• Le problème essentiel de l'écologie n'est pas purement économique, techno-scientifique ou juridique. Il réside d'abord dans le "choix culturel", le sens donné au "vivre ensemble" dans la société planétaire. Les réflexions regroupées dans ce livre sont fascinantes par leur avance, elles montrent que l'imagination et la pensée n'ont pas manqué pour ouvrir des perspectives viables, mais elles incitent aussi à se demander pourquoi la question écologique se répète dans les mêmes termes, alors que les menaces se confirment de tous côtés.

  • Les sociétés humaines, parfois, explorent ou se désagrègent, ou, à l'inverse, se figent sous le joug totalitaire. Mais cela arrive moins souvent que l'on ne pourrait s'y attendre, eu égard à la puissance ou à la violence des tensions qui la traversent (inégalités économiques, pression démographique, xénophobie, dégradation de l'environnement, etc.). Qu'est-ce qui fait tenir les sociétés ? À cette question naïve, mais redoutables, les grands systèmes explicatifs classiques n'apportent que des réponses ambiguës : le marché règle certains équilibres, mais il exclut beaucoup d'hommes et détruit des ressources naturelles. L'identité ethnique ou nationale contribue au " vivre ensemble ", mais menace toujours de nourrir le repli sur soi et la xénophobie. L'État protège et assure la liberté des citoyens, mais la tentation de la dérive bureaucratique est permanente. La science ouvre de nouveaux horizons, mais elle crée du même coup des problèmes plus épineux. Dans ce livre novateur, Denis Duclos montre pourquoi les échanges marchands, la recherche identitaire, les lois et les sciences ne suffisent pas à assurer sur une longue période la cohésion du groupe humain. Il est un autre facteur qui permet de brider la puissance de ces grandes rationalités : ce liant caché, c'est la " civilité ". Cette civilité, aux manifestations discrètes et multiples, c'est en définitive la façon dont les membres d'une culture apprivoisent les grands mythes - la Parenté, l'État, la Règle - leur permettant de vivre ensemble, mais qui, en même temps, tendent à se figer en rituels obsessionnels.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1993.)

  • Pourquoi y a-t-il autant de « sérial killers » aux États-Unis ? Pourquoi la « production culturelle » américaine (film, télévision, livres) est-elle aussi imprégnée de violence et de cruauté ? Est-il vrai que le spectacle de la violence imaginaire encourage le déchaînement des instincts violents ? Mais aussi : pourquoi la double figure du Dr Jekyll et Mr Hyde, ou encore le complexe du loup-garou, sont-ils aussi présents dans la culture nord-américaine ? Aujourd'hui, il devient urgent de savoir si, en se répandant mondialement, cette culture aurait le pouvoir de multiplier parmi nous les appétits meurtriers et les obsessions macabres. Denis Duclos apporte ici une réponse inattendue à cette énigme, grâce à une enquête approfondie au coeur de la culture de la terreur. Il montre que la représentation de la violence à l'écran est d'abord le reflet d'une conviction mythique propre à la culture américaine : pour elle, la société n'est qu'un rempart précaire contre l'animal tapi en nous. Chez les tueurs en série comme chez les personnages sanglants de la fiction, elle ne fait que répéter les figures héroïques des sagas nordiques, les « Bersekr », ces guerriers fous toujours tentés de se métamorphoser pour massacrer leurs propres familles. C'est ce fantasme qui lui fait accepter, en contrepartie, la surveillance automatisée, pour stopper le déviant, et qui explique en partie l'hypertrophie du droit aux États-Unis. Tant que nous ne faisons pas nôtre cette terreur d'une barbarie enfouie, la fascination de la violence ne fera qu'effleurer les cultures latines. En revanche, si nous nous mettions à croire vraimentà l'immortalité de notre instinct sauvage, alors nos enfants auraient de bonnes raisons d'adhérer à ce qu'ils voient sur les écrans.

  • Plus les sciences et les techniques apportent des solutions raisonnées aux problèmes humains, et plus semble grandir l'angoisse de l'incontrôlable, qu'elle concerne les atteintes à l'environnement ou les risques des manipulations génétiques : chaque avancée du savoir paraît exiger une rançon de peur. Pourquoi ces liens étranges entre raison pratique et motif d'émotion ou d'inquiétude ? Pourquoi, en même temps, ces décalages entre la réalité des risques ou la tendance à les percevoir de façon dramatisée ou au contraite à les négliger ? La volonté de maîtrise scientifique n'entretient-elle pas avec l'irrationnel une relation beaucoup plus étroite qu'on a pu le dire ?
    Pour répondre à ces questions, Denis Duclos a enquêté auprès des spécialistes de la science et des dangers : techniciens, savants, journalistes, industriels, syndicalistes, écologistes. Et il montre dans ce livre nourri d'exemples passionnants que tous ont tendance à opposer fiabilité technique et faillibilité humaine, à séparer vérité matérielle et engagement éthique, à couper la professionnalité de l'appartenance civile. C'est dans cette dissociation, au coeur même du processus d'élaboration de la science et des techniques, que se reproduit l'oscillation caractéristique de la modernité entre croyance et savoir.
    L'auteur utilise ainsi le rapport des acteurs sociaux au péril technologique comme un instrument sociologique inédit, révélateur du fonctionnement symbolique de notre culture et de ses tensions face au progrès. Son livre s'adresse aussi bien aux techniciens et aux ingénieurs qui réfléchissent sur le sens de leurs activités, qu'au plus large public intéressé à l'évaluation des choix scientifiques et techniques par la société.

  • Cette apologie de la nature, dans son aspect impartageable et ouvert, rebelle à la domestication pourrait nous ouvrir un champ politique inédit que le poète pourrait nommer : une politique de l'amour, c'est-à-dire une politique qui ne saisit pas tout de l'être.

  • Compte rendu d'un débat tenu sous l'égide de Rencontres sciences sociales. Une réflexion sur l'implication des chercheurs en sciences sociales dans le développement historique contemporain.

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