Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Le nom de Jean-Frédéric Oberlin, pasteur et pédagogue, citoyen des Lumières, reste indissociablement lié à celui du Ban de la Roche, modeste vallée vosgienne, au coeur de laquelle il exerça son ministère pendant quelque soixante années. Au confluent des XVIIIe et XIXe siècles, il y développe, loin des cercles intellectuels des capitales européennes, un projet socio-éducatif global sans précédent, bâti dans le quotidien d'une action pastorale fondée sur les principes intangibles d'exigence morale et d'amour du prochain. Considéré comme un précurseur de l'éducation préscolaire institutionnelle en Europe, Jean-Frédéric Oberlin esquisse à travers les poêles à tricoter les contours d'une synthèse paradoxale, exemplaire de l'ensemble de son oeuvre, entre valeurs chrétiennes et humanisme républicain, science et spiritualité, action et méditation, orthodoxie luthérienne et dissidence piétiste, romantisme germanique et classicisme latin. L'originalité des méthodes pédagogiques adaptées à l'éducation de la petite enfance mises en oeuvre par cette grande figure du protestantisme en Alsace, constitue un apport décisif au débat, toujours d'actualité dans l'Europe contemporaine, sur les modalites de garde et d'éducation des enfants les plus jeunes.

  • À l'heure de la chute du Mur de Berlin, un préjugé tenace voudrait que l'engagement de Sartre, type même de l'intellectuel inauguré par Zola, n'eût été qu'une comédie des erreurs. La lecture de Les Mains sales permet de bousculer cette image d'Épinal trop commode. L'un des ressorts de la pièce est, en effet, la distinction entre situation simple et situation complexe. Le choix alors (sous l'Occupation allemande) était facile - même s'il fallait beaucoup de force et de courage pour s'y tenir. On était pour ou contre les Allemands. Aujourd'hui (1959) - et depuis 1945 - la situation s'est compliquée. Il faut moins de courage, peut-être, pour choisir, mais les choix sont beaucoup plus difficiles. Ici, Sartre plonge ses personnages, Hoederer, Hugo et Jessica, dans une situation où les jeux ne sont pas faits, celle de la Guerre froide. À cette complexité, a succédé celle, plus inextricable encore, de notre présent, qui ne semble pas même requérir le choix. Hugo, Jessica surtout, personnages en mouvement autour d'un Hoederer immuable, représentent sur la scène une complexité qui est devenue celle des années quatre-vingt-dix, et avec laquelle ils nous invitent à nous colleter.

  • Cet ouvrage collectif analyse et compare les réformes de la formation des enseignants, entreprises depuis à peu près une décennie dans divers pays (l'Angleterre, le Brésil, le Canada et le Québec, les États-Unis, la France et la Suisse francophone), sous l'angle de la professionnalisation de l'enseignement et de ses enjeux. Il veut, en même temps, offrir une vision contrastée et critique de ce qui se passe dans chacun de ces pays. L'hypothèse de travail qui sous-tend cet ouvrage est que la professionnalisation de l'enseignement constitue, actuellement, une tendance globale qui traverse les frontières nationales de chacun des pays concernés. Toutefois cette tendance n'est pas uniforme, elle revêt des significations différentes selon les pays ; elle est aussi porteuse de tensions internes, de contradictions peut-être insolubles, tout en étant confrontée à plusieurs obstacles. C'est pourquoi il est nécessaire de l'étudier, non comme le déroulement linéaire et sans heurt d'un nouveau programme d'amélioration de la formation des enseignants qui ferait partout consensus, mais plutôt comme un processus de changement, comportant de multiples aspects économiques, idéologiques, professionnels, éducatifs, et qui se déploie dans plusieurs directions à la fois, avec son assortiment de dérapages, de glissements, de détours... [...] C'est dans cet esprit que les auteurs examinent les différents projets de réforme de la formation des maîtres. Ces diverses analyses permettent d'avoir une vue d'ensemble du processus de professionnalisation de l'enseignement, tout en prenant en compte son enracinement dans le contexte social de chacun des pays concernés. L'ouvrage vise ainsi à dépasser le dilemme du local et du global, en fournissant aux lecteurs des études concrètes permettant de dégager des éléments de comparaison internationale sur cette question qui domine aujourd'hui le champ de l'éducation.

