Arts du spectacle

  • Hugo Marchand s'est réveillé un matin avec un rêve. Il avait neuf ans. C'est à ce rêve de danse que ce virtuose de la nouvelle génération d'étoiles de l'Opéra de Paris s'est accroché. Quatre ans après son entrée au conservatoire de Nantes, médaillé d'or à treize ans, il est admis à l'École de danse de l'Opéra national de Paris. Malgré son profil atypique, Hugo Marchand intègre le corps de ballet de l'Opéra à dix-sept ans. Il gravit les échelons, se mesure aux autres, comme à lui-même, dans les concours internationaux et accède au grade ultime de danseur étoile en mars 2017.
    En partageant son apprentissage, Hugo Marchand pose un regard sur la danse comme école de l'acceptation. Celle de l'immensité du travail qu'impose la concrétisation d'un rêve. De la quête d'excellence au façonnage de la confiance en soi pour le réaliser. Le bras de fer entre doutes et détermination. De la solitude à la surexposition, de l'amitié possible malgré la compétition. La perpétuelle confrontation au miroir, reflet des imperfections à dépasser.
    L'expérience d'une métamorphose.

  • La danse représente un réel défi pour les historiens. Art de l'éphémère, elle ne laisse dans son sillage que des traces très partielles une fois évanouie, et continue souvent à être oubliée dans les récits de l'histoire de l'art. Afin de combler ce manque, Laura Cappelle a réuni vingt-sept des meilleurs spécialistes internationaux de la danse occidentale, dont les travaux mettent en avant sur la longue durée, depuis la Préhistoire jusqu'à nos jours, une multiplicité de techniques et de pratiques.

    Des premiers indices de transes dansées à la libération moderne du corps, des ballets de la Renaissance à la création chorégraphique actuelle, cet ouvrage décrypte le mouvement à la lumière des dynamiques sociales, culturelles et artistiques qui l'ont façonné en Occident. La danse y est contemporaine, classique, apollinienne, dionysiaque, politique, esthétique, populaire ; de la ville à la scène, elle brouille les frontières et revendique aussi bien l'élévation que l'ancrage au sol, la virtuosité que le dépouillement.

    Projet essentiel pour que les fruits de la recherche nourrissent la culture générale de la danse ainsi que la compréhension des oeuvres et des pratiques aujourd'hui, cette traversée de l'histoire s'adresse à tous les publics.

  • Transformer le théâtre, c'est aussi révolutionner notre vie. Publié en 1938, alors qu'il vient d'être interné, Le Théâtre et son double est un recueil de conférences, articles et lettres dans lequel Artaud entend "briser le langage pour toucher la vie". Il y développe notamment, en deux célèbres manifestes, son concept de "théâtre de la cruauté". Il y défend la dimension sacrée du théâtre, la prééminence du langage du corps sur le texte, et accorde au metteur en scène ("maître de cérémonies sacrées") plus d'importance qu'à l'auteur. Il y montre aussi que le théâtre est comme une seconde réalité, une "réalité virtuelle".
    Avec une préface de Pacôme Thiellement.

  • La danse contemporaine, née avec Merce Cunningham d'une rupture avec le ballet classique, est aujourd'hui l'une des formes artistiques les plus surprenantes et les plus vivantes de la création artistique. Sensible à l'état du monde, elle montre souvent le chaos mais préfigure également à travers les relations entre les danseurs de nouvelles formes de lien social. Avec une partie du théâtre actuel dans ce qu'il a de plus vigoureux, elle permet de réintégrer dans la connaissance une dimension du sensible largement méconnue par la pensée occidentale : le souffle. Ces deux activités, à l'instar des traditions artistiques asiatiques, ne consistent pas tant à exprimer des formes qu'à capter des forces. Elles sont animées par une énergie d'incorporation et d'extériorisation qui posent une série d'interrogation : les relations entre le regard et l'écoute, le corps et le langage, les voies du dire et du non-dire, la transformation du temps en espace.
    À l'heure de la communication à distance, des écrans, des médias, des multimédias, ces arts du spectacle vivant permettent de ne pas nous laisser happer par le virtuel et de revenir au réel tout en nous faisant percevoir d'autres manières d'exister. Ils créent de la pensée. Non pas un mouvement de pensée mais une pensée en mouvement.

