• L'impact de Tristes Tropiques sur la pensée du vingtième siècle est immense. Traduit en 27 langues.L'impact de Tristes Tropiques sur la pensée du vingtième siècle est immense.
    Pourquoi et comment devient-on ethnologue ? Comment les aventures de l'explorateur et les recherches du savant s'intègrent-elles et forment-elles l'expérience propre à l'ethnologue ? C'est à ces questions que l'auteur, philosophe et moraliste autant qu'ethnographe, s'est efforcé de répondre en confrontant ses souvenirs parfois anciens, et se rapportant aussi bien à l'Asie qu'à l'Amérique.
    Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du voyage philosophique illustrée par la littérature depuis le XVIème siècle jusqu'au milieu du XIXème siècle, c'est à dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fait oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.


  • L'étude de la pensée à l'état sauvage, florissante dans tout esprit d'homme tant qu'elle n'est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement.

    " La Pensée sauvage ", et non " la pensée des sauvages ". Car ce livre s'écarte de l'ethnologie traditionnelle en prenant pour thème un attribut universel de l'esprit humain : la pensée à l'état sauvage, florissante dans tout esprit d'homme - contemporain ou ancien, proche ou lointain - tant qu'elle n'est pas cultivée et domestiquée pour accroître son rendement.
    Sans doute peut-on chercher des exemples auprès des sociétés sans écriture et sans machines ; même là pourtant, cette pensée ressemble singulièrement à celle que nous trouvons à l'oeuvre tout près de nous, dans la poésie et dans l'art, ou encore dans les diverses formes du savoir populaire, qu'il soit archaïque ou récent.
    En elle, rien de désordonné ni de confus. Partant d'une observation du monde qui témoigne d'une minutie et d'un précision souvent stupéfiantes, elle analyse, distingue, classe, combine, et oppose... Dans ce livre par conséquent, les mythes, les rites, les croyances, et les autres faits de culture, se manifestent comme êtres " sauvages " comparables, par delà le langage, à tous ceux que la nature (dont l'esprit humain ne peut être retranché) engendre aussi sous d'innombrables formes animales, végétales, et minérales. On ne saurait donc s'étonner que, dans leur fréquentation millénaire, la pensée sauvage ait trouvé la matière et l'inspiration d'une logique dont les lois se bornent à transposer les propriétés du réel, et qui, pour cette raison même, a pu permettre aux hommes d'avoir prise sur lui.

  • Résoudre les énigmes posées par les règles du mariage aux ethnologues, notamment celle de la prohibition de l'inceste, telle est la tâche que se proposaient initialement Les Structures élémentaires de la parenté. Les deux chapitres introductifs, objets de la présente édition, n'en abordent pas moins des questions philosophiques cruciales : où finit la nature et où commence la culture ? quelles sont les parts respectives de chacune en l'homme ? comment l'homme se distingue-t-il, sous ce rapport, de l'animal ?C'est ainsi du point de vue de l'ethnologie que le texte de Claude Lévi-Strauss apporte matière et méthode à la réflexion philosophique.

  • Marqué par l'expérience de l'exil, ce volume témoigne d'un moment à la fois biographique et historique au cours duquel, comme nombre d'artistes et savants juifs européens, Claude Lévi-Strauss est réfugié à New York. Écrits entre 1941 et 1947, alors qu'il n'a pas encore délaissé ses réflexions politiques, les dix-sept chapitres de ce livre restituent une préhistoire de l'anthropologie structurale.
    Ces années américaines sont aussi celles de la prise de conscience de catastrophes historiques irrémédiables : l'extermination des Indiens d'Amérique, le génocide des Juifs d'Europe. À partir des années 1950, l'anthropologie de Lévi-Strauss semble sourdement travaillée par le souvenir et la possibilité de la Shoah, qui n'est jamais nommée.
    L'idée de " signifiant zéro " est au fondement même du structuralisme. Parler d'Anthropologie structurale zéro, c'est donc revenir à la source d'une pensée qui a bouleversé notre conception de l'humain. Mais cette préhistoire des Anthropologies structurales un et deux souligne aussi le sentiment de tabula rasa qui animait leur auteur au sortir de la guerre et le projet – partagé avec d'autres – d'un recommencement civilisationnel sur des bases nouvelles.
    Vincent Debaene

