• " Au vingt-sixième jour, le coeur se mit à battre. " Un roman à l'imaginaire débridé, une satire féroce de la Russie soviétique et post-soviétique, un représentant remarquable du réalisme magique, offrant une lecture de l'état des choses dans le pays à travers des images saisissantes où le surnaturel se mêle au poétique, au grotesque et au baroque. " Au vingt-sixième jour, le coeur se mit à battre. "
    En 1964, Léonid est un foetus doué de conscience qui livre avec humour ses réflexions depuis le ventre de sa mère. Celle-ci morte en couches et son père disparu, le petit passera son enfance oublié de tous dans un orphelinat, où il se découvrira certains dons et un goût très personnel pour la vengeance.
    En 2005, Angelina, 82 ans, sniper à la retraite capable de pressentir la mort des hommes, héroïne de la Grande Guerre patriotique, se lance dans une quête de jouvence. Son médecin est formel : si sa peau est ridée et détendue, ses cellules ont gardé la vitalité de ses vingt ans...
    Que peut-il advenir d'une rencontre entre Léonid et Angelina ? Nul autre que Lipskerov n'aurait su concevoir des destinées où se mêlent métaphysique, érotisme et aventures fantastiques.
    Dmitri Lipskerov, né en 1964, est l'un des écrivains les plus marquants de la Russie actuelle. Représentant remarquable du réalisme magique, il offre sa vision de son pays à travers des images saisissantes où le surnaturel se mêle au poétique, au grotesque et au baroque. Son roman "Le Dernier Rêve de la raion" a reçu le prix Imaginales 2019.
    " Dmitri Lipskerov s'impose comme le digne héritier de Gogol et de Boulgakov. "
    Le Matricule des Anges

  • Lëd

    Caryl Férey

    • Lizzie
    • 12 May 2021

    Lëd (" Glace " en russe) est une immersion dans une Russie de tous les extrêmes. Caryl Férey au sommet de son art.Norilsk est la ville de Sibérie la plus au Nord et la plus polluée au monde. Dans cet univers dantesque où les aurores boréales se succèdent, les températures peuvent descendre sous les 60°C.
    Au lendemain d'un ouragan arctique, le cadavre d'un éleveur de rennes émerge des décombres d'un toit d'immeuble, arraché par les éléments.
    Boris, flic flegmatique banni d'Irkoutsk, est chargé de l'affaire.
    Dans cette prison à ciel ouvert, il découvre une jeunesse qui s'épuise à la mine, s'invente des échappatoires, s'évade et aime au mépris du danger.
    Parce qu'à Norilsk, où la corruption est partout, chacun se surveille.
    Et la menace rôde à mesure que Boris s'entête...

  • Annexion de la Crimée, ingérence dans les élections américaines, empoisonnement de Sergueï Skripal : les services secrets russes sont bel et bien de retour. Mais, au fond, sont-ils vraiment partis ?

    Du « parapluie bulgare » au Novitchok, de l'espionnage atomique à la cyberguerre, du KGB au FSB, Andreï Kozovoï brosse une vaste fresque peuplée d'agents aux multiples facettes, lesquels ont acquis au fil des ans une expérience sans équivalent, mais aussi un considérable pouvoir de nuisance. Pilier du régime, les services secrets permettront- ils à Vladimir Poutine de maîtriser le monde ou seront-ils le monstre de Frankenstein qui provoquera sa chute ?

  • Généalogie d'un monde multipolaire

    De 1945 à nos jours, Pascal Boniface retrace de façon directe, claire et vivante 75 ans de relations internationales. Il met ainsi en lumière les précédents, les choix et les biais géopolitiques qui permettent de décrypter l'actualité et de percevoir le monde dans sa globalité.
    Foisonnante et explosive, la période contemporaine ne cesse de nous surprendre : cet essai didactique - mis à jour à l'aune des récents événements (élection de Jair Bolsonaro, dernières décisions radicales de Donald Trump, crise du Covid-19...) - constitue la référence indispensable des lecteurs désireux de prendre du recul pour aborder la mondialisation de façon éclairée et le présent en connaissance de cause.
    Pascal Boniface est directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à l'Institut d'études européennes de l'université de Paris VIII. Il a écrit plus de 60 ouvrages sur les questions géopolitiques dont certains ont donné lieu à de multiples traductions ou rééditions. Il a créé la chaîne Youtube « Comprendre le monde ». Retrouvez-le sur son blog www.pascalboniface.com et sur Twitter @PascalBoniface.

