• La déposition

    Pascale Robert-Diard

    " Quand Guillaume Agnelet a quitté la barre, j'ai baissé la tête, je tremblais. Sur mon carnet j'ai griffonné mise à mort d'un homme. Deux jours après la déposition du fils, la cour d'assises a déclaré son père, Maurice Agnelet, 76 ans, coupable de l'assassinat de sa maîtresse et l'a condamné à vingt ans de réclusion criminelle. L'affaire avait trouvé son épilogue judiciaire. Mais une autre histoire était venue la culbuter, tout aussi dense et douloureuse. Elle se passait juste à côté, elle avait duré presque aussi longtemps et on n'en avait rien su, rien deviné. J'avais la scène sans les coulisses. La lumière, sans les ombres. J'ai voulu comprendre. "

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    En septembre 1967, Gabrielle Russier fait sa rentrée au lycée Nord de Marseille. Jeune mère divorcée, elle enseigne le français, porte les cheveux courts, fume des gauloises. Quelques mois plus tard, Gabrielle et l'un de ses élèves, Christian, tombent amoureux. C'est le début d'une passion hors la loi. À l'heure où Mai 68 proclame l'amour libre, Gabrielle Russier est poursuivie pour détournement de mineur et incarcérée.
    " Je ne te quitterai pas. Même si ces barreaux, ces murs, nous séparent. Même si la mort nous séparait. "
    Gabrielle Russier se suicide avant son procès en appel. L'affaire déchire la France. Interpellé à ce
    sujet lors d'une conférence de presse, le président Pompidou cite un poème de Paul Éluard, " Comprenne qui voudra "...

  • " "Celui-là, je vais le tuer.'
    L'accusé est un homme - plus rarement une femme - qui, un beau jour, s'est dit que la seule chose à faire pour rendre sa vie
    meilleure était d'en supprimer une autre. Peu à peu, l'idée du crime s'est imposée, un
    scénario s'est élaboré, la main s'est armée. "
    Ici, tout est vrai. Les mots d'une fillette face à l'homme qui a tué sa mère, les confessions d'un fou, le vertige d'un aveu. On voit Guy Georges, Yvan Colonna, les
    innocents d'Outreau, des juges, des avocats, des jurés. La gouaille des
    voyous se mêle à la verve des grands
    du barreau. On pleure et on rit, on éprouve de la colère ou de la tendresse, on est devant le nu de la vie. Car aux assises, la justice décape, même ceux qui n'ont rien à cacher.

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