ERIC BOURY

  • Lumière d'été, puis vient la nuit

    Jón Kalman Stefánsson

    • Grasset
    • 26 August 2020

    Dans un petit village des fjords de l'ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun essaie de bien vivre, certains essaient même de bien mourir. Même s'il n'y a ni église ni cimetière dans la commune, la vie avance, le temps réclame son dû.
    Pourtant, ce quotidien si ordonné se dérègle parfois  : le retour d'un ancien amant qu'on croyait parti pour toujours, l'attraction des astres ou des oiseaux, une petite robe en velours sombre, ou un chignon de cheveux roux. Pour certains, c'est une rencontre fortuite sur la lande, pour d'autres le sentiment que les ombres ont vaincu - il suffit de peu pour faire basculer un destin. Et parfois même, ce sont les fantômes qui s'en mêlent...
    En huit chapitres, Jón Kalman Stefánsson se fait le chroniqueur de cette communauté dont les héros se nomment Davíð, Sólrún, Jónas, Ágústa, Elísabet ou Kristín, et plonge dans le secret de leurs âmes. Une ronde de désirs et de rêves, une comédie humaine à l'islandaise, et si universelle en même temps. Lumière d'été, puis vient la nuit charme, émeut, bouleverse.
    Traduit de l'islandais par Éric Boury

  • Ton absence n'est que ténèbres

    Jón Kalman Stefánsson

    • Grasset
    • 5 January 2022

    Un homme se retrouve dans une église, quelque part dans les fjords de l'ouest, sans savoir comment il est arrivé là, ni pourquoi. C'est comme s'il avait perdu tous ses repères. Quand il découvre l'inscription « Ton absence n'est que ténèbres » sur une tombe du cimetière du village, une femme se présentant comme la fille de la défunte lui propose de l'amener chez sa soeur qui tient le seul hôtel des environs. L'homme se rend alors compte qu'il n'est pas simplement perdu, mais amnésique : tout le monde semble le connaître, mais lui n'a aucune souvenir ni de Soley, la propriétaire de l'hôtel, ni de sa soeur Runa, ou encore d'Aldis, leur mère tant regrettée. Petit à petit, se déploient alors différents récits, comme pour lui rendre la mémoire perdue, en le plongeant dans la grande histoire de cette famille, du milieu du 19ème siècle jusqu'en 2020. Aldis, une fille de la ville revenue dans les fjords pour y avoir croisé le regard bleu d'Haraldur ; Pétur, un pasteur marié, écrivant des lettres au poète Hlderlin et amoureux d'une inconnue ; Asi, dont la vie est régie par un appétit sexuel indomptable ; Svana, qui doit abandonner son fils si elle veut sauver son mariage ; Jon, un père de famille aimant mais incapable de résister à l'alcool ; Pall et Elias qui n'ont pas le courage de vivre leur histoire d'amour au grand jour ; Eirikur, un musicien que même sa réussite ne sauve pas de la tristesse voici quelques-uns des personnages qui traversent cette saga familiale hors normes. Les actes manqués, les fragilités et les renoncements dominent la vie de ces femmes et hommes autant que la quête du bonheur. Tous se retrouvent confrontés à la question de savoir comment aimer, et tous doivent faire des choix difficiles.
    Ton absence n'est que ténèbres frappe par son ampleur, sa construction et son audace : le nombre de personnages, les époques enjambées, la puissance des sentiments, la violence des destins tout semble superlatif dans ce nouveau roman de Jón Kalman Stefánsson. Les récits s'enchâssent les uns dans les autres, se perdent, se croisent ou se répondent, puis finissent par former une mosaïque romanesque extraordinaire, comme si l'auteur islandais avait voulu reconstituer la mémoire perdue non pas d'un personnage mais de l'humanité tout entière. Le résultat est d'une intensité incandescente.
    Traduit de l'islandais par Éric Boury

  • La pierre du remords

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 4 March 2022

    Troisième roman de la série Konrad, plus simenonien et mélancolique que jamais.

