• Glory

    Elizabeth Wetmore

    Roman choral puissant et envoûtant, Glory met en scène les retombées d'une terrible agression dans une petite ville du Texas et donne la parole à celles que l'on n'a pas l'habitude d'entendre.
    14 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d'Odessa, à l'ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.
    L'adolescente vient d'échapper de justesse à un crime brutal. Dans la petite ville, c'est dans les bars et dans les églises que l'on juge d'un crime avant qu'il ne soit porté devant un tribunal. Et quand la justice se dérobe, une des habitantes va prendre les choses en main, peu importe les conséquences.
    Elizabeth Wetmore n'hésite pas à sonder les tréfonds de l'âme humaine et livre un roman dur et âpre à la beauté mordante.
    Parmi les trois finalistes de la Sélection 2020 du Grand Prix de littérature américaine.

  • 1921 Les guerres indiennes sont loin. Leurs survivants ont, pour la plupart, été parqués dans des réserves où ils végètent, misérables, abandonnés à leur sort.

    Une exception à cette règle : le peuple osage. Il s'est vu attribuer un territoire minéral aux confins de l'Oklahoma. Or ces rochers recouvrent le plus grand gisement de pétrole des États-Unis. Les Osages sont millionnaires, roulent en voitures de luxe, envoient leurs enfants dans les plus prestigieuses universités et se font servir par des domestiques blancs. Le monde à l'envers.
    Un jour, deux membres de la tribu disparaissent. Un corps est retrouvé, une balle dans la tête. Puis une femme meurt empoisonnée. Et une autre. Plus tard, une maison explose. Trois morts. Qui commet ces assassinats ? Qui a intérêt à terroriser les riches Osages ? Les premières enquêtes, locales, sont bâclées, elles piétinent. C'est pourquoi, après une nouvelle série noire, ce dossier brûlant est confié au BOI (Bureau of Investigation, qui deviendra le FBI en 1935). À sa tête, un très jeune homme. Son nom est Hoover, Edgar J. Hoover. Il veut deux choses. La première : faire toute la lumière sur cette sombre affaire, et il s'en donne les moyens, enquêteurs hors pair, méthodes rigoureuses de police scientifique, mise en fiche de la moindre information. La seconde : le pouvoir. Surtout le pouvoir. Et ce premier coup d'éclat va le lui offrir sur un plateau.

  • La vie du mystérieux Arménien qui a régné sur le monde du pétrole et sur celui de l'art.
    Alors que l'Empire ottoman s'effondre et que les Arméniens sont persécutés, la famille du jeune Kaloust se réfugie à Constantinople.
    Le garçon, déjà connu pour son intelligence hors du commun, est émerveillé par la capitale
    du Bosphore et se pose pour la première fois la question qui allait le poursuivre toute sa vie :
    " Qu'est-ce que la beauté ? "
    Il ne sait pas encore qu'il va régner sur le monde naissant du pétrole, devenir l'homme le plus riche et le plus puissant de la planète... et le plus grand collectionneur de tous les temps.
    Inspiré de faits réels, L'Homme de Constantinople relate la vie extraordinaire du mystérieux Arménien, Calouste Gulbenkian, qui a changé le monde - et consacre définitivement J.R. dos Santos comme un auteur majeur des lettres portugaises et l'un des grands écrivains contemporains.

  • Les Rockefeller... Rarement une dynastie a marqué à ce point l'histoire des États-Unis et, plus largement, celle du XXe siècle. Pour le plus grand nombre, ils symbolisent l'argent, le luxe, la puissance et la philanthropie.

