• C'était le 28 avril 1912. Bergson parlait, comme souvent, devant une salle archi-comble. Une heure plus tard, dira-t-on avec enthousiasme, il avait démontré l'immortalité de l'âme. Sa célèbre conférence, "L'âme et le corps", peut se lire comme une introduction à Matière et mémoire. Elle illustre aussi que "philosopher est un acte simple".

  • Le rire

    Henri Bergson

    Pourquoi rions-nous de voir quelqu'un trébucher ? Pour quelles raisons Molière continue-t-il de nous amuser ? Comment expliquer qu'un jeu de mots ou un trait d'esprit prêtent à sourire ? Dans Le Rire, qu'il publie en 1900, Bergson apporte à ces questions des réponses décisives. S'appuyant sur des exemples quotidiens et de nombreuses références littéraires, il décrypte les formes du comique pour y déceler un ressort commun : l'« interférence de deux séries », c'est-à-dire la présence simultanée de deux éléments distincts ou incompatibles. Au passage, il ne manque pas d'analyser le rôle social ambivalent d'un réflexe qui tout à la fois manifeste l'élan vital et brime les comportements hors normes. Si cette oeuvre, qui doit beaucoup à une tradition classique, méconnaît les manifestations transgressives, sombres, ludiques ou absurdes, du rire, elle n'en demeure pas moins capitale pour qui veut comprendre le « propre de l'homme ».

  • Publié en 1934, La Pensée et le Mouvant est la dernière oeuvre de Bergson. Réunissant des articles et des conférences qu'il donna de 1903 à 1923, ce recueil est l'occasion pour l'auteur de L'Évolution créatrice de redéfinir sa démarche : la réalité, pour

  • Publié en 1896, Matière et mémoire est le livre qui imposa Bergson comme un philosophe de premier plan. Il y aborde une question philosophique essentielle, celle des relations du corps et de l´esprit.
    Par le choix de sa méthode, il fait dialoguer d´une manière singulière la métaphysique et la psychologie, l´analyse des concepts et les apports de la science, alors en plein renouvellement. Pour lui, pas de connaissance de l´esprit sans connaissance de la mémoire et de ses défaillances, que psychologues et neurologues ont commencé à appréhender ; pas de connaissance du corps sans une interrogation sur la matière, qui doit rencontrer celle des physiciens.
    Si Bergson, en soutenant que la vie mentale ne se réduit pas à la vie cérébrale, s´inscrit dans le débat intellectuel de son temps, la portée générale de l´ouvrage invite à réexaminer des questions qui, plus d´un siècle plus tard, sont toujours les nôtres.

    Illustration de couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Comment les sociétés se forment-elles ? Pourquoi s´affrontent-elles ? Ces conflits peuvent-ils être évités ? Morale et religion visent-elles seulement à rendre possible la vie en société, ou permettent-elles à l´espèce humaine de dépasser sa condition naturelle et de trouver une issue à la violence ? Telles sont quelques-unes des questions au coeur des Deux Sources de la morale et de la religion (1932), la somme de philosophie morale et politique de Bergson, qui fut aussi son dernier grand livre.
    Dans ce texte hanté par le spectre de la guerre et par le développement de la technique, mais aussi guidé par une méditation sur le mysticisme chrétien, Bergson articule l´étude de la société à sa philosophie de la vie.
    Mettant sa doctrine à l´épreuve, il s´efforce de formuler des principes d´action pour des hommes devenus conscients de la nécessité d´affronter leur destin commun. Et tandis que « l´humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu´elle a faits », il nous rappelle que son avenir dépend d´elle.

    Illustration de couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • « Je me proposai, pour ma thèse de doctorat, détudier les concepts fondamentaux de la mécanique. Cest ainsi que je fus conduit à moccuper de lidée de temps. Je maperçus, non sans surprise, quil nest jamais question de durée proprement dite en mécanique, ni même en physique, et que le temps dont on y parle est tout autre chose. Je me demandai alors où est la durée réelle, et ce quelle pouvait bien être, et pourquoi notre mathématique na pas de prise sur elle. De ces réflexions est sorti lEssai sur les données immédiates de la conscience où jessaie de pratiquer une introspection absolument directe et de saisir la durée pure » (Bergson, lettre à G. Papini, 21 octobre 1903).
    /> À la croisée de la psychologie et de la métaphysique, le premier ouvrage de Bergson, paru en 1889, contient en germe lensemble de sa philosophie. En nous invitant à nous déprendre de nos cadres de pensée figés, il y montre que le temps nest pas une réalité physique, mais une dimension de la conscience vivante, et, tissant un lien entre philosophie de la conscience et théorie de laction, il aborde à nouveaux frais la question de la liberté.