    Une femme est assassinée chez elle.
    Sur son bureau, on retrouve le numéro de téléphone de Konrad, ancien policer. L'enquête révèle rapidement qu'elle l'avait contacté récemment pour lui demander de retrouver l'enfant qu'elle avait mis au monde cinquante ans plus tôt, et qu'elle avait abandonné juste après sa naissance.
    Maintenant désolé de lui avoir refusé son aide, Konrad s'emploie à réparer son erreur. Il retrouve les membres d'un mouvement religieux contre l'avortement et reconstruit l'histoire d'une jeune fille violée dans le bar où elle travaillait.
    Il retrouve aussi un clochard équivoque, des trafiquants de drogue et même des fragments de l'histoire de la mort violente de son père.
    Au fil de l'enquête, il mesure l'ampleur de la tragédie dans laquelle son intuition et son entêtement l'ont plongé. Konrad se révèle un enquêteur sensible à la souffrance des autres, d'une humanité touchante.
    Dans une construction particulièrement habile et haletante, La Pierre du remords est un roman captivant et impitoyable sur la honte, le désespoir et l'intensité des remords qui reviennent nous hanter.

    « Un véritable conteur. » - The Guardian
    « L'étoile polar de la littérature islandaise. » - La Croix

  • Les fantômes de Reykjavik

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 7 April 2021

    Danni a disparu, elle se droguait, ses grands-parents font appel à Konrad, un policier à la retraite.

    Une fillette retrouvée noyée dans le lac du centre de Reykjavik en 1947 hante les rêves d'une des amies de l'ex-policier. Comment la police a-t-elle mené ces enquêtes ?
    À des années de distance les mêmes erreurs semblent se répéter. Konrad, solide, têtu, coléreux et rompu par son enfance auprès de son père à toutes les ruses des voyous, n'hésite pas à bousculer les conformismes.
    Il sait aussi écouter les fantômes.
    Dans une construction particulièrement brillante, Indridason crée un suspense et des attentes sur des plans différents et surprenants.
    Il captive le lecteur et le tient en haleine avec brio. Il est ici question d'espoirs déçus et d'enfants que personne ne protège.

  • Entre ciel et terre

    Jón Kalman Stefánsson

    • Gallimard
    • 26 April 2012

    Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d'autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le coeur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts.

    Parfois les mots font que l'on meurt de froid. Cela arrive à Bárður, pêcheur à la morue parti en mer sans sa vareuse. Trop occupé à retenir les vers du Paradis perdu, du grand poète anglais Milton, il n'a pensé ni aux préparatifs de son équipage ni à se protéger du mauvais temps. Quand, de retour sur la terre ferme, ses camarades sortent du bateau le cadavre gelé de Bárður, son meilleur ami, qui n'est pas parvenu à le sauver, entame un périlleux voyage à travers l'île pour rendre à son propriétaire, un vieux capitaine devenu aveugle, ce livre dans lequel Bárður s'était fatalement plongé, et pour savoir s'il a encore la force et l'envie de continuer à vivre.
    Par la grâce d'une narration où chaque mot est à sa place, nous accompagnons dans son voyage initiatique un jeune pêcheur islandais qui pleure son meilleur ami : sa douleur devient la nôtre, puis son espoir aussi. Entre ciel et terre, d'une force hypnotique, nous offre une de ces lectures trop rares dont on ne sort pas indemne. Une révélation...

  • ásta

    Jón Kalman Stefánsson

    • Grasset
    • 29 August 2018

    Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d'après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant - à une lettre près - amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille... Des années plus tard, Sigvaldi tombe d'une échelle et se remémore toute son existence  : il n'a pas été un père à la hauteur, et la vie d'Ásta n'a pas tenu cette promesse de bonheur.
    Jón Kalman Stefánsson enjambe les époques et les pays pour nous raconter l'urgence autant que l'impossibilité d'aimer. À travers l'histoire de Sigvaldi et d'Helga puis, une génération plus tard, celle d'Ásta et de Jósef, il nous offre un superbe roman, lyrique et charnel, sur des sentiments plus grands que nous, et des vies qui s'enlisent malgré notre inlassable quête du bonheur.

