SKA

  • 813

    Maurice Leblanc



    Une aventure parmi les plus noires des péripéties lupinesques... Notre héros y commettra un crime... découvrira l'énigme du chiffre 813... et sauvera la patrie...

    Le nom du célèbre aventurier sembla faire sur M. Kesselbach la meilleure impression. Lupin ne manqua pas de le remarquer et s'écria :
    - Ah ! ah ! cher monsieur, vous respirez ! Arsène Lupin est un cambrioleur délicat, le sang lui répugne, il n'a jamais commis d'autre crime que de s'approprier le bien d'autrui une peccadille, quoi ! et vous vous dites qu'il ne va pas se charger la conscience d'un assassinat inutile. D'accord... Mais votre suppression sera-t-elle inutile ? Tout est là. En ce moment, je vous jure que je ne rigole pas. Allons-y, camarade.
    Il rapprocha sa chaise du fauteuil, relâcha le bâillon de son prisonnier,...

    On ne présente plus Maurice Leblanc, on ne le vante plus non plus. Il est l'un des auteurs monument de la littérature policière française. Hormis les détails et le contexte qui révèlent une époque révolue évidemment, le style narratif reste d'une grande modernité. Méconnu, 813 est certainement le roman de Leblanc le plus caractéristique de la saga lupinienne. (Préface de Michel Bussi)

  • L'affaire Lerouge

    Emile Gaboriau

    • Ska
    • 1 July 2018


    Dans l'histoire littéraire, voici le premier roman - dit policier... indispensable à votre culture livresque...

    Ceux qui avaient parlé de crime ne s'étaient malheureusement pas trompés, le commissaire de police en fut convaincu dès le seuil. Tout, dans la première pièce, dénonçait avec une lugubre éloquence la présence des malfaiteurs. Les meubles, une commode et deux grands bahuts, étaient forcés et défoncés. Dans la seconde pièce, qui servait de chambre à coucher, le désordre était plus grand encore. C'était à croire qu'une main furieuse avait pris plaisir à tout bouleverser. » Emile Gaboriau est le premier à créer la figure romanesque du policier enquêteur qui aura, comme on le sait, une descendance féconde.
    Il faut évoquer le plaisir qu'on a à relire ce classique du roman policier, au-delà de la résolution de l'affaire elle-même. L'Affaire Lerouge, et les autres livres de Gaboriau, héritiers des romans populaires, ce sont des digressions, des chemins de traverse, des péripéties compliquées, l'exploration du passé des protagonistes, l'explication des motifs du crime et du modus operandi. Cela possède un charme véritable, qui faisait les délices d'André Gide, grand amateur de polar, comme Cocteau ou Mac Orlan. » (extrait de la préface d'Hervé Delouche)

  • Sidéral

    Antoine Blocier

    • Ska
    • 1 April 2021

    Ce qui n'est pas encore « réel » est néanmoins planifié, voire plausible à brève échéance... Une enquête criminelle sidérante...

    Dans un futur très proche, notre vieille planète usée par des décennies d'exploitation sans vergogne, de pollutions gigantesques, d'épidémies hors de contrôle, de famines aux millions de victimes, de terrorismes aveugles et une guerre économique sans merci est devenue invivable. Certains cherchent comment fuir vers un astre plus accueillant, d'autres croient encore possible d'y faire cohabiter huit milliards d'individus. Ultime tentative de réconcilier l'Homme avec l'Humain, la mission Rencontre est envoyée dans la Nouvelle Station Spatiale. Or, deux morts suspectes à bord de ce fleuron de la technologie internationale vont envenimer la situation.

    Ancien de Scotland Yard, reconverti en auteur à succès, Eliott Purcell va mener l'enquête, quatre cent quinze kilomètres plus bas. Une investigation sous tension internationale, où la rapacité du capitalisme mondialisé et les expérimentations transhumanistes seront de rudes adversaires. S'il faut un jour quitter la planète, qui en aura la possibilité ? Si les cerveaux sont numérisés pour voyager dans l'espace sur de longues durées, qui sera légitime pour les reconnecter ? Si une exoplanète est à portée d'imagination, sera-t-elle gérée selon les principes libertariens, discrètement à la manoeuvre dans le projet Rencontre ?




