• La non-violence n'a jamais été de la résistance passive. Cet essai ressuscite le cheminement de Gandhi, de la « non-violence des faibles » à la « non-violence des forts » qui fut capable d'ébranler l'Empire britannique. Face à la « civilisation moderne », dont Gandhi nous avertissait qu'elle était gangrenée par la violence dans ses fondements juridiques, éducatifs, technologiques et même dans sa médecine, cette arme reste d'une actualité totale. La non-violence exige toujours intrépidité et courage, elle aiguise l'autonomie ou « gouvernance de soi » et force l'attention à « cette petite voix intérieure qui ne se trompe jamais » : la conscience.

  • Pourquoi la guerre d'Espagne ne fait-elle que commencer ? Parce qu'on peut enfin comprendre qu'elle fut, comme l'affirma l'écrivain allemand et prix Nobel de littérature, Thomas Mann, « le scandale le plus immonde de l'histoire de l'humanité », un crime contre « les revendications de la conscience » ; Gide et Camus, deux autres Nobel, y voient, eux, « un avilissement sans précédent de l'esprit » ; l'écrivain catholique et royaliste Bernanos y pressent « la disparition de l'homme de bonne volonté ». Le mouvement des Indignés, né à Madrid le 15 mai 2011, a réveillé ces revendications de l'esprit si peu portées par les livres d'histoire. L'ouvrage est un retour sur les lieux du crime. Contre ce peuple espagnol dont Camus devait dire « qu'il détient quelques-uns des secrets royaux que l'Europe cherche désespérément à formuler », tous se liguèrent : l'armée franquiste, soutenue par l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, les « démocraties d'argent » - Angleterre et France - complices, Staline déployant sa terreur « rouge », tandis que les anarchistes déchaînaient leur terreur « noire » contre l'Église. Et si l'assassinat du poète Federico Garcia Lorca clôt ce récit, c'est qu'il révèle la capacité de la littérature à transcender l'histoire des faits accomplis pour recréer une humanité prête à renaître.J.-P. B.Jean-Pierre Barou est l'éditeur, avec Sylvie Crossman, d' Indignez-vous !, que l'Espagne a traduit en six langues : castillan, basque, catalan, galicien, valenciennois, asturien. Co-auteur, avec S. Crossman, d' Enquête sur les savoirs indigènes (Folio), et de T ibet, une autre modernité (Points).

  • Le livre commence comme une chronique : un jeune ingénieur idéaliste lance une revue politique et littéraire, et va demander son soutien amical à Jean-Paul Sartre, qui le lui accorde immédiatement. C'est le début d'une relation profonde et durable. Nous sommes dans les années 1970, au cours desquelles se développe en France un combat politique radical, animé principalement par les maoïstes de la Gauche prolétarienne : Olivier Rolin, André Glucksmann, Alain Geismar, et l'incontournable Pierre Victor, Benny Lévy de son vrai nom, qui deviendra le secrétaire de Sartre.

    Jean-Pierre Barou fait partie de ce petit groupe qui poussera la France au bord de l'explosion. Il raconte les événements auxquels il a participé : le tribunal populaire de Lens, animé par Sartre, qui juge les dirigeants des Charbonnages de France responsables d'accidents du travail mortels ; les actions violentes à Renault-Billancourt, jusqu'à la mort tragique de Pierre Overney ; les interventions de Michel Foucault qui lance le Groupe d'Information sur les prisons. Il campe enfin un extraordinaire portrait de Sartre, dans toutes ses contradictions : vieillissant, presque aveugle, travaillant le matin à son « Flaubert » et l'après-midi prêchant la bonne parole aux portes de l'usine Renault, après avoir déjeuné à La Coupole. Sartre merveilleusement raconté, généreux et intransigeant, radical dans son exigence de liberté. Jean-Pierre Barou montre les liens entre la réflexion et l'action du philosophe pour tenter de comprendre les raisons de son fameux « retour au religieux » et dénonce ainsi le cliché d'un Sartre sénile, manipulé par quelques gauchistes exaltés.

    Un témoignage très personnel sur l'effervescence révolutionnaire, de Mai 1968 à la création de Libé et une analyse originale du rôle de Sartre dans ce contexte.

