• Les pays de l'hémisphère Nord se transformeraient-ils en colonies du capital ? Il y a soixante ans, Claude Lévi-Strauss dressait dans Tristes Tropiques le constat amer d'un monde avili par l'anthropisation accélérée. Encore l'ethnologue réservait-il ces remarques aux Tropiques, autrement dit au tiers-monde, alors en pleine décolonisation. Les métropoles semblaient épargnées par cette déréliction. La violence du marché se trouvait contenue par des formes institutionnelles robustes. Au Sud donc, il convenait d'étendre les bénéfices du « développement », la modernisation à marche forcée : une fois à destination, le Sud ressemblerait au Nord. Et si le dénouement de cette séquence de soixante ans était tout autre ? C'est l'analyse implacable que propose Xavier Ricard. Au Nord, les équilibres institutionnels sont perturbés. L'Occident devient une colonie soumise aux appétits du capital. Partout on observe les mêmes logiques d'asservissement. L'auteur s'emploie à tirer les conséquences de cette situation nouvelle. Si le Sud est désormais au Nord et vice-versa, alors les analyses qui autrefois étaient réservées aux « économies en développement » s'appliquent désormais aux économies plus avancées. Le capitalisme a fait du monde un terrain de jeu où il est partout à son aise, tandis que les sociétés se sentent partout étrangères, comme ces autochtones dont on a envahi le logis et qui se découvrent « indigènes » : nous voici tous colonisés. Comment sortir de cette situation ? Comment le Nord, avec le Sud, peuvent-ils imaginer des issues, à l'heure de l'Anthropocène ?

  • On ne compte plus les dangers qui menacent notre planète livrée au pillage et à la destruction. Mais notre Terre est aussi riche de toutes les couleurs du spectre, de toutes les merveilles. Blanche est la Terre est un parcours initiatique mêlant récit de voyage, ethnologie, poésie, écologie et économie humaine. Il nous conte la beauté du monde. Des hauts plateaux andins aux contreforts de la vallée du Zambèze, des sociétés sans écriture aux soubresauts de la mondialisation contemporaine, l'auteur explore les ressorts de notre modernité. Il en tire une leçon : il nous faut apprendre à faire l'épreuve de notre commune humanité en refusant l'enfermement et le repli, qui nous condamnent à devenir ce que les Andins appellent des kukuchi, des morts-vivants. Des défis des paysanneries du monde à la sagesse de Pierre Rabhi, c'est un chemin de pèlerinage vers une nouvelle civilisation fraternelle et écologique. Un voyage de conversion esthétique et spirituelle pour habiter, ensemble, une Terre fragile. Xavier Ricard Lanata, ethnologue et philosophe, s'est consacré pendant quinze ans à des projets de solidarité internationale (notamment au CCFD-Terre Solidaire). Il est l'auteur des Voleurs d'ombre. L'univers religieux des bergers de l'Ausangate (Société d'ethnologie, 2011).

  • En el macizo del Ausangate, al sur de Cuzco, a casi 5000 metros de altura, viven poblaciones de indios quechua hablantes. Estos indios, seminómadas, pratican la ganadería extensiva de camélidos andinos y carneros. Son ellos los denominados Pastores de Tierras Altas, capaces de sobrevivir en condiciones de vida muy difíciles, en el fondo de amplios valles glaciares cuyo suelo pantanoso, regado permanentemente por el agua procedente de las cumbres, conviene a las alpacas. Esto libro aborda el problema del análisis de las creencias y de la supusesta irracionalidad de las creencias mágicas, tomando como ejemplo el universo religioso de estos pastores. El libro presenta, en primer lugar, las nociones fundamentales que estructuran el sistema de representaciones. Luego, se pasa a una descripción y análisis de los diferentes ritos, los mismos que, puestos en relación con las representaciones, conforman un sistema, asociado a una ontología, cuya coherencia es demonstrado. Finalmente, el libro examina el problema del estasus de la creencias mágicas y propone una guía de la interpretación en antropología, inspirada en el «principo de caridad» del filósofo norteamericano Quine, que permite reducir los riesgos de malentendidos interpretativos. A lo largo de este trabajo, las voces de los pastores ocupan el primer plano, lo cual les confiere el rango de verdaderos interlocutores del etnólogo.

  • Deux corps de bâtiments parallèles - séparés par une cour assez spacieuse - constituaient l'Hôtel des Victoires, qui s'était appelé successivement Hôtel du 9 Thermidor, Hôtel Marat, Hôtel de la Constitution, Hôtel du Lys d'Or. Selon la traditionnelle formule, on y donnait à manger et on y logeait : l'auberge proprement dite, située au fond de la cour, se composait, au premier étage, de plusieurs chambres, et, au rez-de-chaussée, de deux pièces, avec un vestibule entre elles.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Mes souvenirs de cette première rencontre sont très précis, vous comprendrez bientôt pourquoi. C'était le 16 janvier 1860, et c'était un lundi. Le temps était fort beau, un peu frais, mais clair, ensoleillé, charmant, avec presque une gaieté de printemps, déjà.Il pouvait être trois heures. Le concierge venait de me renouveler l'offre - qu'il m'avait déjà faite l'avant-veille, samedi - de ma quittance du terme, et j'étais obligée de la décliner, comme la première fois.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Mon cher ami,Après ces longues années de torture, et cette terrible secousse qui, comme celle d'un tremblement de terre, a effondré derrière moi toute une partie de ma vie, j'éprouve le besoin de me ressaisir moi-même, de me retrouver, de coordonner, si possible, dans un nouvel homme tous les débris qui restent encore de l'homme ancien.Cette solitude, où jeme suis volontairement retiré, en ces pays aimés et que je n'ai jamais quittés qu'à regret, a fini par amasser en moi, sinon toute la sérénité, qu'il me faut désespérer de retouver jamais, au moins assez d'indulgence et de pardon pour que je n'aie plus peur du souvenir.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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