• C'est pour la vie ou pour un moment ? Nouv.

    Nadine Trintignant raconte pour la première fois, dans ce livre lumineux et bouleversant, son histoire d'amour avec Jean-Louis Trintignant, son premier mari.
    C'est avec l'accord de l'acteur qu'elle livre aujourd'hui ce témoignage. " Écris-le, lui a-t-il dit, tu es la seule à me connaître en profondeur. La seule à avoir compris. " Elle révèle, au fil de ses souvenirs, des éléments de leur correspondance amoureuse, reflet de leur passion réciproque.
    Le récit de cette relation, dont elle ne cache aucune des péripéties, est jalonné de confidences de Jean-Louis sur lui-même, son enfance, sa carrière. Nadine Trintignant, qui fut de son côté réalisatrice de films célèbres (Défense de savoir, Ça n'arrive qu'aux autres, Colette), nous plonge au coeur d'une aventure artistique qui lui a permis de côtoyer les plus grands. De Jules Dassin, Marlon Brando, Jacques Prévert, Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni à Yves Montand,
    Simone Signoret, Louis Malle, Claude Lelouch, Costa-Gavras et tant d'autres. Figures d'une époque excetionnelle dans l'histoire du cinéma français, dont nous gardons tous la nostalgie.
    Entre ombres et lumières, Nadine Trintignant revient sur la mort tragique de Marie et celle, prématurée, de sa seconde fille, Pauline. Deux épreuves partagées avec un homme lui-même aujourd'hui aux prises avec la maladie, dont elle montre l'admirable dignité dans le grand âge.

  • Pourquoi cet homme, à l'abri d'une porte cochère, guette-t-il une inconnue sous la pluie?
    Pourquoi Lily Rose cède-t-elle depuis des années au chantage qu'exerce sur elle cette mégère qu'elle devrait fuir?
    D'où vient cette image qui obsède François, d'une femme étendue dans une flaque de sang, sur le carrelage d'une cuisine?
    Pourquoi Milena refuse-t-elle de dire qui la harcèle, la poursuit, l'empêche de vivre?
    Pourquoi l'identité d'un nouveau-né a-t-elle été changée?
    Quel fil lie le destin de tous ces personnages hantés par la violence, la peur, la passion - les leurs et celles du monde qui les entoure?

  • Sous le titre emprunté aux stances de Rodrigue dans Le Cid de Corneille (« Ô Dieu, l'étrange peine... »), voici rassemblées une quinzaine de nouvelles contant autant de drames intimes survenus dans toutes les couches de la société : séparations, ruptures, tromperies, désunions, mésalliances, dysharmonies, couples malades de trop ou de pas assez de passion, déchirés ou mal ressoudés, vies fourvoyées, rêves anéantis, illusions perdues, innocences bafouées, hommes cyniques ou humiliés, femmes lâchées, battues, bousillées - et revient, bien sûr, dans le dernier texte bouleversant qui donne son titre à l'ensemble, l'évocation du frêle fantôme de Marie, quatre années après sa disparition tragique à Vilnius, ce « morceau d'elle même », mort à présent, que sa mère Nadine garde vivant en elle.

  • Nadine vient d'une famille bohème, imprévoyante, débordante de confiance en la vie. Le seul conseil qu'elle ait jamais reçu, elle le tient de son frère, comédien : « Surtout, ne sois jamais convenable. »
    Elle l'applique dès l'école, où elle s'assied toujours au fond, près de la fenêtre et du chauffage. Elle n'écoute rien. Son projet, c'est de travailler. De gagner sa vie pour devenir indépendante. A quinze ans à peine, elle entre comme stagiaire à LTC - Laboratoire de Tirage Cinématographique.
    L'univers bascule. Le quotidien des ouvrières la change radicalement de l'insouciance familiale. On se charrie, on gouaille, mais derrière l'effronterie et les rires se cachent les budgets serrés, les divorces, les abandons, les avortements clandestins. Nadine tombe des nues. Et quand son frère vient la chercher dans une voiture de luxe à la sortie du labo, elle fait semblant de ne pas le reconnaître.
    La jeune fille rêveuse grandit à la frontière de ces deux mondes, au cours d'une année d'ivresse et de découvertes, d'enthousiasme et de gravité, dont elle se souviendra toujours comme l'une des plus décisive de son existence.

  • « Une pluie battante. Pas de place pour la voiture. Alain a du mal à respirer. À marcher. Je le laisse seul devant l'hôpital le temps de me garer et je vois sa silhouette si mince passer la grille... C'est un cauchemar, Alain, mon Alain... J'éclate en sanglots. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas lui, ce n'est pas moi. » Nadine Trintignant et Alain Corneau ont vécu ensemble pendant trente-sept ans. Ils étaient cinéastes tous les deux. Et quand Alain est tombé malade, Nadine aurait aimé que ce ne soit qu'un film. Mais elle comprit au contraire que pendant trente-sept ans le monde avait fait de la figuration, et que sa seule réalité, c'était lui. Lui qu'elle était en train de perdre, lui qu'elle a perdu. Aucune image jamais ne parviendra à exprimer ce deuil. Seuls les mots peuvent y prétendre.