  • Claude Lévi-Strauss a écrit les pages qui forment à présent ce volume pour répondre à une demande du grand quotidien italien La Repubblica. Il en résulte un ensemble inédit, composé de seize textes écrits en français, entre 1989 et 2000.
    Partant chaque fois d'un fait d'actualité, Lévi-Strauss y aborde quelques-uns des grands débats contemporains. Mais, que ce soit à propos de l'épidémie dite de " la vache folle ", de formes de cannibalisme (alimentaire ou thérapeutique), de préjugés racistes liés à des pratiques rituelles (l'excision ou encore la circoncision), l'ethnologue incite à comprendre les faits sociaux, qui se déroulent sous nos yeux, en évoquant la pensée de Montaigne, un des moments fondateurs de la modernité occidentale : " Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ".
    Dans ces chroniques, qui portent la marque des dernières années du XXe siècle, on retrouve la lucidité et le pessimisme tonique du grand anthropologue.
    En ouverture du volume un texte écrit en 1952 : Le Père Noël supplicié.
    Maurice Olender
    Extrait de l'avant-propos
    Professeur au Collège de France, Claude Lévi-Strauss est né à Bruxelles le 28 novembre 1908 et mort à Paris le 30 octobre 2009. Son oeuvre est traduite en une trentaine de langues.


  • Troisième volet du triptyque inauguré par La Voie des masques et La Potière jalouse, l'Histoire du lynx est un conte répandu en Amérique du Nord, et dont les thèmes principaux, fondés sur l'idée de gémellité, se retrouvent dans les plus anciens mythes du Brésil et du Pérou.

    La comparaison entre des mythes, les uns provenant de l'Amérique du Nord, les autres recueillis dès le XVIe siècle dans le sud du Brésil et au Pérou, fait apparaître à travers le temps et les lieux ce qu'on pourrait appeler une constante de la pensée amérindienne.
    Cette pensée procède en opposant les termes que les mythes conçoivent si proches qu'ils les incarnent dans une paire de frères, souvent jumeaux ou presque, entre lesquels toutefois une différence existe en germe. Mais contrairement à Castor et Pollux qui récusent cette différence et obtiennent de devenir parfaitement égaux, les jumeaux américains ne surmontent jamais leur écart. Ils s'appliquent même à le creuser, comme si une nécessité métaphysique contraignait des termes appariés à diverger. Car la nature, la société sont en perpétuel déséquilibre interne : le même engendre toujours l'autre, la bonne marche de l'univers en dépend. Ainsi, dans la pensée des Amérindiens leur existence impliquait celle de non-Indiens. Bien avant la découverte du Nouveau Monde, la place des Blancs était marquée en creux dans leur système. Ils étaient de ce fait prêts à les accueillir.
    Tel est le thème de ce livre. Un parcours plein d'imprévu débute par l'analyse approfondie de mythes qui s'organisent autour de la notion d'une impossible gémellité. Il poursuit en les comparant avec les contes populaires franco-canadiens que les Indiens connurent et qu'ils incorporèrent à leurs propres traditions. C'est l'occasion d'esquisser une théorie de l'emprunt.
    On est ainsi conduit à méditer sur la rencontre des deux mondes, son retentissement dans la pensée de Montaigne et celle de ses contemporains. On croit enfin possible de remonter aux sources philosophiques et éthiques du dualisme amérindien. Celui-ci tire son inspiration d'une ouverture à l'autre qui se manifesta lors des premiers contacts avec les Blancs, bien que ceux-ci fussent animés de dispositions très contraires.

  • " [...] Pour qui aborde l'histoire, non pas, si j'ose dire, par la face visible de la lune – l'histoire de l'ancien monde depuis l'Égypte, la Grèce et Rome – mais par cette face cachée de la lune qui est celle du japonologue et de l'américaniste, l'importance du Japon deviendrait aussi stratégique que celle de l'autre histoire, celle du monde antique et de l'Europe des temps archaïques.
    Il faudrait alors envisager que le Japon le plus ancien ait pu jouer le rôle d'une sorte de pont entre l'Europe et l'ensemble du Pacifique, à charge pour lui et pour l'Europe de développer, chacun de son côté, des histoires symétriques, tout à la fois semblables et opposées : un peu à la façon de l'inversion des saisons de part et d'autre de l'équateur, mais dans un autre registre et sur un autre axe.
    C'est donc [...] dans une perspective beaucoup plus vaste que le Japon peut nous sembler détenir certaines des clés maîtresses donnant accès au secteur qui reste encore le plus mystérieux du passé de l'humanité. "
    Claude Lévi-Strauss
    Préface de Junzo Kawada
    Professeur au Collège de France, Claude Lévi-Strauss est né à Bruxelles le 28 novembre 1908 et mort à Paris le 30 octobre 2009.

