• « Les commencements de la Révolution sont ceux d'une extraordinaire accélération de l'histoire. Les événements s'y bousculent dans un luxe d'acteurs, d'envolées, de confusion et de coups de théâtre. Ce qui s'est passé à ce moment-là n'est intelligible que si l'on restitue les faits dans une séquence fondatrice.

    « Trois événements, liés entre eux et par lesquels tout advient, n'avaient jamais été racontés en tant que tels. Le mercredi 17 juin, les députés du tiers état s'érigent en "Assemblée nationale". Le samedi 20, ils jurent de ne jamais se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France. Le mardi 23 juin, ils envoient promener le roi, sa Cour et ses soldats. "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." Et le roi cède.

    « La Révolution s'est jouée et accomplie en sept jours et cinq décrets. Son destin, ses héritages y sont comme scellés. Jusqu'à la guerre civile. Jusqu'à la Terreur. »

    Le dernier opus d'Emmanuel de Waresquiel, enrichi d'abondantes sources inédites, change radicalement notre lecture de la Révolution. L'auteur raconte « ses » sept jours tambour battant en un récit alerte qui se lit comme un roman à suspense.

  • La véritable histoire du procès de Louis XVI.Le 21 janvier 1793, à Paris, Louis XVI est guillotiné publiquement. L'événement est considérable par sa radicalité. Henri III et Henri IV avaient été assassinés ; Louis XVI est exécuté au terme d'un jugement rendu au nom de la nation et de la République. La Révolution est victorieuse. Elle s'était réalisée peu à peu depuis 1789, quand le roi avait dû réunir les États généraux. D'affrontements en crises, elle s'était affirmée contre le monarque jusqu'à le chasser du trône le 10 août. Le 21 janvier marque une nouvelle ère pour le pays, ainsi que pour les pays européens : ce qui s'accomplit ce jour-là se veut exemplaire pour les peuples désireux de se libérer des princes et des rois. Conséquence inattendue, la guerre se généralise à tout le continent.
    La détermination nécessaire pour en arriver là explique le titre de ce livre : outre le fait que le mot " exécution " désigne une peine capitale appliquée après sentence d'un tribunal et évoque une destruction délibérée, il désigne plus largement une opération effectuée en appliquant des règles et des procédures, réalisée au terme d'un projet mûri.
    Pendant plusieurs mois, en effet, les Français hésitèrent à fixer le sort du souverain déchu et se déchirèrent d'abord pour définir les modalités du procès, ensuite pour savoir s'ils allaient le tuer. L'exécution légale a été un choix extrêmement difficile à faire, qui a laissé plus de traces mémorielles que l'acte lui-même. C'est pourquoi, l'ouvrage s'intéresse plus aux querelles et aux rapports de forces entre groupes révolutionnaires, qu'à l'examen de la responsabilité du roi et à sa personnalité. À côté du destin tragique de Louis XVI et de la rupture du lien du pays avec la monarchie en janvier 1793, la France se cherche entre Révolution et République dans ces mois d'automne-hiver 1792-1793 : c'est là que se trouve le coeur du livre. (Jean-Clément Martin)

  • La journée révolutionnaire ; le peuple a l'assaut du pouvoir, 1789-1795 Nouv.

    Si elle est intensément ancrée dans la mémoire collective des Français, la prise de la Bastille ne fut que la première d'une série de « journées » au cours desquelles le peuple parisien en armes fit basculer les régimes, les hommes et les hiérarchies, imposant sa volonté par la force. De l'invasion du château de Versailles en octobre 1789 à celle du palais des Tuileries en mai 1795, en passant par le renversement de la monarchie et la proscription des Girondins, ces épisodes majeurs au déroulement similaire - rassemblement puis marche des émeutiers, réaction des autorités, attitude des troupes, invasion des lieux de pouvoir, combats, massacres - rythment la grande épopée révolutionnaire pendant près de six ans. Au coeur de la Révolution française elle-même, ils sont en outre la matrice de bien des épisodes insurrectionnels de l'histoire mondiale. Délaissant une lecture strictement chronologique des événements pour adopter une démarche résolument comparative, à travers une narration remarquablement incarnée, Antoine Boulant met ainsi à jour le mécanisme des journées révolutionnaires et nous en offre une vision profondément originale.

