• Yann Queffélec nous raconte la fraternité.
    C'est dans une chambre d'hôpital, un soir de neige, que commence ce récit. Yann Queffélec vient rendre visite à son jeune frère Tanguy qu'il n'a pas vu depuis des années. Les deux frères se mettent à bavarder : de leur vie, de leurs souvenirs, d'un passé familial toujours aussi lourd de non-dits. Et cela dure toute la nuit. Ce livre est un récit passionné sur la fraternité, la place de chacun au sein de la famille, mais aussi un dialogue corrosif entre deux frères qui se disent la vérité.
    « La famille, oui, c'est bien, rassurant, ça fait bloc, c'est un cadre rituel où l'on grandit vers l'âge d'homme. La famille c'est nuisible, souvent, étouffant, injuste, sournois, c'est le règne animal du chacun-pour-soi : on peut y laisser sa raison, sa peau. T'en penses quoi, frérot ? »

  • Elle était qui pour moi ? Ni mon amante ni mon amie, plutôt ma soeur d'affinités.
    Les mêmes démons nous tourmentaient : la famille, la société, la mer, une envie folle de partir loin, elle sur ces voiliers que j'aime tant, mon premier job, et moi de par les mots sans limites qu'elle chérissait comme des voiliers.
    Qui a tué Florence Arthaud le 9 mars 2015 ? Ses démons ? L'alcool ? La misogynie des puissants ? Le hasard d'un accident aérien dans le ciel d'Argentine ? Saura-t-on jamais les secrets de cette Antigone indomptée qui partait en mer défier la chance et les hommes.
     

  • " Personne ne m'a présenté mon éditeur,sinon la mer, la fortune de mer,en mai 1978. Je l'ai ramassé sur la jetéecomme un gros oiseau noir bousculépar le vent ou bien c'est lui qui m'a ramassé,oisillon dépenaillé, je ne sais plus.Françoise Verny : ma Françoise Verny.Ma Françoise.Mon Yann.Neuf ans d'amitié fantastiqueà la vie à la mort."
      Un récit drôle, tendre, passionné, où la liberté croit  pouvoir se moquer du destin.

  • "La mer, bergère d'azur infinie..."
    "Ce livre dit la mer, il dit l'aimer, l'avoir toujours aimée : il ne dit pas toute la mer, vaine ambition d'un fou. Même la grenouille y regarderait à deux fois. Ce livre dit le vieil homme et la mer, la femme et la mer, une lutte contre soi, contre ses rêves, une quête à la vie à la mort de l'horizon ni près ni loin, une osmose avec les éléments dont l'être humain fait partie - s'il n'est ici-bas le maître du jeu. Ce livre dit la mer et les marins, les écrivains, les travailleurs du grand métier, les artistes charmés, charmeurs, les damnés du poisson. Il dialogue avec l'univers par-dessus les jours et les flots. C'est un coquillage où l'on entend, j'espère, battre le pouls du verbe aimer. Ce livre raconte une histoire océanique, la mienne, il ne prétend jamais connaître la mer ni la réduire à ses cadenas, ses tics, l'exhiber à travers les mots comme une bestiole de foire. J'aime la mer et je m'en souviens, j'y vais, je vous emmène avec moi. J'en suis natif comme tous les êtres vivants de terre et d'eau, je vous fais part de cet amour plus vaste que ma voix, plus humble que mes songes.
    Un voyage, oui, autour du monde intérieur que je m'efforce d'encercler quand je prends la mer ou mon stylo. Quand je perds la raison à la barre d'un voilier qui ne réagit plus au vérin du " pilote ", et perd la raison lui aussi. Quand une île heureuse vient à moi, donnée comme un livre de vie. Quand c'est crado, les ports, les grèves, les abysses, les gens du fric, quand elle gâche tout, la pollution, quand il étouffe, le corail d'Australie, des Antilles - ou qu'il renaît, squelette radieux. Quand il n'y a plus rien à dire tellement c'est beau, la mer, infiniment beau, et que l'on n'est pas seul au bord de cet infini. Aimer la mer, c'est au minimum être deux, être tous. Aimer la mer c'est " être " - c'est vivre."

