• Jambes fatiguées J'avance, j'avance, j'avance Pas lents, pas accélérés J'ai vieilli depuis Nue Tu m'offres l'horizon Ébahie, je vois Loin Joséphine Bacon, nomade de la toundra, nous fait parcourir, à la lumière du poème, des territoires inconnus. Gaston Miron, Saint-Denys Garneau et Paul Chamberland ont nommé Terre Québec ; Joséphine Bacon élargit le pays en nous initiant à la toundra et aux douces chansons de l'infini. L'horizon est offert avec tant de grâce et de naturel que nous lui sommes à jamais redevables de nous rappeler à l'essentiel : beauté, simplicité et volupté.

  • Assi en innu veut dire Terre.
    Poésie d'utilité publique que ce Manifeste qui crie d'une même voix révolution et amour. Si la parole était donnée aux peuples des Premières Nations, elle ressemblerait à Assi, terre rêvée de ces femmes et de ces hommes qui guettent dans leur chant les mots dignité, espoir et liberté.

  • Cambouis

    Antoine Emaz

    Qu'Antoine Emaz soit un des principaux poètes au travail en France à l'heure d'aujourd'hui, nul pour le contester.
    L'oeuvre est dense, et majeure. Plaie, Boue, Os, Peau : des titres mots, qui vous prennent. Dedans, chez un éditeur à l'écart, exigeant (Tarabuste, établi dans l'Indre, et travaillant dans la tradition typographique), un travail au blanc, où le silence, la desntité graphique, la restriction à l'essentiel concourent à cette quête radicale où les mots appellent le réel.
    Les amis et les lecteurs d'Antoine Emaz savent (ne serait-ce que par Lichen, lichen (Rehauts, 2006) , que l'atelier d'Emaz est vaste comme les ciels de Loire qui l'entourent. Un lecteur de la langue française, dans son histoire et son épaisseur, où Saint-Simon répond de loin en amont à Reverdy et Du Bouchet. Pour la peinture, vous croiserez Emaz du côté de Klee, autre producteur vaste et essentiel, comme en musique ses carnets vont évoquer Led Zeppelin ou Bach. Dans Cambouis, il parle de ses carnets de 2006, on apprend comme par hasard qu'il s'agit des carnets numérotés 100 à 105.
    C'est à ma requête personnelle, lorsque les éditions du Seuil m'avaient confié la création d'une collection de littérature contemporaine, Déplacements, qu'Antoine Emaz avait commencé de rassembler, dans la suite de carnets accompagnant en temps réel son travail, la fabrique même des livres, mais cette permanente école de vie, ce qui deviendra Cambouis : par le côté massif (43 000 mots, 268 pages dans notre version PDF), il ne s'agit plus de cette prise de notes au quotidien, mais de comment s'articule en permanence le travail même, en quoi il est création, en quoi le poème et vivre interfèrent.
    Je suis très fier, en accord avec les éditions du Seuil, d'en proposer aujourd'hui l'expérience numérique : lecture sur votre ordinateur au format PDF, mais téléchargez et glissez l'epub dans votre iPad, votre Opus ou votre Sony, et ce sont toutes les fonctions du lire numérique - annotations, signets, recherche plein texte, extraits qui sont à votre disposition, le livre devient votre propre atelier, et c'est bien ce qui nous fonde dans l'expérience menée à publie.net.
    Et c'est la synergie que nous souhaitons explorer, susciter : vous pouvez commander parallèmeent le livre (Seuil/Déplacements, février 2009) chez Bibliosurf.com : en cela aussi, nous franchissons aujourd'hui un pas symbolique.
    Voir aussi sur Tiers Livre la réception critique de Cambouis.

    FB

  • Livre-récital composé par André Velter dans la résonance des musiques de Pedro Soler, TANT DE SOLEILS DANS LE SANG  exalte l´énergie d´une poésie qui court le monde, qui prend ses risques et ne cesse de reprendre souffle.  Parole engagée, utopique et so