    Édition établie sous la direction de Paul-Antoine Miquel Présentation, notes, chronologie et bibliographie par Emmanuel Picavet Annexe sur « Bergson et linvention de la durée » par Sébastien Miravète

  • Ce cours inédit fut professé par Bergson depuis la chaire d'« Histoire de la philosophie grecque et latine » du Collège de France lors de l'année universitaire 1901-1902. Faisant suite au cours sur l'Idée de cause, le cours sur l'Idée de temps a ceci de remarquable que Bergson aborde de façon directe, donc sans le détour par l'exposition et la résolution de problématiques autres, ce qui semble la thématique centrale de sa pensée. Un autre point remarquable de ce cours est la réflexion sur la négation qui donnera naissance, dans L'Évolution créatrice, à l'analyse de l'idée de Néant. La publication de ce premier cours de Bergson vient clore la publication inédite des cours de Bergson au Collège de France, édités à partir des prises de notes d'un proche et des transcriptions commandées par Charles Péguy.

  • Nous n'oublions rien : tout ce que nous avons perçu, pensé, voulu, persiste indéfiniment. Dès lors, où les souvenirs sont-ils stockés ? Peut-on les convoquer par le rêve ? Que voit-on quand on rêve ? A-t-on des sensations physiques ? Rêver demande-t-il des efforts ? Et peut-on avoir des idées, créer, en rêvant ? C'est à la matérialité du rêve que s'attache ici Bergson. Son texte est suivi d'un magnifique écrit de Robert Louis Stevenson, Un chapitre sur les rêves, que Bergson commente et qui, plus tard, fascinera Jorge Luis Borges. Féru de psychologie, Stevenson y pressent, dès 1888, l'importance de ce que Freud appellera inconscient.

  • Introduction à la métaphysique, par Henri Bergson Préface de Nicolas Novion Payot Voici l´essai qui a rendu Bergson célèbre dans le monde entier. L´auteur du Rire y invente une nouvelle méthode en philosophie et une façon inédite de pratiquer la métaphysique. Qu´est-ce donc que la métaphysique ? C´est reconnaître que tout n´est pas parfait dans l´ordre du savoir, que l´insatisfaction y règne même, et qu´il faut, pour appréhender le monde, utiliser l´intuition. Bref, ce n´est pas quitter un monde instable et mouvant pour rejoindre une réalité ferme et stable, c´est plutôt plonger au coeur des choses, saisir la vie même...

  • Les penseurs, jusquici, nont fait que concevoir le temps ; il faut désormais le vivre : tel semble être le mot dordre de Bergson dans le chapitre 2 de lEssai sur les données immédiates de la conscience (1889), son premier ouvrage, où il entend « saisir la durée pure ».
    Notre manière ordinaire de représenter le temps est empreinte de concepts issus des mathématiques et de la physique : partant de ce constat, Bergson entame dans ce chapitre, qui est aussi une porte dentrée à lensemble de sa philosophie, une réflexion sur les nombres, les horloges, les mouvements et leurs vitesses, et souligne limpossibilité de penser adéquatement le temps par ces biais. À la représentation déformée que nous avons forgée du temps, il oppose le temps vécu de la conscience humaine, qui est le seul réel, et quil nous invite à ressaisir par lintrospection.


