• « L'air du temps, en accusant la science de n'être qu'un récit parmi d'autres, l'invite à davantage de modestie. On la prie de bien vouloir gentiment "rentrer dans le rang" en acceptant de se mettre sous la coupe de l'opinion. » Étienne Klein

    La philosophie des Lumières défendait l'idée que la souveraineté d'un peuple libre se heurte à une limite, celle de la vérité, sur laquelle elle ne saurait avoir de prise : les « vérités scientifiques », en particulier, ne relèvent pas d'un vote. La crise sanitaire a toutefois montré avec éclat que nous n'avons guère retenu la leçon, révélant l'ambivalence de notre rapport à la science et le peu de crédit que nous accordons à la rationalité qu'il lui revient d'établir. Lorsque, d'un côté, l'inculture prend le pouvoir, que, de l'autre, l'argument d'autorité écrase tout sur son passage, lorsque la crédibilité de la recherche ploie sous la force de l'événement et de l'opinion, comment garder le goût du vrai - celui de découvrir, d'apprendre, de comprendre ? Quand prendrons-nous enfin sereinement acte de nos connaissances, ne serait-ce que pour mieux vivre dans cette nature dont rien d'absolu ne nous sépare ?

  • La construction de soi rassemble une série de lettres qui dessinent un usage de la philosophie envisagée comme un mode de vie, une thérapeutique de l'âme. Ici, les philosophes sont interpellés et mis à l'épreuve. Tour à tour, le lecteur côtoie Boèce, Épicure, Schopenhauer, Spinoza ou Etty Hillesum. Ces guides présentent des voies pour se dégager du passé, des regrets ou de la haine de soi. Ils invitent à se libérer du regard d'autrui et ouvrent au risque de l'acceptation.
    Alexandre Jollien propose un dialogue intérieur qui prend la forme d'une correspondance adressée à Dame Philosophie, cette figure allégorique dont Boèce imagina recevoir la visite alors qu'il attendait dans sa prison d'être exécuté. Dans cet itinéraire, l'auteur esquisse le portrait de Dame Frayeur et de la Mort, avec lesquelles il faut bâtir une vie. Ces lettres entendent dépeindre un état d'esprit qui tente de répondre à l'invite de Spinoza : " Bien faire et se tenir en joie ".

  • À l'heure où le naturalisme (thèse selon laquelle tout ce qui existe - objets et événements - ne comporte de cause, d'explication et de fin que naturelles) exerce une force philosophique et scientifique grandissante, l'oeuvre de Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) suscite un regain d'intérêt en raison de son mot d'ordre : le retour aux choses mêmes.
    Merleau-Ponty pose comme originaire l'étude de la perception : le corps n'est pas seulement une chose, qui serait un objet potentiel d'étude pour les sciences ; il est une condition permanente de l'expérience, parce qu'il constitue l'ouverture perceptive au monde et à son investissement. Il y a une coappartenance de la conscience et du corps dont l'analyse de la perception doit rendre compte. Merleau-Ponty rompt avec l'ontologie dualiste de Descartes et l'opposition entre les catégories de corps et d'esprit qui est si prégnante dans certaines sciences aujourd'hui : "C'est dans l'épreuve que je fais d'un corps explorateur voué aux choses et au monde, d'un sensible qui m'investit jusqu'au plus individuel de moi-même et m'attire aussitôt de la qualité à l'espace, de l'espace à la chose et de la chose à l'horizon des choses, c'est-à-dire à un monde déjà là, que se noue ma relation avec l'être."

  • L'épistemologie

    Hervé Barreau

    L'épistémologie est l'étude de la science, ou plutôt des sciences. L'usage de ce mot et la conception qu'il exprime sont relativement récents, puisqu'on ne les rencontre, dans la littérature scientifique et philosophique de langue française, qu'au début du XXe siècle. L'épistémologie implique que la connaissance scientifique, de même que la connaissance commune sur laquelle elle s'appuie, se situent toutes deux dans l'Histoire. Entre cette base et son environnement social, culturel et éthique, se situe l'éventail entier de la connaissance scientifique. Hervé Barreau analyse l'ensemble des problèmes qu'elle soulève, de la logique aux sciences de l'homme et de la société, en passant par les sciences physiques et les sciences du vivant.