  • Jean-Louis Barrault, figure majeure de la vie théâtrale du XXe siècle, a assis le nouveau métier de metteur en scène et son art  de façon novatrice en centrant le travail sur l'espace scénique et le corps de l'acteur. Le corpus de textes réunis ici, et écris par Barrault lui-même, vise à redécouvrir son approche pour saisir le théâtre d'aujourd'hui dans une généalogie.

  • Dans cet essai innovant, Blandine Masson explique les manières de mettre en ondes des fictions radiophoniques et retrace l'histoire de la réalisation sonore.

  • Dans une suite de récits souvenirs sur son expérience des plateaux, Nicolas Bouchaud revient sur tous les moments qui rythment sa vie d'acteur et le constitue. Pourquoi jouer ?


  • " Le feu et la grâce "

    Lorsqu'elle assiste à son premier ballet, Dorothée a tout juste dix ans et danse au conservatoire de Toulouse depuis trois ans.
    À l'issue de la représentation, elle n'a plus qu'une idée en tête : devenir danseuse étoile. Après un premier échec qui, loin de la mettre à terre, lui donne encore plus de détermination et de force, Dorothée intègre l'école de l'Opéra de Paris l'année suivante. Elle vient d'avoir douze ans.
    Puis, parce qu'elle ne peut s'imaginer un autre parcours et qu'elle sait qu'elle n'atteindra son bonheur qu'en interprétant les plus grands rôles du répertoire, la jeune ballerine va s'accrocher à son rêve, à son étoile, encouragée et soutenue par ses parents qui n'hésitent pas à tout quitter pour la suivre à Paris. Elle va gravir toutes les marches qui la mèneront à la consécration : le 19 novembre 2007, à vingt-quatre ans, à l'issue de la représentation de Casse-Noisette, elle est nommée étoile.
    Dans cet ouvrage superbement illustré par les photographies de James Bort, Dorothée Gilbert dévoile avec une sincérité touchante son parcours exceptionnel, depuis ses mauvaises notes à l'école de danse et les difficultés d'une adolescence " pas comme les autres ", consacrée au travail et à la compétition, jusqu'aux immenses rôles d'interprétation qui l'entraînent sur les plus belles scènes du monde, en passant par les blessures et les moments de doute mais aussi en évoquant son immense bonheur d'être mère. Autant d'événements qui émaillent sa jeune et fulgurante trajectoire.
    Mais plus encore, elle nous donne à voir combien la détermination et la force de caractère peuvent conduire au firmament.

  • Une succession de définitions comme autant de réflexions sur le travail d'Olivier Py.

  • Cent ans -; un siècle de théâtre, de cinéma et d'amour ! La doyenne des comédiens français livre son abécédaire intime, celui d'une femme et d'une artiste d'exception, à l'incroyable joie de vivre. Un livre qui rend heureux.
    " Quand je serai grande, je serai comédienne et j'aurai des enfants ", déclare Gisèle Casadesus dès son plus jeune âge. Ses proches s'attendrissent, sans se douter qu'elle transformera ses rêves en une vie de rêve.
    Née en 1914 dans une famille de musiciens, Gisèle Casadesus a mené une magnifique carrière à la Comédie-Française, au cinéma et à la télévision, tout en élevant ses quatre enfants avec Lucien, l'amour de sa vie.
    " Mademoiselle " est aujourd'hui devenue une belle arrière-arrière-grand-mère, pétillante et joyeuse, qui joue encore volontiers pour le cinéma.
    Revisitant les événements d'un siècle, des deux guerres mondiales aux nombreux bouleversements de société, cet abécédaire personnel raconte la comédie humaine et les coulisses de la scène, comme le destin d'une grande famille d'artistes. Sans jamais se départir d'un humour subtil, Gisèle Casadesus y dévoile son amour de la vie et de la famille, sa foi profonde et sa curiosité insatiable du monde.
    Lire Gisèle Casadesus, c'est partager la chaleur d'un thé chez elle, se laisser bercer par sa douceur naturelle et goûter à une joie de vivre communicative. Voici un livre qui rend heureux !