  • De l'Aber-Ildut, son village familial, à tous ces hauts-fonds sur lesquels il a failli plus d'une fois déchirer ses bateaux, de Bécassine à la tante Sabote, cet Armoricain pure souche évoque une Bretagne tout à la fois mythique et bien réelle, c'est-à-dire éternelle.
    Ma Bretagne est d'Armor, le pays dans la mer. Elle est d'Armor, elle est d'Argoat - mer et forêts -, arrimée par l'ouest à ses destinées atlantiques, et par l'est à la pointe aiguë du socle européen. On y allait en train quand j'étais enfant. Le Paris-Brest à vapeur des années 50, la moleskine olivâtre du compartiment pour huit, les oeufs durs écalés sur les genoux, neuf heures de rail sans voir la mer ou si peu vers Saint-Brieuc. Ma Bretagne est d'abord le pays des miens. Ma mère, Yvonne, la première à me bercer de chansons marines et d'histoires. Mon père, Henri Queffélec, l'homme et l'écrivain que j'ai le plus admiré, le bel indifférent aux yeux d'horizon. Entre nous, l'Armor est mon pays usuel, mon pays définitif, j'y naîtrai toujours. Y.Q

  • De l'Aber-Ildut, son village familial, à tous ces hauts-fonds sur lesquels il a failli plus d'une fois déchirer ses bateaux, de Bécassine à la tante Sabote, Yann Queffélec, Armoricain pure souche, évoque une Bretagne tout à la fois mythique et bien réelle, c'est-à-dire éternelle."Ma Bretagne est d'Armor, le pays dans la mer. Elle est d'Armor, elle est d'Argoat - mer et forêts -, arrimée par l'ouest à ses destinées atlantiques, et par l'est à la pointe aiguë du socle européen.
    On y allait en train quand j'étais enfant. Le Paris-Brest à vapeur des années 50, la moleskine olivâtre du compartiment pour huit, les oeufs durs écalés sur les genoux, neuf heures de rail sans voir la mer ou si peu vers Saint-Brieuc.
    Ma Bretagne est d'abord le pays des miens. Ma mère, Yvonne, la première à me bercer de chansons marines et d'histoires. Mon père, Henri Queffélec, l'homme et l'écrivain que j'ai le plus admiré, le bel indifférent aux yeux d'horizon.
    Entre nous, l'Armor est mon pays usuel, mon pays définitif, j'y naîtrai toujours."
    Yann Queffélec


  • Sur les rives du désir... Le nouveau roman de Queffelec !

    Quel dépit secret ronge Yolanda Vern ? Quelle haine ou quels remords hantent Nividic, son mari ? Lui, ancien play-boy aux cheveux longs, dessinateur de BD, dresse un bilan bien noir de son parcours. Pas d'enfant, une existence minable au fond d'un village déserté d'Ille-et-Vilaine, une femme caractérielle, un ami qui court après elle, rien ne va plus. Elle, auxiliaire de vie, épouse rabrouée, cherche un remède à la solitude. Le couple se déchire.
    Pas d'enfant ?... C'est vite dit.
    Un après-midi qu'il traverse en voiture le bois d'Ar Fol, absorbé dans ses pensées douloureuses, une jeune fille en chemise de nuit se jette sous ses roues. Il ralentit, prend la fuite, revient. Personne. Il sort de son véhicule et s'enfonce dans les bois à la recherche de la fille...

  • - On l'a tuée, dit-il au flic, cherchez-la.
    - Oubliez-la, répond l'inspecteur, ou mieux trouvez-la : regardez-vous dans les yeux...
    Anja la musicienne a-t-elle quitté Julius, brillant prof à la Sorbonne et fils à maman ? A-t-elle disparu le 27/03/07? Pour lui, son mot d'adieu ne signifie rien. Pour Blaise, l'inspecteur auquel il confie ses craintes, disparaître est une liberté légale, un usage courant. Julius n'en pense pas moins.
    A trente et un ans, il dresse un bilan peu flatteur de son existence. Sa mère ? Frustrée, méchante. Son père ? Il ne l'a pour ainsi dire jamais vu. Sa carrière ? Dépourvue d'action. Les amis ? Il en a si peu. L'amour ? L'amour promet, l'amour ment, l'amour s'en va.
    - Chacun d'entre nous est double, monsieur Caïn, porteur d'un obscur jumeau dont il cherche à se venger. Pour vivre. Essayer d'être heureux simplement. Vous y songez, au bonheur ?