  • Dans cette série d'entretiens menés avec celui que l'on associe volontiers à la «conscience morale» des Américains, celui-ci s'exprime sur des sujets qui sont emblématiques de l'inquiétante époque dans laquelle nous sommes entrés il y a quelque temps: Trump, la Russie de Poutine, l'Europe, la crise des migrants, la montée de l'intégrisme religieux. À 88 ans, Chomsky regarde le monde en proie à des régimes autoritaires et totalitaires, un néolibéralisme débridé, une crise écologique dévastatrice, une guerre perpétuelle, mais ce qu'il voit surtout, ce sont les mouvements sociaux qui résistent à l'injustice et les inégalités. Même si la situation est critique, Chomsky défend un point de vue optimiste. Il persiste et signe: non seulement est-il encore possible d'espérer, mais l'espoir est plus que jamais indispensable.

  • Printemps 1803. Après onze ans d'absence, Élisabeth d'Espérance est enfin de retour au château familial. Hélas, les retrouvailles avec sa soeur Charlotte sont de trop courte durée. Pour protéger Maria, une petite russe mystérieusement abandonnée par ses parents, Élisabeth doit fuir avec elle. Quel terrible secret menace la vie de l'enfant à la voix d'ange ?La Rochelle, 1890. Émilie et Constance, en retraite à l'Espérance, font la connaissance de Dimitri Rochenkovski. Celui-ci vient d'arriver de Saint-Pétersbourg. Dans ses bagages, les mémoires de son aïeule... une certaine Élisabeth d'Espérance !
    Une fois encore, la vie des soeurs Espérance va bouleverser celle des deux amies !
    Quel est ce trouble qui envahit Constance à chaque apparition du jeune homme russe ? Parviendra- t-elle à trouver le chemin du bonheur ?
    Entraînées par leur curiosité, Constance et Émilie sont plongées au coeur d'une des plus grandes énigmes de l'histoire de la Grande Russie.Une série historique palpitante qui nous plonge dans l'histoire de l'Europe. Retrouvez tous les livres de Sophie de Mullenheim en format numérique.

  • Lyon, 1er septembre 1890. Émilie et Constance savourent leur bonheur : Émilie, celui d'être jeune mariée ; Constance, celui de bientôt retrouver celui qu'elle aime, Dimitri. L'Espérance, au même moment. Des coups violents font trembler la porte de l'orphelinat. D'un air glaçant, Maître Montbert annonce la raison de cette visite : héritier d'Élisabeth d'Espérance, son client revendique la propriété du château. Il laisse trois semaines aux soeurs pour prouver qu'Élisabeth leur a bien légué les lieux. L'orphelinat est menacé ! Soeur Marie-Agnès, Constance et Émilie se lancent alors à la recherche du testament d'Élisabeth. Quand elles apprennent que le client de Maître Montbert, l'inquiétant Igor Karinovitch, n'est autre que le cousin de Dimitri, leurs certitudes vacillent...Au nom de la vérité, Émilie ne trahit-elle pas son amitié pour Constance ? Et Dimitri, est-il seulement sincère ?Dans cette ultime aventure, les deux amies parviendront-elles à rester fidèles aux soeurs Espérance ?

