• Avec Bacon

    Franck Maubert

    « Il n'est que dix heures du matin. Il dégoupille le muselet de métal et fait sauter le bouchon. Le rire quasi continu de Bacon, sa bonne humeur tranchent avec le désespoir que dégagent ses tableaux. Je saisis qu'il y a un sens aigu du tragique en lui, mêlé au comique, comme chez Shakespeare, un autre de ses auteurs de chevet. Est-il ce Dr Jekyll et Mr Hyde ? »

  • « Il y a quelque chose d'archaïque à suivre la découpe des côtes. Et sans doute quelque chose d'absurde dans ma course. Incapable de dire à Pierre qu'il est la cause de ce voyage, je vais à la rencontre d'autres solitudes, sous l'hypnose de la mer, de Bray-Dunes à l'île aux Faisans. »

  • Le livre : C'est l'histoire inédite de Caroline, le dernier modèle d'Alberto Giacometti. Caroline fut une de ces filles de bar, prostituée au grand coeur, et figure du Montparnasse des années cinquante-soixante. C'est l'histoire d'un grand amour, un amour fou, un amour noir, qui dura six ans, jusqu'à la disparition du peintre en 1966.
    À travers un récit intense, et poétique, Franck Maubert, spécialiste d'art et romancier, restitue, de façon très réaliste, la relation entre l'artiste et son modèle, entre les amants, sur fond d'un monde trouble où se croisent le milieu et le milieu de l'art... L'auteur relate avec justesse et émotion sa rencontre avec Caroline dans son studio-vue sur mer, à Nice. Au fil du récit, le mécanisme du souvenir affleure par vagues et ainsi se découvre, avec une grande force émotive, le portrait d'une femme fragile et blessée, ainsi apparaît la face cachée de Giacometti, l'artiste le plus cher de tous les temps.

  • L'homme qui marche

    Franck Maubert

    L'Homme qui marche est le premier livre consacré spécifiquement à l'oeuvre emblématique du sculpteur, celle qui, au-delà du XXe siècle, a su montrer la condition humaine dans son extrême dépouillement : l'homme universel, frêle et puissant, en mouvement, pensant. 

  • L'eau qui passe

    Franck Maubert

    « Certains jours de chaleur, à la vue des herbes brûlées sous le soleil, ou dans les arbres dépouillés du coeur de l'hiver, dans les eaux scellées, je sens monter en moi quelque chose de déchirant, un sentiment de solitude. Alors, il peut m'arriver de parler aux poissons privés de parole. Je ne quitterai donc pas cette enfance, cette grande maison de l'enfance.
    Comme autrefois, je pourrais danser sous le cerisier. Juste précipiter le temps. Attendre. Attendre comme j'attendais qu'Irmina rentre du Paraclet. Attendre comme j'attendrai longtemps un père qui n'est jamais venu. Attendre comme j'attendais la visite de ma mère. »

  • On peut, avec raison, douter de la place prépondérante des Français dans l'ordre des choses. Ils ont tous les défauts : mesquin, envieux, calculateur, mégalo, philosophe de comptoir, séducteur désespéré... Ils vivent par correspondance, jouissent à crédit, sur-consomment pour jeter ensuite. Ce sont eux, nous, les Français, que Franck Maubert dans son Petit Guide à l'usage de ceux qui s'intéressent encore à leurs contemporains a saisis sur le vif. Toujours drôles, lucides et parfois cruels, ces douze portraits annoncent le retour en force du mauvais esprit. À travers les codes, les modes, les tics, les névroses et les destins tordus de ces caractères, vous reconnaîtrez avec délectation votre voisin d'en face, votre beau-frère, votre banquier, ou... une part de vous-même. Après La Bruyère et Reiser, la satire sociale prend un coup de jeune.

  • Derrière l'interprète de Je t'aime... Moi non plus, qui fit scandale et conquit la planète en 1969, se cache un Gainsbourg plus secret. C'est l'homme intime que révèle Franck Maubert, son histoire et ses goûts. Si, pour Serge Gainsbourg, il y avait les arts majeurs et les arts mineurs, il ne s'est illustré, à son grand regret, que dans la chanson. Il s'ouvrait peu sur son destin de peintre contrarié, qui a persévéré dans cette voie jusqu'en 1957, année où Boris Vian lance sa carrière.
    Son admiration pour les chefs-d'oeuvre des maîtres suscite l'intérêt d'un jeune critique d'art, Franck Maubert. Leur rencontre les lie en 1985. Gainsbourg a trouvé à qui parler peinture, dandysme, esthétique. Ensemble ils passeront des journées chez lui, rue de Verneuil, visiteront le Louvre, feront la tournée des grands ducs... Ce livre retrace le parcours d'un artiste hors norme, qui a traversé non seulement la chanson, mais aussi l'écriture, la photographie, le cinéma. Il montre la force d'un créateur et d'un poète qui a marqué son époque et influence encore, loin des clichés, la musique d'aujourd'hui.Franck Maubert (prix Renaudot essai 2012 pour Le Dernier modèle, Mille et une nuits) est écrivain, auteur de romans (dernièrement, Ville close, Écriture, 2013) et de nombreux livres d'art (dont Maeght, une aventure de l'art vivant, avec Y. et I Maeght, La Martinière, 2006).