  • Michel croit encore à l'amour et à son pouvoir de transfiguration quand, à cinquante ans, il épouse Ioura, Vingt ans.

    Il a un secret, mais elle aussi.

    II est éditeur, propriétaire d'un beau domaine viticole au-dessus de Nice.

    Elle est oenologue, romantique, et déguster à l'aveugle lui délie la langue. Mais l'art du vin, la beauté des mots qu'il fait naître ne suffisent pas à repousser la mémoire, et quiconque espère abolir son passé par l'amour est condamne à le revivre.

  • Paris 1969. Marc Elern a dix-huit ans. Il vient de perdre sa
    mère. C?est dans un état second qu?il passe le bac, partagé
    entre la douleur et la passion qu?il éprouve pour Alba,
    jeune infirmière qu?il épie dans l?immeuble vis-à-vis du sien,
    fenêtre dans la nuit. Pour elle, il veut quitter l?appartement familial
    où il vivait avec son père et sa petite soeur Cathy, dix-sept ans,
    aveugle de naissance. Pardonne-moi, j?ai rencontré l?amour...
    Mais, éjecté du jardin vital de l?enfance, Marc est perdu. Le deuil
    va faire de ce jeune homme inachevé un amoureux chronique,
    hanté par le corps des femmes qui portent la vie, l?amour et la mort,
    et dont la maladie, parfois, tue la beauté. Après Alba il s?éprend
    d?Aline, trente-huit ans, divorcée, une jolie maman. Seule la mort
    doit les séparer. Ils veulent fonder une famille à eux, mais Aline
    ne tombe pas enceinte, et, détaché d?elle physiquement, Marc
    finira par la quitter.
    Il erre ainsi d?une femme à l?autre, d?un âge au suivant, enfant
    toujours en quête du paradis premier, sa mère disparue sans
    un mot d?adieu. Toujours en quête du grand amour...

  • Le piano de ma mère

    Yann Queffélec

    • Archipel
    • 1 November 2012

    " Je m'appelle Yann Queffélec et je suis né le 4 septembre 1949, à Paris XVe. Sous X. Père et mère inconnus. Inexact ? En effet. Toujours cette fichue tendance à broder, à romancer... Je m'appelle Yann Queffélec. J'ai appris à mentir très jeune, encouragé par mon père, homme droit qui plaçait le mensonge au rang de vice, le plus noir de tous. Il avait les yeux bleus, d'un bleu vertigineux, comme l'horizon marin. Il me regardait et je n'avais rien dit qu'il me murmurait : menteur !... Étonnez-vous qu'après je sois devenu romancier.
    Ces mémoires vont donc retracer la relation houleuse, et souvent tourmentée, que j'ai toujours eue avec mon père, l'homme que j'ai le plus aimé, admiré, craint, et qui voulait me faire plier sous sa loi. Ils vont aussi raconter le déclin familial des Queffélec, des gens contradictoires, aussi modestes que prétentieux, aussi discrets qu'arrogants, timides, mais ne doutant pas d'appartenir à une catégorie supérieure. "
    Le premier tome de ce récit autobiographique couvre les deux premières décennies de l'auteur, s'achevant sur la mort de sa mère, en 1969.

