• L'empire des Yakuza : pègre et nationalisme au Japon Nouv.

    À l'instar du ninja et du samurai, le yakuza fait partie des figures imposées de la culture et de la société japonaise. Largement représenté dans la littérature et le cinéma, couvert de tatouages, phalange coupée, langage rude et violence soudaine, il fascine et interroge : comment cette structure archaïque et quasi-féodale peut-elle perdurer dans un Japon démocratique, industrialisé et technologique ?
    Pour comprendre et éviter le piège de l'essentialisation et du culturalisme, une comparaison avec d'autres pays, notamment la mafia née en Sicile, permet de dégager des éléments communs, mais aussi de mettre à jour la spécificité de la pègre japonaise : sa proximité avec l'extrême droite, dans l'idéologie comme dans l'action.
    S'appuyant sur un méticuleux travail de recherche et une analyse originale, Philippe Pelletier démontre ainsi comment les yakuza sont nés à un moment donné, en un lieu donné, en réponse à une demande politique qui interroge in fine sur deux éléments : la nature réelle de la démocratie japonaise et le rôle d'une figure tout aussi emblématique que le yakuza, celle de l'empereur.

  • Depuis Marco Polo évoquant le lointain Cipango, le Japon fascine les Occidentaux. Et il intrigue aussi ses voisins Chinois. L'argumentaire sur la singularité des Japonais, vus comme impénétrables, spéciaux sinon bizarres, nourrit depuis des siècles une avalanche d'idées reçues que le passage dans la modernité technique apparemment contradictoire avec une tradition réinventée n'a fait que renforcer.
    Des anciennes générations du « péril jaune », qui se complaisaient à dire que les Japonais étaient incompréhensibles et dangereux, à la fascination actuelle, et planétaire, pour la « J-Pop culture », mélangeant animê, manga, samurai, sushi, karaoke, tofu, sûdoku, origami et autres yakuza... les clichés sont légion qui méritent d'être décortiqués dans cet ouvrage, véritable panorama du Japon contemporain.

    3e édition revue et augmentée

  • Altermondialistes, zadistes, environnementalistes, anarcho-primitivistes... Anarchie et écologie semblent partager de nombreux points communs. Une même aspiration à un monde meilleur, plus proche de la nature, respectant les espèces vivantes et les paysages, fait de communautés solidaires et tolérantes. Une même détestation d'un monde dominé par l'argent, les guerres et la soif du pouvoir.
    Pourtant, les choses sont loin d'être aussi simples qu'il n'y paraît. Elles sont parfois même antagoniques si l'on considère, comme Philippe Pelletier en fait l'hypothèse dans cet ouvrage, que la finalité de l'injonction au « tous écologistes » n'est autre que de faire évoluer le système actuel vers un capitalisme vert, bien éloigné de l'idéal anarchiste...

  • Et si, pour reprendre un roman d'Alberto Torres Blandina, le Japon n'existait pas ? Une invention qui aurait marché, écho à ce lointain Cipango décrit par Marco Polo sans en avoir jamais foulé le sol !

    Cette farce littéraire traduit combien le Japon et les Japonais interrogent, depuis des années sinon des siècles... Le pays incarne et cristallise bien des choses, dépasse sa propre réalité pour générer fantasmes, idées reçues, utopies - paradis des hautes technologies, des manga, d'une nature sacralisée, d'un érotisme débridé -, ou dystopies, d'Hiroshima à Fukushima, des horreurs de la guerre aux tsunami, du groupisme et de l'entassement au conservatisme de la classe politique...

    Alors oui, le Japon a été inventé ! Mais par qui ? quand ? et pourquoi ? C'est a cette question que s'essaie à répondre Philippe Pelletier, en nous conviant à un voyage de plusieurs siècles au travers de l'histoire et de la culture japonaise.

  • L'anarchisme est la conception politique, philosophique et sociale probablement la plus méconnue. Il est vrai qu'il ne se laisse pas facilement appréhender. Au-delà de quelques slogans comme « ni dieu, ni maître », il suscite de nombreuses idées reçues, souvent contradictoires. Les anarchistes seraient ainsi violents et/ou babas cool, marginaux et/ou syndicalistes, ils prôneraient un mode de vie spécifique et/ou s'agiteraient
    dans la révolution...
    De la fin du XIXe à ce début de XXIe siècle, l'anarchisme a alterné entre périodes d'avancées et de recul, mais jamais n'a disparu car « on peut détruire une organisation mais pas une idée, une idée toute simple : si tu veux être libre, sois le, mais avant tout apprend à l'être. » (Felix Carrasquer).

  • Élisée Reclus, Albert Camus, l'Algérie : deux personnages, une contrée, une convergence finalement évidente. Malgré le demi-siècle qui les sépare, malgré les différences de métier, de contexte ou de caractère, Reclus et Camus partagent de nombreux points communs : honnêteté intellectuelle, exigence éthique, convictions libertaires et passion pour l'Algérie. Véritable fil noir et rouge, qui passe d'abord par un attachement familial, ce pays traduit en effet leur sentiment d'être des « indigènes de l'univers ». Leur dénonciation du colonialisme, exempte de nationalisme, fut mal comprise. Leur alternative autogestionnaire et fédéraliste aurait permis des issues moins douloureuses.

