• "Maudits mots" ou l'inventaire raisonné des mots irraisonnables, les insultes racistes.
    Des plus insignifiantes - Amerloque, Polack, Rital - aux plus outrageantes - Crouille, Chimpanzé, Youpin. Citations à l'appui, puisées dans les textes anciens ou contemporains, elles sont presque toujours spectaculaires de bêtise et de haine.
    Comment ces désignations injurieuses ont été fabriquées, pour quelles raisons, dans quelles circonstances historiques elles ont été imaginées ?
    On verra, si, en la matière, l'imagination ne fait défaut à personne, les motivations, elles, sont essentielles.
    On observe depuis peu une « libération de la parole raciste », "Maudits mots" met en perspective cette logorrhée malsaine en quête de pouvoir politique pour l'inscrire dans l'histoire.

  • Comment parlerions-nous français aujourd'hui si nous n'étions un tantinet polyglottes ? Si nous n'avions emprunté du vocabulaire à nos cousins européens – italiens, espagnols, allemands, néerlandais, anglais...
    Si nous devions nous passer de ces mots du bout du monde – persans, amérindiens, asiatiques...
    Ces milliers de mots débarqués dans notre langue, mâchés de bouche en bouche, nous les avons fait nôtres.
    Marie Treps a tenté, au fil des pages, de rendre à chacun sa couleur propre, son parfum singulier. Ces mots migrants, qui ont parfois l'air de bons vieux mots français, ouvrent nos imaginaires à la différence, ils nous rappellent sans cesse qu'ailleurs existe, que l'autre existe.

  • Histoire de vous inculquer les nouvelles bonnes manières, adieu salamalecs, bonjour savalesmecs. La calembourde est dans la rue, à la radio et chez les meilleurs auteurs, c'est clarinette ! Sur les pages roses, il souffle un vent de folie. Alors, de caraïbe en syllabe, de charabia en syllabes... l'esprit de sérieux en prend un coup. Et notre héritage culturel, un coup de jeune ! D'éternelles rengaines s'en trouvent toutes ragaillardies. Trèfle de plaisanteries, qu'en pense la Sorbonne ? Au procès de la calembourde, quel sera votre verdict ? Avant de juger, essayez vous-même, la pépie vient en mangeant. Rien n'est interdit, pas même le calembourdage des noms propres. Quelques énigmes à résoudre, en route, et la calembourde sans peine, en fin de parade, pour vous mettre en verve. Samu !

  • En Lituanie, napoléon désigne un gâteau... Au Danemark, vous pouvez, par temps de frimas, acheter du grand vin de pinard... En néerlandais, un colbert est une veste... En allemand, salopp veut dire " sympathique " ou " décontracté "... En bulgare, siphon qualifie une personne stupide et parashoutiste une personne pistonnée... Omelette et champagne, déshabillé et blouse, bel étage et chaise longue, garage et garçonnière, rendez-vous et Je m'en fous ! sont en Europe comme à la maison.
    Voici le récit allègre du devenir des mots français dans les langues européennes, de l'irlandais au norvégien, du polonais au grec... Comment le français est-il parvenu à traverser les frontières ? Qu'ont retenu ces autres langues de la nôtre ? Pourquoi certaines se sont-elles montrées plus hospitalières que d'autres ? Des traces durables laissées par la grande histoire aux hasards des petites rencontres et des modes, la langue française vit d'une autre vie dans une Europe dont la diversité linguistique enchante. Parfois détournés ou déformés, nos mots de tous les jours résonnent alors d'une tonalité exotique, nourrie de faux amis et de vraies trouvailles, telle cette expression que les Anglais nous prêtent sans qu'elle ait jamais eu cours dans notre langue : " C'est magnifique, mais ce n'est pas la guerre "...
    Chercheur au CNRS, Marie Treps est notamment l'auteur du Dico des mots-caresses (Seuil, 1997) et des Mots voyageurs (Seuil, 2003).

  • À l'aise, Blaise !... Relax, Max !... Tu parles, Charles !... En voiture, Simone ! Cela vous dit quelque chose ? Voici rassemblées 150 formules qui s'envolent sur un prénom, des plus anciennes aux toutes récentes. Ces babioles linguistiques, négligées des lexicographes, sont partout : Balthazar ou Émile, Lisette ou Suzy peuvent surgir, à tout moment, dans le feu du dialogue. D'où sortent ces formules ludiques ? Quelles règles mettons-nous en jeu, inconsciemment, en usant de ces petits riens qui sollicitent sans détour l'attention d'autrui ? Qu'exprimons-nous en puisant dans le répertoire sans cesse renouvelé du petit théâtre de l'interjection ? Allons-y voir, Alonzo...

  • Aux États-Unis, le French bath c'est : peu d'eau, beaucoup de parfum ! À Naples, un garçon mignard et un peu snob est traité de francioso... Mais en Norvège, on qualifie de « Française » une femme élégante. Et le « baiser français » séduit le monde entier. Ouf !
    Ainsi, le Français serait sale, magouilleur et vaniteux. Oui, mais aussi romantique, gourmet et diablement raffiné... Tout de même !
    Au fil des siècles, en Europe et bien au-delà, on a taillé aux Français une réputation pour le moins contrastée. Et, pour le faire savoir, on a imaginé une litanie de mots cocasses et de tournures curieuses inspirés de la langue de Molière. Les voici, consensuels ou inattendus, admiratifs ou irrévérencieux, recueillis par Marie Treps avec le talent et l'humour qu'on lui connaît.

  • " Chichi ", " Petit Papa Lionel ", " Zapatera ", " Le Che ", " Tonton ", " Calamity MAM ", " La Porsche tranquille ", " Bayroudoudou ", " Courage Fillon ", " Copé-collé "...
    Vous les aurez reconnus. Les politiques sont aujourd'hui aux premières loges quand il s'agit de se faire épingler d'un surnom.
    Attribués à ceux qui pèsent ou ont pesé sur notre destin, ces surnoms, des plus aimables aux plus féroces, reflètent des courants de sympathie ou cristallisent des conflits d'opinion, des querelles intestines, voire des haines.
    Aussi fantaisiste soit-il, le surnom ne doit rien au hasard. Il peut être inspiré par une particularité physique, un trait de caractère, ou imaginé en mémoire de tel ou tel événement marquant d'une carrière – une simple anecdote peut parfois suffire à sceller un sobriquet.
    Pour Marie Treps, la réjouissante pratique du surnom révèle le besoin, humain trop humain, de ramener ceux que nous avons placés sur le piédestal de la célébrité dans notre petite sphère, celle des gens comme tout le monde.
    Linguiste et sémiologue, chercheur au CNRS, Marie Treps est notamment l'auteur des Mots voyageurs. Petite histoire du français venu d'ailleurs (Seuil, 2003) et des Mots migrateurs. Les tribulations du français en Europe (Seuil, 2009).

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