  • Quelles consciences ont ou devraient avoir scientifiques et citoyens des fondements et des méthodes légitimant les « connaissances valables » que les uns et les autres produisent, interprètent et transforment en permanence ? Peut-on continuer à « faire comme si » existait dans l'empyrée des académies quelque gardien discret qui veille sur la qualité scientifique des connaissances, en se référant à une certaine sagesse que l'on pourrait dès lors ignorer ? Depuis près d'un demi-siècle, l'approche constructiviste de l'épistémologie a permis des réflexions et des explorations qui ont profondément renouvelé cette discipline et dont Jean-Louis Le Moigne rend compte dans cet ouvrage.

  • L'humanité est-elle prête à vivre avec d'autres intelligences ? Dans ce livre, Pascal Picq analyse la coévolution de l'espèce humaine et de ses proches - les australopithèques d'hier comme les chimpanzés d'aujourd'hui - avec les innovations techniques et culturelles actuelles. Retraçant les fondements des intelligences animales, humaines et artificielles dans une approche évolutionniste, il nous explique comment elles ont émergé, en quoi elles diffèrent fondamentalement et pourquoi certaines d'entre elles sont plus performantes que d'autres. Une nouvelle phase de l'évolution se dessine en ce moment, dont il est urgent de prendre la mesure : il nous faut apprendre, et vite, à vivre en bonne intelligence avec toutes ces intelligences. En attendant les promesses du transhumanisme, une décennie de tous les possibles s'ouvre à nous. Les technologies ne suffiront pas si l'humanité ne s'inscrit pas dans une véritable vision évolutionniste qui associe les intelligences humaines, animales et artificielles. Pascal Picq Pascal Picq est paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France. Il est l'auteur d'Au commencement était l'homme, de Lucy et l'obscurantisme, de De Darwin à Lévi-Strauss et, plus récemment, de Qui va prendre le pouvoir ?, qui sont de très grands succès. 

  • Qu'est-ce qui fait de nous des hommes ? Le privilège d'être dotés d'une conscience ? Antonio Damasio propose une nouvelle théorie permettant d'expliquer en termes biologiques le sentiment de soi. Comment le cerveau engendre t-il les structures mentales qui nous donnent à voir des images ? Comment crée t-il ce sentiment de nous-mêmes dont nous faisons l'expérience lorsque nous pensons quelque chose, percevons quelque chose, imaginons quelque chose ? Non, la conscience de soi ne tombe pas du ciel. Oui, elle peut s'expliquer, presque se montrer, et nous pouvons la connaître. Nous savons enfin ce que nous sommes et pourquoi. Une révolution.« Ce livre nous dévoile pour la première fois les fondements neurobiologiques du Soi. » Jean-Pierre Changeux « Antonio Damasio est probablement l'un des plus brillants neurologues au monde. » David Hubel, prix Nobel« Voici un livre sans équivalent » Jerome Kagan« Ce livre est une merveille qui mêle avec brio intuition poétique et précision dans l'analyse. » Peter BrookAntonio R. Damasio dirige le département de neurologie de l'Université de l'Iowa et enseigne à l'Institut Salk d'études biologiques de La Jolla, aux États-Unis. Il est l'auteur de L'Erreur de Descartes, qui a connu un très grand succès et a été traduit en dix-huit langues.

  • « Mon âme est un orchestre caché, écrivait le poète Fernando Pessoa. Je ne me connais que comme symphonie. » D'où vient donc cette musique si particulière qui se joue en nous et nous accompagne à chaque moment ? D'où vient que nous soyons des êtres conscients, éprouvant toujours, dès que nous ouvrons les yeux et quoi que nous fassions, le sentiment inébranlable d'être toujours les mêmes ? Et quels sont, au tréfonds de nos cellules, les mécanismes qui permettent l'émergence de ce qu'il y a de plus humain en nous, nos sentiments, nos pensées, nos créations ?Antonio Damasio, l'un des spécialistes des neurosciences les plus importants et les plus originaux, lève ici le voile sur la fabrique de la conscience. Au sein du cerveau, bien sûr, et qui plus est dans ses parties les plus profondes, si intimement liées au corps et à la régulation de la vie biologique. Non, la conscience et le soi ne sont pas une « chose », une « substance », une « entité » en nous, comme on l'a longtemps postulé. Bien au contraire, ils forment un ensemble dynamique de processus nés petit à petit au fil de l'évolution biologique. Pour autant, les « naturaliser » ainsi, est-ce rabaisser l'homme ? Sûrement pas, pour Antonio Damasio, tant on peut s'émerveiller de la mécanique rendant possible la symphonie dont, à chaque instant de notre vie, nous sommes le chef d'orchestre. Une approche très originale, qui renouvelle en profondeur la science de la conscience. Antonio Damasio est professeur de neurosciences, de neurologie et de psychologie. Il dirige l'Institut du cerveau et de la créativité à l'Université de Californie du Sud et est professeur adjoint au Salk Institute de La Jolla. Ses ouvrages ont été traduits dans une trentaine de langues ; il est notamment l'auteur de L'Erreur de Descartes et de Spinoza avait raison, qui ont connu un immense succès.