    Illustration : Virginie Berthemet © Flammarion

  • La publication de ce cours inédit de Bergson est un événement. Donné au Collège de France en 1902-1903, il a été intégralement pris en note, au mot près, par les sténographes de Charles Péguy. Il représente donc le trait d'union entre l'oeuvre écrite à laquelle le philosophe tenait exclusivement et l'enseignement oral d'où provient sa renommée, cette fameuse « gloire » de Bergson qui a si profondément marqué le premier XXe siècle. Au prisme de sa pensée de la durée, Bergson y revisite les philosophies de Platon, Aristote, Plotin, Descartes, Leibniz et Kant, et prépare là ce qui deviendra un chapitre majeur de L'Évolution créatrice.
    Édition établie, annotée et présentée par Camille Riquier, sous la direction scientifique de Frédéric Worms.

  • Bien rares, en France, sont les savants, les écrivains, les artistes et même les artisans qui s´absorbent dans la matérialité de ce qu´ils font, qui ne cherchent pas à extraire - fût-ce avec maladresse, fût-ce avec quelque naïveté - la philosophie de leur science, de leur art ou de leur métier. Le besoin de philosopher est universel : il tend à porter toute discussion, même d´affaires, sur le terrain des idées et des principes. Il traduit probablement l´aspiration la plus profonde de l´âme française, qui va tout droit à ce qui est général et, par là, à ce qui est généreux. En ce sens, l´esprit français ne fait qu´un avec l´esprit philosophique.

  • Dans ce dernier cours que Bergson a professé depuis la chaire d'Histoire de la philosophie grecque et latine, on retrouve, sous une forme différente et enrichie, des thèmes déjà traités ailleurs (la mémoire faisait l'objet de Matière et Mémoire en 1896), mais aussi des interrogations nouvelles, souvent appelées à de hautes fortunes. Certaines pages sont même sans équivalent dans l'oeuvre connue du philosophe : ainsi, celles qui comprennent la méthode des grands savants sur le modèle du style des grands écrivains. Le cours nous fait entendre mot à mot, dans un dactylogramme établi à l'intention de Péguy, la voix de Bergson, indissociable selon ce philosophe de l'expression conceptuelle. L'annotation est discrète, s'étant donné pour objectif de garantir au lecteur l'intelligence du propos en de-hors de toute érudition superflue.

  • Oeuvres t.2

    Henri Bergson

    Bergson a connu une carrière à la fois brillante et traditionnelle : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de philosophie, il devient professeur de lycée et soutient sa thèse, Essai sur les données immédiates de la conscience, en 1889. Maître de conférence à l'École normale supérieure en 1898, il est élu deux plus tard au Collège de France où ses cours vont attirer un auditoire considérable. En 1907, après la parution de L'Évolution Créatrice, sa réputation devient une gloire mondiale ; on parle de bergsonisme comme on a pu parler de cartésianisme ou de kantisme, plusieurs ouvrages d'importance lui sont consacrés, et la hauteur de sa pensée comme le brio de son écriture lui velent d'être élu à l'Académie française en 1914 et de recevoir en 1928 le prix Nobel de littérature. À partir de la découverte de la durée, un nouveau spiritualisme philosophique se met en place dans son oeuvre, appuyé sur l'étude critique des sciences, mais aussi lié à une conscience animée d'un élan vital, et l'intuition va devenir un thème majeur de la doctrine de Bergson qui s'attache à fonder un pragmatisme moderne et une doctrine d'élévation de l'âme. Et cependant sa philosophie suscite des hostilités : son spiritualisme lui vaut d'être taxé d'irrationalisme, sa philosophie de la vie est critiquée par les catholiques, et sa conception du temps par Einstein. Après sa mort, il arrive qu'on voit en Bergson un philosophe académique dont il convient de se détourner, et sa pensée, pour une part passée dans le domaine commun, perd sa force incisive : c'est précisément elle qu'il convient de retrouver pour une lecture renouvelée de son oeuvre. Cet ouvrage réunit : L'Énergie spirituelle Durée et simultanéité Les Deux Sources de la morale et de la religion La Pensée et le Mouvant Édition de Jean-Louis Vieillard-Baron, en collaboration avec Alain Panero.