  • Comment l'élan démocratique de 1789 a-t-il pu donner naissance à la violence terroriste de 1793 ? Cette question obsédait déjà les contemporains, qui y voyaient non seulement un défi politique et une épreuve morale mais aussi un scandale logique. " Ce qui sera à jamais incompréhensible, c'est le contraste inouï de nos principes et de nos folies ", écrit le révolutionnaire Dominique-Joseph Garat dès 1795.
    Timothy Tackett n'instruit pas le procès de la Révolution, il décrit le processus révolutionnaire. Dans un livre très neuf, s'appuyant sur les correspondances, pour la plupart inédites des acteurs des journées révolutionnaires, le grand historien américain restitue le sens des événements et des engagements, au plus près de la manière dont ils furent vécus, et des émotions politiques qui s'y exprimèrent. Après avoir expliqué dans Par la volonté du peuple (1997) comment l'on devenait révolutionnaire, l'auteur montre ici avec brio comment l'on peut devenir terroriste.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Serge Chassagne
    Professeur à l'université de Californie, Timothy Tackett est spécialiste de la Révolution française. Plusieurs de ses livres ont été traduits en français, dont Par la volonté du peuple. Comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires (Albin Michel, 1997) et Le roi s'enfuit. Varennes et l'origine de la Terreur (La Découverte, 2004 et 2007).

  • " La recherche de l'ordre et d'une issue aux violences et épurations successives, auxquelles la République semblait condamnée, était devenue en 1795 le rêve de toute une génération avide de rétablir la stabilité institutionnelle et la paix sociale. [...] Cette recherche de sécurité, véritable quête de sûreté, n'impliquait pas qu'on doive renoncer à sa foi républicaine. Loin de là. [...] Ce que cherchaient les hommes de l'an III, c'est le Saint Graal de tout révolutionnaire, au milieu de l'incertitude créée par une révolution : comment faire une république sans révolution ? "

    C'est par ces mots qu'Alan Forrest introduit ce livre regroupant une équipe internationale d'historiens et d'historiennes. Comment sortir de la guerre civile sans renoncer à la République ? Restaurer au quotidien les contre-pouvoirs tout en luttant contre les royalistes d'une part et les Égaux rassemblés autour de Gracchus Babeuf, de l'autre ? Le thème de l'autorité républicaine confrontée au défi de la recherche de l'ordre est au centre de ce livre. Le présent ouvrage met en lumière la difficulté à instaurer un gouvernement légitime en mettant un terme à la Révolution française. Les plumes ici réunies esquissent de précieux portraits des hommes du Directoire (dont Sieyès, Carnot, Babeuf), dessinent un tableau saisissant des institutions de l'an III, et tentent de dresser le bilan de cette époque charnière, non seulement en France mais aussi au-delà des frontières.

    Ressortent les idéaux, pensées, doutes, contradictions également, d'un régime fragile empêtré dans une profonde crise de confiance, mais bien disposé à forger la République.

  • La grande peur de 1789 est un événement étonnant. En réaction aux incertitudes de la Révolution, d'un bout à l'autre du royaume, se répand l'idée que des aristocrates arment des brigands pour ravager les récoltes et massacrer le peuple. Aux contemporains déconcertés, elle apparut comme un mystère. Ceux qui voulurent, à toutes forces, en improviser une explication l'attribuèrent à un complot qu'ils rapportèrent, suivant leurs opinions, à l'aristocratie ou aux révolutionnaires.
    OEuvre majeure de Georges Lefebvre (1874-1959), cet ouvrage se situe à la croisée de l'histoire sociale et de l'histoire des mentalités. Il constitue une étude inégalée sur le rôle et la signification des foules dans la Révolution française et dans l'Histoire.
    Texte présenté par Michel Biard (Université de Rouen) et Hervé Leuwers (Université de Lille).

