Récit autre

  • Alors que la maladie d'Alzheimer de sa femme Antonietta progresse, Gérard Haddad prend la plume pour écrire à celle qui ne parle déjà plus. Ces lettres retracent la lente progression de la maladie : d'abord le déni, puis la lutte, les traitements et l'espoir de revivre « comme avant », puis les rechutes et l'entrée à l'Ehpad, peu avant l'épidémie de Covid et l'absolue solitude qu'elle impose pendant plusieurs longs mois.Étrangement, du creuset de la maladie émerge un nouvel amour, triomphant de tous les malentendus des années de vie partagées. Les souvenirs des moments de grâce affluent alors, et chaque instant de vie à partager encore prend une intensité et une profondeur insoupçonnée.Un texte poignant, qui dit toute la force d'un amour conjugal confronté à la maladie.
    Gérard Haddad est psychiatre et psychanalyste mais aussi écrivain, traducteur de l'hébreu et éditeur. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment coécrits avec Antonietta Haddad, comme Freud en Italie, psychanalyse du voyage (Albin Michel, 1995). Plus récemment, il a publié À l'origine de la violence (Salvator, 2021).

  • Nos cabanes

    Marielle Macé

    Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé?; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir.
    Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du « parlement des vivants », dans l'imagination d'autres façons de dire nous.

  • éparses

    Georges Didi-Huberman

    • Minuit
    • 6 February 2020

    C'est le simple « récit-photo » d'un voyage dans les papiers du ghetto de Varsovie. La tentative pour porter, sur un corpus d'images inédites réunies clandestinement par Emanuel Ringelblum et ses camarades du groupe Oyneg Shabes entre 1939 et 1943, un premier regard.
    Images inséparables d'une archive qui compte quelque trente-cinq mille pages de récits, de statistiques, de témoignages, de poèmes, de chansons populaires, de devoirs d'enfants dans les écoles clandestines ou de lettres jetées depuis les wagons à bestiaux en route vers Treblinka... Archive du désastre, mais aussi de la survie et d'une forme très particulière de l'espérance, dans un enclos où chacun était dos au mur et où très peu échappèrent à la mort.
    Images de peu. Images éparses - comme tout ce qui constitue cette archive. Mais images à regarder chacune comme témoignage de la vie et de la mort quotidiennes dans le ghetto. Images sur lesquelles, jusque-là, on ne s'était pas penché. Elles reposent cependant la question du genre de savoir ou, même, du style que peut assumer, devant la nature éparse de tous ces documents, une écriture de l'histoire ouverte à l'inconsolante fragilité des images.

  • « J'ai dit au revoir à Karl ce matin. Pour toujours. Son âme et son corps ont disparu. Dans cette journée chaotique, beaucoup de monde. Trop de monde. Et puis les potes, les vrais, qui sont venus dîner ici. Programme de demain ? Presque rien. Pas envie de me coucher. Je range tout, je lave, je nettoie. Je suis comme ça, j'aime que ce soit nickel, propre, impec. Vider les cendriers, rincer les verres. Je ne bois pas, ne fume presque jamais, mais ce soir... »

    Pendant plus de vingt ans et jusqu'aux derniers instants, Sébastien Jondeau, tour à tour garde du corps, chauffeur, assistant et mannequin, a connu un destin unique aux côtés de Karl Lagerfeld. Ce livre est un album photo, une plongée dans sa vie d'avant. De la cité aux défilés, son quotidien avec Karl, dans l'ombre comme dans la gloire.

  • Abandon

    Joanna Pocock

    Traduit de l'anglais par Véronique Lessard et Marc Charron

    Résumé
    Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l'Amérique indomptée et ses paysages sauvages. À l'aube de la cinquantaine, Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana. Elle observe le territoire, découvre l'imaginaire frontalier de l'Ouest américain et ses extrêmes. Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences : maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe... Consciente de ce que l'humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l'écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c'est que vivre. En restituant l'Amérique dans sa démesure, Abandonaide à respirer.

    Extrait
    Parfois, tout ce que nous pouvons faire, c'est nous abandonner à nos circonstances, à nos désirs et à nos peurs, à notre besoin d'évasion, à nos échecs, à notre douleur, à notre état sauvage intérieur, à notre domestication et, de ce fait même, à l'essence qui est au centre de notre être.