  • En retraçant, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque moderne, la manière dont les philosophes ont traité la délicate question de la liberté, Bergson démontre la nécessité, mais aussi le caractère radicalement neuf, de sa propre théorie de la liberté. On retrouve ici, sous une forme différente et enrichie, des thèmes chers à Bergson et déjà traités ailleurs (puisque la liberté faisait l'objet de l'Essai sur les données immédiates de la conscience en 1889), mais on y découvre aussi des interrogations nouvelles : l'investigation sur la vie (l'un des laboratoires de L'Évolution créatrice, 1907), une philosophie de l'histoire de la philosophie, et même, c'est là la surprise majeure, une prise en charge des thématiques morales et politiques telle qu'elle aboutira aux Deux Sources de la morale et de la religion en 1932. Prononcé dans l'amphithéâtre plein du Collège de France, ce cours nous fait entendre mot à mot, dans un dactylogramme établi à l'intention de Péguy, la voix de Bergson, indissociable selon le philosophe de l'expression conceptuelle.

  • Bergson a connu une carrière à la fois brillante et traditionnelle : ancien élève de l´École normale supérieure, agrégé de philosophie, il devient professeur de lycée et soutient sa thèse, Essai sur les données immédiates de la conscience, en 1889. Maître de conférence à l´École normale supérieure en 1898, il est élu deux plus tard au Collège de France où ses cours vont attirer un auditoire considérable. En 1907, après la parution de L´Évolution Créatrice, sa réputation devient une gloire mondiale ; on parle de bergsonisme comme on a pu parler de cartésianisme ou de kantisme, plusieurs ouvrages d´importance lui sont consacrés, et la hauteur de sa pensée comme le brio de son écriture lui velent d´être élu à l´Académie française en 1914 et de recevoir en 1928 le prix Nobel de littérature. À partir de la découverte de la durée, un nouveau spiritualisme philosophique se met en place dans son oeuvre, appuyé sur l´étude critique des sciences, mais aussi lié à une conscience animée d´un élan vital, et l´intuition va devenir un thème majeur de la doctrine de Bergson qui s´attache à fonder un pragmatisme moderne et une doctrine d´élévation de l´âme. Et cependant sa philosophie suscite des hostilités : son spiritualisme lui vaut d´être taxé d´irrationalisme, sa philosophie de la vie est critiquée par les catholiques, et sa conception du temps par Einstein. Après sa mort, il arrive qu´on voit en Bergson un philosophe académique dont il convient de se détourner, et sa pensée, pour une part passée dans le domaine commun, perd sa force incisive : c´est précisément elle qu´il convient de retrouver pour une lecture renouvelée de son oeuvre.Cet ouvrage réunit : Lucrèce (extraits) - Essais sur les données immédiates de la conscience - Matière et mémoire - Le Rire - L´Évolution Créatrice

  • L´intuition philosophique suivi de : De la position des problèmes par Henri Bergson Préface de Jean-Jacques Guinchard Éditions Payot Durée et intuition - les deux notions clés de la pensée de Bergson sont ici rassemblées en un volume et deux textes : une conférence de 1911 (« L´intuition philosophique ») et le fameux essai qui introduit en 1934 La Pensée et le Mouvant (« De la position des problèmes »). Qu´est-ce donc qu´un problème en philosophie ? En quels termes le pose-t-on ? Comment le résout-on ? Une intelligence intuitive permet-elle de philosopher ?

  • Après le lycée d'Angers où il enseigne la philosophie à partir d'octobre 1881, Bergson est nommé à Clermont-Ferrand le 28 septembre 1883. Au-delà de l'ambiguïté du "mythe de Bergson à Clermont-Ferrand", alimenté par les témoignages de Joseph Désaymard d'abord, de Gilbert Maire ensuite, ces leçons transcrites au fur et à mesure de l'exposition nous font pénétrer dans sa classe de terminale, nous montrent un professeur avec le devoir de préparer ses élèves pour le baccalauréat, ce qui n'exclut pas que des thèmes proprement bergsoniens apparaissent déjà dans les cours.

  • Le rire est notre défense, notre arme, autant qu'il est le meilleur partage.

    Quelle chose complexe. Quand il nous surprend, quand il devient satire. Et certainement, pour la littérature et le théâtre, le fil le plus aigu. Le plus "raide", dirait Bergson.

    Il est de la race de ces penseurs qui sont d'abord écriture. Bergson et le mouvement, le mouvant, "l'imagination créatrice".

    Mais ici, sous les mots, viennent les grands rires âpres de Molière, La Bruyère, Labiche. Ce qu'il décortique fait de ce livre une immense leçon de littérature.