  • Peinte sur les murs d'une usine, à Sochaux, en mai 68, une phrase a de quoi choquer. Il reste qu'elle précède cet autre cri, celui des ouvriers de Pechiney Noguères qui, durant l'été 73, écrivent dans un tract : « Des travailleurs jeunes et en bonne santé sont entrés dans cette entreprise avec leurs illusions. Après quinze ans, ils se retrouvent usés, diminués, handicapés, désabusés. » L'usine, les bureaux, chacun s'y rend. Pour y faire quoi ? Mourir à petit feu. Mais une désobéissance se fait sentir. L'outil de travail ne bénéficie plus du même respect. De nouveaux slogans surgissent : « Pour gagner sa vie, faut-il la perdre ? » Mal du siècle ? Une nouvelle fringale exister - se manifeste. On dirait comme un éveil...

  • "Être ou ne pas être indigné : et si c'était la question que pose Hamlet, que tout être au monde doit se poser ?" Hamlet revient sur scène, introduit par un vieil homme, ancien résistant, un des derniers survivants. Roman, son petit-fils, jeune comédien, se joint à eux, apportant le courrier adressé au vieil homme de toute la planète. Les messages tombent : « Vous êtes un artiste des droits de l'homme »; « Une gazelle et un lion »... Mais le vieil homme refuse de se voir en héros même devant son éditeur espagnol ou la journaliste venue l'interroger. Toutefois, la lettre d'une lycéenne de quatorze ans, Ophélie - c'est le troisième personnage - l'interpelle: « Merci d'avoir réussi à me redonner l'espoir que j'avais perdu. » Elle circule à vélo, porte, pour ne pas se faire écraser, un gilet jaune. Elle ressemble à Ophélia, la fiancée perdue d'Hamlet. C'est la fin ? Non, le début alors que le spectre entre en scène, comme dans la célèbre pièce.

    Jean-Pierre Barou est l'auteur de deux pièces de théâtre, Après la Violence et Qu'est-ce qu'elle dit la comète ? Sylvie Crossman est plus particulièrement l'éditrice d'Indignez-vous ! Tous deux sont les fondateurs d'Indigène éditions..

  • Et sil existait une autre modernité que la nôtre, vouée, elle, au progrès de lesprit ?
    Sous les coups de boutoir, au IXe siècle, en Asie centrale, des invasions turco-musulmanes, la culture bouddhique dédiée à lÉveil se réfugie au Tibet. Là, sous la conduite dune singulière lignée de dirigeants les dalaï-lamas , va sélaborer, dans le fracas dune histoire digne des plus grands drames shakespeariens, une véritable science de lesprit. Comme lEurope passant de la machine à vapeur à lénergie nucléaire, cette modernité invente le yoga du rêve, identifie le corps subtil, teste des techniques de méditation, de visualisation jusquà concevoir ce prodigieux mandala de Kalachakra, « bombe A, doublée dune bombe H », selon les mots mêmes de lactuel dalaï-lama.
    De cette histoire, les auteurs ne cachent rien, ni les assassinats de dalaï-lamas, ni les guerres civiles entre abbés et laïcs, ni lexpédition scientifique nazie de 1939 qui va buter contre la valeur cardinale de la culture tibétaine : la compassion cette « empathie » aujourdhui étudiée par les neurobiologistes.

  • Nechung, l'oracle d'Etat tibétain qui ne s'est jamais trompé, Sam Begay, l'homme-médecine navajo qui soigne avec la beauté, Emily Kame Kngwarreye, la "Matisse du désert australien", sont les guides de cette enquête inédite au coeur des savoirs indigènes. Trois initiateurs, trois peuples, et trois thèmes : la prophétie, la santé et l'art.Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou ont approché au plus près ces maîtres, reçu leurs confidences, partagé leur vie et leurs cérémonies sur les contreforts de l'Himalaya, les hauts plateaux d'Arizona et aux confins de l'Australie. Ni voyageurs en quête d'exotisme, ni ethnologues bardés de certitudes. Ni suivistes ni compatissants. Nouveaux explorateurs. Nous découvrons avec eux que les sagesses ancestrales sont connaissance véritable. D'ailleurs, aujourd'hui, nos scientifiques les plus émérites valident les savoirs indigènes.L'Occident s'interroge, les Nations premières offrent des réponses. Nous sommes aux portes d'une nouvelle révolution copernicienne.

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