  • Noël 1951. Nous sommes le dimanche 23 décembre à Dijon. Sur le parvis de la cathédrale on brûle un Père Noël. De cette scène, qui cristallise la résistance des autorités catholiques de l'après-guerre à un rituel païen venu d'outre-Atlantique, on peut voir aujourd'hui les photographies sur internet.
    Claude Lévi-Strauss découvre ce fait divers dans la presse et s'en empare pour écrire un texte devenu depuis un classique. Plus de soixante ans après sa parution en 1952 dans la revue Les Temps Modernes, les lecteurs pourront découvrir le regard singulier du célèbre anthropologue sur un rituel récent en Occident dont l'ampleur n'a cessé de croître, tandis qu'Halloween aussi évoqué ici a traversé l'Atlantique à son tour.
    Maurice Olender
    ¿Extrait de l'avant-propos
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  • Si les lecteurs de Claude Lévi-Strauss retrouvent ici les questions qui sous-tendent ses travaux, les nouvelles générations pourront y découvrir une vision d'avenir proposée par le célèbre anthropologue.
    Dans ces trois conférences, Claude Lévi-Strauss livre ses inquiétudes relatives aux problèmes cruciaux d'un monde sur le point d'entrer dans le XXIe siècle, sur les affinités entre les diverses formes d'" explosions idéologiques " et le devenir des intégrismes.
    M . O .
    Professeur au Collège de France, Claude Lévi-Strauss est né à Bruxelles le 28 novembre 1908 et mort à Paris le 30 octobre 2009.


  • L'ouvrage fondateur de la pensée de Lévi-Strauss

    L'ouvrage fondateur de la pensée de Lévi-Strauss

    La science des mythes, tel eût pu être le titre de ce livre, si l'auteur n'avait été ramené à des prétentions plus modestes par le sentiment que, sur la voie qu'il a essayé d'ouvrir, tout ou presque tout reste à faire avant qu'on ait le droit de parier de science véritable. Car si, comme on l'espère, la connaissance de l'homme marque ici quelques progrès, ceux-ci ne tiennent à rien d'autre qu'une attitude résolue d'humilité devant l'objet, qui, pour la première fois peut-être, a permis de prendre complètement les mythes " au sérieux ". De l'analyse scrupuleuse d'un mythe, s'amplifiant jusqu'à englober la majeure partie des mythes de l'Amérique tropicale, il résulte en effet que, même là où l'esprit humain semble le plus libre de s'abandonner à sa spontanéité créatrice, il n'existe, dans le choix qu'il fait des images, dans la manière dont il les associe, les oppose ou les enchaîne, nul désordre et nulle fantaisie. Pas plus, donc, que les sciences physiques ne peuvent ménager une place à l'arbitraire dans les oeuvres de la nature, pas plus, si l'homme doit devenir un jour objet de connaissance scientifique, il ne saurait y avoir de l'arbitraire dans les oeuvres de l'esprit. On ne se dispose pas, pour autant, à réduire la pensée au déroulement mécanique de quelques opérations abstraites, dans le produit desquelles l'homme ne se reconnaîtrait plus. Par son titre d'inspiration culinaire, ce livre se réfère aux exigences du corps, et aux rapports élémentaires que l'homme entretient avec le monde. Par sa construction musicale, qui lui donne l'allure d'un vaste oratorio dont les parties évoquent tour à tour le thème et les variations, la sonate, la fugue, la cantate et la symphonie, il rapproche les démarches de la pensée mythique de celles de la musique qui, de tous les beaux-arts, est celui qui ressemble le plus à une science, tout en étant la source d'émotions incomparables. Il ne s'agit donc pas d'appauvrir, d'exclure ou de morceler, mais, au contraire, d'intégrer tous les aspects de la connaissance de l'homme dans un effort d'élucidation qui serait condamné d'avance s'il ne procédait du respect. En sorte qu'à partir de l'opposition, triviale en apparence, du cru et du cuit, on verra d'abord se déployer la puissance logique d'une mythologie de la cuisine, conçue par des tribus sud-américaines où l'auteur a pris ses exemples parce qu'il a vécu dans leur intimité ; puis émerger certaines propriétés générales de la pensée mythique, où se trouve en germe une philosophie de la société et de l'esprit.

