Scholastique Mukasonga

  • "Il n'y a pas de meilleur lycée que le lycée Notre-Dame du Nil. Il n'y en a pas de plus haut non plus. 2 500 mètres annoncent fièrement les professeurs blancs. 2 493, corrige soeur Lydwine, la professeure de géographie. "On est si près du ciel", murmure la mère supérieure en joignant les mains." Rwanda, début des années 1970. Au lycée Notre-Dame du Nil, près des sources du grand fleuve égyptien, de jeunes filles en fl eurs se préparent à devenir de bonnes épouses, de bonnes mères, de bonnes chrétiennes. Mais sous le calme apparent couve la haine raciale. Un quota 'ethnique' limite à 10 % le nombre des élèves tutsi, les persécutions se multiplient et voici que s'approchent les nervis du pouvoir...

    Rescapée du massacre des Tutsi, Scholastique Mukasonga nous offre une oeuvre poignante, où des adolescentes aux mains nues tentent d'échapper à une Histoire monstrueuse.

    Prix Renaudot 2012

  • 'Les malheurs du pauvre Edmond Dantès me fascinaient. Reviendrais-je au pays? Mais faudrait-il comme lui, devenu comte de Monte-Cristo, exercer vengeance?'

    Comment sauver son enfant d'une mort certaine? Faut-il, comme le croit le père de la narratrice, faire confiance à l'école afin qu'elle obtienne un 'beau diplôme'? Ainsi elle ne serait plus ni hutu ni tutsi : elle atteindrait le statut inviolable des 'évolués'. Pour obtenir ce précieux certificat, elle devra prendre le chemin de l'exil. Mêlant humour et douleur, ce récit raconte la lutte, du Rwanda à la France, livrée par une femme à la volonté inébranlable.

  • De Kibogo, le fils du roi, ou du Yézu des missionnaires, lequel des deux est monté au ciel ? Qui a fait revenir la pluie, sauvant ainsi son peuple de la sécheresse et de la famine ? Est-ce Maria de la chapelle ou la prêtresse de Kibogo qui a dansé sur la crête de la montagne au-dessus du gouffre ?
    Au Rwanda, colonisation et évangélisation avaient partie liée. En 1931, la destitution du roi Musinga qui refusait le baptême entraîna la conversion massive de la population. Souvent, ces baptêmes à la chaîne, pour beaucoup opportunistes, aboutirent à un syncrétisme qui constituait une forme de résistance.
    Est-ce qu'il fallait croire aux contes que prêchent les pères blancs à longue barbe ou à ceux que raconte votre mère, chaque soir, à la veillée, jusqu'à ce que le foyer ne soit plus que braises rougeoyantes ?
    Dans ces histoires miraculeuses, la satire se mêle d'humour et de merveilleux : un immense plaisir de lecture.

  • Coeur tambour

    Scholastique Mukasonga

    Les tambours ont-ils un coeur? Sans doute si ce sont les tambours sacrés du Rwanda. Et Nyabingi, l'Esprit redoutable de la mystérieuse reine Kitami, peut-il s'emparer d'une petite fille? Évidemment, si son penchant irrésistible pour la solitude et la rêverie la conduit trop souvent sur les rives du marais où la guette une vieille sorcière.
    Et c'est ainsi que Prisca, la petite villageoise d'une colline du Rwanda, devient Kitami, la vedette qui, par ses improvisations magnétiques, envoûte le monde entier. Et Kitami, la déesse africaine, fait retentir Ruguina, le tambour sacré, du Rwanda à la Jamaïque, du Bronx à Salvador de Bahia.
    Mais la fin de Kitami se révèle être une véritable énigme : le ventre de Ruguina en garde peut-être le secret.

  • Pourquoi Viviane, même nue, porte-t-elle autour de la taille une cordelette où s'accroche un minuscule morceau de bois ?... Et puis, entre la Bible et les aventures de Titicarabi, y a-t-il d'autres livres ? Le règne d'un roi peut-il nous être conté par une vache ?... Et si l'on chasse de la colline celle sur qui s'accumulent les malheurs, chassera-t-on grâce à ce bouc émissaire le Malheur inhérent à la condition humaine ?... Et si un fier destin attendait Cyprien le Pygmée, rejeté de presque tous ?

