Société des écrivains

  • Soléna d'hier et d'aujourd'hui À travers le regard et les souvenirs de famille d'une jeune fille d'aujourd'hui, l'auteur nous retrace l'histoire et le destin de Soléna, esclave sous les Tropiques en l'an 1800. Restituant ainsi, dans un contexte historique, les espoirs et le combat d'hommes et de femmes résolument déterminés à conquérir leur liberté et celle de leur descendance, il nous mène sur les traces d'une période sombre de notre histoire... En voyageant entre les Antilles et la Métropole, la nouvelle génération envisage positivement l'avenir, gardant en mémoire le courage de ses ancêtres. "Le jour se lève à nouveau" Léna a disparu... à la suite de son enterrement. ­Qu'est-il advenu de son corps ? Le Capitaine Frantz Karmon, le Commandant CD et son équipe se mobilisent pour élucider cette étrange et sordide affaire.

  • « Les préjugés ont toujours le dessus sur la beauté, sur la grandeur. Et si aujourd'hui vous mettez tant d'acharnement à écrire sur le surnommé Milan, c'est autant pour honorer la mémoire d'une belle âme que pour renverser (sans illusion d'y parvenir) cette vigueur préjudicielle chez tant d'êtres intelligents. Vous saviez dès le début que ce qui vous avait rapprochés, vous et lui, allait devoir un jour vous séparer. Jamais, au grand jamais, la durée ne se présenta à vos yeux ni aux siens comme une option viable... » Rémi C., alias Milan, étudiant solaire, fascinant, libre. Mais aussi jeune homme ombrageux, écorché... Un être double, qui touche tour à tour aux arts et à la physique. Une figure bifrons, autour de laquelle tourne la narration, tout en effleurements et évocations, d'Éléa, qui fut son professeur, son amante, son amie. Et cette dualité de se propager à l'entièreté du roman, Franca Doura composant, à travers les couples Milan-Éléa et Milan-Rosie, un portrait ambivalent de la passion amoureuse, qui peut se faire aussi légère que destructrice, aussi lumineuse que mortifère, aussi généreuse que terrible.

  • Dans la salle fumeur des bureaux belges de la TED, une compagnie de livraison de courriers internationale, Louis et Alain discutent régulièrement des destinations de ce dernier, qui profite de son temps de loisir pour voyager. Comme il a un accès direct à l´état des transports de presque tous les pays du monde, par sa fonction, Louis est en mesure de renseigner Alain sur les derniers événements se déroulant en Russie, car l´employé compte s´y rendre ce week-end pour une exposition exceptionnelle. Au même moment, à Moscou, Vladimir et Victor apportent les dernières touches nécessaires au bon fonctionnement du coup qu´ils mettent sur pied depuis plus d´un an. Un roman policier bien ficelé qui propose au lecteur de suivre en parallèle l´évolution de l´enquête et le destin des braqueurs. L´auteur de cette passionnante aventure propose également un voyage touristique bien documenté, et l´on découvre avec plaisir Moscou, Bruxelles et Strasbourg entre autres. Une prose coulée, sans faille, et un brin d´humour apportent une dernière touche de qualité à ce livre complet qu´on lit d´une traite, sans même s´en rendre compte. Une réussite.

  • Qui est Man Tina ? Que lui est-il arrivé pour paraître si sombre aux yeux de tous aujourd'hui ? À travers sa rencontre avec le Capitaine Karmon qui cherche à élucider le mystère autour de l'étrange disparition de Léna, le visage de Man Tina se dévoile sous un nouveau jour. De la Martinique contemporaine, dont elle semble si détachée, à la Guadeloupe, en passant par l'Hexagone ou encore la Colombie, Tina nous fait voyager, remonter le temps, levant ainsi le voile sur une vie pleine de rebondissements, traversant une époque tumultueuse faite de révolutions en marche et de bouleversements des sociétés. "Et si tout recommençait...?" dresse le portrait d'un personnage de l'histoire "Le jour se lève à nouveau", précédente nouvelle de l'auteur parue avec un second récit, "Soléna d'hier et d'aujourd'hui".