  • Et si Alba revenait ?
    C'est la question que pose Aline à Marc, en
    tremblant.
    Elle a quarante-deux ans, Marc vingt-cinq, ils s'aiment,
    veulent un enfant. Lui-même est encore un enfant pour
    qui l'avenir n'est qu'un jeu virtuel, un passe-temps.
    Marc c'est un peu mon double, mon âme damnée, dans
    une autre vie.
    Il a perdu sa mère à dix-huit ans, sa première femme.
    Tous les jours il la perd un peu plus en se perdant lui-même.
    Il ne voit plus Cathy, sa petite soeur aveugle, il fuit
    Tim, l'éternel copain, il ne travaille pas. Il essaierait bien
    d'établir un dialogue avec son père, mais il est si peu naturel
    en face de lui.
    Alba c'est la jeunesse de Marc, une ancienne petiteamie,
    mais aussi la fille d'Aline. Elle a disparu depuis cinq
    ans sans motif apparent.
    Il se passerait quoi, si elle revenait, dans le coeur de Marc ?
    Elle appelle un matin. Tu m'as manqué, dit-elle.
    L'amour est fou.

  • L'histoire de Zou et Tiana se situe dans un pays où le mot "misère" est encore trop joli pour décrire la situation. Dans cette mélasse quotidienne où la vie ne représente plus qu'une pauvre petite flamèche qui vacille, le seul espoir est représenté par les bateaux de toutes nationalités croisant à l'horizon. Le salut se situe dans un ailleurs bien hypothétique...
    Zou vient de voler une chaîne d'or au cou d'un Blanc tombé sur le port. Une aubaine, alors qu'il n'a pas le premier des cinq cents dollars réclamés par le Belge, un trafiquant humain, pour les passer en bateau, Dalia et lui.
    Ils sont adolescents, miséreux désoeuvrés. Ils rêvent d'Europe, un rêve dangereux et secret. Ils vivent en communauté sur une page du Jubaland, au sud de la Somalie. Les uns regardent les grands navires avec l'espoir de s'en emparer. Les autres se verraient bien dans la milice ou la mafia. Zou et Dalia sont décidés à filer en douce. Ils n'ont plus rien à perdre...
    Yann Queffélec obtient le prix Goncourt en 1985 pour son roman Les Noces barbares (Gallimard). Il est aussi l'auteur du Charme noir (Gallimard), de Boris après l'amour (Fayard), et de Ma première femme (Fayard).

  • A quoi bon grandir ? Telle est la question que se pose Toni, un enfant dont le seul désir ici-bas semble être l'amour qu'il porte à sa cousine Maï. Ils vivent aux Angéliques, une maison située dans les marais des Sphaignes et comme oubliée des temps. Si Maï est jolie ? Oh oui. La plus jolie pour Toni. L'âme soeur, l'unique. A dix ans elle a déjà des lèvres de femme. Elle est assez froide et secrète pour le hanter à chaque instant. Assez orgueilleuse pour faire de lui, au fil des années, un être solitaire, écorché vif, jaloux, dissimulé. Il finit par inspirer la méfiance à tous. A son ami l'Antillais Julius, un manipulateur de charme. A ses parents. A Maï qu'il veut à lui sans partage. Est-ce l'amour frustré qui tue chez Toni l'innocence et la fantaisie ? Est-ce le clan familial replié sur des maux inavouables et qui craint de voir Toni lui échapper ? Si Maï l'aimait Toni pourrait s'accepter lui-même, accepter les mystères et la honte. Comment savoir avec Maï ? Et si jamais elle préférait Julius ? Drame de la solitude, de la jalousie qui ronge et rend fou, Prends garde au loup met en scène les jeux périlleux de l'amour et du désir. Mais qui joue ? Qui tire les ficelles de la comédie humaine ? Le temps finit par emporter les amours, les espérances. Quant au loup, c'est le mal sans visage à l'affût dans chaque instant. C'est le mal qu'on nous veut, celui que nous sommes.

  • Il est amoureux mais incapable d'aimer.
    Elle fait monter la pression atmosphérique, elle rend l'air suffocant.
    Ils connaissent tous les trucs du jeu mortel qui consiste, pour les époux, à se faire aussi mal qu'ils se font bien l'amour, jusqu'à ce que l'un des deux, touché, soit coulé.
    Il revient de loin, ce couple modèle, et qui sait par quel aveuglement il se croit né sous le signe du grand amour.