  • Ce premier volume se consacre aux années de jeunesse de Patrice Chéreau, de sa première mise en scène en 1963 (L'Intervention de Victor Hugo) à la création du Prix de la révolte au marché noir au Théâtre de la Commune à Aubervilliers en 1968. Pendant ces cinq ans, le lecteur suivra les réflexions du metteur en scène depuis ses débuts dans le groupe théâtral du Lycée Louis-le-Grand au Festival d'Erlangen (1963-65), de Gennevilliers à Sartrouville (1966-69). Devant cette oeuvre monumentale aux fabuleux travaux préparatoires, conservés à l'IMEC, il a fallu renoncer à l'exhaustivité. Voici une sélection de notes, restituées chronologiquement, dans lesquelles le metteur en scène pense son travail, analyse une pièce, cherche son geste et évoque ses collaborations. Dès ses premières mises en scène, Patrice Chéreau prend l'habitude de dater ses notes, couchées à la hâte, le plus souvent sur des feuilles volantes qu'il émaille de nombreux croquis. On y lit qu'il travaille simultanément sur différents projets, que l'artiste change de paradigme médiatique, pensant d'abord le théâtre avec la grammaire de la peinture avant de lui préférer celle du cinéma. En parcourant ces écrits et ces dessins, c'est la pensée, la définition de l'esthétique, le discours sur le monde du metteur en scène et les questions politiques de son temps qui apparaissent au lecteur. Ces écrits sont aussi la trace de ses lectures marxistes à partir desquelles il analyse les oeuvres littéraires et les rapports de forces dans les sociétés. On y retrouve enfin l'admiration de Patrice Chéreau pour Bertolt Brecht et le Berliner Ensemble, sa tentative d'un théâtre militant à Sartrouville qui précède un intérêt marqué pour la troupe américaine du Bread and Puppet Theatre.

  • À travers des exercices d'improvisation, Alain Knapp propose une démarche graduelle et méthodique pour inviter les comédiens à se poser les bonnes questions face un canevas et à faire preuve de créativité sans pour autant tomber dans différents écueils tels que le pittoresque, l'anecdotique, le spectaculaire ou le "théâtral" à tout prix.

  • D'un traité du XVIIe siècle aux procédés aléatoires de composition, de la présence scénique de l'interprète aux « gargouillade », « saut de chat » et « sissonne » du ballet classique, de la respiration à la répétition, les mots de la danse sont nombreux. Geisha Fontaine en retient 100 qui, selon elle, disent le mieux les multiples facettes de cet art de l'espace qui est aussi un art du temps. Le mouvement, le corps, la création chorégraphique, les courants esthétiques sont abordés sous toutes leurs formes. Histoire et techniques, enjeux théoriques et questions pratiques : c'est la place de la danse dans nos sociétés qui est ici interrogée, et le dialogue qu'elle entretient avec les autres arts, notamment la musique. Passant d'un terme à l'autre, le lecteur est ainsi invité à créer sa propre chorégraphie, mot à mot, pas à pas...

  • Redonner au spectateur confiance en son propre regard, une confiance qu'il n'aurait jamais dû perdre, telle est l'ambition de ce parcours à travers les spectacles et quelques manières de les contempler. Théâtre parlé, mime, danse, danse-théâtre, performance, cinéma et média audiovisuels : comment les analyser, notamment lorsqu'ils se combinent en des oeuvres hybrides ? Comment distinguer leurs composantes : jeu de l'acteur, voix, musique, espace, temps, costumes, éclairages, etc. ?
    L'analyse et l'interprétation se placent résolument du point de vue psychologique, sociologique, anthropologique et interculturel du récepteur. Le spectateur est encouragé à revoir sa façon de décoder un spectacle. Les études théâtrales s'associent aux Performances Studies pour mieux évaluer les productions postmodernes et postdramatiques, pour réfléchir sur les moyens de créer ou de recevoir un spectacle. L'exemple des Marchands (2006), de Joël Pommerat, nous offre l'occasion d'observer les nouvelles identités du spectateur. Tout est possible, ou presque.

  • Dans ce second volume du Journal de travail, Patrice Chéreau ne se définit plus comme celui qui "sait", mais comme un élève qui entrevoit tout ce qui lui reste à découvrir. De Paris à Milan, au théâtre, à l'opéra, comme au cinéma, les expériences se multiplient et l'art du jeune metteur en scène s'affirme.

  • Oublier le temps

    Peter Brook

    • Seuil
    • 24 October 2017

    "J'aurais pu appeler ce livre Faux Souvenirs. Non que je veuille consciemment dire des mensonges mais, en écrivant, je m'aperçois que le cerveau ne dispose pas d'une chambre froide où conserver nos souvenirs intacts, il est plutôt un réservoir de signaux fragmentaires qui attendent que le pouvoir de l'imagination leur donne vie - et ceci, en un sens, est une bénédiction".