    Au départ, John D. Rockefeller senior, le « roi du pétrole ». Dans les années 1870, ce visionnaire austère se lance dans le raffinage de l'or noir. En à peine vingt ans, il bâtit un gigantesque empire, la première grande compagnie pétrolière de l'histoire. À la fin de sa vie, il est l'homme le plus riche du monde. Son fils Junior, lui, préfère s'éloigner de l'univers impitoyable des affaires pour celui de la philanthropie à vocation universelle. Il investit des sommes colossales dans des oeuvres médicales, sociales et éducatives et finance, entre autres, la restauration du château de Versailles. Ses cinq fils vont plus loin encore : ils s'emploient à étendre le réseau de la dynastie, et investissent les lieux de pouvoir - de l'industrie à la banque en passant par la politique. Les générations suivantes tournent le dos au pétrole, se rangent du côté des énergies vertes pour réparer les dégâts causés par leur famille sur l'environnement et s'engagent dans de grandes causes humanitaires, sans rien perdre de leur prestige.

    L'historien Tristan Gaston-Breton nous raconte la prodigieuse saga familiale des Rockefeller dont le nom a traversé les siècles et n'est jamais loin du pouvoir.

  • L'Irak a 100 ans. Ce vaste pays du Moyen-Orient de 40 millions d'habitants peine à s'inventer une identité partagée et se trouve au bord de l'implosion.

    Résultat d'un découpage arbitraire fait par les Britanniques en 1921 à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman, l'Irak s'est construit sans socle politique et culturel commun. Divisé en trois régions occupées par trois communautés - les chiites au sud et majoritaires, les sunnites au centre, les Kurdes au nord -, le pays souffre des rivalités entre ces entités que tout oppose : ni la langue, ni les modes de vie, ni la mémoire collective ne les réunit. De Bassora à Mossoul, de Bagdad à Erbil, l'absence de mythe fondateur et de projets communs retournent violemment ces groupes les uns contre les autres.

    C'est une histoire passionnante à laquelle nous convie le francoirakien Adel Bakawan qui aime son pays autant qu'il s'en désespère car, après un siècle, le projet initial d'intégration nationale du roi Fayçal reste dans l'impasse. Aujourd'hui, face à la corruption généralisée, la main basse des partis sur les ressources du pays - l'Irak vit à 95 % du pétrole -, les ingérences de l'institution religieuse, la milicisation du pays et l'injustice sociale profonde, la nouvelle génération, désillusionnée, exprime une réelle colère contre les classes politiques et constate l'échec de l'unification de l'Irak, sans trouver d'horizon.

  • Biocène, comment le vivant a co-construit la terre Nouv.

    Depuis quelques années, on parle beaucoup de l'Anthropocène, cette période de l'ère quaternaire qui se caractérise par la marque que les êtres humains impriment sur l'environnement. Mais l'espèce humaine n'est qu'une espèce parmi d'autres et, dans l'histoire longue de la Terre, c'est la vie en tant que telle, depuis son apparition, qui a modifié les propriétés physiques de la planète. Son rôle a même été bien supérieur à celui des humains : sans la prolifération des cyanobactéries, pas d'oxygène ; sans oxygène, pas de couche d'ozone. Sans les organismes marins à squelette, pas de roches calcaires ! Dès lors, ne doit-on pas intégrer l'Anthropocène dans un plus vaste « Biocène » ?
    Une différence existe, et de taille : les modifications induites par l'Anthropocène se font à une vitesse bien plus rapide que celles du Biocène, avec des conséquences encore imprévisibles sur les capacités d'adaptation des êtres vivants.  