  • La vérité sur la lumière

    Audur Ava Olafsdóttir

    • Zulma
    • 7 October 2021

    Issue d'une lignée de sages-femmes, Dyja est à son tour « mère de la lumière ». Ses parents dirigent des pompes funèbres, sa soeur est météorologue : naître, mourir, et au milieu quelques tempêtes. Alors qu'un ouragan menace, Dyja aide à mettre au monde son 1922e bébé. Elle apprivoise l'appartement hérité de sa grand-tante, avec ses meubles vintage, ses ampoules qui grésillent et un carton à bananes rempli de manuscrits. Car tante Fífa a poursuivi l'oeuvre de l'arrière-grand-mère, mêlant les récits de ces femmes qui parcouraient la lande dans le blizzard à ses propres réflexions aussi fantasques que visionnaires sur la planète, la vie et la lumière. Sous les combles, un touriste australien semble venu des antipodes simplement pour faire le point. Décidément, l'être humain est l'animal le plus vulnérable de la Terre, le fil ténu qui relie à la vie aussi fragile qu'une aurore boréale. Explorant avec grâce les troublantes drôleries de l'inconstance humaine, Audur Ava Ólafsdóttir poursuit depuis Rosa candida une oeuvre d'une grande finesse. Elle a reçu le Prix Médicis étranger pour Miss Islande.

  • Les roses de la nuit

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 4 December 2020

    La vengeance des victimes. Elle est condamnée, il l'aime, elle l'entraîne dans sa vengeance mortelle.

    À la sortie d'un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s'éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse.
    Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d'un grand homme politique originaire des fjords de l'Ouest.
    La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s'intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l'Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d'immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s'intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
    Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.
    Avec son duo d'enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l'Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l'originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l'intrigue exceptionnelle.

  • Ce que savait la nuit

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 21 May 2020

    Les touristes affluent en Islande et les glaciers reculent lentement.

    Le cadavre d'un homme d'affaires disparu depuis trente ans émerge du glacier de Langjkull. Son associé de l'époque est de nouveau arrêté, et Konrad, policier à la retraite, doit reprendre bien malgré lui une enquête qui a toujours pesé sur sa conscience.
    Au moment où il pensait vivre sa douleur dans la solitude son père menteur et escroc a été assassiné sans que l'affaire soit jamais élucidée et l'amour de sa vie vient de mourir d'un cancer , Konrad est pressé par le principal suspect, mourant, de découvrir la vérité. Seul le témoignage d'une femme qui vient lui raconter l'histoire de son frère tué par un chauffard pourrait l'aider à avancer...
    Dans la lignée de Simenon, Indridason excelle dans la construction d'un environnement social et affectif soigné et captivant, et dévoile peu à peu le passé trouble de ce nouvel enquêteur, jetant une lumière crue sur sa personnalité.
    Un beau roman noir sensible aux rebondissements surprenants.
    "Décors impeccables, personnages principaux parfaitement décrits, interrogatoires rondement menés on en sort avec des étoiles dans les yeux, peut-être même des larmes." - Morgunbladid

  • Les fils de la poussière

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 1 May 2020


    Paru en 1997, Les Fils de la poussière, premier roman d'Arnaldur Indridason, ouvre magistralement la voie au polar islandais.

    Daniel, quadragénaire interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík, se jette par la fenêtre sous les yeux de son frère Palmi.
    Au même moment, un vieil enseignant, qui a eu Daniel comme élève dans les années 60, meurt dans l'incendie de sa maison.
    L'enquête est menée parallèlement par le frère de Daniel, libraire d'occasion, un tendre rongé par la culpabilité, et par une équipe de policiers parmi lesquels apparaît un certain Erlendur, aux côtés du premier de la classe Sigurdur Oli et d'Elinborg.
    Peu à peu, ils découvrent une triste histoire d'essais pharmaceutiques et génétiques menés sur une classe de cancres des bas quartiers, des gamins avec qui on peut tout se permettre.
    Sens de la justice, personnages attachants, suspense glacé : dès ce premier thriller, on trouve tous les éléments qui vont faire le succès international qu'on connaît - et le génial Erlendur, bien sûr, tourmenté, maussade, sombre comme un ciel islandais !

  • D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds

    Jón Kalman Stefánsson

    • Gallimard
    • 2 February 2017

    "Était-ce ce qu'il venait de vivre en mer, était-ce pour cette raison qu'il ne voyait vraiment Margrét que maintenant ? Il peinait tant à détacher d'elle son regard qu'il s'était entaillé la main gauche avec le couteau. Une coupure profonde. Le sang avait coloré la lame avant de goutter sur le poisson. Il avait levé la tête vers Margrét. Ils s'étaient regardés droit dans les yeux, le sang coulait, c'était septembre, les montagnes parsemées d'entailles avaient blanchi en une nuit, le voile de neige qui les couvrait était si léger qu'il ne parvenait pas à adoucir les arêtes acérées et leur colère noire."