  • Un homme revient sur son enfance - il est peut-être mon double, mon agent le plus secret, J'ai peut-être essayé, avec l'exploration d'un souvenir défiguré par les années, mais aussi régénéré par le roman, de dessiner pour la première fois le visage de ma mère à qui je dois d'aimer autant la vie.
    Aime et fais ce que tu veux : tel était son credo sur la fin. Et jour après jour, je puise un certain réconfort dans la pensée d'être son fils et de l'avoir si bien connue. Si bien?...
    Y. Q.

  • Tabarly

    Yann Queffélec

    Éric Tabarly (1931-1998), l'un des plus grands marins français du XXe siècle, influença et forma toute une génération de skippers - il eut à son bord des équipiers nommés Alain Colas, Philippe Poupon, Titouan Lamazou, Marc Pajot, Olivier de Kersauzon...
    En 1952, Tabarly s'engage dans la Marine nationale pour financer la restauration du voilier familial Pen Duick (signifiant tête noire, mésange en breton), dont son père Guy a fait l'acquisition en 1938. À partir de 1962, " le Sphinx de Bénodet " se consacre à la régate et à la course au large, remportant nombre de courses, à commencer par l'édition 1964 de la Transat anglaise en solitaire, à bord de
    Pen Duick II, construit spécialement pour l'occasion. Suivront quatre autres
    Pen Duick, des records et des victoires de prestige, telles la Fastnet, Sydney-Hobart, la Transpacifique...
    Dix ans après la disparition en mer de " Pépé ", dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, Yann Queffélec célèbre l'homme tout autant que le marin. Celui qui fut son équipier à 13 ans puise dans sa mémoire et fait aussi appel à la mémoire collective, revisitant le mythe et la légende. Plus qu'une biographie, ce récit est aussi une ode à la Bretagne, si chère à Tabarly, à la mer, son élément, et aux marins, ses frères d'arme.

  • Le 15 janvier 2004, en début d'après-midi, par beau temps, le puissant chalutier Bugaled Breizh (" enfants de la Bretagne ") périt corps et biens au sud du cap Lizard, comme effacé par la succion d'un maelström ou quelque " force exogène ", dira la justice, en 57 secondes exactement...Cinq hommes à bord : Yves, Pascal, Georges, Eric, Patrick. " Je chavire " sont les derniers mots du capitaine à la VHF, puis on entend la mer s'engouffrer. Accident naturel, aléa marin, dit la justice en 2009.Accident nullement naturel, disent les proches, constitués en parties civiles. Le jour même du drame, au sud du cap Lizard, l'Otan entraînait ses meilleurs sous-marins à la guerre nucléaire en eau peu profonde. Ils étaient anglais, allemands, hollandais, espagnols, français et se pourchassaient dans la zone où le Bugaled tirait son chalut.Fausses pistes, destruction de preuves (le canot de sauvetage de la Royal Navy), rétractations... Ce livre retentissant étaie l'intime conviction que le Bugaled Breizh n'est pas descendu mystérieusement sous la mer, et que cinq marins ont été noyés sous un mensonge d'État.

  • Moi : C'est si important que ça, le roman, sur la Terre ? Je : C'est l'amour du prochain. Le livre et le vivre sont inséparables en Occident, une fratrie quasi jumelle. À eux deux, ils détiennent la clé d'une existence accomplie sous la bonne étoile. Moi : Au fait, pourquoi t'adresser à moi pour ce dialogue ? Je : Soit il y a identité entre nous, soit tu es un diabolique imitateur. Dans les deux cas tu fais l'affaire. Moi : Et si c'était toi, le diabolique imitateur ?... Passons. Il m'intrigue, ton Petit Poucet. Je : Les miettes balisent un chemin de vérité, comme les livres. Je suis dans la peau d'un Petit Poucet voyageur qui ramasse un trésor de miettes inspirées pour les partager avec ses semblables. En relisant ici vingt années passées à dévoiler les ouvrages d'autres écrivains, Yann Queffélec ouvre une musette de Petit Poucet et distribue ce qui y est soigneusement gardé. Un régal. À partir d'un entretien entre l'auteur et son double sur l'écriture et la vocation du romancier, parcourant vingt années de lectures et de chroniques au fil des nouveautés littéraires, Yann Queffélec, Petit Poucet voyageur, nous fait partager ses découvertes. Au cours de la traversée, le lecteur connaîtra la paix des havres offerts par la grande mer, il sera emporté par des mirages, affrontera la tempête, sa houle et ses dangers, se croira parfois en perdition. Mais la lecture et la vie ne sauraient être définitivement séparées, et c'est vers le grand large que les pages égrenées emporteront chacun, devenu à son tour ce Petit Poucet qui jette le pain, le ramasse sur son chemin et le partage à ses frères. Un régal ! Yann Queffélec est écrivain, né à Paris en 1949. Il commence sa carrière à 32 ans, avec une biographie de Béla Bartok, et reçoit en 1985 le Prix Goncourt pour son roman Les Noces Barbares. Il a publié aux éditions du Rocher, Adieu Bugaled Breizh, et Les Oubliés du vent.

