• L'adolescence est, pour la psychanalyse, la naissance d'un sujet, c'est-à-dire l'aventure fondatrice de la subjectivité. L'adolescence est aussi un passage mortel : alors que meurt le corps de l'enfant, doit naître celui de l'adulte. Meurt également, et ainsi, l'ancienne fonction de parent, malgré les nouvelles difficultés que cela engendre. Le passage de l'enfant à l'adulte constitue, plus souvent qu'on ne le pense, une traversée périlleuse. En même temps que l'urgence-planète - et allant de pair avec celle-ci -, il y a une urgence-adolescents dans la mesure où, tout compte fait, ils seront les seuls à pouvoir la sauver et se sauver avec elle.

     

  • Dans une belle écriture, où se conjuguent savoir et expérience, psychanalyse et littérature, Laura Pigozzi mène une analyse rigoureuse sur les dégâts que provoquent l'évolution de la famille contemporaine et la place accordée à la mère exemplaire.

    Elle analyse et met en cause les nouvelles coutumes affectives et relationnelles au sein de la famille, où le besoin de dépendance, poussé à l'extrême, pervertit toute relation. Déclinant les diverses formes sous lesquelles cette dépendance s'exprime, elle décrit avec minutie ce qu'elle appelle les « familles claustrophiles » où ce qui prévaut c'est l'amour tourné vers l'espace clos de la famille au détriment de la rencontre et de l'ouverture. Dans ces temps incertains, promouvoir la famille comme l'ultime refuge entretient une attitude de peur vis-à-vis de l'étranger qui a des conséquences sur les plans social et politique.

    « J'ai écrit ce livre pour les enfants qui ont le besoin biologique, psychique et éthique de survivre au trop d'amour des parents. » L. P.

  • Nouveau défi pour la psychanalyse : les liens qui émergent au sein des familles recomposées amènent à repenser les relations familiales. La belle-mère n'est plus, comme autrefois, celle qui prend la place de la mère morte, mais coexiste avec elle. Cette configuration inédite a des conséquences sur la transmission entre femmes et celle du féminin en général.
    Dans un monde où la figure paternelle s'est affaiblie au profit de la toute-puissance maternelle, comment s'établissent les liens entre la belle-mère et la fille de son partenaire, et avec la mère de celle-ci ? Quel effet une autre figure féminine investie d'un rôle éducatif, même à temps partiel, a-t-elle sur la relation mère-fille, ce lien fait d'amour mais aussi de haine indispensable pour se séparer et grandir ? Que se passe-t-il chez une fille, dans ce processus complexe du devenir femme, lorsqu'une autre figure que celle de la mère est au coeur du désir paternel ?...
    Telles sont les questions qu'explore la psychanalyste italienne Laura Pigozzi en s'appuyant sur sa clinique mais aussi sur la littérature et le cinéma. Elle montre ainsi brillamment que dans cette position par définition inconfortable, la belle-mère peut avoir un rôle structurant et être l'alliée du père pour aider ses enfants à grandir.

empty