    Échos de presse
    Il a fallu une femme pour écrire ce livre. Une écriture qui dit : Je suis ici, à l'intérieur d'un corps, un corps qui change, en interaction avec le monde qui change.
    Irish Times

    Envoûtant et profondément émouvant, Abandon nous oblige à considérer notre place dans un monde qui a plus de passé que d'avenir.
    The Spectator

    Abandon est une contribution importante à la bibliothèque de la nature
    Chloe Aridjis

    L'auteure
    Née à Ottawa, Joanna Pocock vit à Londres, où elle enseigne la création littéraire. Abandon, son premier livre, est acclamé par la critique.

  • Le meilleur ami des stars, Henry-Jean Servat, nous raconte ses anecdotes les plus folles en compagnie des célébrités de ce monde.Jamais il ne s'est couché de bonne heure. Ami de Liz, Brigitte, Gina, Soraya, d'altesses, d'actrices et d'autres, Henry-Jean Servat mène depuis trente ans la grande vie sur tous les continents.
    Il s'est ainsi retrouvé dans un palais de milliardaires à Marbella avec Zinedine Zidane, dans la piscine de Sylvester Stallone, aux fiançailles hollywoodiennes de Johnny Hallyday, dans la chambre secrète de Madonna, dans le corbillard du fils de Bruce Lee, dans la grotte de Lourdes avec Robert Hossein, en proconsul romain lançant la course de chars de Ben-Hur au Stade de France, dînant à Saint-Tropez entre Brigitte Bardot et Isabelle Adjani...
    Le récit de ses aventures au coeur de la vraie jet set restitue une époque de grâce et de drôlerie, de rosserie et d'élégance, qui ne cesse de fasciner les foules sentimentales.

  • Blanche est l'histoire d'une femme qui découvre un jour qu'elle est blanche dans le regard des autres. Comme elle sait très bien qu'on ne saurait réduire un être humain à la couleur de sa peau, elle s'interroge. Que signifie être Blanche dans le monde tel qu'il va? Elle arpente l'univers des penseurs et artistes du monde noir. Elle écrit, hésitante et fragile, son chemin d'humanité.

    Point de vue de l'auteure
    Blanche est dédié à « toutes celles qui se reconnaitront ». Je crois que ce livre s'adresse d'abord aux femmes blanches, celles qui ont fait la même expérience que moi et ne savent pas que faire de cette chose qui leur est arrivée. J'aimerais que Blanche les aide à sortir de la culpabilité ou de l'empathie tapageuse où cette prise de conscience a pu les enfermer. Blanche s'adresse aussi à toutes celles et ceux (et ils.elles sont nombreux.ses) qui ne sont jamais posé la question de leur blancheur. J'aimerais les surprendre, leur faire découvrir un pan de l'expérience humaine dont ils ignorent tout (ce que ça fait de ne pas être blanc, ce que ça fait de vivre avec les autres quand on sait qu'on est blanc) et les inciter à s'interroger avec moi sur leur place dans le monde. Par extension, Blanche s'adresse à toutes celles et tous ceux que la question raciale intéresse, mais aussi à toutes celles et ceux qu'elle hérisse, puisque le livre aborde le sujet d'un point de vue blanc, mais sans intention défensive, et qu'il tente honnêtement, par le récit et par le dialogue, de contribuer au débat sur la possibilité d'un universel humain.

    L'auteure
    Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige le théâtre Le Grand T. En 2019, elle a publié chez Mémoire d'encrier son premier roman Débutants.

  • Il est temps d'agir

    Carola Rackete

    On l'appelle " Capitaine Courage ".
    Carola Rackete a 32 ans. Le 29 juin 2019, aux commandes du Sea-Watch 3, elle a accosté à Lampedusa pour sauver 40 migrants en état de détresse à bord.
    Elle a bravé l'interdiction de débarquer, au nom de ses convictions. " Ce n'était pas un acte de violence, seulement de désobéissance. "
    Dans ce livre-manifeste, elle nous alerte sur le sort des réfugiés et l'état de notre planète. Il n'y a plus un instant à perdre pour construire un monde plus juste.
    À la suite de Greta Thunberg, elle incarne la génération du changement. " Quand, sinon maintenant, la chance se présentera-t-elle de changer le système ? " Allons-y.

  • Tisser

    Raharimanana

    L'art de tisser l'humanité

    Résumé
    Récit de l'auteur malgache Raharimanana qui entremêle légendes, mythes fondateurs et réalités contemporaines. Soucieux de restituer la mémoire trop souvent trahie par les récits, l'auteur revisite les luttes de libération, les formes de résistance et d'utopie. Il met en place une cosmogonie où tout se tisse dans une diversité de voix, de perspectives poétiques et politiques, rassemblant des formes singulières d'écriture et de transmission de la parole.

    Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l'Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l'humanité.

    Extrait
    Je vous viens d'un récit violent, de nombre de pays, d'un récit traversé et clivé par l'esclavage, la colonisation et la mondialisation. Vous qui vivez maintenant, vous qui me devinez là, en vous, semblant déjà familier car chuchotant en vos veines le tumulte des époques, celles passées, et celle dite actuelle - l'époque n'a aucun sens pour moi, l'actualité, le présent, moi qui serpente à travers les cours de la vie comme on serpente à travers les ruisseaux, la source est la finalité, la mer retourne dans les entrailles de la montagne, je confirme, une époque des idéaux mis à terre au profit des armes et de l'argent, sous le cynisme du monde qui se proclame développé, dans le rire des accapareurs de pouvoir qui se drapent de morgue et se proclament maîtres de la cité, maîtres de la Bourse, maîtres du culte ou de tout autre maillage collectif.

    Point de vue de l'auteur
    Tisser, c'est le récit de la vie. La vie faite de plusieurs fibres, chaque fibre ayant sa nature, sa force, mais unie à d'autres, forme le tout, le motif, le sens, la force, la délicatesse. Tisser, c'est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d'autres pour une existence plus vaste. Tisser pour moi, c'est avoir cette hauteur de vue, prendre soin de chaque fibre, chaque fil tout en se projetant sur le tissu à réaliser.

    L'auteur
    Raharimanana est né en 1967 à Antananarivo, Madagascar. Il y réside jusqu'à l'âge de 22 ans. Poète, romancier et homme de théâtre, il vit en France où il s'engage dans cette écriture de la mémoire qui met en récit légende et réalité.

  • Chaque matin, Charline réveille sa voiture et sa motivation pour se rendre chez ses patients. Elle a ses chouchous, comme ce couple de vieux qui se chamaille avec la tendresse d'un vieux couple, et il y a aussi des patients difficiles, comme cet homme alcoolique et violent face à qui elle s'est sentie si vulnérable. À chacun, elle prodigue ses soins et un peu plus. Un peu plus, c'est un coeur attentif, qui écoute sans compter son temps, même si ce n'est pas remboursé par la sécurité sociale. Voilà ce qui rend ce métier si exposé, si dur parfois, et surtout si précieux.
    Franchissons avec elle les portes de ces maisons habitées par la maladie, la solitude, mais aussi la joie, l'espérance, l'humour (et toutes sortes d'animaux). Tendres, poignantes ou cocasses, ces histoires de patients racontent cette profession à laquelle nous confions ce que nous avons de plus intime, de plus fragile et de plus cher : nos malades.

  • « Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. »

    Résumé
    "Je veux écrire à marée basse."

    Rien du tout, c'est l'espace où tout s'effondre, la forme, le genre, l'être. S'ouvre le trou noir, auquel il faut revenir pour naître. Ces fragments frôlent l'extinction, débordent, fuient, rejoignent la chute, les limites. Se mêlent et se contaminent générations, itinéraires, désirs. Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. L'écrit revendique sa survie, irrécupérable, jusqu'à la fin.

    Extrait
    Écoute : je ne cherche pas à rétablir, à déterrer les preuves, je ne cherche pas à me refaire une histoire pour revenir à quelconque origine. Je chante les mémoires minées, une dislocation désirante, je chante le coeur effondré des étoiles, l'horizon absolu d'un trou noir qui défigure l'espace-temps, je chante l'orgasme et la dépossession. Les glaciers fondent, relâchent des bactéries millénaires. À marée basse, on découvre les corps des noyés. Je veux écrire à marée basse.

    Point de vue de l'auteure
    Ce livre marque un autre rapport au genre, à la forme, à l'écriture. Il y a quelque chose de beaucoup plus vulnérable, mais aussi de beaucoup plus risqué. Je ne me mesure pas à la certitude des formes. Je ne suis plus intéressée par les prothèses narratives, les personnages, les événements. Je veux retracer autre chose. Le mouvement d'effritement de la vie même. Je veux que mon écriture veille les nombreuses extinctions dont nous sommes témoins.

    L'auteure
    Née à Montréal, Olivia Tapiero fait partie des voix les plus assumées de sa génération. Écrivaine et traductrice, elle a publié chez Mémoire d'encrier en 2017 Phototaxie.