  • Quel rapport les collégiens entretiennent-ils à leur scolarité ? Comment jugent-ils leur collège et leurs enseignants, et dans quelle mesure s'adaptent-ils aux exigences du système scolaire, notamment du point de vue des comportements en classe ? À partir d'une enquête portant sur 1 250 collégiens de 6e et 5e, dont 700 ont été observés en cours, Georges Felouzis répond à ces questions qui concernent l'organisation de l'enseignement et les conditions concrètes du travail des enseignants. Un des résultats les plus importants concerne les différences entre filles et garçons, qui se manifestent dans les comportements en classe (les filles maîtrisent mieux les exigences pédagogiques de leurs professeurs) et, dans le rapport à l'école et la scolarité, les filles manifestant un investissement scolaire plus important que les garçons. En définitive, l'observation et l'analyse des stratégies scolaires et des interactions dans les salles de classe, éclairent d'un jour nouveau les conditions de la réussite et de l'échec dans nos collèges.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Éduquer, pour quoi faire ? Faire un homme. Mais quel homme ? Si les spécialistes parlent volontiers des moyens de l'éducation, il n'y a guère que les philosophes pour aborder la question des fins. Parce que tout philosophe développe une certaine conception du monde, de l'homme et de la société ; il possède, même implicitement, une certaine conception de l'éducation. À quoi peut alors ressembler le projet éducatif d'un philosophe sceptique ? Post-moderne ? Nihiliste ? Tragique ? Eudémoniste ? etc. François Châtelet, Paul Ricoeur, Jean-François Lyotard, Emmanuel Levinas, Robert Misrahi, Kostas Axelos, Marcel Conche, Clément Rosset, Raymond Polin, Étienne Balibar, Jacques Bouveresse et Olivier Revault d'Allonnes se sont risqués à y répondre. Que disent, de leur côté, les anthropologues ? Qu'on ne naît pas Sara (Robert Jaulin), Yanomami (Jacques Lizot), Baruya (Maurice Godelier), Lébou (Georges Balandier), Diola (Louis-Vincent Thomas) ou Athénien (Pierre Vidal-Naquet), mais qu'on le devient. Ainsi, sous la catégorie de culture, parlent-ils d'autre chose que d'éducation ? Sociétés sans école, voire contre l'école, les sociétés de la tradition ont quelque chose à nous apprendre sur nos propres choix d'une société tout-école, dominée par le livre (Emmanuel Le Roy Ladurie). Mais le panorama ne serait pas complet sans les pédagogues eux-mêmes. Jacques Ardoino, Daniel Hameline, Georges Snyders, interviennent ici, moins comme spécialistes ès qualités que comme éducateurs-philosophes. Au total, une vingtaine d'entretiens portant sur les finalités de l'éducation et à inscrire dans les débats actuels sur l'École.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Autrefois boudé par l'autorité royale, à peine reconnu par l'Institution, c'est-à-dire la toute nouvelle Académie, La Fontaine est aujourd'hui l'un des écrivains français les plus lus. S'il faut se réjouir du sens de l'histoire littéraire, il ne faut pas oublier en revanche que le fabuliste ne prétendait s'adresser qu'à un public restreint, composé de quelques lettrés. C'est rappeler que l'oeuvre est nécessairement codée et que « l'apparente simplicité » de certains textes dissimule une réelle complexité. Chaque fable est un authentique piège. Elle réclame de poser quelques questions et surtout d'y répondre. A qui s'adressent les Fables ? Pas seulement aux enfants... De qui et de quoi parlent-elles ? Faut-il les lire comme une satire sociale ou plus généralement comme une peinture féroce de la nature humaine ?

  • Dans ce banquet, point de cours, point de conseils, point de leçons, point de morale, point de paragraphes, point de scolies, bref, aucun des trésors de la rhétorique pédagogique mais des individus avec leurs inclinations plus ou moins conscientes, plus ou moins bien exprimées. A travers tous, une seule présence profonde et masquée, d'un poète tragique et comique qui a nom Éros.

  • Tente de cerner l'ensemble de la problématique de l'éducation et de la formation. Essentiellement pratique par nature et indéterminée dans son objet, l'éducation se distingue ainsi des autres sciences de l'homme.

  • Qu'est-ce qui réunit tout, sinon monsieur de Leibniz ? demandait N. Rémond, admirateur et correspondant de Leibniz de 1713 à 1716. Cette philosophie articule en effet toutes les grandes questions : le mal, le bonheur, les rapports entre l'âme et le corps, la place de Dieu dans l'univers, la matière, le fondement de notre connaissance. La Monadologie, écrite en 1714 pour le prince Eugène de Savoie, se veut un condensé de ces principes, ce qui en fait une oeuvre passionnante pour aborder un des plus grands systèmes de la philosophie classique. Ces premières leçons, écrites dans un style simple, animées d'un constant souci explicatif, donnent aux élèves qui préparent le baccalauréat, les éléments essentiels pour une bonne compréhension. Elles offrent également, aux étudiants des classes préparatoires, la matière d'une étude plus approfondie.