  • Le conflit du Golfe persique ne fut pas seulement une guerre du pétrole, ou un affrontement entre le "Nord" et le "Sud". Point d'orgue des mutations géopolitiques des années quatre-vingt, il marque une redistribution des cartes entre les impérialismes américain et soviétique, au détriment des puissances secondaires. Le "super Yalta" - au prix de l'unanimité onusienne - s'est fait au profit des États-Unis engagés dans une lutte économique sans merci contre la nouvelle puissance japonaise. Géographe, Philippe Pelletier expose les données spatiales et historiques, qui permettent de comprendre quels sont les véritables enjeux géopolitiques. La remise en cause des notions - devenues sacrées - de frontières, de nation, d'État ou de Tiers Monde, le conduit à s'interroger sur les menaces intégristes, qui se profilent à l'horizon de l'an 2000 sous les formes du nationalisme, de l'ultra-libéralisme ou de l'éco-fascisme.

  • Le conflit du Golfe persique ne fut pas seulement une guerre du pétrole, ou un affrontement entre le "Nord" et le "Sud". Point d'orgue des mutations géopolitiques des années quatre-vingt, il marque une redistribution des cartes entre les impérialismes américain et soviétique, au détriment des puissances secondaires. Le "super Yalta" - au prix de l'unanimité onusienne - s'est fait au profit des États-Unis engagés dans une lutte économique sans merci contre la nouvelle puissance japonaise. Géographe, Philippe Pelletier expose les données spatiales et historiques, qui permettent de comprendre quels sont les véritables enjeux géopolitiques. La remise en cause des notions - devenues sacrées - de frontières, de nation, d'État ou de Tiers Monde, le conduit à s'interroger sur les menaces intégristes, qui se profilent à l'horizon de l'an 2000 sous les formes du nationalisme, de l'ultra-libéralisme ou de l'éco-fascisme.

  • L'« écologie » (en tant que science) et l'« écologisme » (mouvement et/ou idéologie se référant à cette science), sont deux choses bien différentes. Pourquoi une telle confusion entre les deux termes ? Cet amalgame ne vise-t-il pas à nous imposer un nouvel ordre intellectuel, puis sociopolitique, au nom de la nature ? Cet essai cherche à montrer, d'une part, que l'écologisme véhicule - par essence - un « intégrisme naturaliste », qui plie l'ordre intellectuel et social à un prétendu ordre naturel, position qui n'est pas nouvelle, et que l'on retrouve aussi bien dans les « philosophies de la nature » des siècles passés, que dans l'écologisme d'extrême-droite contemporain ; et, d'autre part, au-delà des dérives radicales qui vont de la deep ecology à l'écofascisme, que l'écologisme représente la nouvelle planche de salut, pour un capitalisme soucieux de ne pas scier une branche sur laquelle sont assis ses profits. À des constats souvent légitimes certes, les solutions proposées sont-elles bonnes ? L'approche est-elle correcte au départ ? N'y a-t-il pas là toute une série d'impostures, qui peuvent abuser les individus soucieux d'un monde meilleur ? Un peu de géographie aide à mieux poser les problèmes, et à éviter les dérives.

  • L'auteur s'attache ici à analyser les différentes facettes de l'anarchisme dont on ne retient souvent que, au pire, les actions terroristes, au mieux, une image de grand désordre.

  • Des écrits récents ont présenté le géographe libertaire Elisée Reclus (1830-1905) comme un antisémite. Comment peut-on affirmer un tel propos compte tenu de la nature du personnage et de ses convictions politiques ? Comment Reclus perçoit-il géographiquement le statut territorial particulier qui caractérise les Juifs ? Quelles sont les implications politiques de sa vision dans le contexte de la pensée socialiste et anarchiste d'alors ?

  • Journaliste et documentariste, Francine Pelletier a cofondé le magazine féministe La vie en rose. Nous sommes revenus avec elle sur son parcours journalistique et militant.

  • Le numéro d'hiver de Spirale propose un dossier critique autour de la question de la menace. Menace pour la démocratie, pour la liberté d'expression, menace petite et menace grande, le dossier offre une variété d'approches pour une réflexion plus riche. Le portfolio et la couverture ont été confiés à Caroline Boileau qui réfléchit sur le corps et la santé en alliant dessin, vidéo, installations et performances. En arts visuels, lisez la critique de l'exposition L'hiver nous lie, puis vient le printemps de Chih-Chien Wang et celle du catalogue Mitchell/Riopelle : un couple dans la démesure paru dans la foulée de l'exposition tenue au Musée national des beaux-arts du Québec. La rubrique « essais », elle, propose des ouvrages de Michel Foucault et Michaël Trahan, et des ouvrages sur Michel Houllebecq et Violette Nozière. Puis, la chronique « Afterpop » se penche sur la tendance philopop ou quand la philosophie rencontre la culture populaire.

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