d'eux-mêmes le symbole même de la condition humaine. » Hugo Pradelle, La Quinzaine littéraire « Il faut entrer [dans l'écriture d'António Lobo Antunes] et s'y laisser couler. Le rythme, alors, vous hante dès que vous y avez goûté. » Florence Noiville, Le Monde des livres « Lire la prose du plus grand écrivain portugais est une expérience rare, dérangeante et captivante à la fois. Comme un rêve éveillé. Comme entrer dans les ténèbres de Faulkner ou de Virginia Woolf. » Bruno Corty, Le Figaro

  • Le livre-témoignage, spécialement pour les quarantenaires ! Offrez-vous une bonne crise... de rire en découvrant le journal intime d'un homme-ado cynique et désabusé de 40 ans (dans 23 heures, 23 minutes et 34 secondes... non, 15 secondes !).
    Journal intime d'un homme qui doit devenir adulte, Bordel de merde j'ai 40 ans retrace une année pleine de rebondissements et d'humour chez un tout jeune quarentenaire. Les réunions copro ? Un ennui. Les gosses ? Trop de bruits ! Les impôts ? Il est trop tard pour fuir... Cynisme et absurdités sont au rendez-vous : prendre de la bouteille, ce n'est pas toujours la panacée !
    "Il y a une seule chose qui me console. L'avantage d'avoir plus de 40 ans, c'est que l'on a fait toutes nos conneries avant l'ère d'Internet, donc il n'y a aucune preuve de tout ça.""Un de mes potes m'a dit que j'étais totalement immature. Ce à quoi je lui ai répondu : " C'est celui qui le dit qui l'est ! " Paf
    , dans les dents !"

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