  • « Il existe d'innombrables quêtes du père, de non moins innombrables cultes de l'image du père, et des travaux très exégètes sur le souvenir du père... je vais apporter ma petite pierre à l'édifice : j'entreprends aujourd'hui d'écrire le roman qui va faire de mon père disparu le personnage qu'il mérite. Je ne cherche pas à connaître la vérité, je serai contrainte d'inventer car tous ceux qui le connurent ont disparu, seul Javier, son frère aîné, s'il vit encore, ce dont je doute, pourrait témoigner de choses vraies, et alors je pourrais enjamber les ponts entre les époques, choisir et ordonner les faits pour établir une vérité, biaisée mais plausible. » Successivement berger, évadé de France, prisonnier des franquistes, marin, ouvrier... Amant, mari, accessoirement père de famille... disparu de la circulation un beau jour de 1982... de la France à l'Argentine, via l'Espagne et l'Indochine, Pablo Guttiérez constitue une véritable énigme. Marie Guttiérez et son compagnon, Daniel Cordon, mènent une enquête qui les conduit du Pays Basque en Argentine à la recherche de cet homme insaisissable. Une véritable quête où l'on retrouve le goût de l'auteur pour le roman choral.

  • « À cent mètres derrière lui, un grand loup gris, à peine visible entre deux arbres, fixait Luca. Son regard perçant et son imposante stature auraient fait peur à n´importe qui, ce loup était bien plus grand que n´importe quel loup et sa beauté imposait le respect. Leurs regards se croisèrent et pendant quelques secondes Luca eut la sensation que ce loup magnifique le jaugeait, le testait, il eut la sensation que ce loup le connaissait. Luca n´avait pas peur, au contraire un bien-être s´installa en lui, une chaleur lui traversa la poitrine, le ventre, une émotion intense le fît trembler, puis, en un éclair le loup disparut. »

  • « Denis en veut plus, il s'imagine continuer à boire les paroles qui sortent de ces lèvres charnues. Il sent son univers basculer. Il poursuit la recherche d'images. Sur une photo, il lui paraît que Pablo lui crie "viens, viens". Il porte son habit de lumière bleu roi et or, il vient de triompher dans l'arène, dans chaque main il a une oreille de taureau, il baisse un peu la tête, la rectitude parfaite de son nez et ses dents blanches font penser à Denis que les anges peuvent avoir la peau mate et les mains souillées de sang. Comment un être si délicat peut-il être un matador ? » Force, virilité, machisme... autant de « qualités » attendues dans certains sports masculins. Et peut-être encore plus dans certains, tels que la corrida ou le hockey sur glace. Deux mondes codifiés, associés à la violence et à la mort, qui célèbrent la puissance masculine. Deux univers dont Denis et Pablo sont, depuis l'enfance, les étoiles montantes... mais qu'ils vont devoir défier en affirmant leur amour. Roman qui part à l'assaut des stéréotypes qui gangrènent le sport et plus largement les esprits, et qui plaide pour la tolérance et l'acceptation de la différence, « Papa j'aime un homme » conjugue réflexions sur notre société et engagement au fil du récit d'un amour évident et invincible qui, de la vieille Europe au Nouveau Monde, brise toutes les convenances.