    Antoine Blocier signe ici un roman inclassable. À la fois polar, anticipation, réflexion philosophique, plaidoyer pour un autre monde, cette histoire très documentée s'appuie sur des faits de société, des travaux scientifiques en cours, dont certains semi-clandestins. Sauvons la planète ou quittons-la ?

  • Noire Côte Vermeille

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 27 June 2020

    Paul Feder, menant jusque-là une existence confortable, se transforme en marin marginal quand il se retrouve plongé dans une aventure tragique au rythme soutenu. Incapable de rester à quai lorsque rodent l'injustice et le danger, Feder, le catalan, s'entoure d'une bande chaleureuse et solide prête à tout risquer à ses côtés.





    Il faisait un vrai temps d'hiver dans le midi. Le vent du nord soufflait en tempête dans un ciel cristallin où aucun nuage ne parvenait plus à s'accrocher. Le petit cimetière était noir de monde. Paul frissonna, il avait oublié les morsures du vent. Le cercueil descendait au bout de ses cordes. Les fossoyeurs avaient du mal car son ami était lourd, lourd comme cette peine qui l'écrasait. C'était cette nuit, dans l'appartement du XIVe arrondissement de Paris où Paul vivait depuis dix ans, un téléphone avait sonné. Au bout du fil il n'avait pas reconnu la voix, tant elle était cassée, rompue. Cette voix venait d'ailleurs, d'un monde de tristesse lointain et monotone qu'il ignorait.
    - Paul ?
    - Oui ... qui est-ce ?
    - Paul, François est mort.





    Paul Feder, vrai de vrai Catalan basé à Paris, aime les femmes, la cuisine et les bons vins. L'amitié et la fidélité sont sa religion. Clairement engagé du côté du coeur, cet humaniste ne supporte pas l'injustice. Sur mer comme sur terre, cette fiction réjouira les amateurs d'aventures. Gildas Girodeau sait écrire comme personne une palpitante fiction instructive, porteuse de valeurs qui au lieu d'alourdir le propos le dynamise avec bonheur. La suite des aventures de Feder viendra bientôt réjouir les lecteurs.
    Noir Côte Vermeille rassemble les deux premières aventures de Paul Feder : Rouge Tragique à Collioure et Malaguanyat. La Suite catalane comprend également Nuclear parano et La Dans des Cafards parus chez Horsain.

  • Amin's blues

    Max Obione


    Le destin tragique d'Amin qui aurait tant voulu tuer son idole du blues pour conjurer son sort.


    D'ordinaire, le vieux Lodge ne tenait pas trois rounds d'affilée depuis cinq ans, au moins ; normalement, c'était du tout cuit, presque du un contre un, virgule quelque chose, un rapport de misère, quelques cents à gagner qui donneraient à tous ces gagne-petit le sentiment qu'ils n'avaient pas gâché leur soirée. Mais perdre leur misérable mise, à cause de ce sale fils de pute de négro...
    - Tu les entends, dis ? Tu les entends, ces bâtards ! T'es mort, t'es déjà mort !
    Chow avait les foies. L'atmosphère devenait émeutière, les canettes volaient et ricochaient sur la toile du chapiteau.

    Voici le premier roman « américain » de Max Obione. Le fatum tragique est à l'oeuvre comme dans tout bon roman noir. Ça sent la sueur, la pourriture des marais, on entend le lourd blues du Delta. Un roman qui cogne, plus que noir, « blark » : black and dark.