  • Ça ira (1) Fin de Louis : reprise du spectacle du 13 avril au 28 juillet 2019 au théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris).
    Ça ira (1) Fin de Louis, fiction politique contemporaine inspirée de la Révolution française, écrite et mise en scène par Joël Pommerat en 2015. Marion Boudier revient sur sa genèse à travers les étapes du processus d'écriture, décrites et théorisées de son double point de vue de dramaturge et chercheuse en Arts du spectacle. Elle montre comment la "dramaturgie prospective" et la "documentation au plateau" ont été des outils pour nourrir les imaginaires et accompagner l'écriture.

  • Et si vous laissiez votre corps danser, dessiner et écrire ses histoires, que vous raconterait-il ? Découvrez une méthode novatrice : Daria Halprin considère que notre corps contient l'intégralité de notre expérience de vie et que le mouvement exprime et révèle notre personnalité profonde. En croisant la pratique artistique et la psychologie, elle propose une méthode inédite en France, invitant le lecteur à considérer la force transformatrice de l'art.
    Riche des expériences qui l'ont construite, Daria Halprin a développé durant plus de trente ans un travail unique, nourri par son intérêt pour les relations qui existent entre le processus créatif, l'expression artistique et la psychologie.
    La Force Expressive du Corps vous invite à comprendre comment, lorsque nous travaillons sur notre art (une danse, un dessin, un poème...), nous travaillons aussi sur quelque chose de notre vie. Les métaphores qui se révèlent et le sens que nous pouvons leur donner composent alors la base d'un travail créatif et réflexif.
    Cet ouvrage est une référence dans le domaine de l'art expressif.

  • "Être libre dans le travail." Voilà les quelques mots qui inaugurent les notes de travail de l'année 1972. Le retour en Italie et les prémices de l'aventure du Théâtre national Populaire de Villeurbanne, où il est directeur associé, correspondent en effet à l'expérience d'une nouvelle liberté. Qu'elle soit artistique, intellectuelle ou politique, elle a pour perspective une thématique déjà abordée dans les mises en scène de Patrice Chéreau : la recherche de l'affirmation de sa souveraineté.

  • C'est le premier ouvrage qui retrace le parcours et l'oeuvre de Lia Rodrigues. La chorégraphe brésilienne occupe une place importante sur la scène chorégraphique française, à la fois iconoclaste et engagée, depuis ses premiers pas dans les années 1980 dans la compagnie de Maguy Marin jusqu'à cette saison 2021, où le Festival d'Automne salue à Paris ses trente ans de carrière par la programmation de plusieurs de ses pièces. Ce livre, à partir de textes originaux, de dialogues et d'entretiens avec ses proches collaborateurs, relate son parcours artistique majeur, trois décennies pendant lesquelles la chorégraphe brésilienne s'est jouée des frontières de la création, de l'improvisation et de la pédagogie. Nourri par ses lectures et ses rencontres artistiques, son itinéraire de création est inséparable de son action sociale, depuis le centre d'arts et l'École libre de danse qu'elle a fondés en partenariat avec l'ONG Redes, dans la favela de la Maré, quartier de la banlieue nord de Rio de Janeiro. Cet ouvrage nous plonge dans le quotidien créatif et tumultueux de Lia Rodrigues et de sa compagnie.
    Cet ouvrage est la concrétisation du travail méticuleux et intime d'Isabelle Launay, enseignante-chercheuse en Études en danse à l'université Paris 8 et de Silvia Soter, enseignante-chercheuse en Danse et Sciences de l'éducation à l'Université Fédérale de Rio de Janeiro, dramaturge et collaboratrice de Lia Rodrigues depuis plus de quinze ans. La Passion des possibles contient un cahier photographique en couleur réalisé par Sammi Landweer.

  • " Rilke savait mieux que personne qu'avoir écrit les Élégies et les Sonnets, avoir réussi à célébrer l'espace angélique tel qu'il l'avait pressenti très jeune et entrevu en certains moments décisifs de sa vie, ce n'était pas être devenu soi-même l'ange ou Orphée. /.../ Mais sans doute avait-il désiré le grand poème comme Colomb l'Amérique, comme l'amant l'aimée. "
    Dans cet ouvrage, Philippe Jaccottet s'emploie à retrouver un regard plus libre sur le poète et son oeuvre. Il s'écarte, dans la mesure du possible, de la légende et s'appuie sur ces mots de Robert Musil : " Rainer Maria Rilke était mal adapté à ce temps. Ce grand poète lyrique n'a rien fait que porter pour la première fois à sa perfection la poésie allemande... "
    Une monographie de référence, signée par un poète français parmi les plus importants, traducteur de l'oeuvre de Rilke.