  • Plaisir des météores

    Marie Gevers

    • Le cri
    • 26 May 2020

    Gamine, j'éprouvais une joie vertigineuse à marcher en pantoufles sur le gel : l'intraitable Hiver m'admettait, si humblement chaussée, dans son palais. C'est cette gloire d'être une familière des plus barbares altesses qu'exprime, avec une royale modestie, Marie Gevers dans Plaisir des météores.
    Je me suis promenée, un après-midi, avec elle, à Missembourg (domaine où elle naquit, vécut presqu'un siècle et mourut), dans l'incroyable odeur, si publiquement séminale des châtaigniers en floraison. Lui ai-je confié l'admirative envie que m'inspiraient l'unité de lieu de son destin, sa leçon d'univers dans un parc, son esprit fécondé chaque année par les mêmes très hauts pollens ? (Lucienne Desnoues)
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Marie Gevers (Edegem, 1883-1975) compte parmi les plus grands écrivains belges de langue française. Elle fut membre de l'Académie de langue et de littérature françaises (1938). D'abord poète, elle publia Missembourg, Les Arbres et le vent (prix Eugène Schmits 1924). Ses autres livres, récits et romans, chantent la sauvage beauté de la Campine anversoise, la « primitivité épique » des gens qui y vivent ou la somptuosité des saisons qui se posent sur les choses. Elle se révèle aussi fine psychologue dans Madame Orpha, ou la sérénade de mai (prix du Roman populiste 1934), Paix sur les champs, La Ligne de vie. Parmi ses autres livres : Plaisir des parallèles (Le Cri, 2002), Guldentop, Le Voyage de frère Jean, La Grande Marée, L'Oreille volée, Château de l'Ouest, L'Herbier légendaire, Vie et mort d'un étang (autobiographique).

  • Les écrits à caractère autobiographique sont extrêmement rares dans l'oeuvre d'Adorno, et d'autant plus précieux. Le présent volume rassemble quatre d'entre eux, les seuls que l'auteur a choisi de rééditer de son vivant en un recueil, paru chez Suhrkamp en 1967. Le philosophe de l'École de Francfort s'y révèle, dans tous les sens du mot. Il y parle de musique, de son adolescence, de ses rencontres. Il multiplie les anecdotes à valeur sociologique, voire parfois éthologique, tant l'animal - vache, sanglier ou encore marmotte - est loin d'être absent de ces brefs billets d'humeur. Et surtout, ces souvenirs sont littéralement incarnés car spécifi­quement reliés à un lieu. Tout se passe comme si l'évocation d'un paysage, d'une vue, d'un espace quel qu'il soit, était à l'origine de l'écriture autobiographique. Amorbach, nom d'une ville d'Allemagne­ mais aussi d'une abbaye bénédictine. Petite ville qui, par un phénomène de miroir inversé, permet à l'auteur de parler de l'Amérique, de la standardisation et, là aussi, d'industrie culturelle. L'on saisit mieux à la lecture de ces textes la genèse d'une philosophie de la radicalité.

  • Après ses Lettres, les Editions Zoé traduisent les proses de Walser parues dans le Berliner Tageblatt. Les quatre premiers textes (1907-1908) correspondent au genre prisé du jeune Walser : la composition. Ils font entendre la voix d'un écrivain déjà profondément singulier. Tous les autres, soixante-huit, sont écrits entre 1925 et 1933, spécialement destinés à ce quotidien berlinois au moment où Walser est à la tête d'une véritable entreprise de feuilletoniste pour les journaux de Suisse, d'Autriche, d'Allemagne et de Prague. Ils abondent en digressions, excentricités lexicales, rouerie langagière pour traiter les sujets du temps, nationalismes, émancipation de la femme, automobile, opéra, cinéma et littérature. Sa vitalité aiguise le sens du paradoxe et sape brillamment l'échelle des valeurs en cours.

  • "En un périlleux acte d'équilibre, il m'a fallu trouver un moyen terme entre mon refus de n'être que le strass voulant frauduleusement imiter le diamant, et le désir de préserver "ce grain de faux qui est peut-être l'idéal d'une oeuvre"."
    On pénètre ici comme par effraction dans la bibliothèque intime de Gabrielle Wittkop où l'esprit des Lumières et du libertinage voisine avec le romantisme européen, ainsi que d'autres grands classiques et modernes admirés. Ces vingt pastiches font ressurgir certains motifs propres à son esthétique de la cruauté, dont le dernier, qui délivre un supplément inédit à son célèbre Nécrophile.