    À travers trois générations, le portrait d'une Islande sauvage, âpre et nostalgique se dessine. On y croise Ari, éditeur exilé au Danemark, et le douloureux souvenir de sa mère ; son grand-père Oddur, capitaine courageux, mais aussi sa grand-mère Margrét, à la sensualité rare. Au croisement de la folie et de l'érotisme, la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

    Grand Prix SGDL de traduction 2016
    Meilleur roman étranger LiRE: 2015

  • La trilogie des ombres t.1 ; dans l'ombre

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 2 February 2017


    Un voyageur de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d'une balle de Colt et le front marqué d'un "ss' en lettres de sang.

    La police soupçonne rapidement les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux flics novices vont mener l'enquête.
    Flovent, l'unique enquêteur de la police criminelle d'Islande, qui a fait un stage à Scotland Yard, et Thorson, l'Islandais de l'Ouest, né au Canada, et désigné comme enquêteur militaire par les Britanniques et les Américains pour ses compétences linguistiques.
    Indridason décrit les bouleversements de cette île de pêcheurs et d'agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité avec l'afflux des soldats. Les femmes s'émancipent, rêvent de la ville, on soupçonne que, malgré la dissolution de leur parti, les nazis n'ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l'île.
    Par ailleurs on attend en secret la visite d'un grand homme.
    L'enquête connaît de multiples rebondissements qui dressent un tableau passionnant de l'Islande de la "Situation", cette occupation des jeunes soldats britanniques et américains qui sèment aussi le trouble parmi la population féminine.
    Elle dévoile aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus.

    Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu'incarnent les personnages que par la résolution de l'intrigue, imprévisible.

  • La trilogie des ombres t.3 ; passage des ombres

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 3 May 2018


    Un vieil homme solitaire est retrouvé mort dans son lit. Il semble avoir été étouffé sous son oreiller.

    Dans ses tiroirs, des coupures de presse sur la découverte du corps d'une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l'occupation américaine. Pourquoi cet ancien crime refait-il surface après tout ce temps ?
    La police a-t-elle arrêté un innocent ? Soixante ans plus tard, l'ex-inspecteur Konrad décide de mener une double enquête.
    Jumeau littéraire d'Erlendur, il a grandi en ville, dans ce quartier des Ombres si mal famé, avec un père escroc, vraie brute et faux spirite. Il découvre que l'Islande de la "situation" n'est pas tendre avec les jeunes filles, trompées, abusées, abandonnées, à qui on souffle parfois, une fois l'affaire consommée, " tu diras que c'était les elfes ".

    Un polar prenant qui mêle avec brio deux époques et deux enquêtes dans un vertigineux jeu de miroirs. Où l'on découvre que les elfes n'ont peut-être pas tous les torts et que les fééries islandaises ont bon dos...

  • La cité des jarres

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 3 March 2011

    Pourquoi l'inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l'assassin d'un vieil homme dans l'ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincée sous un tiroir, la photo de la tombe d'une enfant de quatre ans ?
    Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s'avère être un violeur? Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ?
    À quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisée pudiquement la Cité des Jarres ?
    Pourquoi nos enfants nous font-ils toujours souffrir ? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ?
    Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l'inéluctable qui sous-tend les vieilles sagas qu'au Moyen Âge les Islandais se racontaient pendant les longues nuits d'hiver.
    Il reprend leur humour sardonique, l'acceptation froide des faits et de leurs conséquences lointaines.

    La Cité des Jarres a obtenu le prestigieux prix Clé de Verre du roman noir scandinave. Il figure en tête des listes des best-sellers en Allemagne et en Angleterre.

  • La Femme en vert

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 3 March 2011


    Nous retrouvons le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits.

    La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs. Les trois policiers sont appelés sur un chantier après la découverte d'ossements humains, un homme et un nourrisson, enterrés là à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pendant ce temps, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours. Il la retrouve à grand peine dans le coma et enceinte. Le bébé ne peut être sauvé. Erlendur va à l'hôpital tous les jours rendre visite à sa fille inconsciente et lui raconte son enfance à lui et la disparition de son frère mort de froid dans une tempête de neige. L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre, une femme et ses deux enfants.
    Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, bat ses enfants et va essayer de se venger, après avoir découvert la tendresse auprès d'un soldat anglais de la base militaire voisine.
    Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de 6 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il vit à Reykjavik avec sa femme et leurs trois enfants. Il est l'auteur de La Cité des Jarres.