  • Que seraient nos sociétés sans pétrole ? Brutalement métamorphosées... Plus d'ordinateurs, plus de nourriture des quatre coins du monde, plus de voitures ni d'avions, plus de plastique ; nous devrions rapidement réapprendre à produire un nombre incalculable de choses pour assurer notre survie. Mais serions-nous capables d'une telle autonomie ?
    Ce scénario catastrophe est loin d'être paranoïaque. Il représente au contraire un avenir proche que nous devrons affronter tôt ou tard. Car allié aux changements climatiques, le pic pétrolier (la fin d'un pétrole abondant et peu cher) exige un changement draconien de nos habitudes de vie, une Transition énergétique qui mettrait fin à notre vulnérabilité collective. Comme nos gouvernements refusent de prendre les mesures qui s'imposent, il nous revient à nous, citoyen.ne.s, de prendre l'initiative et de nous préparer.
    C'est ce que propose ce Manuel de Transition, outil révolutionnaire et inspirant, entièrement consacré aux solutions pour construire dès maintenant des sociétés écologiques et résilientes, capables de s'adapter aux catastrophes que constituent le pic pétrolier et les changements climatiques. Enfin traduit et adapté en français, ce livre accessible, clair et convaincant expose tous les outils, les détails pratiques et les étapes nécessaires pour préparer l'avenir en diminuant radicalement les besoins énergétiques à l'échelle de sa communauté.
    Déjà, des milliers d'Initiatives locales ont démarré leur processus de Transition. Planter des arbres fruitiers, réapprendre à la population à cultiver un potager, développer la résilience, réorganiser la production énergétique, développer le transport actif, réapprendre les savoir-faire que nous avons oubliés, telles sont, entre autres, les nombreuses actions concrètes que les citoyenNEs peuvent réaliser au sein de leur village, leur ville, ou leur quartier.
    Vous tenez entre vos mains un outil de changement incroyable... Alors, on commence quand?

  • Les régions polaires sont engagées dans un processus de changements climatiques majeurs qui font redouter une cristallisation des rivalités pour l'accès aux richesses minières et énergétiques, ainsi qu'aux nouvelles routes maritimes dégagées par la fonte de la banquise.
    Ainsi, serions-nous à l'aube d'une nouvelle Guerre froide, voire d'un conflit armé. Or, une analyse précise de la situation et des acteurs en présence montre que ces scénarios-catastrophes sont grandement exagérés. Plutôt que l'affirmation de la souveraineté individuelle des États, on assiste en effet à la mise en place d'une coopération au travers de traités internationaux spécifiques et d'instances de dialogue. Car l'enjeu est avant tout de gérer les impacts dévastateurs des changements climatiques au regard desquels la question de savoir à qui appartiennent les pôles semble bien dérisoire...

  • Dans le désert

    Julien Blanc-Gras

    Du Qatar à Oman, en passant par Dubaï et le Bahreïn, Julien Blanc-Gras nous guide à travers un nouveau monde à la démesure fascinante où tout peut arriver, pour le meilleur ou pour le pire. Parviendra-t-il à réconcilier l'Orient et l'Occident en soulevant le voile des apparences ? Réussira-t-il à se faire des amis dans le désert ?
    Un périple brûlant, servi par la bienveillante ironie de l'auteur de Touriste.

  • Une femme sublime à la pâleur surnaturelle, un chasseur de trésor unijambiste, un éléphant de cirque en cavale, un poisson-chat gigantesque, des chercheurs de pétrole tenaces : telles sont quelques-unes des créatures qui traversent ce roman. Entre deux décennies, Rick Bass transforme la région texane d'Odessa et le Mexique en paysages fantastiques où se croisent des personnages mus par des désirs bien réels et des créatures légendaires.Dans les années 1930, Max Omo s'efforce de sortir sa famille de la misère en faisant commerce du sel qu'il extrait d'un lac voisin. Trente ans plus tard, le jeune géologue Richard, chargé de superviser l'exploitation de puits de pétrole, arpente le désert texan à la recherche de fossiles et d'ossements...Toute la terre qui nous possède témoigne ainsi de l'incroyable sens de l'Histoire et de la topographie qui traverse toute l'oeuvre de Rick Bass.