  • Nucléar Parano

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 30 September 2020

    À Port-Vendres, le meurtre d'une scientifique travaillant pour un laboratoire d'océanologie entraine Paul Feder dans les couloirs du lobby nucléaire... aux radiations sanglantes...
    Il prépara consciencieusement son matériel, vérifiant une fois de plus les noeuds dans le fil nylon, puis, avant de lancer, il s'agenouilla et scruta la mer au pied de la falaise. Dans la faille, juste à gauche, un objet semblait coincé, mais il ne put immédiatement l'identifier car une vague plus grosse l'engloutit. L'écume monta jusqu'à la plateforme puis redescendit. Il regarda à nouveau et retint un juron, c'était un corps, celui d'une femme vêtue d'une robe. D'instinct il regarda autour de lui. Lors de la guerre d'Espagne, Jaume avait quatorze ans quand il s'était engagé dans les troupes de la C.N.T. et, de Guadalajara à Mauthausen, il avait payé le prix fort et savait reconnaître des emmerdements, quand il en croisait sur sa route. Il semblait seul. Rapidement il remballa son matériel et entreprit l'ascension de la falaise. Il fallait foutre le camp au plus vite, ce cadavre pouvait porter la poisse.
    Nucléar Parano est le deuxième tome de la Suite Catalane signée Gildas Girodeau. La série Paul Feder mêle intrigue criminelle et critique sociétale acerbe, le tout très documenté. De quoi ravir les amateurs de purs polars.
    Ceux-ci sont réédités aux éditions du Horsain en version papier pour une nouvelle vie. (distribution Pollen)

  • Le Monde est un bousillage

    Jose Noce

    • Ska
    • 27 June 2020

    Les troubles d'un ex prof plongé dans une paranoïa éblouie sous le soleil d'Italie. Une villégiature riche et débilitante à la fois, un roman original arrosé au limoncello et baigné du bruit des cigales...


    [...] Pensez, se souriait-il en haussant involontairement les épaules, il fallait, entre autre, qu'il la rencontre, elle, et dans la plus grande discrétion, cette magnifique pute de luxe, si redevable en haut lieu de tant d'intelligentes compassions.
    Il ne put pas s'empêcher de produire un petit rire sarcastique à peine étouffé.

    Eh oui cette bombe humaine était paradoxalement le catalyseur indispensable de l'histoire, une effigie vivante du raffinement libidinal.
    En définitive, se marmonnait-il de plus en plus grassement, elle n'a pratiquement rien su cette diablesse. Elle avait le feu vert sommital c'est tout. Et comme lui, le compagnero, elle avait circonstanciellement carte blanche.
    Elle serait la « chèvre-émissaire », ça l'avait fait sourire l'expression, le temps d'une séduction éclair.
    Il fallait vite charmer, dévoiler...
    Elle, elle avait dit avec un petit accent de l'Est qu'elle allait : « Dessiner avec son corps des courbes asymptotiques », c'était exactement ses termes. Asymptotiques, putain !
    Maintenant qu'il y pensait, il lui apparut qu'elle était sans aucun doute possible du type péripatéticienne, mais très cultivée, en tout cas beaucoup plus que ce qu'il en avait pu imaginer au premier contact...
    Elle avait même rajouté avec une moue enfantine : « Autour d'une érection concupiscente de macho gras »...
    Dingue !


    Un beau jour sur une petite île, un type est débarqué d'un hélico avec une oreille en moins, et un petit trou en plus dans la tempe. Sur le point de trépasser, on le ranime avec toutes sortes de petits cailloux blancs aiguisés comme les dents des requins du même métal. Doucement, avec plus ou moins de tact, on ressuscite sa surprenante réalité. Entre flashback émoussés et thérapies de pointe, notre homme, ex professeur de lettres, va revivre, dans tous les sens du terme, le parcours de son existence rocambolesque. Aussi le voyage autour du monde de ce drôle de zigoto est-il à cataloguer dans le registre : pertes et fracas...
    Après Villa confusione, José Noce nous entraîne à nouveau dans son imaginaire frappadingue. Il a emprunté son titre à Nietzsche. À lire, à l'ombre des pins, un limoncello à portée de gosier... Que du bonheur !

  • La Danse des Cafards

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 23 November 2020

    Paul Féder, sa goélette, son équipage et ses amours : aventures au rendez-vous quand les nuisibles se pointent...
    Le thonier fonçait à pleine vitesse dans la nuit noire, au moins dix-sept noeuds, la mer semblait calme. Pourtant, une imperceptible houle commençait à l'agiter, menaçante respiration de la tempête approchant par le nord. En cette fin mai la lune n'était qu'un mince croissant que l'on apercevait encore vers l'ouest, entre les nuages. Le jour ne tarderait plus maintenant. Dans la timonerie éclairée par la lueur orange des instruments de bord, José sentait une boule d'angoisse durcir peu à peu dans son ventre. Décidemment ce commandement ne lui plaisait pas. Il ne l'avait accepté que contraint par la misère où il se trouvait, la crise de la surpêche du thon l'ayant privé d'embarquement. Cette année-là, tous les navires sous pavillon français étaient restés à quai, ayant largement dépassé les quotas fixés par l'Europe. Enfin, c'est ce qu'ils avaient dit, car José n'y comprenait plus rien à ces histoires de quotas. Les espagnols, eux, pouvaient encore pêcher un peu et certains bateaux passés sous pavillon Libyen continuaient tranquillement à travailler sans limite. Ils faisaient fortune avec les navires usines japonais, pendant qu'eux cherchaient désespérément à s'embarquer, même sur une « estrasse » !