  • Retour sur l'affaire, qui depuis deux siècles, divise la France. Mais ni plaidoyer idéologique, ni relation historique, ce livre consiste dans une véritable instruction juridique selon les critères mêmes de la justice internationale. La réparation d'un trou béant dans notre mémoire.
    Pourquoi c'est un génocide.
    Pourquoi il n'est pas reconnu.
    Pourquoi et comment il devrait l'être.
    Mars 1793 : la Vendée se soulève pour défendre ses " bons prêtres " et se bat pour le retour d'un roi qui protégerait cette religion que le nouveau régime persécute. Au cours de la guerre qui suivra, 21 à 23 % de la population de la région (170 000 personnes environ, surtout femmes, enfants et vieillards) périra.
    Utilisant la méthode du droit pénal international telle qu'elle s'est développée dans l'analyse des génocides commis en ex-Yougoslavie, au Rwanda, au Cambodge, sans négliger l'expérience du tribunal de Nuremberg, Jacques Villemain démontre que ces massacres entrent parfaitement dans la définition de ce " crime des crimes ".
    Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi a-t-on tant de mal en France à regarder ces faits en face ? Pourquoi serait-il bon de mettre derrière nous cette tragédie en reconnaissant enfin la nature de ces crimes, et comment le faire dans des conditions qui honorent notre attachement aux droits de l'homme et notre unité nationale ?
    Une enquête sans précédent.

  • La Révolution française fut aussi une Révolution des idées. En sapant les bases de l'Ancien Régime, les Lumières ont fondé la vie politique moderne. De la Déclaration des droits de l'homme (1789) à la prise du pouvoir de Napoléon Bonaparte (1799) en passant par la journée du 10 août 1792, les événements dramatiques se succèdent à un rythme exténuant. Faisant revivre les débats qui se déroulent dans les assemblées, au sein des clubs, des sociétés et dans une profusion de journaux ou de libelles, Jonathan Israel distingue trois courants de pensée : les Lumières radicales, les Lumières modérées et la mouvance populiste.
    La tendance « radicale » se bat pour une démocratie sans restriction, fondée sur l'universalisme et la laïcité. La deuxième - dite « modérée » - est plus conservatrice. Elle entend préserver la monarchie et s'inspire de l'Angleterre. Le dernier courant, le populisme autoritaire, prend forme au cours de la Révolution et n'a pas d'antécédent. Incarné par Robespierre, ce mouvement se réclame du peuple et de Jean-Jacques Rousseau. Il impose la Terreur, corrompant les principes mêmes des Droits de l'Homme.
    Avec verve et un rare talent de polémiste, Jonathan Israel bouscule l'histoire de la démocratie. Il rappelle à quel point la Révolution française fut novatrice en la matière, malgré la violence qui l'accompagna - et sur laquelle il ouvre une réflexion originale. On entend ici les voix d'une foule d'acteurs, plongeant le lecteur au coeur des événements en France, en Europe au Proche-Orient et dans le monde atlantique. L'onde de choc s'étend aujourd'hui encore...
    Jonathan Israel (né en 1946), professeur émérite d'histoire moderne à l'Institute for Advanced Study (Princeton), a consacré l'essentiel de ses travaux à l'histoire des Lumières. De cette monumentale réflexion, seuls deux volumes ont été jusqu'à présent traduits en français : Les Lumières radicales. La Philosophie, Spinoza et la naissance de la modernité (1650-1750) (Amsterdam, 2005) ; Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne (Agone, 2017).

  • Il a fallu à la Révolution trois jours et deux nuits, du 14 au 16 octobre 1793, pour juger et exécuter Marie-Antoinette. Elle était condamnée d'avance. Ce face-à-face dramatique entre l'ancienne reine de France et ses juges dans la salle de la Liberté du Tribunal révolutionnaire de Paris tient tout à la fois du huis clos, du dialogue de sourds et de l'épreuve de force. C'est bien sûr le procès d'une reine, c'est aussi celui d'une étrangère, c'est enfin celui d'une femme et c'est celui d'une mère. Emmanuel de Waresquiel le raconte, à la lumière de sources jusqu'alors inédites, en montrant tour à tour l'accusée et ses accusateurs, leurs peurs, leurs courages et leurs certitudes, leurs fantasmes et leurs haines. Il en fait à la fois un tournant de la Révolution et l'un des moments paroxystiques de la Terreur. Un miroir aussi, comme si tout était dessiné en noir et blanc : les hommes et les femmes, la vertu et la trahison, l'égalité et le privilège, la nation et l'Europe, la République et la monarchie. Les grandes fractures françaises ont en commun d'avoir été des tragédies. Elles font de ceux qui s'y débattent des personnages de la 25e heure. Victimes et bourreaux n'ont plus de prise sur leur destin.