  • Bienvenue à Valdez, en Alaska, à prononcer Valdiiiz pour que ça rime avec disease ("maladie" en anglais). Le ton est donné ! L'atterrissage ne se fera pas en douceur : le pilote, quasi imberbe, a appris le boulot sur le tas et s'allume une clope d'une main tandis qu'il contrôle de l'autre l'avion pris dans la tempête. Au programme à l'arrivée : nuits en dortoir avec les ouvriers, constat du conflit d'intérêts entre les caribous et les constructeurs de l'oléoduc, pêche au saumon en compagnie d'un Indien ivrogne, timide apprentissage de la danse two-step, et surtout, rencontre avec un échantillon représentatif de la population locale. Vous voilà dans la peau d'Harry Crews. Chargé par Playboy d'écrire un reportage sur le très controversé oléoduc trans-Alaska, Crews, qui fait ses classes en tant que journaliste sur le terrain, se heurte à des autochtones peu amènes. Mais plus la bière coule, plus les langues se délient. Place à Hap, le cuistot du camp, à la table duquel Crews fait la connaissance d'un contremaître furieux de s'être fait arnaquer avec des réveils défectueux pour les ouvriers, à Lynn, qui cuit des gâteaux pouvant dissimuler une fiole d'alcool, interdit sur le chantier, ou encore à deux tatoueurs exerçant leur art sur notre auteur une fois son taux d'alcoolémie suffisamment élevé. Les dialogues sont truculents, les situations rocambolesques et le récit de cette virée en pays hostile complètement déjanté. Le tout sur fond de conflit géo-écolo-politique : 15 ans plus tard, en 1989, les États-Unis connaissent leur plus importante marée noire. Le pétrolier Exxon Valdez échoue sur les côtes de l'Alaska, y déversant 40 000 tonnes de pétrole brut.

  • C'est l'inquiétude face aux changements climatiques qui a incité Matt Hern, Am Johal et le bédéiste de réputation internationale Joe Sacco à entreprendre un road trip partant de la très progressiste et écologique Vancouver pour se rendre au coeur des champs de sables bitumineux du nord-ouest du Canada. Leur projet ? Aller à la rencontre des gens qui vivent de l'extraction de la ressource naturelle réputée la plus polluante de la planète et des hommes et femmes qui sont aux premières loges du désastre écologique qu'elle provoque.

    Mêlant le carnet de voyage, l'analyse politique et la théorie écologiste, Réchauffement planétaire et douceur de vivre dévoile avec finesse les impacts des changements climatiques sur les diverses communautés qui peuplent un territoire colonisé par l'industrie. Au fil de ce périple, il apparaît manifeste que toute écologie doit partir d'un processus de décolonisation, et chercher une nouvelle façon d'être dans le monde, quelque chose comme ce que Kojève appelait la « douceur de vivre ».

  • «Le tiers-monde n'était pas un lieu. C'était un projet.» Alors que les pays du Sud s'effondrent sous le poids des dettes et des effets délétères de la mondialisation, on oublie trop souvent que les peuples colonisés ayant conquis leur indépendance au XXe siècle s'étaient efforcés de mettre en oeuvre un programme politique axé sur la paix, la justice, la liberté, l'anti-impérialisme et le changement social.
    Quelles ont été les dynamiques culturelles, sociales et politiques à l'origine de ce mouvement décolonialiste dans les pays communément appelés du «tiers-monde»? Comment leur rêve d'émancipation a-t-il pu mener au renouvellement cynique de l'exploitation et des rapports de domination? Les damnés de la terre sont-ils condamnés à demeurer inaudibles en cette ère de néolibéralisme?
    Une histoire politique du tiers-monde relate les événements du point de vue de ces «nations obscures» qui, à partir des années 1950, ont réclamé une place dans la gestion des affaires du monde, tout en se dissociant des blocs de l'Est et de l'Ouest de l'époque. De Bandung au Caire en passant par Abuja, Bali et La Paz, Vijay Prashad pose un regard à la fois rigoureux et personnel sur les grands débats et les figures politiques qui ont marqué le Mouvement des non-alignés, restituant le souffle extraordinaire de libération qui les a animés. Qui, aujourd'hui, portera ces rêves de liberté, d'égalité et de paix?
    Avec une nouvelle postface de l'auteur et un texte inédit d'Omar Benderra sur le mouvement citoyen en Algérie qui a débuté en février 2019.

