• Un Dictionnaire amoureux qui marie l'Odyssée et le plus contemporain de notre actualité, Thomas More et les archipels menacés par le réchauffement climatique. On vagabonde, on rêve, on frissonne, on se souvient. Les îles pourraient bien être chemins de vérité.Ce n'est pas parce qu'il a bourlingué, du Groenland à la Polynésie, du Japon au Chili, qu'Hervé Hamon est un collectionneur de cartes postales. Et ce n'est pas parce qu'il aime naviguer que les cocotiers et le sable blanc le fascinent.
    L'île, avant l'île, c'est le voyage vers l'île. Avec tous les imaginaires inimaginables. Celui du conquérant, de l'exilé ou du migrant, du naturaliste ou du missionnaire, du négrier ou du pirate, celui du déporté, celui de qui se rêve roi d'un monde pur. Celui qui quitte une île pour une autre.
    Les îles ne sont pas des navires à l'ancre mais des montagnes émergées, quand bien même elles ne dépassent que de quelques mètres. Elles sont la plaque sensible de notre monde cerné d'eau, elles racontent nos convoitises, nos guerres, nos croyances, nos espoirs. Elles nous parlent d'écologie et de mondialisation autant que de distinction et de solitude.
    Pas étonnant que la littérature s'en soit emparée. Melville aux Marquises, Hugo à Guernesey, Tchékov à Sakhaline, Perec à Ellis Island, Albert Londres à l'île du diable, Soljenitsyne à Solovki, Dumas à If, Césaire ou Glissant à la Martinique, et ainsi de suite. Ce dictionnaire amoureux va de Fred et de Philémon sur le
    A d'océan Atlantique, à Robinson sur Juan Fernandez (où Defoe, du reste, n'a jamais mis les pieds).

  • " L'Abeille ", c'est un remorqueur de haute mer, un des plus puissants de la planète, en " station " à Brest.
    Ouessant, c'est le cap Horn de l'Europe, le pays des vents furieux, des courants sauvages, des crocs sous-marins.
    " L'Abeille " garde Ouessant comme on garde un trésor ou un stock de nitroglycérine. 24 heures par jour, 365 jours par an, elle est prête à appareiller pour éviter que le sang et le pétrole ne salissent les rivages les plus dangereux de l'autoroute maritime la plus fréquentée des notre monde. Absolument par tous les temps.
    Durant une année, Hervé Hamon a partagé, à leur bord, l'existence des chasseurs de tempêtes. Il raconte ici le métier de ces marins. Il raconte les nuits à la passerelle par force 12, et le travail des matelots, sur le pont, sous les déferlantes, pour passer la remorque aux navires en détresse.
    Et l'attente, aussi.
    Il a su concilier le regard attentif du témoin avec un talent d'exceptionnel raconteur d'histoire. Une histoire de vie et de tumulte, de liberté et de contrainte, où l'ordinaire et l'extraordinaire sont mêlés. Une histoire généreuse et une question : pourquoi des hommes acceptent-ils de risquer leur vie afin que d'autres hommes ne meurent pas ?

  • " Je n'ai pas choisi la mer et elle ne m'a pas choisi. J'ai la mer comme certains amis ont la foi : par foudre innocente, étrangère à la raison et au calcul. "
    Hervé Hamon a entrepris, dans ce livre à la première personne, de décrire et partager son besoin – de rivage, de marées, d'îles, de navigation, de ports. Il nous convie à voyager d'Ouessant aux brumes de Terre-Neuve, des icebergs du Groenland aux montagnes marines de la Crète. Il nous convie à emprunter la mer pour toucher terre. Il dit sa Bretagne, où il est solidement ancré, mais il n'est pas chauvin : la mer, et la mer seule, fait le tour du monde.
    " Être marin, écrit-il, c'est s'exercer à partir. " Il s'adresse à tous ceux, navigateurs ou paysans, citadins ou gens de la houle, qui vivent une passion, en goûtent le plaisir, et se savent mortels. A tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, aiment le large.

