• De tous les actes inachevés, de tous les gestes que nous n'avons pas menés jusqu'au bout, de tout cet à peu près dont nous tissons nos jours et nos nuits, de toutes les rencontres avortées avec soi-même et les autres, naît un jour la crise.
    Une femme vit cette "nuit de l'âme" au coeur de l'hiver dans la solitude d'une maison retirée. Elle l'explore, la pénètre et la retient en des lignes brèves, justes, fatales qui touchent droit au coeur.
    Depuis La Mort viennoise et La Guerre des filles, Christiane Singer poursuit cette même quête de l'essentiel tapi au fond de nous. Traversée du miroir, récit initiatique, Histoire d'âme évoque au plus profond et au plus simple le mystère, la difficulté et le bonheur d'être avec des éclats de diamant noir.

  • « Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur d'entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie : Où cours-tu ?Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier.Il en est qui la coûtent : la fuite devant soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous. Où cours-tu ? Si au contraire nous faisions halte - ou volte-face - alors se révélerait l'inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous. »Christiane Singer

  • Le 1er septembre, un jeune médecin annonce à Christiane Singer qu'elle a encore six mois au plus devant elle.
    Le 1er mars, Christiane Singer clôt le carnet de bord de ce long voyage.

    " Le voyage - ce voyage-là du moins - est pour moi terminé. À partir de demain, mieux : à partir de cet instant, tout est neuf. Je poursuis mon chemin. Demain, comme tous les jours d'ici ou d'ailleurs, sur ce versant ou sur l'autre, est désormais mon jour de naissance. " " La démarche de Christiane Singer, son courage, sa générosité sont sublimes, elle le sait, le dit et c'est sans doute ce qui lui donne cette force magnifique. [.] D'un lyrisme dense et cru, elle réinvente ici la mort, en fait le visage même de la vie. " Fabienne Pascaud, Télérama.

    " Un testament spirituel de tout premier ordre. [.] Un hymne à la joie [.]. Un français étincelant, épuré jusqu'à l'os et pourtant baroque. " Astrid de Larminat, Le Figaro.

    " Un journal dans lequel la joie et l'espérance sont plus fortes que la mort.
    Par son écriture ardente et ses paroles toujours aimantes, Christiane Singer est parvenue à léguer un bel héritage spirituel, accessible à tous, au-delà des rites et des confessions. " Claire Lesegretain, La Croix.

    " C'est le livre d'un maître. Nul doute que ce livre changera notre regard sur la vie et la mort. " Marie de Hennezel, Psychologies Magazine.

    " Un livre bouleversant, impressionnant de force et d'abnégation, incroyablement lumineux. " Questions de femmes.

    " Une leçon de courage. Et de vie. " Isabelle Courty, Le Figaro Magazine.

    " Accompagnée des mystiques chrétiens, des maîtres de sagersse orientaux, musulmans et juifs [.], Christiane Singer témoigne, lumineusement, du passage d'une vie vers une autre. " Bruno de Cessole, Valeurs actuelles.

    " Si ce livre touche, c'est moins parce qu'il est parcouru par la douleur qu'en raison de l'incroyable (au sens premier) joie de vivre qui le sous-tend. " Pierre Maury, Le Soir.

  • Chaque âge de la vie exprime une nouvelle métamorphose et contient son propre "pouvoir". Il possède sa beauté, ses ressources et sa magie. Il n'est surtout pas altération du précédent ! La décrépitude n'existe pas.
    L'auteur de La Mort viennoise et de La

  • « Errer dans les chantiers du monde, sur l'emplacement de la mosquée Bleue ou de l'abbaye du Thoronet quelques jours avant le premier coup de pioche quand y paissaient encore les moutons et y cabriolaient les chèvres. Marcher la nuit dans New York et y entendre bruire la forêt sacrée des Iroquois. Rejoindre le moment de bifurcation où la vie s'invente de neuf. Il faut se répéter sans se lasser que ce qui existe sur terre n'est qu'une ombre du possible, une option entre mille autres. »Comme une fenêtre ouverte sur le monde, les paroles de Christiane Singer ont le ton libre d'une conversation intime. Profonde sans jamais être inaccessible, simple sans être légère, elle nous invite à la réflexion et au partage, évoquant au fil de cette méditation aussi lumineuse que sensible le monde tel que nous le vivons, au carrefour de nos émotions et de nos attentes.Nourrissant son récit de souvenirs, d'anecdotes, de contes et de récits mystiques, l'auteur de Où cours-tu ? atteint, avec une grâce infinie, l'intime et l'universel, dans ce livre de sagesse dont on ressort apaisé et radieux.