  • Pierre de Fermat, l'un des plus grands mathématiciens français du XVII siècle, s'était contenté de porter dans la marge de
    son cahier de travail:"xn + yn = zn impossible si n > 2. J'ai trouvé une solution merveilleuse,
    mais la place me manque ici pour la développer."
    Ce théorème allait devenir, pour les trois cent cinquante années à venir, le Graal du monde des mathématiques. Les plus
    puissants esprits de tous les siècles et de toutes les nations tentèrent de venir à bout de cette équation. Léonhard Euler,
    génie du XVIII, dut admettre sa défaite, Sophie Germain, au XIXe siècle prit l'identité d'un homme pour se lancer dans
    des études jusqu-là interdites aux femmes. Evariste Galois, la vieille de sa mort, jeta sur quelques feuilles une histoire
    une théorie qui allait révolutionner la science. Yutaka Taniyama se suicida par dépit alors que Paul Wolfskehl trouva dans
    cette énigme une raison de vivre. Et en 1993, un jeune Anglais, Andrew Wiles, professeur à Princeton, put enfin régler, après
    sept années de recherche solitaire et quelques mois de doutes, le sort de ce fantastique problème devant la communauté scientifique
    émerveillée.
    Le dernier Théorème de Fermat est le récit de cette quête. Une véritable épopée qui met en scène, à travers l'histoire
    des mathématiques, les intelligentes les plus brillantes et la fantastique détermination d'un homme.
    Simon Sing est docteur en physique nucléaire. Il a travaillé au laboratoire du CERN à Genève; il est aussi journaliste scientifique.

  • Pendant plus de vingt ans, Charles R. Darwin travailla sur la question de l'origine des espèces, ce " mystère des mystères ". D'abord partisan de la stabilité des espèces, il finit par être convaincu de leur mutabilité progressive. Cette thèse était radicale, l'admettre était " comme confesser un meurtre ". Après un premier manuscrit, rédigé en 1844, le naturaliste anglais finit par publier, en 1859, un " résumé " de sa théorie : c'est le livre connu sous le titre de L ' Origine des espèces.
    Ce texte connaîtra, du vivant de Darwin, six éditions successives et les deux tiers des phrases en seront modifiés. Dès lors, quelle édition faut-il lire ? La sixième et dernière édition (1872) passa longtemps pour être la formulation ultime du message que Darwin adressa à la postérité. Aujourd'hui, cependant, le public anglophone se tourne massivement vers la première édition : la version originale de 1859, celle " qui a ébranlé les bases du monde " selon le mot d'Ernst W. Mayr.
    C'est donc le texte originel de Darwin que cette traduction met à la disposition des lecteurs francophones. Ce volume offre une véritable édition scientifique de L'Origine. Les nombreuses notes permettent de décoder les références implicites de Darwin et rendent accessibles de nouvelles découvertes faites dans ses manuscrits et sa correspondance.
    Thierry Hoquet
    Professeur à l'université Jean Moulin Lyon-3, est spécialiste de l'histoire et de a philosophie de la biologie. Il est l'auteur, notamment, de Darwin contre Darwin (Seuil, 2009) et vient de traduire Le Gène généreux, de Joan Roughgarden (Seuil, 2012).

  • François Châtelet est mort en décembre 1985. Deux ans après, le Collège de philosophie lui rendait hommage au cours de deux journées où philosophes, journalistes, comédiens et musiciens sont venus évoquer ou analyser la vie et l'oeuvre du penseur. Gilles Deleuze fut le dernier à parler et c'est le texte qu'il a prononcé qui est ici publié.

    Ce livre est paru en 1988.