    Réédité aux Editions du Horsain sous le titre La danse des Cafards ce roman appartient à la Suite Catalane. Un polar mais pas que. Une réflexion sur la fameuse Françafrique qu'à tort l'on croit morte. Ce roman a reçu le Prix Delta Noir 2015.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Le cagibi

    Gérard Streiff

    Le Calmar déterre dans les archives du PCF le mobile d'un crime commis dans l'immeuble du parti, place du colonel Fabien


    Le calmar dans les sous-sols de Fabien ?! Que cherche notre décapode ? La cave des bonnes bouteilles du PC ? Ou la salle des archives ? Une histoire d'aujourd'hui où il est question de guerre d'Espagne, de brigades internationales, de taupes brunes chez les rouges et noirs des années trente ; une histoire aussi de pervers, de dérangés des sens, de tordus du cul adeptes du SM. Bref un mélange qui tue. De quoi satisfaire notre mollusque préféré et ses fans !

    Azraël Zirékian, dit le Calmar , est pigiste-détective à son compte, un aiguilleur de destinées manquées, coriace mais tendre, débonnaire mais soupe au lait, curieux comme une fouine. C'est un chaleureux détonateur des temps présents. « Ni poulpe ni pieuvre, calmar à l'oeuvre » , telle est sa devise.

  • Erika

    Hafed Benotman

    Le numéro d'écrou « A.Z.A.Z. » fait l'écrivain public en caressant les touches d'Erika...

  • A Demon in my Head

    Jean-Hugues Oppel

    • Ska
    • 1 March 2021

    Tueur professionnel, sacré métier, qui s'accorde mal de migraines troublant la vue. Et les arrêts maladies ne sont pas forcément bien vus...



    Il pleut.
    Stanley relève le col de son imperméable. Chasse une goutte qui lui pendait au nez.
    Il a plu hier. Il pleuvait déjà la veille, et le jour d'avant. Stanley s'est résigné : il pleut depuis qu'il a mis les pieds en France, sur tout le pays d'est en ouest et du nord au sud pour ne pas faire de jaloux. Pas des pluies d'orage noyant la campagne sous des trombes diluviennes ni même des averses subites et répétées, mais de l'eau brumisée en crachin lancinant qui tombe du matin au soir pour ne cesser que durant de brèves heures peu avant l'aube. Stanley n'en est pas vraiment sûr : à ces heures-là, il dort. Enfin, il essaye. Quand la douleur se fait oublier dans sa tête. Alors, somnolant dans un état semi comateux proche du sommeil, il ne veut pas prendre le risque de se réveiller tout à fait en allant vérifier la météo par la fenêtre de sa chambre d'hôtel. [...]


    Une mission chasse l'autre, mais rien ne chasse la solitude et la douleur. Le tueur se sait en danger, il en deviendrait presque humain... La plume d'Oppel, une atmosphère de totale noirceur.