  • « Ces combats quotidiens l'épuisaient et il se demanda combien de temps encore il allait pouvoir supporter un calvaire qui ne cesserait qu'avec l'arrivée des prochains congés. De plus, il savait qu'en rentrant chez lui, il n'avait plus personne à qui parler, plus personne à qui il pourrait confier ses tourments. Il trouva cela très dur les premiers temps, puis il s'habitua peu à peu à rester seul avec lui-même dans le silence de son appartement vide. La routine reprit ses droits et les mois passèrent, tous pareils, rythmés par les cent kilomètres de route, les journées interminables et les nuits sans sommeil pendant lesquelles il revivait en pensée les instants les plus marquants que ses adorables élèves lui avaient fait endurer dans la cruauté innocente qui était la leur. L'année scolaire se termina comme elle avait commencé, c'est-à-dire mal, les élèves devenant de plus en plus insupportables à la perspective des vacances toutes proches. Chaque soir, en rentrant, il se disait qu'il allait tout envoyer promener et quitter ce métier infernal. » Entre Maxime, professeur fraîchement célibataire, et le monde, un écart se creuse irrésistiblement, fatalement... et il ne cessera de s'élargir, de s'approfondir, à mesure que ses relations humaines s'avéreront toujours insatisfaisantes, toujours décevantes. Une béance de laquelle naîtront une nausée du monde, un dégoût des hommes, mais aussi la violence... OEuvre au noir qui sonde l'âme résignée et abattue d'un homme qui n'en peut plus de ses semblables, le roman de P. Gaillard tend par la même occasion à la société un miroir dérangeant, voire terrible.

  • Urgentiste du SAMU, Vincent se donne corps et âme à son métier, fidèle à sa devise "soigner et pas juger" Avec plus de force et de rage encore depuis que l´ami de toujours Moisché a été tué. Passionné de médecine et habité par le serment d´Hippocrate, son respect du secret médical est mis à mal le jour où deux inspecteurs des services généraux lui rendent une visite... Le récit est musclé tout comme l´armée de Tsahal à laquelle Vincent appartient et l´écriture rythme un roman d´action énergique et viril dont les rebondissements cachent en fait une histoire d´amitié et de fraternité peu commune. C´est une sorte de spleen qui enrobe le lecteur tout au long des péripéties digne d´un excellent polar jusqu´à l´électrochoc final.

  • « La route que j´entreprends ce jour est volontaire et non sacrificielle. Il s´agit d´opérer un choix. Entre Croix et Transfiguration, je choisis cette dernière, qui est notre aboutissement, car la croix est dans mon quotidien et la transfiguration est ma finalité. De rues en rues, je cherche mon chemin en direction des Contamines. Je flâne un peu, regarde les vitrines de sport ou les librairies. Heureusement, aux Houches, on est déjà à mille mètres d´altitude. Je dois cependant monter jusque 1 600 mètres environ, pour redescendre ensuite. Le pays est beau et offre des vues sur la chaîne des Aravis. De la rue de l´Église, je continue en direction de la rue des Essarts. Je monte dans la forêt entre le Nant Jorland et le ruisseau des Chavants. J´atteins la côte de 1 600 mètres pour redescendre vers la vallée des Contamines. Commencer la journée en montant de 600 mètres, j´ai déjà connu cette épreuve en quittant le Puy-en-Velay. Il faut beaucoup boire. Cette fois, je dispose d´une paire de gourdes. Assis sur une souche, je contemple le paysage environnant lorsque mon regard est attiré par une agitation curieuse semblable au jeu de deux jeunes chats sauvages. »

  • « Dans mon premier roman, j'imaginais la création d'un centre sanitaire qui serait dirigé par une infirmière avec la visite d'un médecin deux fois par semaine. Le minimum quoi ! Je revois encore cette terrasse avec de vieux bancs en guise de salle d'attente, ces mères accouchant dans un cadre nettement plus aseptisé qu'une case de concession, ces enfants soulagés voire sauvés... et autour de ma petite maison médicale, il y aurait un jardin potager cultivé par un groupe de femmes et d'hommes et dont le produit permettrait de nourrir tant de bouches affamées. Est-ce vraiment irréalisable ? » L'Afrique, ce que l'on s'imagine à son sujet, ce que l'on ignore... C'est pour réduire cet écart et prendre le pouls de la population burkinabè que Val Duvernais s'est rendue sur place. Un face-à-face déstabilisant, émouvant, étonnant, parfois désarmant qu'elle relate dans « Le Chagrin du Sahel », récit où se côtoient joies et larmes, émerveillement et inquiétudes, rires et préoccupations... Où se dévoilent encore les coutumes, la beauté et les attentes d'hommes et de femmes qui affrontent le dénuement. Autant de visions que nous transmet avec force et émotions l'auteur à travers un texte humaniste qui interpelle avec intelligence.