  • «  Son regard malicieux, celui d'une camarade toujours prête à rire. Ses cartouches de cigarettes entassées dans un placard près des photos de famille. Ses trous de mémoire de vieille dame, sa difficulté à comprendre la souffrance des autres, pensant qu'elle n'égalera jamais la sienne. Sa manière de parler de "maman et papa" comme une adolescente qui a encore besoin d'eux pour grandir. Son inquiétude récurrente face à ma situation scolaire. Sa vision bien à elle de la politique, sa peur des rassemblements, de la colère, de la foule. Ses anecdotes heureuses dans des moments de grande tristesse. Son sourire qui efface ses larmes.
    Ce sont tous ces petits détails que je retiendrai de Denise, non pas l'image d'une survivante des camps de la mort, mais celle d'une femme à la poursuite du bonheur comme chimère.  »
     
    La vie du lycéen Baptiste Antignani, qui n'avait rien ressenti lors de la visite du camp d'Auschwitz avec sa classe, a été bouleversée par sa rencontre avec Denise Holstein. Il en a fait un film, Une vie nous sépare, coréalisé avec Raphaëlle Gosse-Gardet et produit par Federation Entertainment, et ce récit.

  • La vie d'Ariane aurait dû s'arrêter après la mort de Frantz. Son unique fils de dix ans décéda après un âpre combat contre la leucémie. Immergée dans une tristesse infinie, Ariane avait planifié son suicide. Mais son mari Jacques l'emmena dans une recherche spirituelle qui changea radicalement le cours de leur existence?: «?Nous devrions d'abord tenter de savoir s'il y a une vie après la mort?».

    Leurs découvertes spirituelles et leur inattendue foi en Dieu les amenèrent jusqu'en Afghanistan pour fonder Le Pélican. Ni les attentats, ni les kidnappings, ni les menaces de mort, ni les trahisons, ni même la mort de son mari n'empêcheront Ariane d'aimer ses amis hazaras. Depuis vingt ans, elle oeuvre en faveur des femmes, des enfants et des sourds-muets de Kaboul pour leur donner un espoir et un avenir. Même si chaque jour passé pourrait être le dernier.

    De Colmar à Kaboul est le récit poignant d'un parcours de vie hors du commun. Le témoignage d'une vie où l'abîme de la souffrance et du désespoir se trouve submergé par le renouveau et la lumière.

    Ariane Geiger Hiriart a fondé Le Pélican en 2002, une ONG qui centre son action sur l'éducation des enfants et des femmes hazaras. Les Hazaras constituent l'une des ethnies les plus défavorisées de Kaboul.

  • Comme je me sens fatiguée, usée et disgracieuse. Jamais je ne me suis trouvée aussi pitoyable. Je ne suis pourtant pas une vieillarde : pas même quinquagénaire ! Je sais que je ne devrais pas me mettre dans un état pareil. J'essaie de me raisonner, mais c'est plus fort que moi. J'avais pourtant fière allure, avec ma façade arrondie et mon parterre de roses grenat, sur lesquelles tous les passants se retournaient. J'étais toujours impeccable et pimpante. Maintenant, j'ai l'impression que ma vie est derrière moi, que je suis au bout du rouleau de mes ressources physiques et psychiques. Que vais-je devenir ? Tous ceux qui m'ont chérie sont partis. Quel triste sort ! J'ai si peur de l'avenir. Qui va vouloir de moi ? Au centre du récit : la maison des grands-parents paternels. Chargée d'objets, d'histoires, de souvenirs, elle est un personnage à part entière et n'hésite pas à prendre la parole. Entre elle et l'autre narratrice, unique petite-fille et dernier maillon vivant de cette branche familiale, s'amorcent un dialogue, un pas de deux et une transformation réciproque. Le récit, qui met aussi en scène une galerie d'humains et quelques chats, s'approche par instants de la frontière entre le monde des vivants et celui des disparus.