  • « Mauss s'est montré toute sa vie obsédé par le précepte [...] selon lequel la vie psychologique ne peut acquérir un sens que sur deux plans : celui du social, qui est langage ; ou celui du physiologique, c'estàdire l'autre forme, cellelà muette, de la nécessité du vivant. Jamais il n'est resté plus fidèle à sa pensée profonde et jamais il n'a mieux tracé à l'ethnologue sa mission d'astronome des constellations humaines, que dans cette formule où il a rassemblé la méthode, les moyens et le but dernier de nos sciences et que tout Institut d'ethnologie pourrait inscrire à son fronton : "Il faut, avant tout, dresser le catalogue le plus grand possible de catégories ; il faut partir de toutes celles dont on peut savoir que les hommes se sont servis. On verra alors qu'il y a encore bien des lunes mortes, ou pâles, ou obscures, au firmament de la raison." »

  • Après la mort de Claude, j'ai dû faire de l'ordre dans ses papiers. J'ai lu ces paquets de lettres avec un plaisir étonné : j'entendais sa voix, je revoyais ses traits, les descriptions me rappelaient l'homme avec lequel j'ai vécu presque soixante ans. Être réservé, si intimidant et mal connu. De Strasbourg durant son service militaire, de Mont-de-Marsan où il exerça pour la première fois le métier de professeur, de New York en exil, ces lettres écrites presque quotidiennement forment une sorte de journal. Et un journal n'est rien d'autre qu'un autoportrait.
    En le rendant public, je voudrais faire connaître l'homme qui se cachait derrière le savant.
    Monique Lévi-Strauss


  • Quels points communs existent-ils entre un tableau de Poussin, un opéra de Rameau et les textes de Diderot sur l'art ? Le souci du détail, comme si chaque créateur assemblait des cubes pour donner une forme à l'oeuvre d'art. L'auteur s'attache à nous faire comprendre comment naît le plaisir esthétique, en même temps qu'il nous dévoile son propre goût pour l'oeuvre d'art.

    Quels points communs existent-ils entre un tableau de Poussin, un opéra de Rameau et les textes de Diderot sur l'art ? Le souci du détail, comme si chaque créateur assemblait des cubes pour donner une forme à l'oeuvre d'art. L'auteur s'attache à nous faire comprendre comment naît le plaisir esthétique, en même temps qu'il nous dévoile son propre goût pour l'oeuvre d'art.
    Au cours d'une longue existence, l'auteur a regardé beaucoup de tableaux, écouté beaucoup de musique, lu beaucoup de livres, parmi lesquels il lui est apparu que certaines oeuvres se singularisaient. Ce ne sont pas les seules qu'il admire : entre elles pourtant, dans son esprit, un réseau de correspondances se tisse.
    Il cherche ce que ces oeuvres peuvent avoir de commun. Elles ne se ressemblent pas, mais, pour les comprendre, sa pensée se sent contrainte à suivre le même cheminement. A propos d'oeuvres d'art exemplaires, c'est donc sa façon de penser l'art que l'auteur entreprend d'explorer.
    Ecrit sur le ton de la conversation, ce livre ouvre dans la peinture, la musique, la littérature des perspectives qui se croisent et se recroisent. Des réflexions sur Poussin et sur Ingres s'entrelacent à d'autres sur l'écoute musicale telle qu'elle a évolué depuis Rameau. Les idées de Diderot et de Rousseau sur les beaux-arts sont comparées à celles d'un musicologue presque oublié, leur contemporain, dont les thèses anticipent la linguistique structurale. Plus près de nous, l'analyse et l'interprétation d'un célèbre sonnet de Rimbaud précèdent deux notes inédites sur les mêmes thèmes, échangés il y a un demi-siècle avec André Breton.


  • Ce livre voudrait rendre très accessibles les principes et la méthode massivement développés dans les quatre volumes des Mythologiques.

    Que peut-il y avoir de commun entre un oiseau insectivore, l'art de la poterie, et la jalousie conjugale ?
    Entre les spéculations des sauvages et celles des psychanalystes ? Entre une tragédie de Sophocle et une comédie de Labiche ? Et que signifie au juste le verbe " signifier " ?
    Telles sont les questions auxquelles un parcours plein de fantaisie à travers les mythes des deux Amériques permet d'offrir quelques réponses.