    Penser, oui: mais penser au front.

    FB

  • Se souvenir, penser, rêver : Bergson éclaire notre vie intérieure et, à travers elle, les limites du cerveau. Qu'est-ce que la conscience ? Peut-elle se résumer à une activité neuronale ? Quel rapport entretient-elle avec la durée ? Nous rend-elle libre ? Comment accède-t-on à elle ? Limpide, précis, poétique, le philosophe nous invite à la démarche introspective, qui permet d'accueillir les sensations comme elles viennent, d'être attentif au moment présent, de garder l'esprit ouvert.

  • Bien rares, en France, sont les savants, les écrivains, les artistes et même les artisans qui s´absorbent dans la matérialité de ce qu´ils font, qui ne cherchent pas à extraire - fût-ce avec maladresse, fût-ce avec quelque naïveté - la philosophie de leur science, de leur art ou de leur métier. Le besoin de philosopher est universel : il tend à porter toute discussion, même d´affaires, sur le terrain des idées et des principes. Il traduit probablement l´aspiration la plus profonde de l´âme française, qui va tout droit à ce qui est général et, par là, à ce qui est généreux. En ce sens, l´esprit français ne fait qu´un avec l´esprit philosophique.

  • Henri Bergson -- Laughter George Meredith -- An Essay on Comedy Introduction & Appendix on The Meanings of Comedy by Wylie Sypher Laughter is a mystery--a mystery which defines man. Brought together in this volume are two classic studies of the nature of laughter and comedy. The great French philosopher Henri Bergson develops, in "Laughter," a profound psychological and philisophic theory of the main springs of comedy--a theory closely related to the doctrine of the élan vital. In his "Essay on Comedy," the English novelist George Meredith discusses the varieties of the comic experience and the social and moral function of comedy.
    Together these two major theories go far toward clarifying the mystery of laughter. Wylie Sypher, in his richly documented supplementary essay, places the views of Bergson and Meredith in a large context of speculation on the nature of comedy. The essay reviews important statements of such thinkers as Aristotle, Hobbes, Baudelaire, Freud, Cornford, and others. It serves to give further significance to Bergson and Meredith and to the meaning of comedy itself.

  • Le rire est notre défense, notre arme, autant qu'il est le meilleur partage.

    Quelle chose complexe. Quand il nous surprend, quand il devient satire. Et certainement, pour la littérature et le théâtre, le fil le plus aigu. Le plus "raide", dirait Bergson.

    Il est de la race de ces penseurs qui sont d'abord écriture. Bergson et le mouvement, le mouvant, "l'imagination créatrice".

    Mais ici, sous les mots, viennent les grands rires âpres de Molière, La Bruyère, Labiche. Ce qu'il décortique fait de ce livre une immense leçon de littérature.

    Penser, oui: mais penser au front.

    FB

  • « Je me proposai, pour ma thèse de doctorat, détudier les concepts fondamentaux de la mécanique. Cest ainsi que je fus conduit à moccuper de lidée de temps. Je maperçus, non sans surprise, quil nest jamais question de durée proprement dite en mécanique, ni même en physique, et que le temps dont on y parle est tout autre chose. Je me demandai alors où est la durée réelle, et ce quelle pouvait bien être, et pourquoi notre mathématique na pas de prise sur elle. De ces réflexions est sorti lEssai sur les données immédiates de la conscience où jessaie de pratiquer une introspection absolument directe et de saisir la durée pure » (Bergson, lettre à G. Papini, 21 octobre 1903).
    /> À la croisée de la psychologie et de la métaphysique, le premier ouvrage de Bergson, paru en 1889, contient en germe lensemble de sa philosophie. En nous invitant à nous déprendre de nos cadres de pensée figés, il y montre que le temps nest pas une réalité physique, mais une dimension de la conscience vivante, et, tissant un lien entre philosophie de la conscience et théorie de laction, il aborde à nouveaux frais la question de la liberté.

    Édition établie sous la direction de Paul-Antoine Miquel Présentation, notes, chronologie et bibliographie par Emmanuel Picavet Annexe sur « Bergson et linvention de la durée » par Sébastien Miravète

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