  • Deuxième saison de L'itinéraire d'un flic.
    Où l'on retrouve René-Charles de Villemur, aristocrate précieux égaré dans la Police Nationale, confronté au monde de l'art contemporain et ses faux semblants...
    Ses cuissardes noires à talons hauts et fins, lacées à l'arrière, à bouts extrêmement pointus, enserraient étroitement son mollet. Son pantalon latex de couleur identique moulait ses longues jambes fines, rehaussait la rondeur de ses fesses en les séparant crûment. Cette profonde noirceur luisante, qui accrochait par moments la lumière, contrastait avec la blancheur de son ventre plat et dénudé qu'un bijou aux reflets anthracite, probablement de pacotille, obstruant son nombril, soulignait. De longs gants noirs couvraient ses avant-bras ne laissant dénudées qu'une portion de bras et la naissance de l'épaule. Une brassière, qui se terminait en col roulé, aussi brillante et sombre que son pantalon, soulignait sa poitrine. Une cagoule couvrait sa tête et ne laissait à l'air libre que sa bouche, aux lèvres dessinées en rouge vif, et ses joues opalines. [...]
    Les amateurs de flic hors-norme qui ont apprécié la première saison des aventures de René-Charles de Villemur, se régaleront de ces nouvelles enquêtes. Fidèle à lui-même, cigare et chapeau, langage précieux, noeud papillon, Villemur hante ici les galeries d'art chichiteuses pour la plus grande joie de ses lecteurs qu'un tel contraste ne pourra qu'amuser.

  • En panne

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 23 November 2018



    Le coup de la panne peut être mortel. C'est que la dépanneuse a une bien curieuse manière de concevoir le dépannage.
    Le trait de Josselin Billard s'accorde parfaitement à l'écriture suggestive de Jérémy Bouquin. L'atmosphère nocturne, faite de froidure et de mystère, est excellemment rendue par le jeu des ombres et de l'ancrage noir et bleu. Avec La panne, la collection Graphique de SKA s'enrichit d'un opus exceptionnel.




  • Swooch ! #01

    Max Obione

    • Ska
    • 5 March 2021

    Personne ne l'a vu, personne ne le connaît. Violent, dangereux, il est le mal incarné, il est l'ennemi public N°1...
    Quand la porte encadre ce beau mec avec ses boursoufflures musculaires appétissantes sous son t-shirt siglé « J' Le Havre », je lui cale dans les dents :
    Ça urge, panique maxi au sommet, j'ai besoin que tu m'allumes de tes lumières.
    C'est un type réglo, et pas compliqué, il se désape recta. Un petit cul musclé d'enfer et une teub à tomber à genoux. Un profileur de ce gabarit, elle n'est pas née celle qui voudrait me le dérober. L'avantage, avec Jmamba, c'est son mode de réflexion, la forme de sa cogitation, le lieu d'extraction de ses intuitions. Il possède un mode opératoire pas banal. Pour émulsionner sa cervelle en vue de profiler les criminels, il a besoin d'une sieste crapuleuse à l'issue de laquelle ses idées naissent dans les volutes de sa Pall Mall. C'est le genre d'exercice intellectuel propice à contenter, et ma libido, et mon professionnalisme. Je n'ai pas le temps de lui faire un topo de la situation qu'il est déjà au lit, chapiteau dressé, les bras tendus vers moi dans une prière touchante et un voussoiement hiérarchique qui m'électrocute :
    Henriette, auriez-vous l'obligeance d'agiter mes grelots !
    Le pays est au bord de l'implosion. Depuis quelques semaines un ennemi public se déchaîne, les attentats sanguinaires qu'il commet se multiplient. Les médias le surnomment la « Bête » tant la bestialité de ses crimes qu'elle signe d'un grand « N » traumatisent l'opinion. L'agente spéciale Bulot est chargée de « traiter » la « Bête » avec l'aide de Jmamba, le profileur spécialiste de la traque des humanoïdes déréglés. Le cortex de « N » aurait-il été hacké, transformant ce brave petit soldat du capitalisme mondialisé en soldat de l'« e-monde » ? La chasse à « N » est ouverte !
    « Il est N » est une collection de récits courts, noirs, inscrits dans notre époque. Périodiquement un nouvel épisode du feuilleton par un nouvel auteur. Jérémy Bouquin qui a créé cette série dans l'esprit des feuilletons de la grande époque de la littérature populaire renoue avec l'esprit du mauvais genre. N serait-il un nouvel avatar de Fantômas qui aurait mangé du Poulpe enragé ? Max Obione a l'honneur d'ouvrir la série, d'autres auteurs piaffent pour apporter leur contribution de chaos et de fureur.
    Version papier sur la librairie de TheBookEdition.

  • Sniper blanche

    Jose Noce

    • Ska
    • 1 October 2017


    L'hôtel Tennyson Arms sur l'ile de Salina est exceptionnel de luxe et de beauté... Malheur à ceux qui viennent troubler ce paradis...

