• «Et si le care devenait, enfin, l'affaire de tous ?»

    À la racine des inégalités de notre organisation sociale, il y a cette idée qu'une femme, c'est toujours un peu moins légitime, compétent, important qu'un homme. Voilà pourquoi on craint, à chaque soubresaut de l'histoire, que ne se réalise la prédiction de Simone de Beauvoir : «Il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse, pour que les droits des femmes soient remis en question.» De fait, la parole d'expertise et de pouvoir des hommes a repris le dessus durant la crise, alors même que nous redécouvrions que le vaste peuple, aussi indispensable qu'invisible, des travailleurs qui prennent soin des autres était massivement constitué de femmes. De sorte que le combat féministe pour l'égalité peut s'identifier à la défense d'un projet de société qui, au nom de notre vulnérabilité commune, reconnaisse enfin une valeur au travail du soin et à la contribution de chacun plutôt qu'au pouvoir de quelques-uns. Telle est l'éthique démocratique du care.

  • Défendre les libertés publiques Nouv.

    La démocratie ne l'a pas emporté une fois pour toutes, y compris dans les pays occidentaux où elle pourrait sembler la mieux assurée. L'emballement des politiques sécuritaires sous le choc du terrorisme, la progression des nationalismes et de la défiance à l'égard des minorités et des migrants, le développement de nouvelles techniques de surveillance et de traçage des populations, toujours plus véloces que les textes législatifs qui devraient en règlementer les applications, l'impatience des exécutifs qui veulent afficher toujours plus vite leur bilan, même s'il faut pour cela contourner ou bousculer les Parlements, l'ont montré au cours des dernières années. Il est utile d'en citer des exemples pour rappeler avec eux que la démocratie est un bien fragile, qui ne peut être conservé sans vigilance ni engagement constant des citoyens.
    C'est à décrire les fragilités et les menaces aujourd'hui les plus manifestes, en France, en Italie, en Suisse, en Espagne, que s'attachent les textes de ce livre d'intervention et de mobilisation, mais aussi à recenser les forces militantes et citoyennes nouvelles qui semblent capables de leur apporter une réponse collective. Il y a urgence.
    Avec Mireille Delmas-Marty, Jean-Marie Delarue, William Bourdon, Etienne Piguet, Miguel Gotor, Francesca Romana Guarnieri et Michaël Foessel.

  • "En quelques années, nous pourrions mettre fin à l'extrême misère : qu'attendons-nous ?
    Chacun d'entre nous a intérêt à vivre dans un monde sûr, où la richesse est justement répartie. Nous pourrions y être. Nous n'y sommes pas. Nous avons les moyens d'y être dans dix ans, nous n'en prenons pas le chemin.
    L'aide au développement est aujourd'hui notre unique instrument de redistribution planétaire des ressources publiques. Mérite-t-elle les critiques, les caricatures, les procès en inefficacité, gaspillage, détournement, assistanat, néocolonialisme et j'en passe ?
    Qu'attend-on pour aider les Français à y voir plus clair, pour pousser les gouvernements à revoir leurs ambitions à la hausse ?
    Ce livre s'adresse à ceux qui veulent comprendre, réfléchir, et agir."
    N.V.-B.

  • « Je sais bien, je m'étais juré que je ne raconterais pas, jamais. Que je garderais pour moi ce qui n'appartient qu'à moi. Mais je ne m'appartiens plus tout à fait: pourquoi et comment je suis devenue française semble poser problème, dans un pays traversé par les doutes. Alors, d'autres ont pris le relais, comblent les silences, racontent, imaginent, affabulent. Il faudrait laisser dire, comme toujours. Mais ma petite histoire privée est devenue publique. Une histoire française, parce que je suis Ministre de la République, que j'ai porté la parole de mon pays et que, parfois, on lui prête mon visage. Ni belle, ni sale, juste une histoire vraie dont j'ai bien voulu qu'elle dise un peu de moi, pour autant qu'elle dise un peu de la France. »
     N. V.-B.Najat Vallaud-Belkacem quitte un instant ses habits de ministre pour se raconter avec simplicité. Elle évoque son enfance dans un petit village du Maroc, sa jeunesse dans les quartiers Nord d'Amiens, la découverte de la lecture, la conquête de la liberté à Paris et les premières responsabilités à Lyon... Mais aussi l'origine de ses engagements, la vie dans l'arène politique et sous la lumière médiatique, le sens de ses combats.

  • Najat Vallaud Belkacem est entrée en politique, au lendemain du 21 avril 2002. Séisme politique s'il en est qui a vu surgir au second tour de l'élection présidentielle le visage de Jean-Marie Le Pen. Elle s'est sentie pour une part « responsable », comme nombre de jeunes de sa génération, de cette « débâcle démocratique ».
    Dix ans ont passé, les choses n'ont guère changé, si ce n'est pour s'aggraver : l'abstention n'a jamais été aussi forte, le Front national mobilise un puissant vote d'adhésion et la droite représente l'exact opposé des valeurs qui lui sont proches -le sarkozysme en ayant, à ses yeux, accéléré la marche destructrice. La crise frappe la France, l'Europe et le monde, la politique est devenue sacrificielle : on promet du sang, de la sueur et des larmes sans perspective de lendemains qui chantent. Pour Najat Vallaud Belkacem, c'est une raison de plus pour affirmer que le progrès est encore possible par l'action politique et seulement par elle ! C'est cette conviction qu'elle souhaite mettre à l'épreuve de la réflexion dans ce livre où elle rassemble à partir de cette inquiétude démocratique toutes les raisons que nous avons d'espérer en l'avenir et elle n'a pas de mots assez durs pour fustiger les partisans de la décroissance, de l'écologie profonde, les apologistes du renoncement face aux forces du marché.
    Un ton nouveau en politique, par une jeune femme qui incarne la nouvelle génération du Parti socialiste et dont la voix comptera dans la campagne électorale de 2012.

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