  • " Crois ou meurs ! Voilà l'anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté ! " Ainsi s'indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, au tout début de la Révolution. Voilà qui s'inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd'hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l'homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

    Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ? Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n'avait été qu'une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l'enjeu mémoriel divise toujours les Français ? Il fallait reprendre l'enquête en revisitant les événements, en les décryptant et en se libérant de l'historiquement correct.

    Ce récit circonstancié s'adresse à tous ceux qui souhaitent qu'on leur raconte enfin une autre histoire de la Révolution française, la vraie.

  • La Révolution française est ici revisitée à la lumière des recherches novatrices qui ont vu le jour depuis vingt ans. L'ouvrage est ordonné selon un plan qui, tout en respectant le récit chronologique, insiste sur certains aspects thématiques. Deux approches ont été particulièrement privilégiées : d'une part, la Révolution est saisie comme une rupture politique majeure, fondamentale pour la construction de la démocratie en France ; d'autre part, elle est replacée dans son environnement international à travers ses singularités et ses influences dans le monde de la fin du XVIIIe siècle.
    Cet ouvrage, panorama clair et complet, donne à voir et à comprendre l'un des événements majeurs de l'histoire universelle.

  • Au coeur de la réflexion sur la Révolution française, la «  terreur  » constitue une véritable énigme.
    Comment cette révolution, qui promeut les Droits de l'Homme, entend réformer la justice au nom des Lumières et convaincre ses opposants par la seule force de la Raison, en vient-elle à mettre en oeuvre une terrible répression contre ses adversaires  ? La guillotine, initialement conçue pour être un symbole d'humanisation de la peine capitale, devient ainsi un redoutable instrument d'élimination politique et marque en profondeur l'image de la Révolution, mais aussi celle de la France dans le monde.
    Fruit d'un prétendu «  système  » inventé par les vainqueurs de Robespierre, la Terreur est ici saisie dans toute sa complexité, notamment dans ses liens avec l'état d'exception et le Gouvernement révolutionnaire. Cet ouvrage a pour ambition de livrer des éléments factuels et des réflexions qui permettront de comprendre comment ce phénomène de la «  terreur  » a pu aussi durablement ternir l'image et le souvenir de la Révolution française.
     


  • Cet ouvrage éclaire d'un jour nouveau la Terreur, et au-delà, la Révolution française, période-clef de notre histoire contemporaine, dont il est un épisode décisif.

    La " terreur " est le meilleur concept politique français à l'exportation : terreur rouge, terreur brune, terreur islamiste... alors que les historiens ne s'accordent toujours pas sur la nature de cet épisode de la Révolution française. S'il est admis que la Terreur prend fin le 10 thermidor an II (28 juillet 1794), avec l'exécution de Robespierre, une multitude de questions demeurent. Quand a-t-elle réellement débuté ? Qui a utilisé le terme, et dans quel but ? Doit-on l'écrire avec une majuscule ? Est-elle le produit d'une politique ou la conséquence de la vacance du pouvoir ?
    A-t-elle été inventée pour disqualifier Robespierre, voire toute l'oeuvre de la Révolution ? A-t-elle été plus meurtrière que les crises contemporaines, en Europe et en Amérique ? Plus de deux cents ans après les faits, il est temps de faire le tri entre la légende et la vérité, afin de mieux comprendre ce que fut la Révolution, période clé de notre histoire nationale.

  •  Il est courant d'affirmer qu'au XVIIIe siècle, les femmes étaient libres, pour ne pas dire libérées. Puis d'ajouter dans la foulée que la Révolution française les a privées de leurs droits. Pour illustrer ce propos, les protagonistes de cette représentation utilisent à l'envi l'argument des femmes tenant Salon. Au-delà de la question de la représentativité de ces salonnières, il y a là le souhait de discréditer les années révolutionnaires. 