  • Il existe, en France, un peu plus de quatre-vingts collèges qui portent le nom de Prévert - outre une dizaine de lycées Prévert, c'est l'éclectisme forcené.
    Des poèmes aux scénarios, des chansons aux collages, il ne s'interdit rien. Il essaie. Il croit aux télescopages, aux interférences, aux conjonctions, aux tentatives. Il passe d'une discipline à l'autre avec une aisance confondante.
    Avant 1950, on le connaît plutôt comme scénariste, et quel scénariste - Arletty, Gabin, Morgan, toute la lyre. Mais quand "Paroles" explose (un million d'ouvrages vendus), c'est l'écrivain qui se retrouve à l'avant-scène.
    Il commente ses oeuvres sur un ton bourru, la cigarette au bec, clamant tranquillement qu'il aime ce qu'il aime et qu'il n'aime pas ce qu'il n'aime pas.
    Et l'on risque d'oublier son extrême complicité avec les musiciens manouches, ou son rôle central dans le groupe Octobre qui, dans les années 30, s'en allait jouer aux portes des usines.

    Prévert, c'est aussi l'obsession farouche de rester artisan, artisan indépendant.


    Hervé Hamon a esquissé un portrait biographique. En lisant son texte, nous sommes dans le Paris d'avant, Doisneau à sa droite et Brassai à sa gauche ou inversement.

  • " J'appartiens à une génération, celle de 1968 pour parler vite, que le vent de l'Histoire a violemment transbordée de rive en rive. Ce vent-là fut et reste un vent favorable, source de luxes nécessaires : le plaisir de la révolte et celui d'en finir avec la révolution, le plaisir de respirer dans une société de plus en plus laïque, le plaisir de voir s'éloigner des "repères" effrayants et désuets. Celui de s'engager mais aussi de se dégager. Ce n'est que du vent, le plaisir, mais le vent, c'est une force.
    Je n'aurai pas l'outrecuidance d'imposer au lecteur un catalogue de mes plaisirs intimes, du musée à la plage, de la table au lit. Mais j'aimerais contrecarrer avec un brin de fougue et d'humour certaine vague charriant la proscription du plaisir, l'ordre rétabli et le soulagement des crocodiles larmoyants. Pas en un grave traité, mais en me promenant. Comme le livre de voyage, le livre de plaisir n'aime pas marche droit.
    Les plaisirs que j'évoquerai sont parfois collectifs et parfois singuliers, gageant que " je" et "nous" sont éminemment compatibles. Je traiterai donc ici de l'école, et là de la jouissance d'écrire, ici de politique, et là d'amour filial, rassemblant des plaisirs qui, au total, font mon plaisir de cheminer, de vieillir, de vivre maintenant, bref, mon plaisir de vivre tout court. Lequel est grand. "
    H. H.