    « Il saisit un fusil à lunette avec silencieux qui reposait sur un socle et le lui mit délicatement dans les bras. Sans un mot, il lui désigna une cible dans un angle. Elle s'exécuta. Elle y vida les quatre balles du chargeur avec lenteur, mais sans la moindre hésitation. En réglant à chaque fois son souffle. Il lui fit signe de reculer et alla vérifier les impacts. Une minute plus tard, ils repartaient en souriant vers le bar de l'hôtel... »
    José Noce n'a pas fini de nettoyer le monde. On parle de nettoyage éthique concernant ces missions salutaires conduites par des héros obscurs, sorte d'éboueurs planétaires. Après la compil' Sniper qui vient de paraitre, Mister Jo reprend du service... avec des dames...

  • THIRION, la compil'

    Jan Thirion

    • Ska
    • 1 April 2017


    « De la poésie, de l'humour et une façon d'emmener le lecteur sur ses chemins torturés », au fil de ces 15 nouvelles, par un maitre du court-lettrage.

    « Si notre fille est encore vivante à ce moment du récit, c'est qu'elle est encore utile. C'est terrible à dire, mais c'est ainsi. Je l'ai empêchée de tomber du train. Je l'aide pour mieux la sacrifier. Je sais qu'elle va périr bientôt et, cette fois, je ne ferai rien pour la tirer du mauvais pas où elle se sera fourrée. Je profite d'elle jusqu'au bout. Elle descend du train. Elle est entière, malgré des douleurs partout et sa peau qui s'abîme. Elle sent mauvais. Je ne lui ai pas donné de prénom. Elle représente l'ensemble des malheureuses qui tentent, avec un courage exemplaire, de changer le cours de leur destin. Je la regarde de près. Elle a un oeil à moitié fermé à cause d'un gravillon sous la paupière. Elle a les dents de devant cassées. Elle a faim. Elle mange ce qu'elle trouve. Elle crache du sang. Elle pisse du sang. » (Voyage à dos de caillou)
    Teintée d'humour cruel, adoucie par une immense tendresse pour l'humanité, par la justesse de ses descriptions, de ses dialogues, par l'extrême capacité de fantaisie des chemins toujours surprenants dans lesquels il nous entraînait... son écriture a toujours su louvoyer entre le trop et le trop peu, entre folie et sagesse, dureté et douceur. Cette écriture justifie à elle seule qu'aujourd'hui on rassemble une sélection de ses nouvelles, éditées chez Ska et Horsain, en une compilation qui permettra de découvrir et de savourer l'étendue de son talent singulier. Voix à part dans un concert de médiocrités convenues, Jan a souffert d'avoir été ignoré des grands éditeurs. Cependant grâce à l'édition alternative, il fait partie de ces auteurs dont l'oeuvre persistera. (Extrait de l'avant-propos de Jeanne Desaubry et de Max Obione)

  • De l'autre côté

    Gilles Vidal

    • Ska
    • 6 December 2018

    Bad trip, mauvais rêve ou anticipation, les affres d'un héros qui ne s'appartient plus...
    «Des murmures montèrent alors dans l'atmosphère, augmentant peu à peu de volume, puis se mirent à hanter la pièce tout entière, des chuchotements absolument pas angoissants, bien au contraire : ils étaient enjoués, empreints d'un bonheur serein. Et provenaient des sculptures elles-mêmes. Je renversai la tête en arrière et mon esprit s'envola, oui, il me sembla décoller littéralement, et ce n'était pas l'oeuvre d'un Simu, ça n'avait vraiment rien à voir. Je me mis à rêver - m'endormis-je alors ? je n'en sais rien -, enfin pas rêver vraiment, comment expliquer ce qui s'ensuivit ?... Pourrais-je nommer ceci une « réinitialisation » ? Oui, sans doute. »
    Avec cette nouvelle graphique qui emprunte les codes du fantastique, du polar et de la science fiction, Vidal et Andres inaugurent chez SKA un nouveau genre : la nouvelle graphique.