  • Babylone, les Mille et Une Nuits, Saladin... Histoire et légendes se confondent dans la Mésopotamie antique. Ce berceau de l'humanité a connu une série de ruptures violentes : dictature du Baas, guerre contre l'Iran, débâcle au Koweït en 1990, embargo dévastateur, occupation étrangère aussi meurtrière qu'imprévisible et plus récemment la barbarie de l'État islamique...
    Quiconque se penche sur le cas irakien, des spécialistes les plus chevronnés aux simples observateurs, rencontre la plus grande difficulté à comprendre les dynamiques sociales et politiques à l'oeuvre : défaite militaire américaine ? démocratie naissante ? retour à l'autoritarisme ? chaos jihadiste ?...
    Myriam Benraad, l'une des meilleurs spécialistes de l'Irak, analyse et éclaire les différentes facettes de ce pays que l'on connaît principalement au travers des clichés qui entourent son histoire et du prisme déformant des raccourcis médiatiques sur l'époque récente.

  • À L'HEURE OÙ LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES commencent sérieusement à faire sentir leurs effets, nous devons nous préparer à une profonde transformation dans la façon dont nous produisons et utilisons l'énergie à travers le monde. Le passage obligé des combustibles fossiles à des sources renouvelables entraînera un changement majeur dans notre façon de vivre. À quoi pourrait ressembler un avenir 100% renouvelable? Quelles technologies joueront un rôle crucial dans notre avenir énergétique? Quels défis allons-nous devoir affronter dans cette transition? Et comment pouvons-nous nous assurer que le nouveau système énergétique soit juste et équitable?
    Dans Un futur renouvelable, Richard Heinberg et David Fridley explorent les défis et les opportunités que présente le passage aux énergies renouvelables. En brossant le portrait de notre système énergétique actuel, les auteurs examinent la question de l'offre et de la demande d'énergie dans des secteurs clés de l'économie: la production d'électricité, les transports, les bâtiments et la fabrication. Leur analyse détaillée permet d'identifier les problèmes cruciaux auxquels nous serons inévitablement confrontés, de l'intermittence des sources de combustible au stockage de l'énergie en passant par la refonte des réseaux de distribution.
    Véritable travail de prospective pour nous aider à préfigurer ce dont demain sera fait, Un futur renouvelable est un ouvrage lucide et nécessaire pour planifier la transition énergétique à venir. Soyons prêts à relever le défi.

  • La Terre est une gigantesque machine climatique que nous déréglons notamment par notre utilisation effrénée d'énergies fossiles. Dans l'histoire de l'humanité, le réchauffement de l'atmosphère est une crise sans précédent.Mais il est encore temps d'agir, de forger notre résilience en faisant passer l'écologie devant l'économie, la qualité devant la quantité, pour bâtir un nouvel art de vivre basé sur l'autonomie et la sobriété.Comment tout changer ? Comment redevenir des enfants de la nature ?Voici 30 clés collectives et individuelles pour réinventer nos vies.

  • Fort McMurray, dans le nord de l'Alberta, est le Klondike d'une ruée vers l'or du XXIe siècle, ville-champignon au milieu d'un enfer écologique, où des travailleurs affluent de partout attirés par les promesses de boom économique. L'or qu'ils convoitent : les gisements de sables bitumineux, le pétrole le plus sale qui existe et qui est exploité au péril de la planète entière par les compagnies pétrolières comme Total. Nancy Huston est allée voir de ses propres yeux ce qui se passait dans son Alberta natale et a découvert, abasourdie, une dévastation qu'elle raconte ici en un cri de colère et d'indignation.

    BRUT réunit également les voix de personnes qui ont vu la catastrophe de près : Naomi Klein, David Dufresne et Melina Laboucan-Massimo, une militante amérindienne qui se bat en première ligne.