  • " L'insignifiance et la futilité qui régnent en maîtres barrent l'accès au réel et à la profondeur. Aussi ai-je gagné la certitude que les catastrophes ne sont là que pour nous éviter le pire.
    Et y a-t-il pire que d'avoir traversé la vie sans houle et sans naufrage, d'être resté à la surface des choses, d'avoir dansé toute une vie au bal des ombres ? " Christiane Singer

  • « Vous le savez tout comme moi : ce qui reste d'une existence, ce sont ces percées de présence sous l'enveloppe factice des biographies.
    Je vous envoie le récit de sept nuits (sans omettre la nébuleuse des jours qu'elles éclairent).
    Pourquoi sept nuits ?

  • "Entre le désir profond de se lier, de s'engager corps et âme, et le désir tout aussi profond de préserver sa liberté, d'échapper à tout lien, quel tohu-bohu !

    Or, pour vivre ces exigences contradictoires et d'égale dignité sans être écartelé, il n'y a aucun secours à attendre ni de la philosophie, ni de la morale, ni d'aucun savoir constitué.
    Il est probable que les seuls modèles adaptés pour nous permettre d'avancer sont la haute-voltige et l'art du funambule.
    Un mariage ne se contracte pas.
    Il se danse.
    A nos risques et périls."

  • Rastenberg

    Christiane Singer

    De cette écriture vibrante, inspirée et intense qui lui est si particulière, Christiane Singer nous offre un nouveau "diamant noir" après La Mort viennoise et La Guerre des filles. Elle nous livre les clefs d'un domaine à la fois réel et magique : celui où l'on vit, où l'on s'enracine, que l'on apprend à écouter, recréé à chaque instant de tous ceux qui l'ont autrefois habité, qui y ont aimé et qui le hantent à jamais - d'un vieux feld-maréchal et sa trop jeune épouse à Marie de P. brulée vive dans sa robe d'organdi ou encore au duc Giacomo fuyant Naples et la trop belle Laura.

  • A la mort de la reine de Bohême, Libussa, qui au VIIIe siècle fonda Prague et parlait la langue des bêtes, des plantes et des étoiles, ses compagnes d'armes refusent de faire leur soumission au nouveau roi.De longues années durant, sous la direction de Vlasta, les filles vont mener contre les hommes une guerre sans merci.Face à ceux qui veulent l'ordre de la Cité, qui décrètent, légifèrent et prennent peu à peu en horreur l'exubérance du créé, ces jeunes femmes incarnent l'univers païen vibrant de malice et de ferveur, d'audace et de fidélité un univers perdu, où chaque être correspondait à un roc, un arbre, un ruisseau ; où les humains étaient trop fiers encore pour se laisser dicter leur conduite par d'autres humains.

  • « Entre le désir profond de se lier, de s'engager corps et âme, et le désir tout aussi profond de préserver sa liberté, d'échapper à tout lien, quel tohu-bohu !  Or, pour vivre ces exigences contradictoires et d'égale dignité sans être écartelé, il n'y a aucun secours à attendre ni de la philosophie, ni de la morale, ni d'aucun savoir constitué.  Il est probable que les seuls modèles adaptés pour nous permettre d'avancer sont la haute voltige et l'art du funambule.  Un mariage ne se contracte pas.  Il se danse. À nos risques et périls. »