    Ces nouvelles rwandaises s'enchâssent avec maestria comme les tesselles d'une mosaïque. Elles contiennent les tourments et les espoirs de tout un peuple. Les mots de Scholastique Mukasonga coulent, cristallins, de mémoire en mémoire, jusqu'à nous montrer, même quand passe le malheur, toute la beauté de la vie.

  • "Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c'est ma mère, Stefania.
    Lorsque nous étions enfants, au Rwanda, mes soeurs et moi, maman nous répétait souvent : "Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d'une mère." Ma mère a été assassinée, comme tous les Tutsi de Nyamata, en avril 1994 ; je n'ai pu recouvrir son corps, ses restes ont disparu. Ce livre est le linceul dont je n'ai pu parer ma mère. C'est aussi le bonheur déchirant de la faire revivre, elle qui, jusqu'au bout traquée, voulut nous sauver en déjouant pour nous la sanglante terreur du quotidien. C'est, au seuil de l'horrible génocide, son histoire, c'est notre histoire." Scholastique Mukasonga.

  • "Je n'ai plus jamais revu mon grand-père. Mais souvent, je me plais à imaginer qu'il a été accueilli au paradis des Tutsi. Et là-haut, lorsque l'ange-berger a désenlacé la barrière de branchages qui fermait la porte de l'enclos et que, de son bâton, il lui a désigné le troupeau de vaches qu'il ferait paître dans les prairies célestes, grand-père s'est écrié : "Yampaye inka Musinga ! - Ô toi,
    Musinga, qui m'as donné une vache!""

    Trois nouvelles rwandaises de Scholastique Mukasonga, prix Renaudot 2012 : une évocation poignante et lumineuse des tourments et des espoirs de tout un peuple.

  • 'À Nyamata, nous avions depuis longtemps accepté que notre délivrance soit la mort. Nous avions vécu dans son attente, toujours aux aguets de son approche, inventant et réinventant malgré tout des moyens d'y échapper. Jusqu'à la prochaine fois où elle se

  • L'Iguifou, c'est le ventre insatiable, la faim, qui tenaille les déplacés tutsi de Nyamata en proie à la famine et conduit Colomba aux portes lumineuses de la mort. À Nyamata, il y a aussi la peur qui accompagne les enfants jusque sur les bancs de l'école et qui, bien loin du Rwanda, s'attache encore aux pas de l'exilée comme une ombre maléfique. Quant à Héléna, elle vit la tragique malédiction de sa beauté... Après le génocide, ne reste que la quête du deuil impossible, deuil désiré et refusé, car c'est auprès des morts qu'il faut puiser la force de survivre. L'écriture sereine de Scholastique Mukasonga, empreinte de poésie et d'humour, gravite inlassablement autour de l'indicible, l'astre noir du génocide.

  • Imagine Africa and its theme of "Revolution" is introduced by Georges Lory who opens the collection with his essay, "Poets to your quills, Africa is taking off". Through a collage of poems, essays, fiction, and visual art, Imagine Africa gives us a glimpse of a kaleidoscopic contemporary Africa.
    From the Trade Paperback edition.

  • Imagine being born into a world where everything about you--the shape of your nose, the look of your hair, the place of your birth--designates you as an undesirable, an inferior, a menace, no better than a cockroach, something to be driven away and ultimately exterminated. Imagine being thousands of miles away while your family and friends are brutally and methodically slaughtered. Imagine being entrusted by your parents with the mission of leaving everything you know and finding some way to survive, in the name of your family and your people. Scholastique Mukasonga's Cockroaches is the story of growing up a Tutsi in Hutu-dominated Rwanda--the story of a happy child, a loving family, all wiped out in the genocide of 1994. A vivid, bitterwsweet depiction of family life and bond in a time of immense hardship, it is also a story of incredible endurance, and the duty to remember that loss and those lost while somehow carrying on. Sweet, funny, wrenching, and deeply moving, Cockroaches is a window onto an unforgettable world of love, grief, and horror. From the Trade Paperback edition.

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