  • "Être ou ne pas être indigné : et si c'était la question que pose Hamlet, que tout être au monde doit se poser ?" Hamlet revient sur scène, introduit par un vieil homme, ancien résistant, un des derniers survivants. Roman, son petit-fils, jeune comédien, se joint à eux, apportant le courrier adressé au vieil homme de toute la planète. Les messages tombent : « Vous êtes un artiste des droits de l'homme »; « Une gazelle et un lion »... Mais le vieil homme refuse de se voir en héros même devant son éditeur espagnol ou la journaliste venue l'interroger. Toutefois, la lettre d'une lycéenne de quatorze ans, Ophélie - c'est le troisième personnage - l'interpelle: « Merci d'avoir réussi à me redonner l'espoir que j'avais perdu. » Elle circule à vélo, porte, pour ne pas se faire écraser, un gilet jaune. Elle ressemble à Ophélia, la fiancée perdue d'Hamlet. C'est la fin ? Non, le début alors que le spectre entre en scène, comme dans la célèbre pièce.

    Jean-Pierre Barou est l'auteur de deux pièces de théâtre, Après la Violence et Qu'est-ce qu'elle dit la comète ? Sylvie Crossman est plus particulièrement l'éditrice d'Indignez-vous ! Tous deux sont les fondateurs d'Indigène éditions..

  • Mannequin par hasard et sur le tard.

    Je vais être diorisée ! Oui, habillée de Dior. Chignon, make-up, talons. Je tiendrai en laisse un caniche royal et me promènerai au rayon beauté, l'air pimbêche à mort. Mon rêve d'enfant se concrétise : rester enfermée dans un grand magasin. Deux nuits de répétition. Les models, cinq ladies d'âge mûr - comme on dit au rayon fruits et légumes - dont moi, ont passé des heures sur un escalator en marche. Un show somptueux se prépare. Moi qui n'ai jamais fait de spectacle de ma vie, sauf Cendrillon à l'école primaire, j'exulte.

    Londres, Upper Street. Sylviane, fraîchement débarquée de France, cinquante-cinq ans, cheveux blancs et silhouette de jeune fille, est repérée lors d'un casting sauvage. Sa vie prend un virage à angle droit.
    Castings, shootings et défilés se suivent et ne se ressemblent pas. Désormais model, elle découvre la fashion sphère et ses paillettes. Les excentricités de la capitale britannique, sa population bigarrée et sa liberté face aux conventions l'enchantent : elle s'y sent comme chez elle.
    Mais, pendant ce temps, en Sologne, son père se meurt et sa mère s'épuise. La vraie vieillesse tisse sa toile...
    Dans Moi, vieille et jolie, Sylviane Degunst dévoile, avec humour, les coulisses du mannequinat, et livre une vision décalée du temps qui passe, sur fond de culture british.

  • Dominique Bruguière est une figure majeure de la création théâtrale. Une figure de l'ombre car son métier d'éclairagiste est méconnu du grand public, mais ses longs compagnonnages avec des metteurs en scène d'exception (Claude Régy, Jérôme Deschamps ou Patrice Chéreau, entre autres) ont tracé un parcours artistique singulier. Elle a su fonder au cours de multiples créations son propre langage dramaturgique sous l'angle de la lumière : fondre sa sensibilité dans celle du collectif et rendre compte de ce que le récit parfois dissimule.
       Dans cet essai issu d'une série d'entretiens avec Chantal Hurault, chargée de communication au théâtre du Vieux-Colombiers, la lumière de spectacle est dépeinte d'une manière à la fois sensorielle et émotive, au travers des souvenirs de Dominique Bruguière ; mais aussi d'un point de vue technique, avec le souci de clarté et l'exigence qui caractérisent son travail. Le lecteur prend alors conscience de la lente maturation nécessaire à la réalisation d'un éclairage appuyant à la fois la scénographie, le jeu des acteurs et les ambitions du metteur en scène. Ce travail de l'ombre se révèle captivant, riche et signifiant.

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