    Toutefois, il ne suffit pas de se cantonner dans l'impressionnisme d'une telle hypothèse. Christine Le Bozec procède donc à un état des lieux de la condition féminine à l'époque des Lumières, avant d'envisager leur implication et leur rôle au cours de la Révolution française, puis de conclure sur l'Empire et la Restauration. Ses conclusions sont novatrices : le seul moment où le groupe femme (et non de rares individus) a réellement pris la parole, s'est fait écouter en investissant l'espace public, furent les années 1789-1795 ; années de conquête de droits chèrement et âprement acquis, puis difficilement conservés, avant que Bonaparte ne commence à les rogner et que la Restauration ne les supprime.

  • Séduire au risque d'en mourir : tel fut le sort de plusieurs héroïnes de ce livre dont le rôle politique sous la Révolution s'acheva sur l'échafaud. Ainsi d'Olympe de Gouges ou de Mme Roland...
    On l'a oublié ou négligé : de grandes figures féminines tentèrent d'infléchir le cours de la Révolution dans un sens ou dans un autre. La plupart s'efforcèrent d'influencer des hommes politiques du temps - de là leur nom d'" égéries " - faute de pouvoir se faire entendre à la tribune et participer aux grandes décisions. Une revendication que les révolutionnaires ne cessèrent d'étouffer. Et pourtant, n'étaient-ce pas les femmes qui avaient ramené le roi de Versailles à Paris ou contribué à la chute de la monarchie ?
    Voici l'histoire de la Révolution vue sous un autre jour, expliquant, entre autres, le renoncement du duc d'Orléans à la régence après la fuite du roi ou la chute inattendue de Robespierre le 9 Thermidor.
    Dans les coulisses de la scène politique, ne fallait-il pas chercher l'égérie ?

  • La Révolution a mauvaise réputation. On reconnaît la belle universalité de ses principes, mais on honnit les violences qui en ont ponctué le cours, conspuées sous le nom de Terreur. Ces représentations occultent tout à la fois les difficultés de l'entreprise et les énormes espérances que suscita l'événement. L'historienne Annie Jourdan nous invite à reconsidérer ce moment fondateur de notre modernité. Au fil des pages, elle en fait revivre les temps forts dans une approche sensible aux aléas qu'ont dû affronter les protagonistes. Elle déroule les faits grâce à un important corpus d'archives, constitué d'actes, de lettres, de courriers, de mémoires, où la Révolution se joue au gré des passions françaises. On mesure alors la force du ressentiment qui plonge le pays dans une longue guerre civile, que seule l'armée parviendra à apaiser. C'est que deux légitimités sont aux prises : celle de la monarchie, ancrée dans l'Histoire ; et celle de la nation, fondée sur le suffrage populaire.
    L'événement eut une portée internationale, on le sait. Nombre de soulèvements s'ensuivent, qui rebattent les cartes : en Amérique, en Irlande, aux Pays-Bas, en Suisse. Mais l'on a souvent tu les discordes civiles qui accompagnèrent ces changements, là-bas comme ici. En restituant l'histoire dans sa globalité, avec ses aspérités et ses mémoires troubles, Annie Jourdan réalise une grande fresque de la Révolution, entre vérité et légendes.

  • Peu de livres ont eu une importance historique aussi grande, et une postérité aussi variée, que ces « Réflexions », présentées ici dans une traduction nouvelle. OEuvre de circonstance, elle est très vite au centre des polémiques de l'époque révolutionnaire et, au-delà, elle inspire toutes les grandes critiques de la philosophie du XVIIe siècle : du conservatisme anglais au romantisme allemand et au traditionalisme des contre-révolutionnaires français. Libéral anglais, que tout semblait disposer à accueillir favorablement la Révolution, Burke, dès novembre 1790, prévoit, comme des conséquences inéluctables, la déposition du roi sinon son exécution, et la dictature militaire. La Terreur et la guerre ne feront que confirmer ses premières analyses, comme le montrent, avec une superbe éloquence, les textes qu'il consacra ensuite, jusqu'à sa mort en 1797, aux événements de France, et dont un choix abondant complète la présente édition. Traduction de Pierre Andler ; présentation de Philippe Raynaud ; annotation d'Alfred Fierro et de Georges Liébert. Edmund Burke (1729-1797), homme politique et philosophe anglais d'origine irlandaise, a longtemps été député à la Chambre des Communes comme membre du parti whig. Il est resté célèbre pour le soutien qu'il a apporté aux colonies d'Amérique du Nord lors de leur lutte pour l'indépendance, ainsi que pour sa ferme opposition à la Révolution française qui fit de lui l'un des chefs de file de la faction conservatrice au sein de son parti.