  • Portrait d'une famille de la classe moyenne prise dans la tourmente de mai 68.
    Mai 1968, Hamon, co-auteur avec son ami Rotman du célèbre Génération (Le Seuil), ça le connaît. Mais là, en choisissant le roman-feuilleton (et l'humour), il décide de nous raconter tout autrement les « événements ».
    Le joli mois de mai, on le vit par le biais d'une famille, une famille moyenne, trois enfants, comme tout le monde, la province pas très loin, la guerre pas oubliée, le tremplin des Trente Glorieuses. L'héroïne, c'est la mère, une jeune femme au foyer qui, au fil des jours, va se vouloir une autre femme s'évadant de sa condition seconde.
    Au fond, 68, c'est ça : une crise, une mise à jour qui atteint chacun dans l'intimité, qui bouscule tout le monde - révolutionnaire ou pas.
    La chronique émouvante et jouissive d'une époque mythique !
    EXTRAIT
    Le coach, il me prend pour une débile, il est persuadé que mes derniers neurones sont morts. Pendant les séances du mercredi, il nous regarde, les vieilles, de manière soupçonneuse, comme un juge, comme nous regardait mon institutrice de neuvième, Mme Balanan, qui relevait les dictées avec répugnance avant même d'avoir compté nos fautes. Bien sûr que les gâteuses ne manquent pas, à l'Escale sereine (c'est le nom de la maison, une maison de la SNCF, j'y ai droit puisque je suis veuve de cheminot). Mais je ne suis pas gâteuse, pas du tout. Et je le prouve. C'est plutôt la somme de ce que je retiens qui m'effraie, toutes ces petites choses inutiles, ces détails, ces nuances dont tout le monde se fiche, moi la première. Je n'ai pas fait beaucoup d'études quand j'étais jeune, mais assez pour savoir que j'apprends vite. Je suis montée à Paris dès mes dix-sept ans, ça n'a pas plu à mon père, j'habitais Montparnasse, comme tous les Bretons, j'étais dactylo chez un notaire du boulevard Edgar-Quinet et je n'avais pas besoin de relire le brouillon pour frapper une lettre. C'était gravé là-dedans et ça y est toujours.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Hervé Hamon est un auteur farouchement éclectique.
    Après de longues enquêtes historiques ou de société, il nous a donné une trentaine d'ouvrages où transparaît souvent son amour de la mer, et où la passion littéraire ne néglige aucun registre.

  • C'est un roman d'aventures, un vrai.
    Avec des traîtres et des amoureuses, des escrocs et des cœurs purs, un philosophe et un graisseur, des spéculateurs et des syndicalistes, un grand lecteur d'Homère, une femme si belle qu'on en mourrait, des morts dont on se demande s'ils ne seraient pas vivants, sans compter un théologien libertin, un astrophysicien mené par la passion, des vieilles dames plus ou moins convenables, et quelques joueurs de roulette – pas avant minuit, toutefois.
    Avec, surtout, le valeureux capitaine Shrimp ainsi que la suave Pamela qui l'adore, sans oublier Be-bop, son chef mécanicien, non moins courageux mais dont le langage est imprévisible.
    Vous l'aurez compris, c'est un livre qui raconte des histoires. Des vraies, comme dans les romans. Et c'est l'histoire d'un paquebot, un vieux paquebot relooké, qui emmène ses passagers au large des côtes du Chili pour leur vanter la Nature, la Nature en danger.
    Mais, vous l'aurez aussi compris, ce n'est là qu'un prétexte. Et la Nature va se venger. Ce en quoi elle aura mille fois raison.
    Hervé Hamon est un écrivain farouchement éclectique, auteur de grandes enquêtes (Génération,Tant qu'il y aura des élèves), d'essais littéraires (Besoin de mer, Le Vent du plaisir), de reportages (L'Abeille d'Ouessant), mais aussi de livres de fiction et de nouvelles. Son premier roman d'aventures, Paquebot (Points Seuil), fut unanimement salué par la critique en 2007.