  • Vlad

    Pascal Pratz

    • Ska
    • 29 October 2020

    Le commandant Vlad et son équipe pistent de criminels laissant derrière eux des cadavres atrocement mutilés...
    J'ai des dimanches de père de famille. Poulet rôti, petits pois, repas en commun, sieste et canapé. Au boulot, tout le monde sait qu'on ne m'emmerde pas le dimanche. Même en cas d'urgence. Et tout le monde sait aussi que j'ai très mauvais caractère. En avoir, c'est l'avoir mauvais, disait l'autre. Faut vous dire que je suis sûrement le seul flic communiste et syndiqué à la CGT à la ronde. Au monde, si ça se trouve. À part la Chine et Cuba, bien sûr. J'en ai bavé, évidemment, j'ai baissé mon froc nombre de fois, j'ai ravalé beaucoup de rancoeur, avalé des vers de terre, mais ça ne m'a pas empêché de devenir commandant. Je n'irai pas plus loin. On ne m'emmerde pas le dimanche, donc. Sauf qu'aujourd'hui, quand j'ouvre la porte après qu'on y a sonné, je me retrouve nez à nez avec Gaëlle, capitaine dans mon équipe. Je me prépare à lui claquer la porte au nez et, probablement préparée à ma réaction, elle la bloque avec le pied.
    - Ne fermez pas. Je sais qu'on vous dérange pas le dimanche. Mais là, on a du lourd. J'ai jamais vu un truc pareil.
    Pendant qu'elle parle, une larme coule sur sa joue gauche. Gaëlle est sonnée. Je ne dis rien.[...]


    Solide enquête à la structure classique Pascal Pratz fait tenir en 72 pages un opus de serial killer, là où d'autre vous le délaierait en pavé. Le résultat est une novella qui pulse en rassemblant tous les attendus de l'amateur exigeant.

  • Grand blanc

    Claire Rivieccio


    Il arrive parfois qu'un ange ou deux se penchent sur les destins croisés d'une poignée de mortels...


    AHURIES, ETRIPEES COMME DES CHEVAUX de corrida, Zina et Rita entendirent les Blacks se poiler à côté. Ce ne fut qu'en les voyant qu'elles reconnurent Oumar et Grégoire, leurs collègues de travail. Au Temple de la Lune, le barman et le videur n'avaient pas le rire aussi naturel. C'était à peine s'ils souriaient à force de jouer les malabars. Les deux putes ramassèrent leurs boyaux qui traînaient par terre et rejoignirent les Blacks sans entrain. « Ici ou ailleurs... » se disaient les fausses blondes boudinées dans leurs mini-jupes en faux cuir...



    On ne change pas de destin comme de petite culotte, il y a certaines règles à respecter, surtout pour celles et ceux qui n'ont pas été sages sur terre. Dans « Grand Blanc », de drôles de petits anges s'amusent à tirer les ficelles. Ils ne sont pas les seuls : Claire Rivieccio joue avec notre entendement, elle nous bouscule aux confins des genres.


  • Cercueil express

    Mouloud Akkouche

    • Ska
    • 1 June 2018


    Pour assister en Kabylie à l'agonie de sa mère, l'opposant interdit de séjour recourt à la bière...

    « - T'es revenu, mon fils. Elle se laisse tomber dans mes bras.
    - T'es revenu...Elle se pousse légèrement et lève la tête vers moi. Je garde ma main sur sa hanche, de peur qu'elle ne tombe à la renverse. Première fois que je la sens si fragile. Gosse, je pensais qu'elle était indestructible et que, tant qu'elle se trouvait dans les parages, je ne craignais rien. Après l'âpreté du labeur pieds nus dans la rocaille et les champs, les pluies de bombes, les accouchements accroupie dans une maison sans eau ni électricité, le froid de l'hiver, les canicules, les mauvaises récoltes, elle avait vécu une autre guerre invisible - plus longue, quotidienne et répétée de génération en génération -, celle de l'assujettissement à son père, ses frères, son mari, ses fils. »

    Une grande sensibilité transparait dans cette nouvelle. L'amour pour sa mère d'un fils banni, séparés par la Méditerranée et interdit de séjour dans son pays natal, saura suggérer à ce dernier une initiative pour le moins insolite... Finesse de l'écriture, dialogues resserrés. Du grand Mouloud Akkouche.

  • Décroisser la lune

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 1 January 2018


    Décroisser la lune, est-ce hors de portée pour ce SDF secrètement amoureux de la boulangère bienfaitrice ?...