  • Quarante années de réformes et contre-réformes au nom de l'idée d'égalité des chances ont contribué à déstabiliser l'institution scolaire. Faut-il pour autant organiser la fin de l'Ecole en la détournant de sa seule et véritable finalité : instruire des jeunes dans les meilleures conditions possibles pour contribuer à en faire des citoyens libres, indépendamment des pressions économiques ?

  • Qu'est-ce qu'un héros ? Une personne réellement héroïque, ou bien le personnage principal d'une fiction ? Ambiguïté elle-même ambiguë : la littérature nous apprend-elle, par des héros fictifs, à reconnaître l'héroïsme bien réel des grands hommes ? Ou à douter de la réalité, voire de la valeur de cet héroïsme ? Le programme des classes préparatoires scientifiques nous invite à étudier cette notion à partir des trois chefs-d'oeuvre (L'Iliade, Henri V, La chartreuse de Parme), dont les héros complexes ne suscitent pas une admiration sans mélange... Marie-Claire Kerbrat, professeur en classes préparatoires, présente dans cet ouvrage une synthèse de ces trois oeuvres, ainsi qu'une analyse de l'héroïsme qui se réfère à toute sorte de héros et de grands hommes. Réflexion essentielle : définir le grand homme, c'est s'interroger sur la grandeur, et sur l'homme.

  • Le XXe siècle n'a pas de leçons à recevoir : la question du mal lui est fort bien connue ! Au regard des génocides, des infanticides et autres charniers, les figures de Satan ou Méphistophélès font presque pâle figure... Pourtant, le mal ne se réduit pas à l'abominable spectaculaire : il y a le cortège des silences coupables, des petites lâchetés quotidiennes. Il y a aussi la séduction de la transgression. Abominable, banal. Repoussant, séduisant : le mal joue sur la réversibilité. Il est dans sa nature même de jouer sur les renversements : subversion, perversion, inversion. L'ouvrage cherche à identifier le mal - loin du ton moralisateur - en le prenant à son propre jeu : le saisir par là où il échappe. La réflexion est ordonnée autour de trois questions : l'unité du mal, l'être du mal, le sens du mal. Les principaux types de réponses y sont analysés et articulés entre eux, de sorte que le lecteur trouvera à la fois un exposé des grandes doctrines et un questionnement unifié.

  • Seigneurs, vous plaît-il d'entendre un beau conte d'amour et de mort ? Sombre invite, formulée du plus ancien Moyen Age et d'où surgit la figure pâle de Tristan. En elle se trouvent liés amour et mort, désir de vivre et de disparaître, courtoisie et violence, fidélité et trahison... Le mythe venu de loin n'en finit pas de nous parler. Mais pour l'entendre, encore faut-il traduire la rude syntaxe et le lexique étrange de l'ancienne langue. Richard Robert fait davantage. Il déplie soigneusement toutes les composantes de la légende, en rassemble aussi les fragments éparpillés pour en saisir les prolongements dans la littérature et le monde d'aujourd'hui.

  • Les réformes mort-nées auxquelles des ministres éphémères de l'Éducation ont entendu, au cours des dernières années, attacher leurs noms restent, aux yeux de l'auteur, des réformes superficielles, dont aucune ne s'est attaquée aux vrais problèmes. Une méditation attentive des projets éducatifs de Montaigne, de Rousseau, enfin et surtout de Nietzsche, auquel sont consacrés les plus amples développements de l'ouvrage, mène finalement l'auteur à dégager ce que pourrait et devrait être une réforme en profondeur de nos enseignements primaire, secondaire et supérieur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans un premier temps, on distingue la systémique de la conception structuraliste dont elle semble provenir ; dans un second temps, des textes choisis développent l'application de la systémique à l'éducation.

  • Quatre siècles d'histoire de la littérature anglaise expliquée selon trois grandes divisions chronologiques : la Renaissance et la première moitié du XVIIe siècle, la Restauration, le XVIIIe siècle et le Romantisme, l'ère victorienne et le XXe siècle.