  • Tous les ouvrages publiés par l'auteur, pendant qu'il enseignait à l'École pratique des hautes études, puis au Collège de France, furent mis en chantier dans ses cours. Ce livre, rassemblant les comptes rendus des conférences et leçons qu'il fit dans ces deux établissements, présente, sous forme résumée, la substance de travaux, dont beaucoup furent ensuite rédigés. Il pourra donc servir à ceux qui, ayant lu les ouvrages, voudraient étudier leur genèse, orienter d'autres qui ne s'y seraient pas encore risqués, ou même épargner cet effort aux simples curieux qu'un survol rapide suffit à contenter. En plus de croquis préparatoires à Tristes tropiques, Anthropologie structurale I et II, Le totémisme aujourd'hui, La pensée sauvage, les quatre Mythologiques, La voie des masques, Le regard éloigné, on trouvera ici le premier état d'autres recherches qui n'ont pas, ou pas encore, pris forme élaborée : discussions théoriques, prospections dans des voies de traverse, enquêtes suspendues jusqu'à ce que l'auteur ait le loisir de les reprendre ; à moins que, le temps lui faisant défaut, il ne laisse à d'autres, qu'elles auront peut-être stimulés, le soin de les poursuivre, et de les mener à leur terme. Enfin, pour ceux qui s'intéressent aux mécanismes du travail intellectuel, ce livre illustre les démarches, les tâtonnements, parfois aussi les progrès, d'une réflexion saisie sur le vif, au cours de trente-deux années qui font un gros morceau d'une existence individuelle, et la durée d'une génération.

  • Tristes Tropiques begins with the line 'I hate travelling and explorers', yet during his life Claude Lévi-Strauss travelled from wartime France to the Amazon basin and the dense upland jungles of Brazil, where he found 'human society reduced to its most basic expression'. His account of the people he encountered changed the field of anthropology, transforming Western notions of 'primitive' man. Tristes Tropiques is a major work of art as well as of scholarship. It is a memoir of exquisite beauty and a masterpiece of travel writing: funny, discursive, movingly detailing personal and cultural loss, and brilliantly connecting disparate fields of thought. Few books have had as powerful and broad an impact.

  • The “structural method," first set forth in this epoch-making book, changed the very face of social anthropology. This reissue of a classic will reintroduce readers to Lévi-Strauss's understanding of man and society in terms of individuals kinship, social organization, religion, mythology, and art.

  • Le dernier volume des Mythologiques, qui clôt l'étude des mythes de l'Amérique de Claude Lévi-Strauss
    En s'attachant à des mythes de la côte nord-ouest de l'Amérique et en montrant que ceux-ci prolongent et transforment des récits de l'Amérique tropicale, ce quatrième tome poursuit et achève la démonstration entamée précédemment : les mythes de l'Amérique forment un ensemble clos. Mais une telle démonstration ne peut esquiver un fait : quand, pour les Indiens d'Amérique tropicale, le passage de la nature à la culture est symbolisé par l'introduction de la cuisine, au nord du continent, il est maqué par l'invention des parures et des vêtements et, de là, par celle des échanges commerciaux. Autrement dit, le nu occupe ici la position qu'occupait le cru dans les mythes de l'Amériques du Sud ; l'instauration de la civilisation est marquée non plus par une opposition entre les peuples réduits à vivre de leur production et ceux qui peuvent accéder à la diversité grâce au commerce et à l'échange (échange d'ornements et de vêtements, de biens de consommation, mais aussi transactions matrimoniales).
    Plus encore que dans les tomes précédents ce sont donc les différences entre les mythes, et non seulement leurs ressemblances, qui font l'objet de l'enquête. A travers plusieurs boucles géographiques successives, du sud au nord, mais aussi de l'ouest vers l'est, depuis les Salish de la côte Pacifique jusqu'aux Eskimo du Groenland, on suit ainsi les transformations de ce qui apparaît in fine comme un système mythique unique, qui embrasse tout le continent et dont les brins effilochés sont peu à peu noués ensemble. En même temps qu'ils confirment la congruence de la crudité au Sud et de la nudité au Nord, ces différents itinéraires révèlent la richesse de la philosophie indigène de l'échange et du partage.
    Le lecteur familier des Mythologiques retrouvera donc ici à la fois les grands thèmes de la mythologie du Nouveau Monde - invention du feu de cuisine et de la civilisation, origine de la vie brève, naissance des constellations... - et la réflexion proprement logique dont elle est le lieu - passage du discret au continu, pensée de la périodicité ou de la contiguïté, réflexion sur les catégories... Le présent livre ajoute toutefois autre chose à l'enquête qui a occupé les trois tomes précédents ; avant de mettre, puisqu'il faut, à une analyse qui aurait pu se poursuivre indéfiniment, il s'interroge sur la nature même de la pensée mythique et sur les contraintes qui pèsent sur elle : contraintes de l'environnement et de l'infrastructure techno-économique (là, agriculture ; ici, chasse, pêche et cueillette) ; contraintes intellectuelles et logiques qui relèvent du fonctionnement de l'esprit et, en dernière instance, des opérations de la sensibilité.
    Par la mise au jour d'une pensée objective, à l'oeuvre dans le monde même - découverte dont le prix à payer est le renoncement aux prérogatives de la conscience subjective -, ce quatrième et dernier tome rejoint la quête des mythes eux-mêmes, celle d'un ordre logique abolissant le temps et annulant l'histoire, en même temps qu'il retrouve l'ultime leçon par eux délivrée : l'union primitive de l'esprit et de ses objets, de la pensée et de la vie.