  • La théorie physique. Son objet, sa structure, l'ouvrage majeur de Pierre Duhem en philosophie des sciences, a mis plus d'un siècle à devenir un classique. Mais on n'en retient le plus souvent que quelques passages, comme la critique des expériences cruciales ou le refus du mécanisme, qui est compris comme une espèce d'explication métaphysique. Bien d'autres questions de philosophie de la physique y sont pourtant abordées : l'usage des modèles, la construction des grandeurs, la question de l'approximation, le rapport entre mathématiques et physique, l'usage de l'histoire dans l'enseignement de la physique. Pour expliquer les raisons pour lesquelles la réception de cet ouvrage a été différée, cette nouvelle édition s'ouvre par une présentation inédite des différents contextes intellectuels et politiques dans lesquels Duhem et ses thèses ont été lus au xxe siècle. Une bibliographie oriente les lecteurs dans la littérature secondaire consacrée à Duhem. Chaque chapitre bénéficie de nombreuses annotations qui permettent de reconstituer la genèse de cet ouvrage, de le situer par rapport à la philosophie et aux sciences de son temps et de comprendre la progression des arguments.

  • Sous le sigle NET (Nouvel Esprit Technologique), François Laruelle propose la description du rapport contemporain de la pensée occidentale à ses technologies. Il analyse l'histoire et la culture, les hésitations et les manières ambivalentes dont nous nous rapportons à des objets très anciens et très nouveaux, et les illusions qui se fabriquent à leur contact. Le Nouvel Esprit Technologique propose sur cette base une évaluation de ce qu'il y a de pensable et peut-être d'impensable dans l'expérience technologique. Il n'est pas sûr que « la » technologie, en sa simplicité, existe, c'est peut-être un fantasme nourri par la philosophie. Existe sûrement en revanche un esprit technologique partiellement nouveau dont il s'agit de décrire le mécanisme. Ce livre s'y emploie en élaborant une critique de la « raison technologique ». La thèse principale de cet ouvrage est que ni cette description, ni cette critique ne sont possibles en dehors d'une référence à la science et d'abord d'un renouvellement de la compréhension de l'essence de la science.

  • En tant que discipline, l'éthique animale s'est récemment constituée dans les années 1970 et quasi exclusivement dans les pays anglo-saxons, même si Herbert Spencer lui avait consacré un chapitre dans son oeuvre The Principles of Ethics (1892). Les rares occurrences francophones témoignent d'un usage maladroit et méfiant : l'éthique animale est présentée comme une activité douteuse au sujet de laquelle on utilise volontiers une rhétorique sectaire, voire hostile. La question n'est pas "pour ou contre l'éthique animale ?", mais "quelle éthique animale ?" La tradition humaniste française, à la différence de l'utilitarisme anglo-saxon, s'exprime par un fort anthropocentrisme : l'animal, comme l'environnement, est au service de l'homme, que ce soit par l'élevage ou la chasse. Mais à travers le travail de plusieurs associations et la traduction de nombreux textes du débat anglo-saxon, les universités et écoles vétérinaires s'ouvrent à l'éthique animale. Cet ouvrage s'inscrit dans ce mouvement et répond ainsi à une demande d'information croissante.

  • « La parution récente du livre posthume de Louis Althusser, L'avenir dure longtemps suivi de Les Faits (Éditions Stock / IMEC, 1992), m'incite à noter, comme en marge, quelques souvenirs et réflexions sur une période et un homme que j'ai connus à la fois de très près et de très loin. De très près, car j'étais, de 1961 à 1965, élève à l'École normale supérieure et, comme philosophe, directement en contact avec Althusser qui assurait, assez "théoriquement" il est vrai - non au sens althussérien mais au sens courant du terme - la préparation au concours d'agrégation de philosophie. De très loin, car j'étais complètement indifférent à l'effervescence intellectuelle qui régnait alors à l'École et autour de la personne d'Althusser, dont je décidai immédiatement de "sécher" les cours, moins par mépris de ceux-ci que par refus instinctif de m'associer au petit groupe de ceux qui les suivaient.
    L'alliance, chez Althusser, de la plus extrême lucidité et de la plus totale folie - alliance "contre nature", j'y reviendrai, qui fait d'Althusser un cas, au sens où l'on parle d'un "cas Wagner" ou d'un "cas Nietzsche" - m'a paru digne de réflexion. Ce cas est en effet doublement instructif, éclairant d'un même coup de projecteur ce qu'il peut y avoir de plus raisonnable et de plus insensé dans le fonctionnement du cerveau humain. »
    Clément Rosset

    Cet essai est paru en 1992.