  • Voici, pour la première fois, une enquête complète sur la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), théâtre de la fameuse série Le Bureau des légendes. La DGSE n'a qu'un but : défendre les intérêts de la France. Pour cela, la loi l'autorise à " entraver " clandestinement, à l'étranger, les ennemis de notre pays. Si la Boîte, comme la surnomment ses 7 000 agents, baigne dans le secret, l'ouverture est très nette, et, paradoxalement, plus personne ne parle aujourd'hui de la DGSE sans évoquer sa spectaculaire vitrine, Le Bureau des légendes, que notre enquête éclaire d'un jour nouveau. Assassinats ciblés, infiltration croissante des services russes, chasse aux " taupes " chinoises, cyberguerre, opérations secrètes en Afrique..., autant d'histoires inédites, enfin révélées dans ce livre. C'est aussi le quotidien des agents secrets qui est dévoilé : de leur entrée dans le service, sur concours ou par contrat, à leur plongée dans l'espionnage sous une identité fictive - la fameuse " légende "...

  • Gipsy book T.5 ; jusqu'à toucher les étoiles Nouv.

    États-Unis, 1962.Vadim rêve de pouvoir intégrer la NASA. Mais en ces temps de guerre froide, il n'est pas bien vu d'être un américain d'origine russe... Alors quand un homme frappe à sa porte pour lui offrir une réelle opportunité d'accéder au poste qu'il convoite, Vadim n'hésite pas longtemps. URSS, 1962.Tania rejoint la Cité des Étoiles avec le rêve d'être sélectionnée pour devenir la première femme à voyager dans l'espace. Les dix candidates dont elle fait partie sont soumises à un entraînement des plus rudes. Si la moindre faiblesse est décelée, elles peuvent dire adieu à leur rêve.Le Gipsy Book est un livre de sagesse écrit par un vieux gitan, Nanosh Balatta. Il est passé de main en main, a voyagé dans le temps, changeant chaque fois la vie de ceux et celles qui le lisaient.

  • Père : disparu. C'est ce qui est mentionné sur le dossier de Madeleine, élève à la Légion d'honneur, fille du chirurgien-major Rochembault dont on est sans nouvelle depuis la bataille de Bailén. Madeleine, cependant, ne peut se résoudre à l'absence de son père. Surmontant sa timidité naturelle, elle se lance à la recherche des prisonniers de l'armée espagnole. Très vite un nom apparaît : Cabrera, l'île maudite, où des centaines de soldats seraient captifs. Mais Cabrera est loin, l'Espagne est en guerre et le chirurgien Rochembault est-il seulement vivant ? Dans cette grande épopée méditerranéenne, Madeleine découvrira que le courage ne s'éprouve pas seulement sur les champs de bataille. Et que l'amitié est une force.

  • Ce livre dévoile l'itinéraire hors du commun et la réflexion originale d'un jeune prêtre d'aujourd'hui. Édouard Shatov est né en 1973 dans une famille chrétienne orthodoxe, en plein coeur de la Russie communiste. Sa conversion au catholicisme et sa vocation l'ont conduit en France et en Angleterre, où il a fréquenté de grands spirituels juifs et anglicans, puis au Québec, où il exerce maintenant son ministère.
    Au gré de ses pérégrinations, il a pu approfondir sa foi née au carrefour de plusieurs mondes et s'est peu à peu forgé une pensée chrétienne à la fois enracinée et ouverte, capable d'embrasser la diversité contemporaine. Responsable du Centre culture et foi Montmartre, engagé dans les milieux du dialogue interreligieux et chroniqueur à Radio VM, il y déploie dynamisme, bienveillance et une vive intelligence.
    Quel regard ce jeune prêtre venu d'ailleurs porte-t-il sur l'Occident laïcisé, sur sa culture, ses débats sociaux, ses questions existentielles et spirituelles ? Selon lui, la foi chrétienne peut-elle y retrouver une place et s'y renouveler ? Et au coeur d'un Village planétaire marqué par le brassage des croyances, comment aborder la réalité des autres religions ?
    C'est à de telles questions que répond Édouard Shatov au fil de ces entretiens avec l'éditrice Sophie Brouillet. Il livre du même coup un témoignage de foi éloquent.