  • La suite du premier volume des Mythologiques, Le cru et le cuit
    Lune de miel, lune de fiel... Les dictons populaires abondent en contrastes de ce genre, qu'on croirait issus d'assonances et d'homophonies propres à chaque langue, plutôt que d'une réflexion qui puise sa substance aux racines mêmes de l'esprit. Pourtant, c'est en les prenant pour guide ou en les mettant à l'épreuve d'expériences exotiques que ce livre retrouve des vérités, aux deux sens du terme premières ; pétrifiées dans des métaphores banales, éculées par l'usage, mais chargées, cependant,d 'évidences qui s'imposent, dès lors qu'une grille neuve leur rend un sens qu'on avait toujours méconnu.
    Partant de l'opposition du miel et du tabac, présente aussi chez nous comme l'attestent maintes locutions, mais qui tient une place beaucoup plus considérable dans la vie et la pensée des Indiens de l'Amérique du Sud, on explore à travers leurs mythes deux itinéraires qui se rejoignent : car le miel exprime la puissance séductrice de la nature, tandis que la fumée du tabac s'élevant vers les êtres surnaturels retient l'homme sur la voie qui l'éloigne de la culture, surtout pendant la saison sèche où la nourriture se fait rare et où la collecte des produits sauvages offre la seule chance de subsister.
    Cette mythologie de la disette, évocatrice d'un carême tropical auquel ne manquent même pas les instruments des ténèbres, se déroule dans un décor rustique à la façon d'une églogue. Mais la naïve et fraîche histoire de " la fille folle de miel " ou celle, plus âpre, du " festin de la grenouille ", procèdent à l'aide de symboles qui, pour concrets qu'ils soient, articulent une logique des formes, sous-jacente à la logique des qualités dont le premier volume de ces Mythologiques avait établi l'existence. On dévoile donc ici dans la pensée mythique, en plus d'une rationalité latente, une capacité philosophique de s'élever aux abstractions, à laquelle rien d'essentiel n'a manqué, sinon peut-être les conditions sociales et politiques, pour franchir le seuil qui eût permis à la science de s'instaurer.


  • Après Le cru et le cuit et Du miel aux cendres, Lévi-Strauss explore ici la morale des mythes.

    Après Le cru et le cuit et Du miel aux cendres, Lévi-Strauss explore ici la morale des mythes.

    Mastiquer bruyamment est, pour notre civilisation, un signe certain de vulgarité, voire de bestialité. En récompensant tantôt le héros qui mâche avec bruit, tantôt celui qui mange silencieusement, en lui servant tantôt de la viande grillée, tantôt des tripes bouillies, les mythes de l'Amérique ne montrent pas seulement la relativité des manières de table : ils révèlent que celles-ci constituent de véritables systèmes, qui associent choix des aliments et des condiments, préparations et recettes, modes de cuisson et conduites à tenir pendant les repas.
    Or ces systèmes ne peuvent être isolés ; loin de former de simples ensembles de conventions arbitraires, ils s'articulent à tous les aspects de la vie en société : techniques et genres de vie, division et organisation sociale, règles du mariage et de l'échange, rites et coutumes, conceptions cosmologiques. Il n'est pas jusqu'aux modes de comptage et aux théories de la numération qui ne se révèlent solidaires de l'ordre culinaire.
    En traitant des prolongements naturels et culturels de la cuisine, ce troisième tome des Mythologiques poursuit donc l'itinéraire entamé par les deux précédents, mais il propose également un double déplacement. Géographique et ethnographique d'abord, car l'enquête commencée chez les Indiens du Brésil et de la Guyane finit par embrasser les mythes des Plaines de l'Amérique du Nord montrant ainsi que les mythes des deux Amériques forment un tout. Logique ensuite, car si les deux premiers tomes dévoilaient respectivement une logique des qualités et une logique des formes, celui-ci montre à l'oeuvre dans les mythes une logique des propositions, qui articule non plus seulement des termes mais des relations entre les termes. Incidemment, ce passage de l'absolu au relatif révèle les ressorts de l'invention mythique et permet de saisir l'évolution qui conduit du mythe au roman.
    Au-delà de la rationalité et de la capacité philosophique de la pensée mythique déjà établies par les deux premiers volumes, c'est donc bien la morale des mythes que ce livre met au jour, mais une morale qui se définit moins comme un corps de règles arbitraires et aveuglément respectées que comme un savoir-vivre, refusant tout privilège à l'humanité et solidaire des spéculations les plus abstraites comme des nécessités biologiques, des réalités techniques comme des contraintes de l'environnement naturel.