  • Vaches

    Frédéric Boyer

    «Les vaches aimaient la pluie.» Une phrase si simple, si commune dans sa structure, et cependant inimitable... On y reconnaîtrait Frédéric Boyer entre mille. Est-ce l'emploi de l'imparfait pour cette proposition qui d'un coup la déplace du côté du mythe ? Ou lui donne une infinie tristesse ? Des phrases comme celle-là, Vaches en est rempli.
    Ce livre bref, tout entier consacré à ce qu'il y a de permanent et d'éphémère dans l'idée même de cet animal, et dans cette réalité à la fois massive et énigmatique, ce livre profondément nostalgique est aussi un traité de philosophie poétique, ou de poésie philosophique. Y sont interrogées de la manière la plus tendrement triviale, incarnée, notre présence, notre fuite, nos angoisses.
    /> « L'animal de son corps dans la création. L'animal néant c'est elle. C'est la vache. »

  • «un malaise un racisme discret destructeur un chargeur c'est une réserve de munitions pour une arme on dit aussi un magasin l'insoutenable vision du dépeçage la banalité exténuante la répétition des objets quotidiens les attentats affichent leurs bilans comme les marques leurs points en Bourse l'intime et l'environ les pièges des contrôles de clandestins les balises des massacres le temps qui passe des rapports opaques les avertissements de la fatigue le principe du tout droit les riches heures de la torture la ville qui pue les marchandises de l'insécurité les épidémies envahissantes les fragments comme débuts il reste un fond de sac nettoyer le repos comment s'en aller»

  • L'opulence de la nuit

    Charles Juliet

    «Quand j'ai faim tout me nourrit racontait cette chanteuse dont le nom m'est inconnu un visage la pluie l'aboiement d'un chien moi aussi quand j'ai grande faim musardant par les rues populeuses dérivant au gré de mon humeur je m'emplis de tout ce qui s'offre des visages des regards un arbre un nuage la lumière du jour le sourire d'un enfant tout est absorbé tout me nourrit»

  • Au lieu de suivre un tracé il prépare un décor le faut-il, le doit-il ?
    Il n'est pas à l'abri du Minuit car Minuit est à l'ordre du jour un rideau pour l'amour, un objet long pour l'échéance, il écrira - au féminin entre guillemets

  • Marcel Cerdan, Jack Johnson, Gene Tunney, Max Schmeling, Daniel Mendoza, Georges Carpentier, Eugène Criqui, Jack La Motta sont les noms des boxeurs légendaires dont Pascale Bouhénic a choisi de raconter la vie en vers. Des vies que ce livre déplie en un défilé de figures tragiques et légères, en un Boxing parade.

  • J'ai cherché...

    ,

    lu par Charles Juliet; Valérie Dréville

    « Celui qui veut à toute force se rendre libre a beaucoup à se battre. Mais si un jour il arrive à jeter bas les murs de son cachot, puis à déboucher en pleine lumière, il lui est donné d'accéder à la connaissance recherchée, et en lui, la peur, la haine de soi, l'angoisse et une certaine culpabilité cèdent la place à une paix, une force, une foi en la vie qui feront que son cercle ira toujours grandissant. » C.J.

  • « c'est parée de strass et de diamants que la star très appréciée du public s'est présentée à la cérémonie sous une pluie de flashes elle a tenu à rendre hommage aux morts et aux survivants avant de brandir sa statuette en larmes un prix amplement mérité pour un rôle difficile où elle ne cesse de croiser et décroiser ses jambes devant des corps mutilés et carbonisés » Sur les talons d'une star étincelante, nous passons de la fiction à la réalité avec ce nouveau texte de Patrick Bouvet qui, comme ses autres livres, relève du sampling ou de l'installation poétique et qui parle du cinéma américain. Ou, plus exactement, trouve sa source et son inspiration dans les films américains des années 70 et début 80 qui ont marqué durablement son adolescence, période où se cristallisent les émotions et de nouveaux rapports au monde. Ces films, qui mettaient en scène des anti-héros, des rebelles, des marginaux, des zombies, abordaient de front la violence, le pouvoir, la morale, la sexualité et inventaient des genres : le road movie, film de guerre hallucinogène, théorie du complot... Au même moment apparaissaient sur les écrans le "blockbuster", avec des productions, comme Les Dents de la mer ou Star wars, et des moyens dignes d'une véritable industrie : star system, manipulation du spectateur, débauche d'effets spéciaux.
    Dans Pulsion Lumière, Patrick Bouvet propose son propre « montage » de cette période cinématographique et de ses influences. Après avoir abordé la vidéo ( In situ, 1999), la photographie de presse ( Shot, 2000), la télé ( Direct, 2002), le jeu vidéo ( Chaos Boy, 2004) et la photographie de mode comme représentation de la femme ( Canons, 2007), il se devait d'aborder le cinéma, principal pourvoyeur en images de notre univers contemporain.