  • Les nuits de Reykjavik

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 5 February 2015

    Erlendur le solitaire vient d'entrer dans la police, et les rues de Reykjavik dans lesquelles il patrouille de nuit sont agitées : accidents de la circulation, contrebande, vols, violences domestiques... Des gamins trouvent en jouant dans un fossé le cadavre d'un clochard qu'il croisait régulièrement dans ses rondes.
    On conclut à l'accident et l'affaire est classée. Pourtant le destin de cet homme hante Erlendur et l'entraîne toujours plus loin dans les bas-fonds étranges et sombres de la ville.
    On découvre ici ce qui va faire l'essence de ce personnage taciturne : son intuition, son obstination à connaître la vérité, sa discrétion tenace pour résister aux pressions contre vents et marées, tout ce qui va séduire le commisaire Marion Briem.
    En racontant la première affaire d'Erlendur, le policier que les lecteurs connaissent depuis les premiers livres de l'auteur, Arnaldur Indridason dépasse le thriller et écrit aussi un excellent roman contemporain sur la douleur et la nostalgie.

    De roman en roman, il perfectionne son écriture et la profondeur de son approche des hommes.

  • Le lagon noir

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 3 March 2016

    Reykjavik, 1979.
    Le corps d'un homme est repêché dans ce qui va devenir le lagon bleu.
    Il s'agit d'un ingénieur employé à la base américaine de l'aéroport de Keflavik. Dans l'atmosphère de la guerre froide, l'attention de la police s'oriente vers de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l'Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail.
    Dans un climat de tension, conscients des risques qu'ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l'aide d'une jeune femme noire, officier de la base. Le jeune inspecteur Erlendur vient d'entrer à la brigade d'enquêtes criminelles, il est curieux, passionné par son métier, soucieux des autres, mais il ne cache pas son opposition à la présence américaine sur le sol islandais.
    En parallèle, il travaille sur une vieille affaire non résolue. Une jeune fille disparue sur le chemin de l'école quarante ans plus tôt, à l'époque où la modernité arrivait clandestinement dans l'île, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine.

    Indridason construit un univers particulier, une atmosphère pénétrante et sans nostalgie, un personnage littéraire de plus en plus complexe, et le roman noir, efficace, est transformé par la littérature.

  • à la mesure de l'univers

    Jón Kalman Stefánsson

    • Gallimard
    • 6 April 2017

    "Et maintenant, il est trop tard, répond Ari, pétri de remords. Anna esquisse un sourire, elle lui caresse à nouveau la main et lui dit, quelle sottise, il n'est jamais trop tard tant qu'on est en vie. Aussi longtemps que quelqu'un est vivant."

    À la mesure de l'univers est la suite du roman D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds. Ari rentre en Islande après avoir reçu une lettre de son père lui annonçant son décès imminent. Le jour se lève sur Keflavík, l'endroit le plus noir de l'île, à l'extrémité d'une lande à la végétation éparse et battue par les vents. Ici, la neige recouvre tout mais, partout, les souvenirs affleurent. Ari retrouve des connaissances qu'il n'a pas vues depuis des années. Ses conversations et ses rencontres le conduisent à s'interroger et finalement à accepter son passé : les deuils, les lâchetés, les trahisons, afin de retrouver celui qu'il était, et qui s'était perdu "au milieu du chemin de la vie".
    Comme dans la première partie de son diptyque, Jón Kalman Stefánsson entremêle les époques, les histoires individuelles et les lieux : le Norðfjrður, dans les fjords de l'Est, où évoluent Margrét et Oddur, les amants magnifiques, et Keflavík, ce village de pêcheurs interdits d'océan, très marqué par la présence de la base militaire américaine. Dans une langue à la fois simple et lyrique, nourrie de poésie et de chansons de variétés, agissant comme autant de madeleines de Proust, l'auteur nous parle de mort, d'amour, de lâcheté et de courage. Mais ce récit délivre aussi un message d'espoir : même si le temps affadit les plus beaux moments, ces derniers restent vivants au coeur de l'homme, car le langage a le pouvoir de les rendre éternels. L'amour est le ciment et la douleur du monde.

