• À nouveau le marxisme est combattu au nom du socialisme, tel que Staline l'a caricaturé dans le Goulag. Pour avoir cru qu'elle était la patrie du socialisme, les anciens adulateurs et les ennemis de toujours de l'URSS se rejoignent dans une même critique de Marx, à qui ils imputent la responsabilité des crimes commis au nom de la révolution. Comme si Marx avait écrit un quelconque évangile, un recueil de préceptes, dont la mise en oeuvre établirait la moralité. Mais le socialisme n'est pas, pour Marx, un rêve à réaliser, ni une utopie à construire, il est le concept désignant le prochain stade du développement de l'humanité, découvert à partir de l'analyse scientifique du capitalisme. C'est dire l'importance, face aux idéologies bourgeoises et petites-bourgeoises du « meilleur des mondes possible », de rejeter l'humanisme de droite ou de gauche, et de restaurer la démarche de Marx dans sa scientificité. Une telle tentative pose de nombreuses difficultés que cet ouvrage ne prétend ni résoudre ni masquer par des formules et clichés pseudo-dialectiques. Il vise seulement à montrer comment fonctionne la dialectique dans Le Capital : quelles questions elle pose et quelles réponses elle apporte. Ce livre ne veut être qu'un auxiliaire à la lecture du Capital, texte malmené que chacun invoque, mais que peu lisent, comme il le mérite, attentivement.

  • Plutôt que d'opposer telle ou telle expérience d'État ouvrier au « marxisme », au « léninisme », au « trotskysme », Jean-Luc Dallemagne préfère dégager, de l'élaboration théorique et de la pratique du marxisme révolutionnaire, la problématique permettant de comprendre l'ensemble d'expériences - moments de la révolution mondiale dont procédera le socialisme. Son livre s'attache donc à dégager théoriquement la problématique de la transition chez Marx et Engels pour comprendre comment Lénine l'a enrichie par sa pratique de la Révolution russe, et ce afin de disposer d'un corps de concepts permettant d'expliciter les expériences diversifiées et différentes des États ouvriers aujourd'hui. Ainsi la théorie de la révolution peut-elle être enrichie des premières expériences de dictature du prolétariat, sous quelque forme qu'elle soit instaurée. La révolution n'a pu triompher localement que selon des modalités porteuses de déformation bureaucratique. Il ne s'agit pas de le regretter au nom de la pureté programmatique. Il s'agit de comprendre le rapport des forces mondiales qui en est l'origine. Et c'est en modifiant celui-ci par nombre de victoires locales que la révolution prolétarienne est en train de créer les conditions propres à l'abolition de toute bureaucratie et à la construction du socialisme. Le problème n'est pas de se garantir contre toute déformation bureaucratique future, mais de faire en sorte que cette déformation ne dégénère ni en restauration du capitalisme, ni en écrasement bureaucratique du mouvement ouvrier.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Sous prétexte d'on ne sait quels « échangements », nombreux sont ceux qui renoncent à la dictature du prolétariat. Le projet autogestionnaire n'est que l'aboutissement de cette stratégie de « la main tendue ». Mais les dernières expériences révolutionnaires (Chili, Portugal) confirment que la bourgeoisie n'a pas, elle, renoncé à sa propre dictature. Et ce n'est pas en baissant le poing que le prolétariat l'en convaincra. C'est à le montrer, à partir de l'expérience du mouvement ouvrier, que s'attache l'auteur du présent ouvrage.

  • Sous prétexte d'on ne sait quels « échangements », nombreux sont ceux qui renoncent à la dictature du prolétariat. Le projet autogestionnaire n'est que l'aboutissement de cette stratégie de « la main tendue ». Mais les dernières expériences révolutionnaires (Chili, Portugal) confirment que la bourgeoisie n'a pas, elle, renoncé à sa propre dictature. Et ce n'est pas en baissant le poing que le prolétariat l'en convaincra. C'est à le montrer, à partir de l'expérience du mouvement ouvrier, que s'attache l'auteur du présent ouvrage.

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