  • PRIX IMAGINALES 2019 Un roman, entre onirisme et délire surréaliste, d'une écriture magnifiquement débridée. " C'est un rêve, répondit l'homme-arbre. Un rêve de la raison. Le cerveau s'endort et il fait un dernier rêve... "
    Ilyassov le Tatare est un vieux vendeur de poissons solitaire et mutique, dont les seuls confidents sont ses chers silures. Il vit dans le souvenir de la belle Aïza, son unique amour, qui s'est jadis noyée sous ses yeux. Or par une nuit d'hiver, Ilya se transforme en poisson, première d'une série de métamorphoses qui lui permettront, chacune, de retrouver brièvement sa bien-aimée avant de la perdre à nouveau.
    L'inspecteur Sinitchkine est chargé d'enquêter sur la disparition d'Ilya, que l'on s'imagine assassiné, malgré l'absence de cadavre. Mais Sinitchkine est bien plus préoccupé par ses cuisses qui enflent, enflent, enflent... comme si elles s'apprêtaient à enfanter.
    Ce n'est là que le début d'une intrigue foisonnante où l'imagination débordante de l'auteur fait surgir une ronde fantasque de multiples personnages, tantôt tragiques, tantôt cocasses, parfois les deux.
    Au cours des mésaventures d'Ilyassov et Sinitchkine, on croisera entre autres un homme arbre, un étang infesté de piranhas, une jeune fille errant dans la neige, et deux malfrats sérieusement alcooliques prêts à tout pour un billet.
    Autant de passagers du rêve d'une raison en sommeil.

  • " Arséni Andréiévitch, nu comme un ver, constata sans équivoque que l'organe le plus important du corps masculin manquait à son reflet. " Avec L'Outil et les Papillons, Dmitri Lipskerov entraîne le lecteur dans un carnaval fantastique échevelé, démoniaque et absurde, une variation hilarante sur Le Nez de Gogol.
    Un beau matin, l'honorable Arseni Andréiévitch Iratov, célèbre architecte de cinquante ans dont le parcours rappelle celui d'un Rastignac soviétique (directeur d'un bureau d'architectes, amant insatiable, ex-joueur de cartes, qui a trempé dans de sombres histoires de marché noir avant d'avoir affaire au KGB et de passer quelques années en prison pour malversations financières), se réveille pour découvrir qu'il n'a plus de sexe. L'outil le plus essentiel de son anatomie a tout simplement disparu, ne laissant qu'une fente sur un bas-ventre désormais lisse.
    L'organe perdu réapparaît dans un petit village, où vivent une gamine de treize ans et sa grand-mère alcoolique. Le pénis a pris l'apparence d'un gnome, qui se transforme rapidement en beau jeune homme au visage angélique.
    La jeune fille décide de le garder comme animal domestique, avant d'en tomber amoureuse, de lui donner un nom français (Eugène) et de l'aider à réaliser son rêve: retrouver son propriétaire Iratov.
    Avec L'Outil et les Papillons, Dmitri Lipskerov entraîne le lecteur dans un carnaval fantastique échevelé, démoniaque et absurde, une variation hilarante sur Le Nez de Gogol.

  • De la révolution d'octobre 1917 à 1922, la guerre civile russe fait des ravages : millions de morts, épidémies, famine, terreur et déportation. Face aux bolcheviks et aux monarchistes, une troisième force, issue du monde rural, émerge. En mars 1917, mutineries et jacqueries submergent la Russie, le tsar Nicolas II abdique, Lénine et les bolcheviks prennent le pouvoir. Ce sont les Rouges. En décembre, des généraux proscrits commencent à lutter pour le retour du régime tsariste. En un an, du Caucase à la Sibérie, ils sont des centaines de milliers sous les drapeaux de Dénikine, Koltchak ou Wrangel. Ce sont les Blancs. Face à la terreur bolchévique, bandes de pillards et paysans se révoltent à leur tour. Refusant la circonscription et la réquisition de récoltes, ils se déclarent pour la liberté du commerce et contre la dictature de la ville. Ce sont les Verts. À la lumière de documents russes inédits en français, Jean-Jacques Marie revisite le récit d'une guerre civile qui plonge la Russie dans le chaos et voit la disparition d'un monde qu'on croyait éternel.