  • Trois femmes, Nina, Lily et Léa, trois nouvelles, trois histoires de romantisme, d´érotisme ou d´amour. Nina part en vacances aux Antilles rejoindre un ami dont elle est secrètement amoureuse... Le temps d´un après-midi Lily devient modèle pour un photographe très particulier... Léa adopte systématiquement le sport que pratique son amant afin de mieux l´attacher à elle. Ces femmes livrent leur récit à leurs amies, se confient, se conseillent ou se consolent mutuellement. Trois histoires hors du commun et résolument contemporaines, qui illustrent la réalité des vies amoureuses des femmes au XXIe siècle: libres, décomplexées, indépendantes, elles doivent malgré tout faire face à des relations entre hommes et femmes qui deviennent de plus en plus complexes et déroutantes. Le lecteur accompagne ces trois femmes dans leurs espoirs, leurs déceptions, leurs questionnements sur leur vie amoureuse et érotique. Annie Cluzel signe ici une véritable ode à la féminité, écrite dans un style immédiat et énergique, comme une conversation entre amies que l´on aurait épiée à travers une porte.

  • Gilles est un jeune pied-noir qui vit avec sa famille en Algérie au tournant des années 60, à Souk-Ahras plus exactement, une petite ville de l´Est algérien, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière tunisienne. Alors que cette guerre qui ne dit pas encore son nom commence à échauffer les esprits, il tombe amoureux d´Elizabeth, une jeune française. Mais de violents affrontements contraignent la famille à quitter leur pays et rejoindre la métropole à contrecoeur. De nombreux obstacles se dressent devant la nouvelle vie de Gilles qui doit attendre de longs mois avant d´obtenir une affectation d´enseignant à Lyon, tandis qu´Elizabeth le quitte pour un autre. Mais la vie continue et d´autres rencontres, déterminantes, auront lieu... Racontée avec beaucoup de pudeur et d´élégance, d´une écriture alerte et pleine de charme, cette histoire nostalgique et lumineuse nous touche par son réalisme, son humour, sa mélancolie : on ressent en effet toute la tendresse de l´auteur pour sa terre natale dans ce roman qui brasse la grande Histoire avec la petite et nous offre le récit d´une destinée contrariée en même temps que le portrait d´un pays, l´Algérie, que l´auteur porte au coeur.

  • Mimine, une chatte d´âge respectable, nous griffe en quelques bonds le parcours de son existence et nous livre les quelques réflexions qui lui viennent à l´esprit après avoir observé le comportement des félins et des humains de son entourage. Ses multiples observations la portent à s´indigner, à formuler des jugements parfois tranchés. Ne faut-il pas appeler un chat un chat plutôt que se plier à l´usage abusif de l´euphémisme ou de la langue de bois? Si ce chat ne garde pas la langue dans sa poche, c´est sous la plume de son maître, Roland Chartier, qu´il nous raconte ses aventures. Truffé d´anecdotes qui parleront à tous les amoureux des félins, ce témoignage d´une vie et d´un quartier offre à chacun une nouvelle perspective, pétrie de fantaisie et d´humour: un regard neuf sur les genres animal et humain. Qui a dit qu´un chat noir portait malheur?