  • « La vulnérabilité appelle la vulnérabilité. La mort est en embuscade. L'aide sociale inadéquate et l'apathie médiatique renforcent cette hyperfragilité. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans cette cohorte livide et silencieuse. Fétus de paille, brindilles, flocons de neige, éphémères, invisibles. »

    Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises.

    Dans ce récit bouleversant écrit au terme d'une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l'histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l'ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008. De témoignages en portraits, de coupures de presse en documents officiels, la journaliste découvre effarée ces vies fauchées. Soeurs volées apporte la preuve que le Canada est bel et bien le théâtre d'un féminicide.

    Avec des textes de Widia Larivière, Laurie Odjick, Connie Greyeyes et Helen Knott.

  • La petite ville de Bakerton, en Pennsylvanie, s'est assoupie depuis la fermeture de ses mines de charbon. Mais l'équilibre tranquille de cette communauté bascule lorsqu'un grand groupe industriel, Dark Elephant, propose aux fermiers de louer leurs terres pour en extraire un trésor enfoui : le gaz de schiste. Certains s'empressent de signer les contrats d'exploitation avant même de les avoir lus, d'autres choisissent de préserver leur propriété. Arrivent les ouvriers venus du Texas tout comme un militant écologiste prêt à recruter là des partisans de son combat. Et ceux de Bakerton vont apprendre ce qu'il en coûte d'être dans le sillage de cette nouvelle ruée vers l'or. Ce qui gît dans ses entrailles est une vaste fresque à l'image de l'Amérique moderne et des forces contradictoires qui l'animent - entre cupidité et pouvoir, espoir et désillusion.

  • Région mouvante, le Moyen-Orient est le terrain de recompositions incessantes. Des accords Sykes-Picot au conflit israélo-palestinien, en passant par la rivalité entre sunnites et chiites et les guerres du pétrole, Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc proposent une analyse critique des représentations du Moyen-Orient.
    Un ouvrage essentiel pour comprendre les dynamiques en présence, les enjeux et les défis auxquels sont confrontés les acteurs de cette région fracturée en constante mutation.

  • S' il a jadis fallu l'énergie des esclaves pour labourer la terre, vêtir les empereurs et construire les villes, celle-ci a été remplacée par les énergies fossiles et le moteur à combustion. Les succès du mouvement abolitionniste au XIXe siècle sont d'ailleurs en partie attribuables à deux formidables alliés invisibles: ces «esclaves inanimés» que sont le charbon et le pétrole.

    Mais si naguère il n'y avait que les maîtres qui dépendaient de leurs esclaves, nos sociétés dépendent aujourd'hui plus que jamais de l'or noir. Pour Andrew Nikiforuk, nous sommes en ce sens entrés dans une nouvelle ère de servitude dont il est urgent de se libérer. Nos modes de vie extravagants reposent sur l'accès à une énergie abordable, alors que nos «carburants esclaves» se raréfient et deviennent ainsi de plus en plus dispendieux, sans parler de l'impact écologique qui résulte de leur exploitation intensive. D'une certaine manière, nous agissons comme les propriétaires d'esclaves d'autrefois dans notre manière d'utiliser l'énergie, les ressources. Qu'adviendra-t-il lorsque celles-ci s'épuiseront? Selon l'auteur, nous avons besoin d'un mouvement radical d'émancipation qui sache relever notre défi commun le plus pressant: apprendre à utiliser l'énergie et les ressources dans les limites de la planète et à une échelle véritablement humaine.

    Dressant des parallèles avec certaines civilisations qui ont bâti leur puissance sur l'esclavage à travers l'histoire, Nikiforuk appelle à revoir notre rapport à l'énergie. Montrant que nous n'avons toujours pas appris à utiliser intelligemment celle que nous générons - que ce soit par des muscles humains, des turbines actionnées à la vapeur ou des particules d'atomes -, Nikiforuk nous invite à opérer une véritable révolution conceptuelle.