  • "Après avoir évoqué, dans La Corde raide, son adolescence dans une Vienne encore heureuse, la Palestine des premiers kibboutz, la bohème journalistique du Berlin des années 1920, Arthur Koestler fait revivre dans ce volume l'euphorie de son adhésion au communisme, quand les lendemains chantaient en U.R.S.S. ; et que, comme l'annonçait Trotsky « le citoyen moyen de la société sans classe » qui s'édifiait à l'Est allait « s'élever au niveau d'un Aristote, d'un Goethe, d'un Marx ».
    « Les sept ans d'aveuglement qui frappèrent l'Occident de 1932 à 1939 furent un des phénomènes les plus remarquables de l'histoire. Il eût fallu, à des gens élevés dans les traditions de l'Occident, une puissance d'imagination peu commune pour admettre et se représenter la renaissance de la torture médiévale et de l'esclavage antique. Il fallait un effort intellectuel plus grand encore pour croire à la réalité des plans nazis et communistes de conquête du monde par la conspiration et la terreur ». Cette incrédulité devant l'incroyable fut le fait le plus général de cette « Nuit de Sept ans » qu'Arthur Koestler, désormais désillusionné, évoque dans ce troisième tome de son étonnante autobiographie."

  • 1920, la Russie est déchirée par la guerre civile. Un groupe de cosaques s'apprête à massacrer une famille juive réfugiée aux confins de la Sibérie lorsqu'un mystérieux officier s'interpose et ordonne d'épargner un enfant. Le jeune garçon est recueilli par son sauveur : le baron Ungern-Sternberg. Cet ancien héros des bataillons du tsar mène une armée composée de deux mille cavaliers venus de tous les horizons : cosaques russes, Mongols, Kazakhs, Japonais...Son rêve : créer un empire à l'est du lac Baïkal pour mieux combattre la décadence de la civilisation occidentale. À travers les yeux d'un enfant, Les Vents barbares nous entraîne pour une chevauchée inoubliable sur les steppes sibériennes. Philippe Chlous nous offre à la fois un formidable roman d'apprentissage et une grande fresque d'aventures aux accents épiques.

  • De l'interdiction du port de la barbe à la fondation de Saint-Pétersbourg, de la mise au pas de l'Église orthodoxe à la réforme de l'administration, du renouvellement des élites traditionnelles au recrutement massif de têtes pensantes et de travailleurs manuels d'origine étrangère, des trois voyages du souverain en Europe occidentale et des explorations lancées vers l'Asie centrale et l'Extrême-Orient à la création d'une grande Académie des sciences, le tsar Pierre (1672-1725) n'a jamais cessé de vouloir sortir la vieille Moscovie de son isolement. C'est à bon droit qu'on peut le qualifier d'architecte de la Russie moderne. Il se voyait d'ailleurs en nouvel Alexandre le Grand et s'est fait proclamer, quatre ans avant sa mort, « père de la patrie », « imperator » et « grand », ce qui donne la mesure de ses ambitions pour lui-même et pour son pays.
    Le passif est pourtant loin d'être négligeable : les fragilités de l'homme - débauche, alcoolisme, goût immodéré des mascarades - et l'usage courant de la violence avec les membres de sa famille comme avec ses adversaires politiques, le recours systématique à la guerre, une diplomatie incertaine et une fiscalité écrasante ont constitué autant d'entraves à la modernisation.
    Reste que ce règne flamboyant et haletant demeure l'un des plus passionnants que la Russie ait connus. Mal connu en France, il fait ici, sous la plume de Francine-Dominique Liechtenhan, l'objet d'une évocation aussi riche de « grande histoire » que de « petits faits vrais » et significatifs.

