• Cet ouvrage est, tout à la fois, une analyse approfondie de la question du plurilinguisme en éducation et un véritable « manuel », précis et concret, pour tous ceux et toutes celles qui sont confrontés à cette réalité.

  • L'ouvrage Vladimir Nabokov et la France explore un espace de recherche vaste et peu balisé : l'invention de la France dans l'oeuvre de Nabokov et l'étude interdisciplinaire de son héritage français. L'écrivain russo-américain a entretenu avec la langue et la culture françaises une relation riche et intense dont la complexité se dévoile dans ce volume, qui ouvre un nouveau champ dans les études nabokoviennes à la croisée de plusieurs disciplines (études américaines, comparées, françaises et slaves) et de plusieurs forma­tions (linguistes, narratologues, philologues, traducteurs et artistes). Par-delà les considérations biographiques, cet ouvrage met en lumière la nature des liens à double sens entre la culture française et l'oeuvre de l'écrivain, à savoir la place du cadre géographique et culturel de la France dans son oeuvre, celle des écrivains et textes français, son usage de la langue française, sa relation à la pensée française, et enfin sa postérité dans le paysage littéraire et artistique français. De manière significative, le choix du bilinguisme pour les articles publiés ici vise à dépasser la division linguistique de la cri­tique nabokovienne en s'adressant aux lecteurs tant anglophones que francophones et, de manière plus profonde, à penser Nabokov dans les deux langues.

  • Il est désormais admis qu'on apprend à écrire non seulement à l'école, mais aussi tout au long de la vie. Il n'en demeure pas moins vrai que des questions essentielles se posent quand il s'agit de l'enseignement postobligatoire. Quelles compétences développer ? Quels modèles convoquer ? Quels dispositifs expérimenter ? L'ouvrage apporte des éléments de réponse à ces interrogations. La première partie porte l'accent sur les modèles qui sous-tendent les formations à l'écriture académique ou professionnelle. La deuxième s'attache aux traces des compétences du scripteur dans des écrits universitaires. La troisième partie est consacrée à des dispositifs innovants. Enfin, un épilogue présente la formation à la didactique de l'écriture de futurs enseignants en Belgique francophone, en France, au Québec et en Suisse romande. La variété des contextes, des scripteurs (natifs/allophones, lettrés/infrascolarisés), des disciplines, des modèles et des dispositifs concernés permet de nouveaux éclairages sur l'enseignement-apprentissage de l'écriture.

  • Qu'ils arrivent seuls ou en famille, en situation légale ou irrégulière, les jeunes d'âge scolaire constituent une partie essentielle des flux migratoires. De nationalité étrangère ou nés hors de la France métropolitaine, ils et elles ont massivement connu l'école « ailleurs ». De nationalité française, ils communiquent régulièrement dans une autre langue que le français avec leurs parents. Or, en valorisant la culture et la langue nationales, l'école française n'accentue-t-elle pas le poids de l'origine ethnoculturelle dans les performances scolaires ? Quels dispositifs et quelles orientations de l'action éducative peuvent conforter l'espoir de mobilité sociale qui accompagne les projets migratoires ? Que disent les enquêtes de suivi sur la capacité de l'école à faire réussir les élèves « nouvellement arrivés » au même titre que les élèves « durablement installés » ? Dans quelle mesure l'histoire de l'immigration et des itinérances oriente-t-elle non seulement le recrutement scolaire, mais aussi les pratiques pédagogiques ? À l'épreuve des circulations et des parcours des jeunes d'origine immigrée, des jeunes réfugiés ou des jeunes « du voyage », l'institution scolaire révèle des rigidités différentes selon son cadre sociétal de référence, et des souplesses parfois inédites. À partir de la double considération des élèves migrants et des enfants d'immigrés, cet Entretien Ferdinand Buisson ouvrira donc la réflexion sur les capacités et les limites actuelles de l'école à valoriser les migrations à la fois comme projets de mobilité sociale, comme épreuves de déclassement et comme parcours d'accès aux droits.

  • Stendhal et les langues : le « moi libre » qui « vit à Cosmopolis », formule célèbre de Paul Valery, manifeste un intérêt constant pour les langues vivantes et mortes. Intérêt de « linguiste à Milan », où il participe au débat sur l'évolution de l'italien et sur le rôle des dialectes, attirance précoce pour l'anglais, en avance sur l'anglomanie de son temps, refus ambivalent de l'allemand. Une approche plurielle, où se manifeste la curiosité d'un critique, la véhémence d'un pamphlétaire qui prend appui sur des traits de censeur philologue. La traduction, démarche essentielle du romantisme, est une modalité constante pour Stendhal : écrivant sur « les marges d'un Saint Jérôme », patron des traducteurs, il se confronte sans cesse à l'« épreuve de l'étranger ». Non pas les langues, mais « ses » langues : des relations polymor­phes d'appropriation et de reconfiguration. S'agit-il de « langages autres » ou de « langues self », du côté de la peinture, cette « langue non souillée par l'usage » ou de la musique, la « lan­gue sacrée » dont le motif est obsédant ? À côté des « sabirs », du « babélisme » constant dans les textes à usage intime, de la « marqueterie d'idiomes », Stendhal aspirerait-il à écrire en « stendhalien » ?