  • « Si un historien fut longtemps ignoré, et pour de mauvaises raisons, c'est bien Augustin Cochin. On peut même dire que l'homme et l'oeuvre seraient tombés dans un oubli complet si François Furet ne les avait tirés du sépulcre où l'historiographie révolutionnaire de la Révolution les avait ensevelis.
    À l'heure où l'on se gargarise de mots, à l'heure où le despotisme de "l'opinion", ou de ce qui en tient lieu, se fait plus sentir que jamais, à l'heure où la démocratie partout célébrée est davantage un mantra qu'une réalité, en ces temps de disette et de médiocrité de la pensée, le retour aux grandes oeuvres, originales et puissantes, est toujours comme un bain de Jouvence. »
    Patrice Gueniffey
    Chartiste de formation, historien de métier et sociologue de tempérament, Augustin Cochin est mort au champ d'honneur à trente-neuf ans, en 1916. François Furet le considérait comme l'un des deux historiens, qui, avec Tocqueville, surent penser la Révolution française. Cochin est assurément celui qui a mis à jour le mécanisme de la Révolution, au sein de sociétés de pensée qui vont modeler une opinion publique nouvelle et l'esprit démocratique moderne.
    Cette oeuvre majeure, pour la première fois accessible dans sa quasi-exhaustivité, permet à la fois de comprendre l'effondrement de l'Ancien Régime et de visiter les soubassements du phénomène démocratique. Outre l'essentiel du corpus d'histoire de la Révolution, dont le fameux Les Sociétés de pensée et la démocratie, cet ouvrage contient l'ensemble des études de Cochin sur le protestantisme français, jusqu'ici jamais publiées en volume. Il donne aussi à lire la correspondance inédite de l'historien où la finesse de l'homme vient percer la carapace du chercheur.
    Augustin Cochin fera toujours débat. Mais les questions qu'il entreprit d'explorer en solitaire il y a un siècle sont encore d'aujourd'hui. C'est déjà beaucoup, et assez pour lui accorder toute notre attention.

  • Loués ou honnis, tels demeurent dans la mémoire française les chefs de guerre qui, de 1793 à 1796, menèrent les révoltes royalistes de l'Ouest contre les armées républicaines. Leur jeunesse et leur audace ont fait leur légende, dorée ou noire. Mais c'est en cela que ces champions de la monarchie sont également des héros modernes.
    Cathelineau " le saint de l'Anjou ", Lescure " le saint du Poitou ", Bonchamps le magnanime, Talmont le vengeur, d'Elbée le provocateur Marigny l'indiscipliné, Stofflet l'infaillible, La Rochejaquelein le cadet et Charette " le roi de la Vendée " : voici l'épopée d'une génération qui, toute à sa fureur de vivre, a choisi pour destin de revivre l'Iliade. C'est avec un souffle homérique que Jean-Joël Brégeon en restitue ici l'histoire.
    Préface de Gérard Guicheteau

  • Il serait injuste d'accuser le peuple parisien des massacres de septembre : cent cinquante égorgeurs, au plus, suffi rent à la besogne. Pendant une semaine, ils terrorisèrent Paris : le peuple, lui, se contenta de regarder, d'être curieux, d'applaudir ; d'apporter là son amour effréné du spectacle, quel qu'il soit ; et aussi cette sorte d'équité fruste et servile qui le poussait à huer les coupables et à embrasser ceux qu'on lui déclarait innocents. Des récits qui vont suivre surgiront d'horribles figures ; mais combien plus nombreux furent ceux qui risquèrent leur vie pour sauver des malheureux dont ils ne connaissaient pas le nom. Ce sont ces comparses héroïques qu'il faut suivre à travers le drame. »
    Après la chute de la Monarchie en août 1792, l'Assemblée législative s'incline devant la Commune insurrectionnelle de Paris, largement influencée par Robespierre. À Paris, environ 3 000 suspects sont emprisonnés. La peur du « complot aristocratique », l'inquiétude grandissante devant l'avancée des troupes prussiennes déchaînent les passions populaires et provoquent les massacres de septembre dont le bilan s'élève à plus de 1 000 victimes.