  • Chez l'individu contemporain, les décalages avec le réel sont fréquents et le ciel est à l'envers. Tout ce qui l'affecte, son monde, ses collègues de travail, sa vie, mérite une reprise en main.
    En cinq textes poétiques courts, aux vers secs et percutants, Patrick Bouvet s'imprègne de notre quotidien pour en révéler l'absurde cacophonie.

  • J.-M. Gleize revisite Supports/Surfaces (mouvement artistique d'avant-garde français) et offre cette conférence poétique, faite de silences et de mots, juste le temps pour l'oeil de se poser, juste le temps d'écouter.

  • Flashes

    Patrick Bouvet

    Des guerres, des artistes, des morts, des vivants... Une petite fille perdue dans une bousculade ou Michel, 48 ans, qui "s'éclate dans les soirées karaoké".
    Autant de visions, de "flashes", de mini-portraits qui font état d'un réel éclaté et déroutant.

  • "L'amour c'est pas ça L'amour c'est pas ça L'amour c'est pas ça C'est quoi l'amour?
    Je sais pas mais c'est pas ça" Suite de vignettes, poèmes-affiches, ready-made, donnés à lire tels des rites de passage. Ici le parti pris est la vitesse et le paradoxe.

  • Montrez-moi une bonne fois pour toutes / Un vrai marteau entièrement réel / Alors je m'enliserai en paix / Dans le soir rouge des marécages / Mon père n'aura pas vécu pour rien / Chaque chose aura rempli son nom / A l'infini crépusculaire / Jusqu'au bout de la barbe des blaireaux.

  • Escalier d'eau ou le regard tissé de gaieté, d'impertinence et d'humour d'une grande lectrice qui désire faire partager le lien permanent dans le temps des lectures, des oeuvres d'art, du cinéma avec le monde : des lieux aux saisons, des souvenirs d'enfance à la vie quotidienne.

  • Une plume qui tutoie respectueusement le manoeuvre, l'artisan, ces acteurs du monde industriel ou traditionnel, tous ceux qui de rien créent l'objet, le réparent, pour le bien-être et la mémoire.

  • Il faut aller aux mots comme on va aux fraises, en repassant au point d'ancrage de chaque fruit pour s'assurer de quelque saine récolte.

  • Deuxième recueil de l'auteur en langue française dont plusieurs poèmes ont été mis en scène au théâtre de l'Epée de Bois à Paris, en mai 2000 dans le cadre de la manifestation produite par l'association Aquation, Lumières de l'autre rive.

  • Je ne sais pas quel est le critère principal qui motive notre petite équipe d´édition numérique, mais je crois que celui qui m´est le plus proche, ce serait le mot fierté.
    Qu´il y a une dignité du geste littéraire, et qu´au bout d´une discipline qui est à la fois de vie et de langue, elle vient s´incarner par le chant et le rythme, que ça s´appelle beauté, mais aussi colère et cri, que cela inclut à égale surface la géographie et la folie.
    Alors on sait qu´il faut s´y coller, que cela ne se discute pas. Sans doute qu´on aurait fait la même chose, il y a quelques décennies, avec une presse à bras, ou une Heidelberg. Qu´on aurait pu aller coller sur les murs des lambeaux de ce texte de Michaël Glück, sa fin par exemple :