  • À l'école et dans les situations de formation d'adultes, les apprenants sont-ils les seuls à apprendre ? Les enseignants et les formateurs n'apprennent-ils pas, eux aussi, de ceux auxquels ils s'adressent ? Si les écrits pédagogiques abondent sur l'apprentissage des premiers, ils font encore défaut en ce qui concerne les seconds. Le présent ouvrage propose une contribution originale pour y remédier. La problématique part du fait que les pratiques éducatives ont des effets chez ceux qui enseignent. Quels sont ces effets et quelle en est l'origine ? Comment comprendre ce phénomène et en tenir compte dans une stratégie d'enseignement ? Souligner que l'enseignant, ou l'éducateur d'adultes, apprend dans l'exercice de son métier, c'est aussitôt se demander ce qu'il apprend, pourquoi, comment, et à quelles conditions. Se situant à la croisée de l'histoire de l'éducation, de la philosophie et de la didactique, l'auteur répond à ces questions par la création du concept de réciprocité éducative, dont il montre la légitimité, forge la définition et tire des conséquences éthiques et méthodologiques. Ainsi, après l'étude du pourquoi de la réciprocité, le comment de l'action conjointe de l'enseignant et des apprenants est développé sous forme d'une modélisation, dont les nombreux schémas mettent en relief la dimension opératoire. Livre de référence pour penser l'éducation, la pédagogie et l'andragogie, la réciprocité éducative l'est aussi pour l'action quotidienne dans la salle de classe et de formation. Les enseignants, les étudiants de sciences de l'éducation et d'IUFM, les éducateurs d'adultes, tous ceux dont la profession comporte une dimension éducative importante, se reconnaîtront dans ces lignes que l'auteur a écrites, à partir de son expérience avec eux, et pour eux.

  • Depuis quelques mois, l'analyse institutionnelle retrouve une certaine actualité. Issue des mouvements de la pédagogie institutionnelle, de la psychothérapie institutionnelle, de la socianalyse, l'analyse institutionnelle est une théorie et une pratique d'intervention qui permet de requestionner les fondements, les bases, le pourquoi de nos institutions. L'ouvrage de M. Authier et R. Hess, devenu classique, retrouve aujourd'hui une actualité, dans la mesure où il propose une sorte de philosophie de la relation que l'on peut analyser et reconstruire avec les institutions qui nous traversent et nous constituent.

  • Qu'est-ce que l'autonomie de l'élève ? Qu'est-ce qui empêche l'élève d'atteindre à l'autonomie ? Dans ce livre, Gérard Sensevy construit des éléments de réponse à ces questions, en décrivant une recherche menée dans une classe de la fin de l'école primaire, classe dans laquelle certaines formes d'organisation de l'étude ont été mises en place en mathématiques. L'autonomie de l'élève est ainsi directement reliée à l'étude. En tant qu'autonomie didactique, elle suppose, dans la classe, un certain rapport aux objets de savoir et à l'ignorance, un certain rapport au temps et à la mémoire, un certain rapport aux autres, un certain rapport à l'institution au sein du contrat didactique. Au-delà, c'est l'institution elle-même que ce livre tente de (re)penser : comment concevoir des institutions didactiques (où l'on enseigne et où l'on apprend) qui nécessitent l'autonomie des élèves ? Comment faire vivre des modes de régulation par lesquels les institués (les élèves) acquièrent de la puissance sur leur devenir et sur le devenir institutionnel ? C'est dire : comment le travail didactique peut-il s'inscrire dans l'expérience de la démocratie ?

  • L'Éducation nationale, premier employeur de France avec un effectif de un million de personnes, est une institution complexe dont les enseignants se sentent être une infime particule : énorme machine dont les enseignants eux-mêmes méconnaissent les rouages mais, surtout, dont ils se font souvent une fausse idée de son pouvoir, de ses buts et de ses moyens. C'est pour tenter de montrer cette complexité, de faire saisir les objectifs qui lui sont assignés, que cet ouvrage a été rédigé. Compilation lacunaire de textes officiels, d'ouvrages de référence, de connaissances personnelles glanées au long de vingt ans consacrés à l'enseignement d'abord, aux responsabilités administratives ensuite, à la recherche enfin. Il se veut ouvrage de synthèse, présentant l'énorme structure qu'est l'Éducation nationale. Il s'adresse à quatre types de publics. D'abord, aux étudiants qui ont l'intention de se destiner à l'enseignement. Ensuite à ceux qui ont déjà franchi le pas et qui, au sein de l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), vont se confronter aux épreuves d'admission. Aussi à ceux qui, ayant réussi les épreuves des différents concours d'accès au professorat, vont entrer pour la première fois dans l'Institution. Enfin, au public, aux parents curieux de cette Institution qui leur ravit leur progéniture neuf mois par an durant près de douze ans.

  • Par cette étude de la politique de l'éducation physique scolaire, c'est plus largement l'action menée par les ministres de la République gaullienne en matière de jeunesse et sport qui se trouve ainsi éclairée.

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