• Intriguée par un poème d'Aragon décrivant une rafle survenue en août 1942 à Villeneuve-lès-Avignon, apparemment ignorée de tous, Nelcya Delanoë décide de chercher à en savoir plus long. D'autant qu'elle réside pour partie à Villeneuve.
    Aucun témoignage oral disponible. Elle explore alors les archives et finit par trouver, non sans mal, la liste des dix Juifs étrangers visés par la rafle du 26 août 1942. Ce faisant, d'autres archives, parfois privées, et quelques témoignages oraux la mettent sur la piste d'une deuxième rafle, en date du 17 juillet 1943, et dont nul n'a jamais eu connaissance. Pas même un poète.
    Celle-ci a été menée par des organisations locales, floues et autonomes, voyous et truands compris, en étroites relations avec la police allemande et les appareils maréchalistes. Nelcya Delanoë a pu finalement établir la liste des personnes victimes de ces arrestations.
    D'une petite rafle provençale dévoile ainsi petit à petit les ambiguïtés mais aussi la richesse et la complexité de la vie sous Pétain dans un village du Gard, situé en zone " non occupée ", pendant la Seconde Guerre mondiale. Par la même occasion, ce travail de micro-histoire met en évidence les difficultés de l'enquête et ses croisements, inattendus, avec la vie de l'auteur. Jusqu'aux " Voisins vigilants " de Villeneuve-lès-Avignon en ce début de XXIe siècle.
    Ethno-historienne, traductrice, écrivain, Nelcya Delanoë est professeur honoraire des Universités. Elle a publié une dizaine de livres et de nombreuses traductions.

  • Sous le signe de l'anti-colonialisme et de l'anti-impérialisme, les colons d'Amérique ont acquis leur indépendance après une guerre décisive contre la Grande-Bretagne. Dès ses débuts, la jeune République se heurte pourtant à la présence des peuples indiens qu'elle reconnaît paradoxalement comme légitimes propriétaires de la terre. Comment alors concilier les principes fondateurs et l'appropriation des terres ? Cherchant à légitimer leurs actes, les conquérants devront constamment réécrire leur histoire et l'Histoire.
    L'Entaille rouge, c'est précisément la marque laissée par les nations indiennes dans l'épopée américaine, de 1776 à nos jours. Au terme d'une enquête minutieuse, Nelcya Delanoë en retrace l'historique tout en reconstituant l'édification de la démocratie américaine.
    Aujourd'hui détenteurs légitimes, par une ironie de l'histoire, de ressources énergétiques enfouies dans le sous-sol de leurs réserves, les Indiens suscitent de nouveau envies et menaces. D'autant plus qu'ayant reçu la bénédiction du gouvernement fédéral pour ouvrir des casinos, ils concurrencent ainsi Las Vegas. En cette fin de siècle, à quel poker menteur se livrent donc les Américains et les Amérindiens après avoir si longtemps joué aux cow-boys et aux Indiens ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La petite Mélody vit à Casablanca une enfance heureuse aux yeux du monde, mais minée par une atmosphère familiale où l'enfant décèle des failles profondes et pour elle incompréhensibles. Elle connaît ses grands-pères, mais ignore tout de ses grands-mères. L'une débarque un jour d'Amérique, apparition brève, car elle va mourir, mais étrange, fascinante, obsédante. Pourquoi la famille occulte-t-elle cette grand-mère d'Amérique ? À l'affût du moindre signe, Mélody cherche, et trouve : sa grand-mère est juive. Et, peu à peu, se reconstitue la vie de cette femme exceptionnelle. Qui est la femme de Mazagan ? Née en Pologne à la fin du siècle dernier, elle fait des études à Saint-Pétersbourg, qu'elle doit fuir pour des raisons politiques. Elle étudie la médecine à Paris et à Montpellier, épouse un médecin de petite bourgeoisie réunionnaise, rêve au destin de Pierre et Marie Curie, installe finalement sa famille à Mazagan au Maroc pour y exercer, avec un dévouement extraordinaire, son activité de médecin colonial au service de la communauté arabe. Une révolutionnaire, une féministe, une juive libre penseuse, une petite-bourgeoise et une grande dame, elle est tout cela à la fois. Elle finit par être rejetée et rayée des mémoires, comme elle l'a été de l'ordre des médecins par le gouvernement de Vichy. Récit d'une enfance pied-noire au Maroc, le « pays fortuné », et de la vie mystérieuse d'une grand-mère au destin superbe et tragique.

  • C'est une histoire étonnante, totalement inédite et très peu connue d'une étape de la décolonisation. Une poignée de soldats marocains de l'armée française envoyés combattre en Indochine, désertèrent le Corps expéditionnaire français et rejoignirent le camp du Viet-Minh. Par solidarité entre ressortissants de peuples opprimés ? Par sympathie idéologique ? Par refus de servir une cause qui nétait pas la leur ? Toujours est-il que, contre leur gré, ces hommes restèrent plus de vingt ans au Viêt-Nam, épousèrent des Vietnamiennes, eurent des enfants et leur retour au Maroc souleva mille difficultés.

  • Cet ouvrage ouvre une porte dérobée sur l'histoire coloniale et postcoloniale de la France, du Viêt Nam et du Maroc à travers celle de quelques-uns de leurs héritiers - des soldats marocains déserteurs de l'armée française en Indochine et ralliés au Viêt Minh. Leur retour au Maroc en 1972 avec familles vietnamiennes ne signe pas la fin de cette saga. Quelques épouses et enfants n'ont pu en effet partir avec eux. A travers une enquête de douze ans, les deux autrices démontrent comment histoire, anthropologie, relations internationales et enjeux tant mémoriels que diplomatiques ont pu se rencontrer et s'élaborer à partir du destin de la dénommée Dung, une "poussière de poussières d'empire".

  • Cet ouvrage intègre l'histoire des Indiens à celle des Etats-Unis, plaçant sources et documents primaires, cités en anglais, au centre de la réflexion (textes fondateurs, réformes, traités, discours des présidents américains et des dirigeants et orateurs indiens). Ces documents sont remis dans leur contexte historique. En retraçant la politique des Etats-Unis envers les premiers Américains, désormais citoyens, ce livre démontre avec force la pérennité de leur présence.

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