  • Voici un livre sans équivalent.
    Tout juste vingt ans après Tant qu'il y aura des profs, qui a fait date, permettant aux Français de voir leur école toute nue, Hervé Hamon est revenu sur ses pas, visitant de la cave au grenier nos lycées et collèges publics. Il a retrouvé ses anciens témoins, rencontré ceux qui les ont remplacés, suivi les cours au fond des classes, écouté tout le monde, élèves, profs, experts français et étrangers.
    Sur ses traces, on va de surprises en surprises. La banlieue, c'est pire, mais le collège, c'est mieux. L'enseignement professionnel, c'était un parking à chômeurs, et aujourd'hui, c'est là que ça bouge. Quant aux lycées, ils produisent deux fois plus de bacheliers, mais ils les discriminent.
    Cette école n'est pas juste. Elle n'est pas juste avec les plus démunis. Elle n'est pas juste avec les filles – qui sont pourtant les meilleures élèves. Elle oriente mal et hypocritement. Elle crée, sous la pression de parents consommateurs, des zones de relégation. Les Français exigent le meilleur établissement pour leur rejeton. Mais surtout pas pour celui du voisin.
    La question n'est pas de conserver ou non " le collège unique ". Car il n'est pas unique, le collège. La question n'est pas d'inscrire ou non " l'élève au cœur du système ". Il ne s'y trouve guère, l'élève. La question est de sortir de cette hypocrisie, de former mieux les jeunes, de gagner en qualité. Car une école plus exigeante, plus performante, est une école plus équitable.
    Ce n'est pas d'abord une question d'argent mais de volonté politique et de renoncement aux corporatismes.
    Un livre de faits. Un livre de terrain, qui se lit comme un récit de voyage.
    Hervé Hamon a enseigné la philosophie pendant cinq ans avant de quitter l'Éducation nationale pour se consacrer à l'écriture et à l'édition. D'abord auteur de grandes enquêtes (Les Porteurs de valises, Les Intellocrates, Génération, etc., avec Patrick Rotman ; ou Nos Médecins), il s'est tourné vers des travaux plus littéraires (Besoin de mer, Le Vent du plaisir, etc.). Il a tenu, pendant douze ans, une chronique au Monde de l'éducation. Il est membre du Haut Conseil de l'évaluation de l'école.
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  • Après les événements de Mai 68, le mouvement révolutionnaire s'organise et s'étend. Portrait d'une famille de la classe moyenne.
    Au lendemain de Mai 68, il s'agit de montrer, de prouver que « ce n'était qu'un début ». La Révolution est en marche, on va voir ce qu'on va voir. Les uns adulent le président Mao, d'autres tel ou tel trotskisme, d'autres partent à la campagne pour fonder une société alternative, d'autres encore s'écartent de toutes les chapelles et prononcent des mots nouveaux, des mots étranges : écologie, fin du patriarcat, libération sexuelle, pédagogies nouvelles, etc. Et surtout, surtout, le mouvement des femmes l'emportera sur tous les grands et petits timoniers. Il va bien falloir revenir sur terre. Mais la révolution - sans majuscule - s'est-elle arrêtée en chemin ?
    Découvrez le second volet de cette série consacrée aux événements de Mai 1968. Un roman historique complet et documenté sur le tournant de l'histoire sociale de France et d'Europe.
    EXTRAIT
    Nous sommes favorables à la garantie d'un salaire minimum. Nous sommes favorables à ce que l'école, par la loi, accueille tous les enfants au collège. Et nous ne serions pas d'accord pour énoncer qu'un crime est un crime, qu'un étrangleur est un étrangleur, et que le mec qui me met un couteau sous la gorge pour me baiser de force doit être puni !
    Cette fois, Carmen intervint elle-même. Au passage, Mélina découvrit le motif qu'elle dessinait avec son aiguille : une croix de Lorraine...
    - Je rappelle ce que Foucault nous a enseigné. Que le criminel a une histoire, que ce qu'on nomme crime est inséré dans une culture, et que l'incarcération elle-même participe d'un dispositif répressif connoté - qu'il s'agisse de la geôle ou de l'asile.
    Une vague de protestations s'éleva. Leïla sentit qu'elle avait la majorité pour elle et monta sur ses grands chevaux.
    - Tout à fait d'accord avec Foucault sur l'enfermement, sur la perversion. Mais ce que j'observe, moi, c'est que le viol, acte brutal, acte barbare, est présentement nié, et quelquefois encouragé. Nous devons agresser les agresseurs, aller les chercher sur leur propre terrain...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - A propos du tome 1
    L'auteur nous offre une vraie rétrospective de l'année 1968, année où de profonds changements sociétaux ont eu lieu. Un vrai plaisir de lecture. - VivianeB, Babelio
    Une approche de mai 1968 documentée mais sans prétention, pleine de tendresse mais sans nostalgie, ni poncifs ni manichéisme. - Marie-Françoise Brihaye, Lecturejeune
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Hervé Hamon est un auteur farouchement éclectique. Après de longues enquêtes historiques ou de société, il nous a donné une trentaine d'ouvrages où transparaît souvent son amour de la mer, et où la passion littéraire ne néglige aucun registre. Après Demandons l'impossible, le roman feuilleton de Mai 68, Hervé Hamon nous propose un suite pleine d'humour, chaleureuse et savoureuse.