  • Ville close

    Franck Maubert

    • Ecriture
    • 1 February 2013

    Un homme se retire à Richelieu, dans la maison de sa tante défunte, dont il fut, plus jeune, l'amant. Le narrateur découvre peu à peu les étranges habitants de cette ancienne " ville nouvelle ", aujourd'hui enserrée dans ses murailles. Entre Touraine et Poitou, cette ville close fondée en 1642 par le Cardinal, dont le fantôme hante encore les rues désertées, est le théâtre de faits divers troublants : suicides, rumeurs, morts suspectes, meurtres...Le narrateur va se fondre au coeur des mystères des lieux et enquêter, à la recherche de l'âme de la ville et du spleen qui l'habite, jusqu'à ce que, lui-même confronté au drame, soit sauvé par une énigmatique jeune femme.Un roman d'atmosphère assurément, inspiré de faits réels. À sa lecture, Patrick Modiano écrit : " J'ai trouvé qu'il y avait là du Simenon, et aussi un peu d'André Dhôtel, écrivain que j'aime beaucoup... "

  • Le narrateur, la quarantaine, est hospitalisé en urgence au CHU de Tours pour une maladie dont il ignorait jusqu'au nom : une dissection de la carotide. Dans ce qu'il nomme la « chambre des dormeurs », il observe et s'interroge sur ses voisins muets, agonisants, confronté pour la première fois à l'approche de la mort.
    Dans un demi-sommeil traversé par les visites et les conversations du personnel médical, affleurent les souvenirs des proches - Roland Topor ou Robert Malaval dont l'oeuvre ou la vie flirte avec la mort, les rencontres avec Francis Bacon -, les images et les silences de l'enfance : ce père inconnu entrevu une seule fois à l'âge de quatre ans, la mère qui « fait la belle à Paris », Franz et Émilienne, les parents adoptifs. Se croisent aussi dans cette nuit d'extrême souffrance deux femmes aimées, Dominique et Nabila, amours impossibles. D'autres visions, paysages, oeuvres de Giacometti ou de Goya lui apparaissent. Cette dure épreuve se révèle, en définitive, une quête d'identité et une longue interrogation sur l'homme et la mort.

  • Été 1976, été de canicule, à Paris. Mao-Mao, vingt ans, passionné d'art, survit en exerçant des petits boulots. Dans le quartier des Halles, il croise tout un monde d'écrivains, d'acteurs, de galeristes, de musiciens, de prostituées et de punks. Parmi eux, Robert, un artiste, un vrai, un pur. Leur amitié a la fulgurance de l'évidence, de celle qui unit les rêveurs lucides et les paumés déterminés. Robert a deux fois son âge. Il n'est plus l'artiste en vogue qu'il était, le milieu se détourne de lui. Il se réinvente sans cesse, ne renie rien de sa liberté de création. Happé à sa suite, Mao-Mao vit ses premières aventures artistiques. Pour Robert, ce seront les dernières. Mao-Mao va l'accompagner dans sa course vertigineuse de vie et de mort, dans les gerbes de paillettes de ses derniers tableaux et au son du rock. Jusqu'à la veille de son suicide, en août 1980. Visible la nuit est le roman d'une époque traversée par la fi gure fl amboyante de Robert Malaval et disparue avec lui. Malaval n'était pas un personnage de fi ction, il se voyait luimême en héros et en artiste maudit, dans les marges du Paris de la fi n des années 1970. Franck Maubert, né en 1955, écrivain, est l'auteur de romans: Est-ce bien la nuit? (Stock), Près d'elles (Flammarion), et de livres d'art: L'odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux. Conversations avec Francis Bacon (Mille et une nuits), Le Dernier Modèle (Fayard, prix Renaudot essai-2012).

  • Chroniqueur sans attache, Moby mène une vie débridée et tente de se reconvertir dans la télévision en cherchant à concilier l'inconciliable : le monde de la télévision et les artistes. Ferdyck, c'est son pseudo, publicitaire, lance une nouvelle émission avec l'aide de Moby, sur une chaîne privée naissante. Avec ses questions coup de poing, il se construit un personnage et veut faire de son nom un label. Christophe Mistral, couturier, coqueluche des magazines de mode, monte sa maison de haute couture et prépare sa première collection. Albertine, sa femme, noctambule avec Moby. Tout comme Roda, poète et parolier de chansons à succès, qui refait le monde. Rodolphe, patron de la boîte de nuit en vogue, les Lumières, les réunit tous, les uns contre les autres.
    Dans le chaos nocturne des années quatre-vingt, Paris les happe, Paris existe. Ils s'éprouvent inconsidérément. Combien de temps l'insouciance frénétique durera-t-elle ?
    Luttes d'influence, fric facile, pouvoir, cocaïne, mannequins, amours d'une nuit : un portrait sans complaisance des illusions d'une décennie.
     
    Franck Maubert est l'auteur de livres d'art traduits dans de nombreux pays (L'odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux. Conversations avec Francis Bacon, Mille et une nuits, 2009 ; Le Dernier Modèle, Fayard, 2012, Prix Renaudot Essai) et de romans, parmi lesquels Est-ce bien la nuit ? (Stock, 2002) ; Visible la nuit (Fayard, 2014).

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