  • Trois chercheurs - un paléo-anthropologue, un neurobiologiste et un philosophe - réunis, pour tenter de répondre à une même question, plus que jamais d'actualité: «qu'est-ce que l'humain? ». Le paléo-anthropologue, Pascal Picq, considère l'homme à l'intérieur du monde vivant, en insistant plus sur les continuités que sur les ruptures. Selon lui, comment ne pas faire descendre l'homme de son piédestal d' « animal doué de raison », quand on sait que les primates ont développé des techniques relevant de la culture? Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent, interroge quant à lui le «miracle» de la sélection génétique qui a fait qu'à un moment de l'évolution quelques gènes se sont mis soit à fonctionner plus longtemps soit à se dupliquer et à s'exprimer là où ils ne devaient pas l'être, dans le cerveau." Enfin, pour nouer nature et culture, la philosophie, en la personne de Michel Serres, relaie les savoirs scientifiques en méditant sur le temps. Nous savons aujourd'hui évaluer la durée gigantesque requise par la formation de l'univers inerte, des vivants et de l'homme. Comment définir ce dernier, sinon comme un vivant parti à la conquête de ce temps ? Comme "le premier vivant en voie d'auto-évolution"?

  • L'idée que nous " descendions " du singe via des créatures aussi pittoresques que notre ancêtre Cro-Magnon n'est toujours pas pleinement acceptée. Nous sommes pourtant soumis, comme les autres animaux, au grand jeu de l'évolution. C'est ce que montre ici, en toute simplicité, mais avec toutes les références scientifiques requises, un spécialiste de " biologie évolutive ".
    _ Pourquoi y a t-il de plus en plus de myopes ?
    _ Faut-il combattre la fièvre ?
    _ La polygamie est-elle liée au régime politique ?
    _ L'homosexualité a-t-elle des causes biologiques ?
    _ La crise d'adolescence est-elle une invention récente ?
    _ Pourquoi l'ainé est-il plus favorisé que le cadet ?
    _ Les hommes et les femmes pensent-ils de la même façon ?
    La théorie de l'évolution, en donnant des explications qui remontent parfois très loin dans le passé, apporte sur ces sujets comme sur bien d'autres un regard neuf et passionnant : nul doute qu'à la lecture de ce livre, Cro-Magnon serait devenu un adepte de la biologie évolutive.

  • L'ouvrage s'efforce de saisir la notion de vie à travers les écrits des plus grands théoriciens de la vie, de l'Antiquité à l'aube de la biologie moderne. Il s'agit d'un guide de lecture et d'une gigantesque somme de textes - plus de mille extraits d'ouvrages essentiels - commentés et critiqués dans une perspective historique, philosophique et scientifique. C'est aussi la tentative d'éclaircir, par l'histoire d'une notion, la philosophie sous-tendant les sciences biologiques actuelles.
    Texte principal et citations sont différenciés typographiquement. Deux niveaux de lecture sont possibles, soit l'ensemble du texte et des citations, soit le seul texte principal qui forme un tout en lui-même.

  • Une opinion très répandue veut que l'évolutionnisme, et plus spécialement le darwinisme, ait révolutionné la conception que l'homme a de lui-même.
    D'une vision anthropocentrique - souvent comparée à la vision géocentrique d'avant Copernic -, on serait passé à une vision décentrée où l'homme n'est plus qu'un animal parmi d'autres. D'un homme créé par Dieu à un homme produit par le hasard et la nécessité. Le tout se serait accompagné d'un épouvantable scandale, et la conception darwinienne ne l'aurait emporté contre l'obscurantisme qu'au prix d'une lutte acharnée.
    Cette opinion, popularisée par les biologistes eux-mêmes, est largement imaginaire. En 1859, lorsque Darwin publie L'Origine des espèces, l'évolutionnisme n'est plus une nouveauté depuis longtemps ; son application à l'homme, non plus. Rien donc qui justifie le moindre scandale. En outre, la thèse de Darwin diffère de ce que nous appelons aujourd'hui darwinisme et, très rapidement, profitant de ses imprécisions, chacun l'interprétera à sa manière.
    Le darwinisme qui s'ensuivra ne sera pas, et de très loin, une doctrine homogène, ni dans ses aspects théoriques, ni dans ses applications à l'homme. Quant à l'explication biblique de l'origine de l'homme par la création divine d'Adam - supposée alors universellement admise -, elle avait en fait déjà subi les pires outrages. Diverses religions, plus ou moins sectaires, avaient depuis longtemps concocté des lectures de la Bible assez curieuses, et imaginé des conceptions de l'homme bien pires que celle qui consistait à le faire descendre du singe.
    À côté d'elles, Darwin fait souvent figure d'enfant de choeur. Vue de près, la réalité est donc très différente de l'opinion courante pour laquelle un créationnisme religieux se serait opposé à un évolutionnisme scientifique. Et cela est vrai non seulement pour les aspects théoriques, mais aussi pour les applications pratiques assez contestables qu'ont trouvées certaines thèses biologiques, notamment en matière d'hygiène raciale.