  • Le présent recueil d'articles explore certaines marges de la traduction, des domaines périphériques où tant le traduire que le traduit posent problème. C'est le cas textes où la langue étrangère se présente comme un objet, une image représentative de l'Autre. La situation linguistique particulière de certains pays et aires culturelles peut rendre possible l'écriture de textes mettant deux ou plusieurs langues en contact. Il importe de rendre ce plurilinguisme, c'est-à-dire ne pas traduire ce qui se présente comme un corps étranger dans le texte d'origine. Mais comment faire lorsque le lecteur de l'oeuvre de la langue cible ne possède pas potentiellement les mêmes compétences linguistiques que le lecteur de la langue source ? Les mots étrangers peuvent être transcrits fidèlement, phonétiquement ou encore être mélangés à la langue du locuteur, ce qui dénote des attitudes différentes envers l'Autre, sa communauté linguistique ou, plus largement, envers l'univers étranger, et peut se présenter comme un jugement. Les articles qui suivent examinent les questions de la restitution de la langue mêlée à des ancrages culturels spécifiques dans la traduction. Ils s'interrogent également sur la possibilité de restituer l'effet de la lecture produit dans une culture cible, la possibilité d'imiter une situation de diglossie ou encore représenter l'étrangeté avec ses spécificités d'origine.

  • Ce volume de la Collection Plurilinguisme de l'OEP est consacré à une sélection d'articles fruits d'un colloque international qui s'est tenu les 11, 12 et 13 février 2016 à l'Université du Ghana, Legon, sous la responsabilité du Laboratoire de recherches en Didactique et Enseignements des Langues et Littératures en Afrique (DELLA). Ce colloque international marquait les 10 ans de l'adhésion du Ghana, pays anglophone, à l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Il s'articulait autour du thème : « Contextes d'enseignement et apprentissage du français : réalités, obstacles et perspectives ».
    Voici 10 ans, le Ghana, pays anglophone de l'Afrique de l'ouest devenait membre de l'OIF. Pourtant, ce pays a pour langue officielle l'anglais qui est donc la langue de l'administration, de l'instruction et de toute autre situation formelle de communication. En dehors de cette langue internationale, le Ghana a adopté le français comme langue étrangère. C'est, à en croire les textes officiels, la 2e plus importante langue de communication internationale au Ghana.

  • Le plurilinguisme, si on le conçoit dans son sens le plus profond, est la prise de conscience et le respect de la diversité de l'humanité et de la polyphonie des peuples. Assumer pleinement que l'être se dit de multiples manières, (Aristote, Métaphysique, 7, 1028a), est la ligne conductrice des Cahiers de l'Observatoire Européen de Plurilinguisme, dont vous avez sous les yeux, le premier numéro.
    Les Cahiers viennent s'ajouter à la Lettre de l'OEP publiée chaque mois et sont destinés d'une part, à laisser une trace durable des Assises de l'OEP organisées tous les trois ans et, d'autre part, à faire connaître les réflexions, les recherches et les initiatives susceptibles de sensibiliser un vaste public, le plus vaste possible, aux avantages d'un plurilinguisme réel et aux inconvénients d'une approche monoculturelle et monocorde des faits humains.
    Contre toute idée simpliste, il faut prendre conscience que les langues ne sont pas des codes fixés une fois pour toutes, au même titre, par exemple, que le code morse. Les langues, loin d'être des codes établis par des beaux esprits qui s'arrogent le droit de régenter les usages et les comportements, sont de vrais monuments de culture dans lesquels se trouve enregistrés l'histoire et le présent des peuples et des êtres humains qui les parlent. Elles ouvrent le chemin le plus direct vers la compréhension et le respect de l'altérité, elles marquent un vrai pas de rapprochement à l'Autre. C'est pour cela que les Cahiers appelleront à une vigilance permanente contre tout enfermement dans une seule langue, fusse-t-elle une langue première ou une langue seconde apprise pour remédier aux besoins pratiques de la communication internationale.

  • La pluralité des langues dans ses diverses facettes individuelle (plurilinguisme) ou sociale (multilinguisme), ancrée dans les institutions ou pratiquée spontanément , loin de dater d'aujourd'hui, est un phénomène omniprésent dans les sociétés anciennes. Les villes jouèrent un rôle primordial dans le développement des pratiques de coexistence, et parmi elles dans les relations d'interaction, de voisinage mais aussi d'antagonisme entre les langues. L'ouvrage examine des formes de pluralité linguistique dans cinq villes européennes : Anvers, Hambourg, Milan, Naples et Palerme. Ces lieux se prêtent spécialement à une étude du multilinguisme du point de vue linguistique, littéraire et historique, pour des raisons qui tiennent à leur situation géographique, à leur importance marchande ou culturelle, à leur personnalité politique, à leur diversité institutionnelle, bref, aux spécificités de leur histoire. A cet égard, ce volume de la série De lingua et linguis dédié à la ville comme espace de communication illustre de manière significative les dynamiques de ces situations linguistiques au début de l'Epoque Moderne.
    Mehrsprachigkeit in ihren verschiedenen Ausprägungen individuell (Plurilinguismus) oder gesellschaftlich (Multilinguismus) bedingt, institutionell verankert oder spontan praktiziert ist nicht nur ein Phänomen heutiger Gesellschaften, sondern war auch in früheren Zeiten Alltag. Städte spielten dabei stets eine wichtige Rolle für die Praxen der Koexistenz, für das Miteinander, Nebeneinander aber auch Gegeneinander von Sprachen. Der Band will Formen von sprachlicher Pluralität in der Frühen Neuzeit in fünf europäischen Städten: Antwerpen, Hamburg, Mailand, Neapel und Palermo darstellen. Orte, die aufgrund der geographischen Lage, merkantilen oder kulturellen Bedeutung, politischen Prägung, institutionellen Vielfalt, Bevlkerungsstruktur, kurz: ihrer spezifischen Geschichte für eine sprach-, literatur- und kulturhistorische Untersuchung von Mehrsprachigkeit besonders geeignet sind. Insofern kann dieser Band der Reihe De lingua et linguis zur Stadt als Kommunikationsraum die Dynamiken dieser Sprachsituationen in der Frühen Neuzeit aufzeigen.

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