  • Miss Islande

    Audur Ava Olafsdóttir

    • Zulma
    • 5 September 2019

    Islande, 1963 - cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d'accomplir son destin : elle sera écrivain.
    Sauf qu'à la capitale, on lui conseille de tenter sa chance à l'élection de Miss Islande au lieu de perdre son temps à noircir du papier. Entre deux petits boulots, Hekla se réfugie chez Ísey, amie d'enfance convertie en mère de famille par un amour de vacances. Ou auprès de Jón John, fils illégitime d'un soldat américain qui rêve de quitter son île pour vivre de stylisme et de l'amour d'un autre homme...
    Avec la sensibilité, l'humour et la délicatesse qui lui sont si personnels, Auður Ava Ólafsdóttir interroge dans son sixième roman la relation de deux pionniers qui ne tiennent pas dans les cases, prisonniers d'un monde lilliputien et conservateur. Miss Islande est un magnifique roman sur la liberté, la création et l'accomplissement.

  • L'homme du lac

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 3 March 2011

    À la suite des tremblements de terre qui ont eu lieu en Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une géologue chargée de mesurer le niveau de l'eau découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés.
    La police est envoyée sur les lieux, Erlendur et son équipe se voient chargés de l'enquête, ce qui les mène à s'intéresser aux disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 60 en Islande. Les investigations s'orientent bientôt vers les ambassades ou délégations des pays de l'ex-bloc communiste. Les trois policiers sont amenés à rencontrer d'anciens étudiants islandais qui avaient obtenu des bourses de l'Allemagne de l'Est dans les années 50 et qui ont tous rapporté la douloureuse expérience d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.
    Peu à peu, Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli remontent la piste de l'homme du lac dont ils finiront par découvrir le terrible secret. On retrouve les personnages des livres précédents. D'autres apparaissent, parmi lesquels Sindri Snaer, le fils d'Erlendur.
    A. Indridason réfléchit sur l'humanité et la cruauté du destin.
    Il nous raconte aussi une magnifique histoire d'amour contrarié, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.
    Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de 6 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il est l'auteur de La Cité des Jarres (Métailié, 2005), Prix Cour noir et Prix Mystère de la critique, de La Femme en vert (Métailié, 2006), Prix des lectrices de Elle, ainsi que de La Voix (Métailié, 2007), Grand Prix de Littérature Policière et lauréat du Trophée 813.

  • Les rois d'Islande

    Einar Már Gudmundsson

    • Zulma
    • 8 February 2018

    Le clan Knudsen règne depuis plus de deux siècles sur Tangavík - petit port de pêche battu par les vents ou fief d'armateurs, question de point de vue.
    Chez les Knudsen, on est potentiellement marin de père en fils, sauf à faire carrière à la caisse d'épargne. On compte dans la famille de grands hommes, des hôtesses de l'air et de gentils simplets. Ils ont été ministres, bandits, avocats, ivrognes patentés et parfois tout cela en même temps.
    Les Knudsen ont bâti des empires et les ont perdus avec le même panache. Ils ont monté des conserveries de harengs, composé des symphonies, roulé en belle américaine et sacrément magouillé. Ils ont été portés au pinacle et mis au pilori. Toujours persuadés, de génération en génération, d'être les rois d'Islande.
    L'histoire mirifique des Knudsen, de ses représentants et de tous ceux qui passaient par là est, on l'aura compris, un tourbillon de portraits hautement réjouissants - la saga contemporaine d'une famille exubérante et totalement déjantée.



    Romancier, poète et nouvelliste, Einar Már Guðmundsson est l'auteur d'une dizaine de romans, traduits en plus de vingt-cinq langues. Récompensé par de nombreux prix littéraires, il a notamment reçu le Nordic Council Literature Prize, la plus haute distinction décernée à un écrivain des cinq pays nordiques, l'Íslensku bókmenntaverðlaunin, le plus prestigieux prix littéraire d'Islande, et le Swedish Academy Nordic Prize - dit « le petit Nobel » - pour l'ensemble de son oeuvre.
    Les Rois d'Islande, traduit pour la première fois en français, est un tour de force romanesque doublé d'une satire incisive de la société et de la politique islandaises. Et c'est un chef-d'oeuvre.vivre cette nuit sans sa femme, sa douce et merveilleuse Sarah...
    Un roman au charme irrésistible, émouvant, drôle - et magnifiquement enlevé.
    Joachim Schnerf est né en 1987 à Strasbourg. Il vit actuellement à Paris où il est éditeur de littérature étrangère. Après Mon sang à l'étude, son premier roman paru aux Éditions de l'Olivier, il nous plonge avec Cette nuit dans l'intimité d'une famille, tendue sur le fil de la mémoire d'un homme au soir de sa vie. Un roman d'une grande sensibilité.