  • L'Italie est là, de l'autre côté du mont Blanc, dans ces petites aventures qui sont de grands moments que l'auteur fait vivre avec un talent tel qu'on finit par les faire nôtres.
    Préface de Dominique Potard

    Retrouvant ses racines au Petit Monde, le hameau valdôtain de son grand-père contrebandier, Vincent Jaccard a découvert qu'il n'était pas nécessaire de partir aux antipodes ou de risquer sa peau pour vivre en grand. Jeune garçon, il s'était rêvé en Bonatti ou en Moitessier, comme il arrive aux enfants qui ont de bonnes lectures. Entre-temps, la vie a passé et l'homme, lui, a conjugué toutes les aventures : chercher les truites en raquettes, les bouquetins et les myrtilles. Frôler le Cervin à skis.
    Méditer aux pieds des madones et des chapelles. Entrer dans la montagne en poussant la porte des bistrots et des refuges. Refaire le monde à l'hôtel Zerbion. Monter au Klein Matterhorn Paradise... Prendre enfin la plume pour graver dans la glace et le rocher ses plus beaux souvenirs de montagne, à la fois poétiques, drôles et généreux. Pour ne pas oublier, pour partager surtout, parce qu'il aime tout dans la montagne, sauf le solo. Et de démontrer avec talent que nous sommes tous des aventuriers.

  • Qu'avons-nous fait des idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité ? En avons-nous fini avec la République, la nation, la laïcité ? N'avons-nous plus le désir et l'amour de la France ? C'est de Finlande, où elle s'est exilée après la tuerie de Charlie H

  • Lorsque l'on demanda à Lawrence Anthony, grand défenseur de la nature, de recueillir un troupeau d'éléphants sauvages et traumatisés dans sa réserve de Thula Thula en Afrique du Sud, son bon sens l'incita d'abord à refuser. Mais quand il réalisa que les éléphants seraient abattus s'il ne changeait pas d'avis, il décida finalement de les sauver.
    Au cours des années qui suivirent, il devint peu à peu un membre de leur famille, créant des liens inaliénables avec le troupeau. Il comprit alors que ces créatures exceptionnelles avaient beaucoup à lui apprendre sur la vie, la loyauté et la liberté.
    L'homme qui murmurait à l'oreille des éléphants est le récit captivant, drôle et émouvant de l'aventure vécue par Lawrence Anthony auprès de ces animaux aussi impressionnants qu'attachants. Retraçant la vie dans une réserve sud-africaine, avec ses personnages hauts en couleur et parfois ses drames, ce livre emportera tous les amoureux des animaux et de l'aventure dans un tourbillon d'émotions et de bonheur.

  • Guillaume est un enfant fascinant. Autiste, il ne fait rien comme les autres et ça surprend car ses repères ne sont pas les nôtres. Il est dans sa tête comme il est dans notre coeur : de toutes ses forces. Et il y a son rire qui sonne clair. C'est comme une particule de lumière tombée sur la buée de ses yeux. Un drame, ici, va pourtant se jouer qui brisera le monde de ses parents. En eux, son envol. En eux, un geste retenu, un sol craquelé qui marquent un passage vers le coeur de l'enfant.

  • Il y a eu ce bang qui révèle les symptômes d'une pathologie chronique, le Syndrome d'Ehlers-Danlos. Vingt ans après, l'auteure met sa plume au service d'un combat. Du diagnostic en passant par les répercussions journalières, les leviers, la mort, les impasses médicales, les perspectives..., à travers 29 boîtes, le voile se lève sur ces maux dont on ne meurt pas mais qui tuent un peu plus chaque jour. Psychologue et formatrice, l'auteur permet à d'autres de s'y reconnaître et aide les proches et les professionnels à comprendre autrement les maladies invisibles.

  • Il n'est jamais trop tard pour se lancer
      «  J'ai quatre-vingt-dix ans, je prends la route.  » Voilà la réponse donnée par Miss Norma aux médecins qui lui proposaient une chimiothérapie et une fin de vie rapide.
    Lorsque Miss Norma apprend qu'elle a un cancer, l'avenir de la vieille dame semble promis à une succession de traitements harassants. Plutôt que de se laisser abattre et d'attendre dans son lit d'hôpital ce qui pourrait être ses derniers jours, elle décide de partir... en road-trip.
    Accompagnée de son fils Tim, de sa belle-fille Ramie et de leur caniche géant, elle explorera successivement pendant plus de deux ans le Grand Canyon, le Mont Rushmore, la Nouvelle-Orléans...
    Imprégné de la sagesse, du courage et de l'esprit généreux de cette remarquable nonagénaire, Le voyage de Miss Norma raconte ses expériences sur la route avec une jovialité irrésistible. C'est le récit d'une aventure qui change la vie, une aventure choisie pour nous montrer qu'il n'est jamais trop tard pour se lancer, pour insuffler l'espoir ou pour ouvrir de nouvelles portes. 
    Traduit de l'anglais par  Nadège Dulot

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