  • "'Je hais les voyages et les explorateurs', toute première phrase de l'ouvrage, affirme sans détour son rejet de l'exotisme comme porte vers le sensationnel. Il s'agit ici d'un voyage bien plus philosophique, retour sur les études de terrain qui ont formé son esprit d'ethnologue. Comment se positionner face à l'autre, face à des cultures aux structures si différentes ? Quelles sont les valeurs intrinsèques de l'Homme ? Sur quoi baser une société ? Tristes Tropiques permet de suivre l'émerveillement du jeune homme mais aussi le résultat des réflexions du scientifique après plusieurs décennies d'études ; et cette association si originale donne à l'oeuvre sa puissance si particulière. Lola Caul-Futy Frémeaux
    Ouvrage sans égal de l'ethnographie contemporaine, destiné à large public, Tristes Tropiques nous transporte. Au travers de la réalité quotidienne d'un jeune homme parti à la découverte de l'altérité des cultures, Claude Lévi-Strauss dépeint les émerveillements mais aussi les difficultés du voyage. Nous suivons avec passion le travail de l'ethnologue, ses réflexions et ses interrogations sur les tribus du Brésil et d'Asie auprès desquelles il vit pendant plusieurs mois, mais aussi sa mise en perspective des ressorts de notre société occidentale. Claude Lévi-Strauss nous livre les clés intellectuelles pour la compréhension du monde, des civilisations. Son voyage philosophique questionne la place de l'homme dans la nature et notre rapport à l'autre.La succession Lévi-Strauss et les Éditions Plon ont décidé d'offrir une version sonore intégrale du texte en confiant la production aux Éditions Frémeaux & Associés. Enfin, le musée du Quai Branly qui n'aurait sans doute jamais existé sans la lutte contre les préjugés de Claude Lévi-Strauss, apporte aujourd'hui son soutien à cette oeuvre incarnée. Amoureux de la langue, Jean-Pierre Lorit rend l'intégralité de l'oeuvre accessible et fluide par une lecture pleine de sens et de rythme."
    Claude Colombini Frémeaux

  • « Je hais les voyages et les explorateurs », toute première phrase de l'ouvrage, affirme sans détour son rejet de l'exotisme comme porte vers le sensationnel. Il s'agit ici d'un voyage bien plus philosophique, retour sur les études de terrain qui ont formé son esprit d'ethnologue. Comment se positionner face à l'autre, face à des cultures aux structures si différentes ? Quelles sont les valeurs intrinsèques de l'Homme ? Sur quoi baser une société ? Tristes Tropiques permet de suivre l'émerveillement du jeune homme mais aussi le résultat des réflexions du scientifique après plusieurs décennies d'études ; et cette association si originale donne à l'oeuvre sa puissance si particulière. Lola Caul-Futy Frémeaux
    Ouvrage sans égal de l'ethnographie contemporaine, destiné à large public, Tristes Tropiques nous transporte. Au travers de la réalité quotidienne d'un jeune homme parti à la découverte de l'altérité des cultures, Claude Lévi-Strauss dépeint les émerveillements mais aussi les difficultés du voyage. Nous suivons avec passion le travail de l'ethnologue, ses réflexions et ses interrogations sur les tribus du Brésil et d'Asie auprès desquelles il vit pendant plusieurs mois, mais aussi sa mise en perspective des ressorts de notre société occidentale. Claude Lévi-Strauss nous livre les clés intellectuelles pour la compréhension du monde, des civilisations. Son voyage philosophique questionne la place de l'homme dans la nature et notre rapport à l'autre.La succession Lévi-Strauss et les Éditions Plon ont décidé d'offrir une version sonore intégrale du texte en confiant la production aux Éditions Frémeaux & Associés. Enfin, le musée du Quai Branly qui n'aurait sans doute jamais existé sans la lutte contre les préjugés de Claude Lévi-Strauss, apporte aujourd'hui son soutien à cette oeuvre incarnée. Amoureux de la langue, Jean-Pierre Lorit rend l'intégralité de l'oeuvre accessible et fluide par une lecture pleine de sens et de rythme.
    Claude Colombini Frémeaux