  • « De ce jour, la vie de Richard Dorval se chargea d'un secret dont il ne put jamais se dépêtrer. Il avait culbuté sa soeur, ce qui n'était pas bien. Il avait aimé la culbuter, ce qui n'était pas bien. Dans le vol Paris-Saigon il s'était promis de recommencer à la première occasion, ce qui n'était pas bien. Une veuve fidèle et pieuse, la mère irréprochable de trois enfants, roulée à trente-six ans comme à dix-huit, pas bien du tout. Ce triple mea culpa se compliqua d'un châtiment naturel quand Albane, enceinte, paniquée, trouva normal de venir là-bas, chez les Moïs, accoucher d'un enfant qu'elle ne voulait ni voir ni jamais se rappeler. Boris, conçu dans une salle de bains versaillaise entre une pelle de plastique rose et une serpillière. Boris, fils d'Albane et de Richard qui s'entendaient comme les doigts de la main. Un peu de champagne, un peu d'eau sur une robe à plumetis un peu sage, et les doigts deviennent fous. Cette grosse blague entre frère et soeur, Boris l'avait prise au sérieux, il avait fait tous les paliers, il était né. »
    Versailles, 1968. Boris , sitôt né, sitôt chassé.
    Trémazan, 2002. Les Dorval ont toujours belle âme et grande allure. Devenu un vieillard mélancolique, Richard a des idées fixes : retrouver son fils disparu, se débarrasser de sa fortune colossale et porter un dernier coup à la sainte famille, repaire de la filouterie en col blanc. Sa donation entre vifs a de quoi déconcerter le plus rusé de ses héritiers. A l'heure des testaments le maître mot c'est compter, et l'enfant illégitime - un manque à gagner. Les couteaux sont tirés, rien ne va plus. Sur ce, Boris tombe amoureux...
    Prix Goncourt 1985 avec Les Noces barbares, Yann Queffélec est l'auteur d'une quinzaine de romans, notamment Le Charme noir, Disparue dans la nuit, La Force d'aimer.

  • « Les Affamés sont tous ceux que je fus ou m'imaginais devenir autrefois - gosses rêveurs, menteurs, casse-cou, voyeurs, adolescents violents, trouillards, généreux - trop seuls pour avoir quelque chose à donner ou trop avides pour être attirants. Ils n'obéissent qu'aux lois du désir, ne cherchent que l'amour, la proie, tour à tour innocents, pervers, dépravés. Héros enfantins ils ne seront jamais tout à fait grands ni satisfaits. Avec Les Affamés je revis bien des erreurs que j'ai faites pour ne plus être un insatiable paumé.
    Mais la jeunesse - le bel âge à vif - est un climat dont on ne réchappe pas toujours, et dans ce cas une fatalité. »

  • Oubliés du vent, ils le sont dès la naissance... Frère Bob, le vieux missionnaire d'Afrique jamais revenu chez lui, Maguib la mégère et la tueuse de chiens, ce légionnaire breton d'Orient qui finit par suivre au désert un vieillard et son dromadaire, Martha, Buffalo, Jojo le chauffeur du car, ils ont tous pour rêverie l'horizon marin, comme s'il donnait un sens à leur solitude.

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