  • Les biocarburants, comme d'autres technologies avant eux, n'ont pas échappé à l'effet de mode. Ils auraient dû tout résoudre : la dépendance au pétrole, le dérèglement climatique, le sort des agriculteurs des pays développés et celui des paysans pauvres des pays en développement. Après une phase d'enthousiasme pour cette énergie verte, les biocarburants ont été dénoncés comme une coûteuse erreur, responsables de la déforestation, de la hausse des prix alimentaires, et de l'accaparement des terres dans les pays pauvres. Dans le même temps, les États-Unis, l'Europe, mais aussi l'Inde, la Chine, le Brésil..., encouragent leur production et leur consommation par des réglementations et des subventions.
    Comment ne pas être perdu face à tant de messages contradictoires ? Sans prétendre donner des réponses définitives à toutes les questions, cet ouvrage pointe les incertitudes et indique les pistes qui semblent les plus prometteuses.

  • Brut

    Dalibor Frioux

    Milieu du XXIe siècle. À l'écart des grands continents minés par la violence et la pollution, la Norvège a trouvé la formule du bonheur : démocratie exemplaire, nature grandiose et pétrole de la mer du Nord. Le royaume a même conçu la bouteille où enfermer le démon qui le sert : un fonds éthique où sont placés les milliards de la manne sous-marine.
    À quelques mois des élections générales, l'ancien mannequin Katrin jouit sans retenue de ce paradis, le constructeur de barrages Kurt Jensen intrigue pour entrer au comité remettant le Nobel de la Paix, tandis que Henryk, philosophe à la tête du Fonds, lutte pour concilier argent et vertu.
    Mais ce pays bien huilé se détraque : des jeunes meurent mystérieusement, les populistes xénophobes dressent un mur au cœur des forêts et promettent de rendre l'argent au peuple. Quant à Jensen, ses ambitions se heurtent aux profondeurs refoulées du miracle pétrolier.
    Puisant dans l'histoire récente d'un pays modèle et dans la poésie des éléments, ce roman est un chant d'adieu à l'or noir, notre excitant depuis plus d'un siècle. Même dans l'air salubre du Grand Nord, y a-t-il de la richesse sans part maudite, une paix qui échappe à l'ennui, du brut sans brutalité ?
    Dalibor Frioux est né en 1970 à Paris. Brut est son premier roman.

  • Quoi qu'en disent les adeptes du développement durable, les substituts aux énergies fossiles abondantes et bon marché n'existent pas. Aucune source d'énergie alternative ne pourra offrir un rendement aussi élevé que les énergies fossiles. Puisqu'ils refusent d'intégrer cette réalité, les modèles économiques dominants ne savent pas comment appréhender l'après-pétrole, et les habitants des sociétés industrielles sont incapables de se préparer aux profondes mutations qui les attendent.

    Plongeant aux fondements de la pensée économique depuis Adam Smith, "La fin de l'abondance" montre que l'actuelle orthodoxie néoclassique fait fausse route en traitant la Terre et ses ressources comme des facteurs de production inépuisables, ce qu'elles ne sont pas.
    Avec les énergies alternatives dites "diffuses", l'humain pourra par exemple réchauffer l'eau du bain, mais il ne pourra faire tourner les gigantesques turbines électrogènes qu'exige notre société de transformation industrielle, de consommation, de déplacements gigantesques et d'information électronique.

    Au fond, écrit Greer, l'ère industrielle tout
    entière, fondée sur les sources d'énergies concentrées et accessibles, aura peut-être représenté la plus grande bulle spéculative de l'histoire.

    Traçant du monde de demain un portrait qui évoque explicitement le tiers-monde, John Michael Greer plaide en faveur des technologies intermédiaires chères à E.F. Schumacher ("Small is Beautiful"), de
    changements politiques propres à adoucir la transition... et d'une bonne dose de stoïcisme.

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