  • Sur fond de polémiques grossières (« ils » sont tous devenus des nantis, « ils » ne voulaient que détruire, etc.), la société française ne parvient toujours pas, cinquante ans après, à étudier calmement mai 68. Nombre de politiques ou d'intellectuels nous garantissent que ce fut la perte de nos valeurs communes, de nos repères partagés. Au fond, ils ont tous eu peur, ceux de droite, ceux de gauche, tellement peur qu'ils courent encore.

    Hervé Hamon est un témoin, un « piéton de Mai », mais aussi l'auteur, avec Patrick Rotman, de Génération, ouvrage qui fait référence sur la question. Avec le détachement de l'âge, avec humour, il s'efforce ici de mettre les choses en perspective. Cette grande insurrection, cette grande grève ne fut pas, dit-il, un début, mais une fin. La fin de la révolution conçue comme une guerre, la fin du communisme, la fin de l'ordre patriarcal.

    Ce fut encore un mouvement créatif et drôle où l'on pouvait dire « je » au sein de la foule solidaire, où aucune question n'était interdite, où aucun débat n'était hors sujet.
    Une société s'est alors mise à jour, de l'ouvrier au professeur, du médecin au paysan. Sans oublier l'essentiel : les femmes.

    Mai 68, c'est du passé. Mais, soutient Hamon, du passé qui nous interroge en ce que la vraie révolution est celle de la société civile. Et ça, c'est toujours d'actualité.

  • Voyager par la mer ne saurait avoir d'équivalent. Fort de cette douce certitude, l'auteur dresse un éloge incontesté de l'art de la navigation, " moyen de locomotion le plus lent, le plus exigu, le moins ponctuel et le moins confortable " mais qui, du départ à l'arrivée, se révèle une source de joies inégalées. Nuits en mer, moments de complicité avec le reste de l'équipage, silence religieux devant la beauté d'un paysage... Un récit plein de justesse et de poésie, qui comblera tous les amoureux du large, habités par le " besoin de mer ".

  • Un petit livre qui ne se prend pas au sérieux, pour redécouvrir l'univers de la mer à travers le regard irrévérencieux d'Hervé Hamon...À travers une centaine de mots, Hervé Hamon nous raconte la mer qu'il aime, et celle qui le met en rogne. Il nous régale de ses souvenirs de plaisancier, de son expérience tempétueuse sur la passerelle de l'Abeille, et nous fait partager ses moments de honte comme ses joies simples en mer avec un humour et une maestria qui n'appartiennent qu'à lui.De Thalassothérapie à Ouragan et de Large à Ferraille, ce petit livre bouscule les conventions et aborde la mer dans tous ses états. Il nous parle de la plaisance et de la pêche à pied, de la serviette de plage et des chants de marins, des houles du grand large et des cafés du port, d'une mer vivante et humaine, émouvante, résolument moderne.La mer racontée par Hervé Hamon, c'est une succession de coup de gueule et de coups de coeur, c'est à la fois intime et cocasse, dans un rythme sans cesse bousculé, souvent drôle, toujours merveilleusement écrit.