    « - Prenez... Plus froid que la semaine dernière, n'est-ce pas ? Je la devine pressée mais disponible, discrète mais enjouée. Je récupère le sac en papier garni de je ne sais quels délices. L'odeur flatte mes narines, tandis que j'enregistre mille myriades dispensées par son regard éblouissant.
    - Merci beaucoup. Oui ça... ça pique ces jours-ci, je bredouille. Je me tiens dans la flaque de lumière du trottoir, héron mazouté.
    - Ils ont prévu zéro degré, sourit ma bienfaitrice. »

    Dans la rue, la concurrence est féroce entre miséreux. Sadaune pose sur eux un regard chaleureux et humain, en mesure de découvrir ce que cachent les oripeaux de la pauvreté extrême.

  • Fligth to Kidney

    Franck Thilliez

    • Ska
    • 1 May 2017


    What's left to sell when poverty took it all? Your body, whole or by bits...

    "As she was unwrapping a brand new pair of Jimmy Choos, while all he had unwrapped this last two to three years were the pills he couldn't live without anymore, in between dialysis as he always was, she suddenly noticed her husband was troubled. - What's wrong with you? - I've met him, he breathed. He's 29 and has a wife called Haniya. He's a pauper. He doesn't read nor write and barely has enough to survive. He didn't even know what a kidney was."

    Best-seller author Franck Thilliez offers a short story which is just as documented as his well-known thrillers. It gets its facts from the harsh iniquities of our world where cash is king. Ska is very proud to have Franck Thilliez in its catalogue.

  • Jeanne Desaubry, romancière, s'adonne aussi aux petites formes littéraires comme la nouvelle noire avec une réussite éclatante et sombre en même temps.. Voici quelques nouvelles compilées illustrant son talent...
    « Ils sont venus me cueillir aussi, plus tard. Ils ont emmené Léna en foyer. Je me suis sentie soulagée. C'est vrai que ces endroits-là, c'est pas ce qui se fait de mieux, mais ma gamine, au moins, elle était enfin en sécurité. Loin de Richard. J'ai avoué tout ce qu'ils voulaient. Ils n'en revenaient pas. J'ai vu les gendarmes, le juge, l'assistante sociale, un avocat commis d'office. Je leur ai tout raconté. Sans rien cacher. Comment il nous battait. »

    Artiste du genre recherchée pour animer des ateliers d'écriture, son style est tranchant, sec, limpide... du noir à l'éclat de diamant...

  • Obione, la compil'

    Max Obione

    • Ska
    • 1 October 2016


    Un recueil de 20 nouvelles dans lequel Max Obione fait mouche, en plein dans le coeur noir de la cible.

    « Elle sentit une sueur chaude envahir le bas de son dos. Elle connaissait le danger, elle avait lu les cahiers, elle avait près d'elle cet écrivain que l'institution psychiatrique allait détruire à force d'électrochocs et de chimie. Elle n'était que sensations humides, troublée tant par le désir que par la transgression professionnelle. « J'ai lu vos cahiers. » murmura-t-elle en frissonnant. Elle souhaitait qu'il la caressât. Maintenant. Elle souhaitait qu'il la parcourût, qu'il jouît aussi de sa peau à elle, sur laquelle aucune main d'homme ne s'était posée depuis si longtemps, et aussi qu'il continue à écrire, un jour prochain, si bien. Sa peau à elle... La main d'Oskar se posa sur sa jambe.» (extrait de La peau des femmes)
    Malgré sa bonne bouille de marin de haute mer coincé à terre, il ne titube pas, ne contemple pas les vagues inopérantes s'écrasant sur grèves et rivages divers, et s'ancre peu à peu dans la noirceur du paysage. Il écrit de ces textes clairs à force d'être sombres, évidents dans leur brutalité, souvent charnus et poétiques, dérangeants et patients, parfois pleins d'un humour cynique grand gabarit, récits qui nous renvoient parfois à cette littérature « hard boiled » que nous aimions tant, pour sa passion métaphorique et sa « vista » comportementaliste. Mais sans les archétypes et marronniers qui encombrent souvent le polar. [extrait de la préface de Jean-Bernard Pouy à L'ironie du short (Krakoen)]



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