  • Opéra anatomique

    Maja Brick

    À la fin du XVIIe siècle,le tzar Pierre le Grand entreprend un voyage en Occident pour s'initier aux arcanes d'une autre civilisation. À Amsterdam, il jette son dévolu sur une collection de cadavres appartenant à un anatomiste, Frederick Ruysch. Ce grand voyage, qui a aussi pour décor Londres, Vienne, Venise, la Russie, nous plonge autant dans les troubles intellectuels et politiques de l'époque que dans les profondeurs de l'âme. Les protagonistes dissèquent les corps et les horloges pour comprendre et recréer la Nature sans pourtant éviter les drames. Au centre de cette tragédie règne l'opéra, avec ses musiciens de premier plan : Caldara, Scarlatti, Pistocchi, Bononcini. C'est une vaste scène lyrique avec ses arias et ses crimes. Et c'est un voyageur solitaire, le secrétaire du tzar, qui sera l'historiographe de cette vision baroque où la machinerie du monde et le théâtre fonctionnent selon les mêmes rouages, les mêmes mystères, les mêmes rebondissements.

  • Longtemps interdite de publication par le régime, Ludmila Petrouchevskaïa est considérée comme l'un des plus grands écrivains russes contemporains.
    Réunissant ses nouvelles incontournables, ce recueil permet au lecteur de pénétrer dans un univers singulier, qui oscille entre féerie inquiète et comédie grinçante.

    « Courtes, extrêmement condensées, dérangeantes, pleines d'inventivité, ces histoires se déploient dans un espace situé entre ce monde et le suivant, un lieu où la vengeance et la grâce ne peuvent peut-être se réaliser que dans les rêves. » (Liesl Schillinger, The New York Times)

    « Ces nouvelles se lisent comme un concentré de Tim Burton ou de Terry Gilliam, ancrées dans des forêts glaciales de Sibérie, dans des appartements exigus de l'ère post-soviétique habités par plusieurs générations, où les chats viennent s'entasser. Les personnages y sont le plus souvent orphelins, veufs, endeuillés. [...] Mais ils ne sont pas pour autant dénués de combativité. » (Sophia Martelli, The Observer)

  • Y a-t-il un Christ russe ? A priori il n'y a pas davantage un Christ propre à la Russie qu'il n'y a de Christ rhénan ou catalan, romain ou byzantin. Et pourtant, il n'est pas douteux qu'il existe une approche propre à la mentalité, aux traditions, à la culture d'un peuple dont Dostoïevski a écrit qu'il ne peut l'imaginer « séparé du Christ ».Michel Evdokimov nous présente ici le Christ dans la littérature russe du Xe au XIXe siècle, c'est-à-dire de l'époque fondatrice du baptême du peuple russe, en 989, au siècle qui vit un tel épanouissement de la littérature et de la philosophie qu'on a pu parler, à son sujet, d'un siècle d'or. À travers des textes qui, dans leur grande majorité, n'ont jamais été traduits en français, l'auteur laisse parler les martyrs, les spirituels affamés du Dieu vivant et de sa parole, les moines, les poètes et les thaumaturges de l'immense littérature russe. Il évoque aussi le père Alexandre Men, figure lumineuse de la foi russe au XXe siècle.Tous ont écrit le visage, le destin et le mystère du Christ de Dieu, Agneau immaculé et glorieux. Au Christ, nous disent-ils, tout homme peut confier sa douleur et adresser sa demande de pardon. Et de Lui, il peut recevoir une parole vivante dans son lourd silence, et l'exaucement de son brûlant désir.Une collection de référence en christologie sous la direction de Monseigneur Doré.

  • En août 1914, les puissances européennes s'engagent dans un conflit d'une ampleur inconnue jusqu'alors. Dès les premiers mois, le nombre de victimes et la nature même de cette guerre marquent les esprits. La Première Guerre mondiale constitue une rupture profonde avec le passé. Elle marque l'entrée dans un XXe siècle plus sanglant que les précédents et amorce une évolution vers un nouveau type de conflit : la guerre totale. Sur le champ de bataille, les innovations techniques et scientifiques repoussent les limites d'une violence qui atteint une intensité inouïe. Victimes des gaz, des obus et des mines, les soldats vivent dans les tranchées un affrontement sans retenue. Dans les territoires occupés ou dans les camps de prisonniers ennemis, les populations sont à leur tour engagées comme jamais encore dans le conflit, car elles sont confrontées à d'autres violences, politiques et culturelles. Le collectif réuni autour de John Horne explore le tournant que représentent les années 1914-1915 dans l'escalade de la violence guerrière dont l'expression ultime fut l'un des épisodes les plus meurtriers du XXe siècle : le génocide arménien, qui a causé la mort de 650 000 à plus d'un million de personnes avant même la fin de l'année 1915.