  • « La bonne littérature, dit Etiemble, c'est celle qu'on laisse en soi pourrir, germer, fleurir quinze ou vingt ans. Tant pis pour les enfants prodiges. » Tant pis, donc, pour Christiane Singer I. Il eut fallu qu'elle s'y prit dès sa naissance pour laisser germer en elle « sa » bonne littérature. Peut-être est-ce d'ailleurs ce qu'elle a fait. De toute façon, l'important n'est pas là. L'important, c'est ce livre qu'elle a écrit. Elle a la prudence de n'y parler que de ce qu'elle connaît bien : elle-même, le monde qu'on lui a donné, celui qu'elle s'est inventé. Ces deux mondes sont surprenants : réels et un peu insolites, présents et bizarrement surannés. Elle n'a pas le souci de discipliner sa promenade. Elle ne s'inquiète ni de chronologie, ni d'ordre, ni d'architecture. Elle ne nous propose que des « Cahiers ». Mais cette hypocrite est sincère : elle dit exactement tout ce qui lui passe par la tête et le coeur. Je ne sais à quel moment l'imagination l'emporte sur le souvenir et réciproquement, dans ce livre. Tout ce que je puis indiquer est qu'il ressemble à son auteur. Je crois que ce qu'elle écrit est vrai. Seulement pour elle « le vrai est léger, le vrai c'est ce qui danse ». Les mots dansent peut-être, mais leur ballet commande tout le reste.Raymond JEAN.Christiane SINGER est née à Marseille en 1943, d'ascendance austro-hongroise. Elle termine une licence de lettres modernes à la Faculté d'Aix-en-Provence. Elle a remis à son éditeur un deuxième livre, un roman : Vie et mort du beau Frou.

  • Le 1er septembre 2006, un médecin annonce à Christiane Singer qu'il ne lui reste que six mois - au plus - à vivre. Le 1er mars 2007, elle clôt ces « Derniers fragments », ultime étape du voyage que fut sa vie, et dont elle avait voulu, par son oeuvre, faire partager les abimes et les allégresses. Avec, jusqu'aux derniers jours, le souci constant de magnifier chaque instant car, écrit-elle, « Je suis déjà gagnante même si, pour ceux qui ne voient que le visible, j'allais tout perdre. »

    Un texte ardent auquel la grande comédienne qu'est Juliette Binoche prête une voix sensible et lumineuse.
    Née en 1943, Christiane Singer était romancière et
    essayiste. Elle a toujours placé la dimension intérieure et spirituelle propre à
    chacun au coeur de son oeuvre. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages souvent primés,
    elle reçoit le Prix des Libraires en 1978 pour La Mort Viennoise, le prix
    Camus pour Histoire d'âme en 1988, et le Prix de la langue française pour
    Seul ce qui brûle, publié en 2006. Elle est morte en avril 2007, un mois
    après avoir terminé Derniers Fragments d'un long voyage.
    Actrice
    française à la carrière internationale, danseuse, peintre, Juliette Binoche est
    une artiste et créatrice au talent exceptionnel. Récompensée à de multiples
    reprises, elle a tourné notamment dans Mauvais Sang, Les amants du Pont-Neuf,
    Trois Couleurs : Bleu (César de la meilleure actrice 1994),
    Le Patient anglais
    (Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle 1996 et Ours d'argent de la
    meilleure actrice à Berlin 1997), Les Enfants du Siècle.


  • De nos jours le vice n'est plus pittoresque; il ne fleurit plus. Il est devenu souterrain comme une plante tubéreuse. C'est dommage et bien moins seyant. Jamais une betterave à la boutonnière n'a flatté qui que ce soit.Mais il y a Frou.Et Frou est le dernier méchant qui soit beau.Je le guettais depuis longtemps. Un jour, comme je lisais un livre, je l'ai découvert assis au sommet d'un paragraphe, les pieds ballants, les bras croisés.Il me cachait des mots avec ses jambes et je lui ai demandé gentiment de se pousser sans le reconnaître. Alors il a levé la tête, il a éclaté de rire. Son rire s'est fiché dans ma poitrine comme un éclat de verre. Plus moyen de l'extraire. Ma plaie s'infecte, et s'envenime chaque jour et je mourrai sûrement de Frou d'ici à soixante ans au plus tard. Une épidémie généralisée rendrait mon état plus supportable.

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