  • Au coeur du Paris de la Révolution, G. Lenotre applique les recettes qui ont fait de lui le maître de la "Petite histoire" : art du récit relevé par de nombreuses anecdotes puisées dans des textes rares ou des archives, écriture de véritables reportages sur la vie quotidienne de l'époque, les hommes et les lieux emblématiques de la Révolution. Sont tour à tour, et notamment, racontés avec brio : Robespierre, les Tuileries, le 10 août, l'Abbaye, Charlotte Corday, Danton, le Club des Jacobins, les cordeliers et la Conciergerie.Un immense succès de librairie jamais édité en poche.

  • Au XIXe siècle, le « vandalisme révolutionnaire » n'est plus de saison. Et pourtant, des gestes oubliés, d'une ampleur insoupçonnée, semblent se rejouer : bustes de rois brisés, emblèmes martelés, drapeaux brûlés. Dans des moments d'anomie, de révolution ou de restauration, le domaine de ce qu'il est tolérable de voir est redéfini. L'oeil blessé dicte sa loi. Que détruisent alors les iconoclastes ? Que visent-ils à travers l'image brisée ? Quelle puissance et quelle vitalité lui attribuent-ils ? Quels effets croient-ils produire sur le monde social et sur les rapports de pouvoir ? Nourri d'archives vivantes et sensibles, l'ouvrage analyse ces gestes en situation, comme autant d'opérations politiques dont il restitue les sens perdus.

    Emmanuel Fureix est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l'Université Paris-Est Créteil, ancien membre de l'Institut universitaire de France. Il a notamment publié La France des larmes. Deuils politiques à l'âge romantique (Prix Chateaubriand 2009), Le siècle des possibles. 1814-1914 (2014), et La modernité désenchantée. Relire l'histoire du XIXe siècle français (2015, avec François Jarrige).

  • Si Camille et Lucile Desmoulins n'apparaissent plus guère dans les manuels scolaires, ils restent bien vivants dans la mémoire collective. L'un est républicain avant la république, défenseur de la liberté de la presse et homme de lettres  ; l'autre est citoyenne et diariste. Tous deux ont cru en la Révolution, ont combattu pour la liberté et l'égalité politique, ont aimé, jusqu'à la mort. Lorsqu'ils montent sur l'échafaud, en 1794, Lucile a vingt-quatre ans, dix de moins que son mari.
    À l'issue d'une patiente exploration des sources, de la mise au jour de nombreux inédits, Hervé Leuwers brosse un attachant portrait de ce couple, dont l'exigence démocratique est parfois d'une étonnante actualité. Par une histoire sensible, attentive aux émotions et à la culture de la fin du xviiie siècle, l'historien redonne vie à deux enfants des Lumières qui, pour reprendre les mots de Camille Desmoulins, ont «  rêvé une république que tout le monde eût adorée  ».

  • Le mot « révolution » est un mot qui a enthousiasmé des générations, mais aussi un mot qui a fait peur. Aujourd'hui, c'est surtout un mot galvaudé, la plus petite réforme ou innovation, dans quelque domaine que ce soit, étant considérée comme « révolutionnaire ».
    Comment redonner du sens à ce mot ? Et que penser aujourd'hui de l'idéal révolutionnaire ?
    De nombreuses révolutions ont ponctué l'histoire du monde, mais la Révolution française de 1789 reste la révolution de référence. C'est d'elle que l'historien Jean-Marc Schiappa repart pour rendre à ce mot toute sa force et son originalité.
    Il ne s'agit pas de nous retracer une énième histoire de la Révolution française, mais de redéfinir son esprit, d'en dégager les caractéristiques principales, d'analyser les quiproquos qu'elle a suscités, pour nous aider à faire renaître l'idéal qui l'a animée, et restituer à ce mot « révolution » sa signification première : un monde neuf.

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