  • « J'aimerais partager avec vous mon expérience, vous les passionnés de chiens de race et les nouveaux venus dans le merveilleux monde canin. Je réponds à plusieurs demandes tous les jours, au téléphone, via Internet, aux expositions canines et dans mon milieu. J'ai toujours pensé qu'il y avait une pénurie évidente d'outils à consulter pour qui veut devenir un "bon" éleveur. Les questions que l'on nous pose sont souvent de base, mais portent souvent sur les étapes de l'élevage canin. Alors voici pourquoi j'ai décidé de partager avec vous mes connaissances acquises tout au long de mon parcours d'éleveur canin. Cela vous permettra d'avoir un livre de référence afin d'y puiser quelques idées, conseils, exemples et même quelques anecdotes... »
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  • Début du siècle dernier... Au sein d'un hameau, Marie assiste, démunie, au vide qui se creuse entre son père et sa mère après que celle-ci ait mystérieusement gardé le lit pendant plusieurs jours, mais aussi au curieux ballet de cette dernière qui grimpe seule dans le grenier, un panier dans les bras... Plombée par le non-dit, la vie va ainsi dans cette région rurale, le temps semblant sceller les secrets. Il suffira pourtant d'une pichenette du destin pour que tout soit révélé... Victime d'un accident, son père Maurice ne pourra ainsi pas empêcher sa fille de chercher la source des curieux bruits qui se font entendre, de découvrir ce qui se dissimule derrière cette porte qui lui est interdite depuis longues années... Une révélation à en perdre le souffle, potentiellement dévastatrice pour la famille, mais face à laquelle Marie réagira déjà avec ce caractère féminin déterminé, courageux et compatissant qui la distinguera à jamais... Prenant pour cadre la Dordogne de la première moitié du XXe siècle, se déroulant jusqu'aux lendemains de la guerre de 39-45, A l'ombre du grenier a le souffle des sagas rurales où s'entrelacent grande et petite histoire, amour et haine, violences et misère, courages et mesquineries des hommes. Nous immergeant dans l'âpreté des campagnes françaises pour ne plus véritablement nous relâcher, l'écriture de Mireille Dalissier atteste de cette rare faculté de captiver que seuls possèdent les littérateurs inspirés.

  • 2006, dans les Alpes de Haute-Provence. Une femme revient dans son village natal, décidée à faire la lumière sur le Père Fustier qui l´aurait guérie miraculeusement cinquante-quatre ans plus tôt avant de mourir. Un copain d´enfance qu´elle avait perdu de vue va lui raconter l´histoire du guérisseur et de son sacrifice... Chronique de la Provence des années cinquante, "La Jaunisse noire" témoigne d´une époque et de ses croyances au sein d´un pays réfractaire au progrès et au modernisme. S´inspirant d´un fait divers, Raymond Aldeguer nous livre sur fond d´évocation historique des tranches de vie authentiques, nourries de mystères et de secrets de famille.

  • Des années soixante-dix à nos jours, l'épopée amoureuse d'un frère et d'une soeur d'une influente famille que tout sépare depuis leur enfance... Paul-Louis, héritier complexé et mal dans sa peau du groupe Mounier, leader de la Grande Distribution, ne peut s'empêcher de jalouser son beau-frère Arnaud. D'un côté, un médiocre, un envieux, un lâche se vantant d'être à la tête d'un empire. De l'autre, un séduisant sportif qui fait tourner toutes les têtes, dont celle de sa soeur Amélie... Peut-on rattraper nos erreurs de jeunesse ? Arrive-t-on à changer lorsque l'on a perpétuellement vécu et avancé en manoeuvrant avec fourberie ? S'il place l'amour et ses pièges au coeur de son récit, Ellande Bakean se démarque avec audace en donnant la parole à un antihéros aussi pathétique que fascinant. Fuyant les clichés, il s'attache à peaufiner ses personnages, loin de tout manichéisme, jamais figés. Sur fond de romance, de jalousies, d'orgueil et de guerre, cette saga familiale juste et cruelle vous fera voyager de la Côte Basque à Paris, du Cap Horn au Liban en passant par les plages de la mer Rouge. Cohérent, réaliste, touchant : une vraie réussite.

