• La Martinique. Ce bout d'île empêtré dans sa singularité française accède à l'indépendance à la suite du mouvement de la Pwofitasyon : grève générale contre la vie chère et l'exploitation outrancière aux Antilles. L'indépendance des âmes est une fresque historique, dystopique, riche en saveurs, humours et humeurs créoles. Écriture somptueuse. Personnages fracassants. Sensualités débridées. Rien n'est épargné dans cette fable politique qui met face à face Jean-Baptiste de Négri, béké déchu de ses privilèges, et Moïse M'Adouba, leader noir devenu dictateur à vie.

  • Sous les luxuriants tropiques, Raoul Maubusson, fils de colons français, raconte son histoire : « Je suis né tout en rondeur le 13 décembre 1927 à Fort-de-France... » Déchirements de l'enfance et histoire d'amour fou, Raoul Maubusson vit avec Sylvie Roy-Ledoux une vie de désirs et de tourments. Tout les sépare, tant la peau que l'origine. Entre ces deux mondes, qui se rencontrent par hasard, monte un chant d'espérances avortées, une cantilène vorace, une incantation hallucinée dans la nuit des humains. Les chants incomplets est une fable puissante, soutenue par une écriture fluide et riche, qui n'est pas sans rappeler les grands maîtres de la littérature caribéenne.

  • Ce roman fulgurant est l'aboutissement imaginaire, poétique et paradoxal des recherches de l'auteur sur la vie extraordinaire de son grand-père, conducteur de locomotive en usine à sucre dans la Martinique des années 50/60.
    Et il est aussi une interrogation sur le destin de sa mère et celui de son père : comment ont-ils pu s'aimer dans cette île ravagée, engluée dans et par les préjugés de classes et les complexes raciaux, l'exploitation de l'homme par l'homme et l'exploitation forcenée de la canne à sucre ? L'Acier était un personnage fabuleux qui a construit sa vie comme un gigantesque cyclone romanesque. Elle méritait d'être racontée.

  • « C'était quelque part, en Amérique du Sud, pas très loin de l'Équateur, vers le cinquième parallèle, quelque part.Il faut bien qu'on se le dise : le long de cette route étroite et droite, il flotte dans ce ciel couvert une odeur qui ne ressemble à nulle autre. Il s'agit d'un souffle qui nous arrive de l'océan Atlantique qui bat non loin et qui s'entre-déchire entre la courte montagne verte plantée bien grasse par des mains silencieuses et la plaine rachitique qui la borde. »À Cayenne, le Poète, devenu clochard, invective les uns et les autres, les engageant à se révolter contre toutes les oppressions, contre la pauvreté qui est leur lot, pour la plupart. Il croise différents personnages : une vieille veuve originale, un enfant brésilien venu des favelas, un brigadier bourreau des coeurs, une toute jeune fille qui se prend pour Beyoncé, une intellectuelle amoureuse. En quelques heures, tout un monde tragique, comique, poétique, prend vie devant nous et nous émerveille.Miguel Duplan est né à Sainte-Marie, en Martinique. Il travaille dans un lycée de Cayenne, où il vit depuis plus de vingt-cinq ans. Il est notamment l'auteur de L'Acier. Un homme dans la Martinique des années 1950-1960 (prix Carbet de la Caraïbe 2007, L'Harmattan) et du Discours profane (Éditions des Équateurs, 2008).

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