  • « Je hais les voyages et les explorateurs », toute première phrase de l'ouvrage, affirme sans détour son rejet de l'exotisme comme porte vers le sensationnel. Il s'agit ici d'un voyage bien plus philosophique, retour sur les études de terrain qui ont formé son esprit d'ethnologue. 
    Comment se positionner face à l'autre, face à des cultures aux structures si différentes ? Quelles sont les valeurs intrinsèques de l'Homme ? Sur quoi baser une société ? Tristes Tropiques permet de suivre l'émerveillement du jeune homme mais aussi le résultat des réflexions du scientifique après plusieurs décennies d'études ; et cette association si originale donne à l'oeuvre sa puissance si particulière. 
    Lola Caul-Futy Frémeaux
    Ouvrage sans égal de l'ethnographie contemporaine, destiné à large public, Tristes Tropiques nous transporte. Au travers de la réalité quotidienne d'un jeune homme parti à la découverte de l'altérité des cultures, Claude Lévi-Strauss dépeint les émerveillements mais aussi les difficultés du voyage. Nous suivons avec passion le travail de l'ethnologue, ses réflexions et ses interrogations sur les tribus du Brésil et d'Asie auprès desquelles il vit pendant plusieurs mois, mais aussi sa mise en perspective des ressorts de notre société occidentale. 
    Claude Lévi-Strauss nous livre les clés intellectuelles pour la compréhension du monde, des civilisations. Son voyage philosophique questionne la  place de l'homme dans la nature et notre rapport à l'autre.
    La succession Lévi-Strauss et les Éditions Plon ont décidé d'offrir une version sonore intégrale du texte en confiant la production aux Éditions Frémeaux & Associés. 
    Enfin, le musée du Quai Branly qui n'aurait sans doute jamais existé sans la lutte contre les préjugés de Claude Lévi-Strauss, apporte aujourd'hui son soutien à cette oeuvre incarnée. Amoureux de la langue, Jean-Pierre Lorit rend l'intégralité de l'oeuvre accessible et fluide par une lecture pleine de sens et de rythme. 
    Claude Colombini Frémeaux
    Production Sonore Frémeaux & Associés © Éditions PlonProduction : Claude Colombini au studio Kos & Co en accord avec les éditions Plon (Olivier Orban) et la Succession Lévi-Strauss avec le soutien de la SCPP.
    Partenariat : Musée du quai Branly.
    Droits : Frémeaux & Associés - Editions Plon

  • Pour mieux connaître l'homme, ce livre, fidèle à la méthode ethnologique, dirige le regard vers des sociétés fort éloignées de celle de l'observateur. Mais il se présente aussi comme une réflexion sur un problème très général de la condition humaine : celui des rapports entre la contrainte et la liberté. De quelle marge de manoeuvre disposent la culture - dans les limites que fixe à l'homme sa nature biologique -, l'individu lui-même au sein des unités sociales de base - famille, mariage, parenté - où il est né, et qu'il a charge de maintenir ou de renouveler ? Avec quelle latitude la pensée réagit-elle aux pressions du milieu ? À quelles règles fondamentales doit obéir la langue pour permettre de communiquer ? Quels rapports existent entre la gamme des possibles conçus par l'esprit, et la réalisation de certains seulement d'entre eux ? Frayant sa voie parmi les institutions, usages, mythes, rites et croyances des sociétés les plus diverses, l'auteur se rapproche progressivement de la nôtre. Il montre que, chez nous, comme ailleurs, loin de s'opposer, la contrainte et la liberté s'épaulent. Ainsi, se dissipe l'illusion contemporaine que la liberté ne souffre pas d'entraves, et que l'éducation, la vie sociale, l'art, requièrent pour s'épanouir un acte de foi dans la toute-puissance de la spontanéité : illusion qui n'est pas la cause, mais où l'on peut voir un aspect de la crise que traverse aujourd'hui l'Occident.

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