    Et s´il le faut dirais-tu nous inventerons des poèmes barbares et des bûchers où vous nous jetterez parce que nous allons perdre nous le savons que nous perdrons et de ces bûchers dis-tu sortirons le feu noir et l´encre des livres à venir dis-tu dis-tu disent-ils disent-elles C´est ainsi. Lave sans ponctuation, avec retour sur l´écriture, avec voyages par routes et trains, mais se jeter aussi dans la langue des autres. En amont de Michaël Glück, il y a un petit village ukrainien du nom de Klicanovo, et que la communauté juive de là-bas a fini dans cette langue, quand Glück écrit quand la langue pèse autant sur la respiration que le souffle est dans l´exode qu´il faut sortir du chemin quitter les sentiers où l´on est toujours battu que tu choisis des langues d´exil mais comment oublier celle-là les langes sont dans les langues et celle-là tu dis celle qu´ils ont enfoncé dans ma bouche "der tod ist ein meister aus deutschland" la mort est un maître venu d´Allemagne "schwartze milch der frühe wir trinken dich nachts" lait noir de l´aube nous te buvons la nuit tu dis langue coupée Est-ce qu´il serait de la responsabilité de l´édition commerciale de se saisir d´un tel texte ? Sans doute que oui, mais déjà les temps vont trop vite. C´est un texte d´urgence, et Internet est média de l´urgence : je reçois ce texte, le voilà en ligne. Et la circulation par les écrans est désormais plus efficace que celle des cartons de livre pour aller rejoindre le lecteur imprévu, la solitude et la dispersion où nous sommes, lecteurs, et qui nous fonde comme communauté.
    Michaël Glück, je n´aurais pas cru qu´il nous rejoindrait si aisément dans les terrains virtuels [1]. Quand je l´ai rencontré, en 1992, il était déjà au-devant. Je lui dois une part de la confiance pas si facilement acquise pour se lancer dans les ateliers d´écriture. J´ai suivi son travail, avec des éditeurs comme Calligrammes, où il s´agissait de livres-objet, de livres écrits sur des pierres. Je l´ai vu à sa terrasse de Lunel, calligraphiant sur de larges feuilles le poème qui est aussi espace.
    Je ne sais pas la part autobiographique de ce texte en 4 parties violentes, brutales même. La vie y est parfois arrêtée : le narrateur parle de la mort traversée, c´est son biais soudain venu à lui par l´expérience directe, intime, et qui convoque alors cette totalité de fresque, les langues, les voyages, la mémoire, et la folie moderne. Tenez, lisez :
    Tu dis tu dirais que le temps n´est pas au beau que la cérémonie des grands morts ne rend pas meilleurs les petits vivants qu´un bout de crayon sur un bout de carton ne fait pas un bout de roman que c´est toujours la même et première phrase que tu donnes à lire aux automobilistes arrêtés par le feu rouge un peu d´argent pour manger s´il vous plaît tu dis que ton roman plaît de moins en moins et qu´il y a de plus en plus de plagiaires que le partage des droits d´auteurs n´améliore pas le marché plutôt à la baisse le marché que tu dis et avec la terreur même plus possible de ramasser au fond des poubelles de la gare la dernière goutte d´une canette de bière le croûton gras d´un vieux sandwich dans les allées c´est pareil plus de poubelles plus de récupération tu dis tu dirais tu as vu le ciel il vire au rouge le ciel ange couchant à la belle étoile dis-tu maubeuge il aurait parlé comme ça ange couchant à la belle étoile disparu maubeuge roule dans sa rolls maubeuge en direction des céphéïdes il a traversé la pluie d´étoiles filantes faut lever la tête en août pour avoir de ses nouvelles peut-être que je vais changer la première phrase de mon roman que tu dis pour voir l´effet que tu dis peut-être avec un bout de crayon sur un bout de carton je vais écrire un livre s´il vous plaît un peu d´argent pour que j´écrive mon livre Fierté donc d´accueillir ici et par ce texte Michaël Glück dans notre aventure numérique.

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  • Cuisine

    Antoine Emaz

    Recueil de notes sur la vie, la poésie, Cuisine interroge plus largement tout ce qu'écrire implique, à commencer par soi, non dans le sacrifice ou la posture mère pélican, mais dans la simple évidence que c'est le seul moyen pour cet homme et ce poète qu'est Antoine Emaz de trouver une justesse qui permette à la fois de vivre et de dire cette vie.
    « Où soulever quoi pour que ça déplace de la langue ? » Cette question, simple et fondamentale, qui exprime autant l'impuissance que la nécessité est à la hauteur de ce livre important qui donne à son auteur une autorité, pas une posture. Ludovic Degroote.

  • Lazy Suzie

    Suzanne Doppelt

    'mais l'air dès que vient le jour est plein d'images mobiles auxquelles l'oeil sert de cible ou d'aimant'

  • Regroupe les poèmes des années 90 d'un écrivain inclassable, irrévérencieux, rebelle, dont l'écriture se détourne aussi bien de l'effusion naturaliste que de la préciosité et de la religiosité. Son art est de savoir résister, avec jubilation, aux effets les mieux admis de la poésie contemporaine.

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