  • Opération Napoléon

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 1 October 2015

    1945.
    Un bombardier allemand, pris dans le blizzard en survolant l'Islande, s'écrase sur le Vatnajkull, le plus grand glacier d'Europe. Parmi les survivants, étrangement, des officiers allemands et américains. L'Allemand le plus gradé affirme que leur meilleure chance de survie est de marcher vers la ferme la plus proche. Une mallette menottée au poignet, il disparaît dans l'immensité blanche.
    Dans les années qui suivent les Américains lancent en vain des expéditions pour faire disparaître cette opération militaire mystérieuse et encombrante.
    1999.
    Le glacier fond et les satellites repèrent une carcasse d'avion, les forces spéciales de l'armée américaine envahissent immédiatement le Vatnajkull et tentent en secret de dégager l'avion. Deux jeunes randonneurs surprennent ces manoeuvres et sont rapidement réduits au silence.
    Avant d'être capturé l'un d'eux contacte sa soeur Kristin, une jeune avocate sans histoires. Celle-ci se lance sur les traces de son frère dans une course poursuite au coeur d'une nature glaçante.

    Les événements se précipitent. Les hypothèses historiques déconcertantes, parfois dérangeantes, et la séduction inoubliable qu'exerce cette héroïne à la fois tenace et perspicace, font de ce texte un formidable roman à suspense.

  • La voix

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 3 March 2011


    Le Père Noël a été assassiné juste avant le goûter d'enfants organisé par le directeur de l'hôtel de luxe pris d'assaut par les touristes, alors s'il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C'est mal connaître Erlendur.

    Le Père Noël était portier et on tolérait qu'il occupe une petite chambre dans les sous-sols depuis 20 ans, mais la veille on lui avait signifié son renvoi. Et puis, sur son bel habit rouge pendait un préservatif usagé. Il n'avait pas toujours été un vieil homme, il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige, une voix exceptionnelle, un ange.
    Les interminables fêtes de fin d'année du pays du Père Noël (11 jours) dépriment le commissaire qui s'installe dans une chambre de l'hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique.
    Sa fille essaye de ne pas replonger dans la drogue, elle vient le voir souvent, elle a eu de mauvaises fréquentations qu'elle présente à son père, ce qui permet à ce dernier d'avancer dans sa connaissance de la prostitution de luxe, et puis il y a cette jolie technicienne des prélèvements d'adn, tellement séduisante qu'Erlendur lui raconte ses secrets.
    Le 45 tours enregistré par le jeune garçon, cette voix venue d'un autre monde ouvre la porte à des émotions et des souvenirs, à des spéculations de collectionneurs et à la découverte des relations difficiles et cruelles entre les pères et les fils.

    Un roman dense et fort qui émeut profondément.

    Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de 6 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il vit à Reykjavik avec sa femme et leurs trois enfants. Il est l'auteur de La Cité des Jarres ainsi que de La Femme en vert, tous deux parus aux Editions Métailié.

  • Le duel

    Arnaldur Indridason

    • Métailié
    • 6 February 2014


    Pendant l'été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d'échecs qui oppose l'Américain Fischer et le Russe Spassky.

    L'Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est sympathique, il a seulement préféré loger à l'hôtel plutôt qu'à la maison des syndicats où voulait l'accueillir le parti communiste islandais.
    Au même moment dans une salle de cinéma un jeune homme sans histoires est poignardé sans raison apparente. Le commissaire Marion Briem est chargé de l'enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l'époque dans tout le pays. Une enfance qui lui a aussi fait découvrir la solidarité de ceux qui souffrent et l'amitié qui éloigne la mort.
    L'affaire tourne au roman d'espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, le futur mentor d'Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.

    Encore un roman d'Indridason qu'il est difficile de lâcher, tant l'ambiance, l'épaisseur des personnages, la qualité d'écriture et l'intrigue sont prenantes.

    Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

empty