  • L'argent et les femmes, ceux qui président à nos destinées et les affres de l'actualité, la religion et les turpitudes humaines... De ces sujets, Clovil retire ces "Pensées et Maximes"... qui assument pleinement leur causticité, leur caractère non politiquement correct, leur acidité... et parfois même leur cruauté... De quoi donc interpeller le lecteur, le bousculer et le forcer à réfléchir, lui qui se retrouve, à travers ces pages, face à un esprit intransigeant et mordant, insolent et frondeur, qui ose se confronter à tous les bien-pensants, à tous les discours normés et à tous les tièdes et orthodoxes de ce monde...

  • « Dans un beau quartier, assez bourgeois, la belle architecture d´un lycée était en parfaite harmonie avec son environnement, paisible en ce début de mois de juillet. À l´intérieur du bâtiment, c´était l´effervescence. Dans la cour, de jeunes lycéens criaient, exprimaient des sentiments divers. Le long des panneaux d´affichage, certains pleuraient, d´autres riaient, d´autres encore baissaient la tête, déçus, cherchant à cacher leurs émotions. C´était le résultat du bac. »

  • « Laure se regarda dans la glace. Elle soupira en pensant à tout ce qui s´était passé depuis un an. Sa vie avait basculé le 7 juin. Le radiologue lui avait annoncé, avec le plus de ménagements possible, que des zones d´ombre apparaissaient sur l´image de son sein gauche et qu´il faudrait sans doute approfondir l´examen. "Rassurez-vous, avait-il dit, même si la biopsie révèle des cellules malignes, on est à un stade précoce et ça se soignera très bien." Elle était rentrée chez elle désolée. »

  • Le message transmis à travers cet écrit, prétend poser le principe de partir, comme solution éventuelle à ses problèmes personnels. En effet, traditionnellement, vivre ailleurs, à l´étranger en l´occurrence, est souvent perçu comme une fuite. Ainsi, il est dit que la personne emmènera ses tracas là où il ira. En un mot, il déplacera ses problèmes sans les résoudre. Ce texte considère que le départ, vers d´autres horizons, est porteur de solutions. Au moins, s´il n´apporte pas de remède radical aux maux, l´éloignement est en mesure, généralement, de générer un ressourcement, permettant d´affronter, lors d´un retour possible, le problème avec plus d´expérience, plus de moyens. En résumé, je désire faire émerger l´idée que la mouvance et le dépaysement sont susceptibles de s´intégrer, positivement, au sein de l´épanouissement et de la destinée d´une personne, au même titre que le sédentarisme, prôné comme valeur sûre, traditionnellement, en Europe.

  • Qui ne connaît pas le glorieux passé de Châteauboeuf ? Voici contée l'émergence du petit peuple de ce quartier de Fort-de-France habité en majorité d'hommes et de femmes issus de la commune du Marin. L'auteur peint son quartier tel qu'il fut, tel qu'il est et tel qu'il aimerait qu'il soit. Coups de coeur et coups de gueule s'entrelacent. Et si de ce monde en ébullition naissait un monde meilleur où tous trouveraient le bonheur ?

  • L'auteur ne mentionne ni le pays ni l'époque de son récit. On reconnaît cependant aisément les traits d'une Afrique du Nord coloniale en plein bouleversement. Une romance fera ici scandale, tout comme un mariage forcé suivi d'un exil en France... C'est avec authenticité que se dévoilent, au fil des pages, le poids des traditions, la pression familiale et la violence du patriarcat. Diouri compose un récit initiatique qui fleure bon le vécu, dépeignant avec justesse une société sclérosée où les espoirs se tournent vers un ailleurs au parfum de liberté. On ne lit pas ce texte d'un dévoreur des plaisirs, des joies et des souffrances de la vie, on le visionne sur un écran virtuel. Images et sons, en déferlant, créent d'emblée l'empathie. L'intensité de ce récit tient à un style sans fioritures permettant de créer un fond d'émotions intemporelles et universelles. Diouri est avant tout un conteur et si elles n'ont jamais été envoyées au père, ses lettres toucheront en profondeur chaque parent et chaque enfant d'ici et d'ailleurs.

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