  • Je t'aime, ma fille chérie. Je t'aime à jamais.
    Peut-être parviendrai-je un jour à ne plus être obsédée par les horribles images de la fin de ta vie.
    J'arriverai à penser à toi avec douceur, et à te sourire.
    Peut-être.
    Je ne suis sûre de rien.
    N. T.

  • Comment Emma annoncera-t-elle à Jules, son mari, qu'elle a succombé au charme de Serge au hasard d'une rencontre dans un train roulant vers le sud ? Comment Anatole annoncera-t-il à Nelly, sa femme, qu'il a découvert l'amour auprès de Youri, jeune écrivain japonais lui-même père de famille ? Et ceux qui restent ? Qui doivent subitement faire face à la trahison, au bouleversement de leur existence et à l'effondrement de leurs projets : que deviennent-ils ? Rattrapée par une intrigue policière à laquelle elle s'est trouvée fortuitement mêlée, Emma ne peut plus cacher la vérité. Quant à Anatole, il quitte le domicile familial et trouve refuge dans un hôtel miteux. Serge et Youri accepteront-ils de les accompagner dans leur nouvelle vie ? La passion les a fait rompre avec leur passé ; suffira-t-elle à leur forger un avenir ? Dans ce roman choral, ne négligeant aucun point de vue, Nadine Trintignant établit un troublant jeu de miroirs entre la détresse des uns et l'espoir des autres. Les schémas traditionnels du couple volent en éclats, mais si la quête de soi semble souvent entraîner les personnages, une constante demeure : chacun à sa façon lutte pour conserver sa foi en l'amour.

  • Des années durant, j'ai eu la hantise du jour où tu ne me reconnaîtrais plus. C'est arrivé.
    La première fois, tu étais assis sur un banc au soleil, dans cette maison, là-bas. Près de Milly-la Forêt. Je t'ai vu de loin. Les épaules affaissées. La tête basse. Les yeux collés à tes pieds nus et enflés. Un vieil enfant abandonné. Je suis venue vers toi. Je me suis assise à tes côtés. J'ai pris ton visage entre mes mains et je t'ai embrassé. Tu m'as regardée. Tu as dit: " Comme vous êtes gentille. "
    A présent, quand je vais te voir, vite, je te dis mon nom. Et que je suis ta soeur.
    Enfin, une de tes soeurs. Tu prends l'air entendu de celui qui a compris, et si tu trouves les mots, tu dis: " Bien sûr, je le sais bien... "
    Nadine Trintignant est née à Nice. Cinéaste, scénariste d'une quinzaine de films dont Ça n'arrive qu'aux autres, Premier voyage, L'Eté prochain.

  • « Les fauteuils de la Promenade des Anglais étaient vides. Les derniers promeneurs flânaient dans la tendresse cobalt du crépuscule. On entendait des rires isolés, des exclamations. Lola descendit les escaliers du vieux port. La sirène du paquebot pour Livourne retentit, sourde, profonde. Lola leva les yeux : sur le pont supérieur du bateau, une femme avait attrapé la petite main d'un enfant et lui faisait faire des signes d'adieu.
    Une fois, dans l'autre vie de Lola, le père de son fils, debout sur le ponton d'un lac, avait fait ce même geste et elle avait nagé vers eux pleine de joie, elle avait pris l'enfant dans ses bras. La chaleur douce du corps nu contre elle... Une libellule bleutée frôla les épaules du petit qui léchait l'eau sur la peau de sa mère. Cet instant, ce geste perdu dans la nuit des temps, et pourtant, à cette minute, si présent. Chaque détail était marqué au fer rouge dans la mémoire de Lola.
    Le paquebot s'enfonça dans la brume. Lola resta immobile. Le bras levé pour personne. »
    Scénariste et réalisatrice, Nadine Trintignant a publié en 1997, chez Fayard, Ton chapeau au vestiaire, un récit sur son frère atteint de la maladie d'Alzheimer ; puis, en 2001, son premier roman, Combien d'enfants.

  • Une mère les deux pieds sur terre, un père deux mètres au-dessus du sol, ils se complétaient à merveille. A nous, leurs six enfants, ils ont légué un solide sens de la vie, une énergie, une liberté qui nous a tous aidés au long de nos différents chemins. Notre enfance s'est passée au jour le jour, même en pleine guerre. Nous n'avons pas eu une maison, nous en avons eu plein. Joyeuse pagaille que j'ai tant aimée. J'ai aimé mes fièvres, grâce auxquelles je sentais la main fraîche de maman sur mon front. J'ai aimé être patraque et passer des matinées dans sa chaleur, à plat ventre sur elle. J'ai aimé les voyages, les chansons dans la voiture, les folles promesses d'un père imaginatif. Les mots « cafard », « blues », « chagrin » étaient proscrits. Chaque jour était une fête. Les hauts étaient vécus comme les bas. Avec insouciance. Maman nous fit des adieux magnifiques. Une grande comédienne... Et puis elle resta...
    Courageuse, capricieuse et coquette jusqu'à la fin, je la revois sur la promenade des Anglais, à Nice, souriante sous son nouveau chapeau à voilette qui l'enchantait... N.T.

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