  • Synonyme de chaleur et de convivialité, mais aussi de violence et de destruction, le feu est ambivalent. Il réconforte et effraie, protège et menace, fertilise et détruit.  De fait, sa maîtrise a été d'une importance capitale pour l'humanité.  En trente mots-clé, ce livre nous révèle le feu dans toutes ses dimensions: historiques, scientifiques, philosophiques, culturelles. Vous pouvez le lire d'une seule traite ou le déguster au gré de vos envies, pour découvrir pourquoi le feu fascine l'humanité depuis la nuit des temps.
     

  • La science est-elle « libre de valeur » ?
    Comment évolue-t-elle à travers l'Histoire ?
    La science est partout. Elle nous a permis d'explorer l'espace, de découvrir la clé de l'évolution humaine et de guérir des maladies qui ravageaient les populations il n'y a pas si longtemps. Mais la science engendre aussi les risques nucléaires, l'eugénisme et la pollution environnementale. Comment concilier ses avantages avec ses périls ?
    Cet ouvrage révèle comment la science elle-même, ainsi que nos méthodes, a radicalement changé au cours des dernières décennies, et examine en particulier le développement des études philosophiques des sciences à travers les idées de Thomas Kuhn, Karl Popper, Paul Feyerabend et d'autres...

  • Ce livre propose une fresque passionnante sur cette longue histoire qui nous concerne, dans un style accessible à tous. L'auteur explique comment et pourquoi la matière se complexifie puis, dès l'apparition de la vie, comment l'histoire de la matière devient dépendante de l'évolution biologique qui conduit, après trois milliards d'années, à l'apparition de l'homme, seul être vivant capable de faire évoluer la matière.

  • Faut-il lever l'anonymat des donneurs dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation ? Alors que les premiers enfants nés grâce aux dons sont devenus de jeunes adultes et, pour certains, revendiquent l'accès à leurs origines, comment distinguer les places respectives des protagonistes du don d'engendrement : parents, enfants, donneurs ? L'enfant n'est-il pas le grand oublié de la perspective médicale traditionnelle assimilant don de gamètes et don du sang, au prix de l'effacement d'une partie de son histoire ? D'une plume résolument engagée, Irène Théry propose un regard critique sur le modèle bioéthique français qui a sacralisé l'anonymat du don de gamètes alors que tant de pays démocratiques ont su passer du modèle initial Ni vu ni connu à celui de Responsabilité où le donneur - homme ou femme - cesse d'être perçu comme un spectre menaçant. La panique morale qui semble saisir la société française - corps médical, responsables politiques, religieux - devant une telle évolution révèle les préjugés et les résistances face aux nouvelles représentations de l'identité personnelle et de la filiation, transformées par l'égalité des sexes, le démariage et l'émergence sociale de l'homoparentalité.

  • « Philippe Barrier, qui a passé de longues années à faire du diabète son existence même et sa pensée, c'est-à-dire sa force, sa capacité à s'individuer et à être sa blessure, comme disait Joë Bousquet, montre comment la médecine contemporaine en est venue à détruire la relation de soin. Sa démonstration est implacable, magnifique et terrible. Elle donne à voir comment une finalité, prendre soin des malades, se renverse en son contraire : nier leur existence en réduisant celle-ci au contrôle du bon fonctionnement de leurs organes naturels ou artificiels. (...)
    Philippe Barrier éclaire du même coup les enjeux d'une question encore bien plus vaste, et les souffrances d'une maladie qui n'est pas seulement celle des corps et des esprits, mais celle du corps social dans son ensemble, celle d'une civilisation que l'on a cru devoir dire "technicienne" - comme si une civilisation pouvait ne pas l'être. » (B. Stiegler, préface)

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