  • Un amour oublié, un combat mythique... Une sombre terreur règne sur la Russie. Les Mélanov, secte puissante et redoutable, y étendent leur influence jusqu'à faire grandir leur ombre sur la France.
    Une adversaire de taille se dresse contre eux : Anastasia Pétrichov, une jeune femme amnésique qui ignore jusqu'à son véritable nom. Recueillie en secret par un couvent russe à quinze ans, elle est entraînée à combattre les Mélanov par son mentor, Liouba. Une colère immémoriale gronde en elle, sans qu'elle parvienne à s'expliquer pourquoi. Malgré sa soif de savoir, elle comprend toutefois qu'elle devra lutter contre la secte toute-puissante pour lever le voile sur ses terribles origines. La clé se trouve pourtant au plus près : dans ce mystérieux diamant rouge qui hante ses rêves. Une trahison odieuse lance la première bataille. L'entraînement est terminé, Anastasia doit faire face à son avenir pour avoir une chance de connaître son passé.

  • Historiquement le mot "riche" est le nom commun d'une dualité : dans la conscience populaire circulent des considérations opposées - admiration et jalousie, vénération et détestation - à l'égard de cette minorité de notre société que peu connaissent vraiment de l'intérieur.
    Etant initié à ce microcosme, le franco-russe Anton Malafeev délivre ici un portrait psychosociologique des riches et des nouveaux riches à l'aide d'aventures vécues, narrées sous forme d'un roman. La mentalité russe y lève un peu le voile sur ses secrets. On y apprend pas mal de choses et réfléchit beaucoup : 5 nouvelles classes sociales au lieu de 3 habituelles (riches, pauvres et classe moyenne) ; la satire de la société "occidentalisée" y est habilement entrecoupée d'analyses simples mais percutantes, de chiffres et d'explications historiques.
    Originalité : chacun sans exception s'y reconnaîtra et sera presque contraint de s'interroger sur bien des choses. Car à travers le constat que "l'humanité a mis en place un système inadapté à sa propre nature", l'essai débouche (à contre-courant du pessimisme généralisé) sur une solution - plafond universel de fortunes - vouée à inverser le principal trou noir de notre organisation sociale.

  • Les Romanov

    Marina Grey

    Quel nom, autre que Romanov, pourrait faire surgir l'ancienne Russie des ombres du passé, nous entraîner à Moscou et à Saint-Pétersbourg dans la splendeur des palais et des églises, dans la froideur hideuse des geôles...Entre avril 1613 où Michel, le premier tsar Romanov, quittait le couvent Ipatiev (à Kostroma) pour se faire couronner et avril 1918 où Nicolas II, le dernier tsar Romanov, entrait, prisonnier, dans la "maison Ipatiev" (à Ekaterinbourg) où la mort l'attendait, il s'est passé trois cent cinq ans.Dix-huit tsars et tsarines Romanov se sont succédé sur le trône ; en ces souverains qui ont fait la Russie, législateurs, conquérants ou... fantoches, Marina Grey a découvert des hommes et des femmes passionnés ou nostalgiques, tendres ou cruels. Son formidable talent d'évocation, sa connaissance de l'ancienne Russie lui permettent de rentrer dans l'intimité de cette famille hors du commun, de traduire leurs joies, leurs peines, leurs folies, leurs violences. Si les faits, les évènements, n'étaient pas scrupuleusement respectés, on pourrait penser à un "roman des Romanov".Il est, de toute façon, vrai qu'en Histoire, la réalité dépasse souvent la fiction...Marina Grey, née Marina Denikine, productrice de radio et de télévision, écrivain, est une spécialiste reconnue de la Russie des tsars qu'elle a évoquée dans Enquête sur le massacre des Romanov et Mon père, le général Denikine.

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