• Trois fois l'an, les juifs célèbrent les fêtes de pèlerinage. Elles constituent des temps bien particuliers dans l'année et plongent leurs racines dans l'antique histoire d'Israël. Pessa'h, fête du printemps, célèbre l'avènement de la nation juive sur la scène de l'histoire. Cinquante jours plus tard, Chavou'ot marque le don de la Torah sur le mont Sinaï. Enfin, Soucot, convocation d'automne, rappelle la miraculeuse traversée du désert par les enfants d'Israël. Chacune de ces fêtes renvoie à des événements fondateurs de l'être juif.
    La législation relative aux fêtes de pèlerinage occupe une place importante dans la littérature rabbinique. Les lois y sont minutieusement étudiées. Leur sens et leur explication morale et éthique y sont explicités. À chaque génération, les Maîtres du judaïsme ont révélé des significations spécifiques aux règles bibliques de sorte que des rites âgés de plus de trois mille cinq cents ans font toujours sens aujourd'hui. Les fêtes de pèlerinage expriment la profonde quête de sens qui anime la conscience. Inspirant de nombreuses pensées pour panser les blessures de notre société moderne, elles sont orientées vers le passé tout en appelant à bâtir l'avenir des hommes sur les fondements de la reconnaissance et de l'harmonie.

  • Roch Hashana et Kippour sont les solennités qui ouvrent l'année juive. Temps d'examen de la conscience et d'introspection profonde, ces convocations d'automne ont de tout temps, plus que toute autre date du calendrier hébraïque, fait vibrer l'âme juive. Ils appellent au questionnement existentiel, à la remise en cause intérieure, au processus de retour menant l'homme sur le chemin de Dieu et de Sa loi. Roch Hashana et Kippour sont des jours dits « redoutables » car déterminants puisque Dieu y juge les hommes, pèse leurs actes, paroles et pensées, et siège sur le trône de la Justice pour dessiner les horizons de vie. Les sonneries de la corne de bélier qui tonnent à Roch Hashana et le difficile jeûne de la journée de Kippour permettent de se confronter à soi-même, de se libérer provisoirement du carcan matériel qui étouffe l'âme aspirant au renouveau et à sa manifestation éclatante dans la vie de la conscience. Ces deux fêtes permettent à l'homme de se transfigurer, d'opérer des changements structurels dans la vie, en un mot, de renaître.

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