  • Ceux d'en haut

    Hervé Hamon

    C'est un livre sur le pouvoir, sur ceux qui exercent un pouvoir. Pas un pouvoir institutionnel, ni délégué, ni indirect : le pouvoir concret de gens qui commandent aux autres et qui doivent rendre des comptes sur ce commandement. Autrement dit, les décideurs, et, notamment, les patrons, les grands.
    Hervé Hamon les a rencontrés, patrons du CAC 40 ou patrons du secteur public, banquiers ou entrepreneurs. À tous, il a demandé si leur pouvoir est réel, s'il est légitime, ce qui les fait jouir, ce qui les inquiète, comment ils gèrent leur personnel, ce qu'ils font de leur argent, quels rapports ils entretiennent avec les gouvernants, avec les médias.
    Et, comme le pouvoir économique et le pouvoir politique s'interpénètrent - via les grandes écoles et les grands corps -, comme le pouvoir est terriblement endogame, l'auteur s'est ensuite tourné vers d'autres décideurs, des maires de grandes villes, des Premiers ministres.
    De Franck Riboud à Jean-Louis Beffa, de Louis Gallois à Alain Juppé, de Bernard Kouchner à Michel Rocard, de Nicole Notat à Bertrand Delanoë ou Matthieu Pigasse, voici leurs réponses, leurs justifications, leurs codes.
    Un livre qui tombe pile, incisif, pertinent et impertinent.
    L'auteur
    D'abord auteur de grandes enquêtes ( Tant qu'il y aura des profs, Génération, avec Patrick Rotman, ou Nos médecins et Tant qu'il y aura des élèves, en solo), Hervé Hamon s'est ensuite tourné vers des récits plus personnels et littéraires ( Besoin de mer ) ou vers le roman ( Paquebot ).

  • Ils règnent sur l'université, ils dirigent l'édition, ils investissent les médias, et souvent les trois à la fois. Écrivains en vogue, critiques écoutés, éditeurs dans le vent, intellectuels à la page, ils sont les agents de la circulation des idées. Une tribu de quelques centaines de têtes. Hervé Hamon et Patrick Rotman, au terme d'une enquête minutieuse, dépeignent les lieux, les rites, les figures de ce monde rétif à l'investigation. Leur livre n'est pas un essai mais un reportage, une promenade fureteuse qui entraîne le lecteur dans les temples universitaires, les grandes maisons d'édition, les salles de rédaction, les studios. Comment fonctionne la critique, sont lancés les livres, distribués les prix littéraires ? D'où vient le pouvoir d'Emmanuel Le Roy Ladurie ou de Bernard Pivot, de Raymond Aron ou de Jean Daniel ? Répondre à ces questions, c'est dévoiler des mécanismes, décrire des circuits, explorer des réseaux. Sans désinvolture et sans courbettes, avec humour et précision, les auteurs violent un tabou : ils examinent le mode et le train de vie des « intellocrates ».

  • Voici un homme que la majorité de ses concitoyens souhaitent voir postuler la présidence de la République. Il se réclame de Mai 1968 et l'électorat modéré le juge rassurant. Il se déclare autogestionnaire et il se fait l'apôtre de la rigueur. Il est soutenu par la C.F.D.T. et le patronat reconnaît sa compétence. Il est l'un des interlocuteurs privilégiés du tiers monde progressiste et on l'écoute à Washington, on l'aime à Bonn. Il condamne la démagogie et il est un professionnel de la politique. Il est socialiste et c'est au Parti Socialiste qu'on lui tend le plus d'embûches. Alors ? Un leader aux images contradictoires ? Un produit des média ? Un réformiste révolutionnaire ? Hervé Hamon et Patrick Rotman, journalistes, ont débusqué ce qui se cache derrière le phénomène Rocard. Ils ont rencontré les experts qui conseillent le député des Yvelines, les militants qui l'appuient, les journalistes qui l'observent. Ils ont tendu plus loin leur micro : vers l'adversaire, vers l'étranger, vers les rivaux. Ils ont découvert que l'effet Rocard vient de loin ; que, dans le duel qui oppose François Mitterrand à Michel Rocard, ce sont deux gauches qui s'affrontent : depuis longtemps, pour longtemps.

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