Collection XIX

  • Je suis si petite qu'on pourrait me donner la qualification de naine, si ma tête, mes pieds et mes mains n'étaient pas parfaitement proportionnés à ma taille. Mon visage n'a ni la longueur démesurée, ni la largeur ridicule que l'on attribue aux nains et aux êtres difformes en général, et la finesse de mes extrémités serait enviée par plus d'une belle dame.Cependant, l'exiguïté de ma taille m'a fait verser des larmes en cachette.Je dis en cachette, car mon corps lilliputien renfermait une âme fière, orgueilleuse, incapable de donner le spectacle de ses faiblesses au premier venu.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Durant toute la période connue sous le nom de moyen âge, les juifs ne furent tolérés par les autorités civiles et ecclésiastiques que parce qu'ils représentaient une source intarissable de revenus ; de temps à autre, lorsque les besoins du Trésor l'exigeaient, on les mettait à rançon : le vertueux saint Louis lui-même, ne put se soustraire aux préjugés de son temps et sa conscience, ordinairement si délicate, ne se sentit pas alarmée en ordonnant la spoliation de ces malheureux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Vous me demandez, honoré ami, de vous communiquer quelque chose touchant les enseignements secrets de Martinèz Pasqualis, auxquels vous vous êtes intéressé à travers les écrits de deux de ses disciples, feu Saint-Martin et l'abbé Fournié qui vit encore à Londres ; je vais donc, selon mes forces et autant qu'il m'est permis, accéder à votre désir.Si, en tout temps, il y eut et il y aura des hommes qui, en tant que représentateurs du futur, tels les prophètes, nous ont montré que le futur est déjà là, il doit également y en avoir eu en tout temps d'autres qui, en tant que représentateurs du passé, nous montrent, par le souvenir, que le passé est encore là, et un tel représentateur du passé (du Judaïsme) est assurément Pasqualis qui, à la fois juif et chrétien, - il confessait la religion catholique romaine, - a fait revivre pour nous l'ancienne Alliance, non seulement dans ses formes, mais encore avec ses pouvoirs magiques.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Nous sommes tous attachés au trône de l'Etre Suprême par une chaîne souple, qui nous retient sans nous asservir.
    Ce qu'il y a de plus admirable dans l'ordre universel des choses, c'est l'action des êtres libres sous la main divine. Librement esclaves ils opèrent tout à la fois volontairement et nécessairement : ils font réellement ce qu'ils veulent, mais sans pouvoir déranger les plans généraux. Chacun de ces êtres occupe le centre d'une sphère d'activité dont le diamètre varie au gré de l'éternel géomètre, qui sait étendre, restreindre, arrêter ou diriger la volonté, sans altérer sa nature.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • CONTRE CEUX QUI SONT JALOUX DES VERTUS DE SAINT MARTIN.Hier, beaucoup de moines vinrent me trouver, et, au milieu de nos récits et dé nos longs entretiens, on parla de mon petit livre sur la vie de saint Martin ; j'appris avec plaisir que beaucoup le lisaient avec empressement. On m'annonça aussi qu'une personne, inspirée parle malin esprit, avait demandé pourquoi Martin, qui avait ressuscité des morts et arrêté des incendies, s'était trouvé exposé lui-même à périr tristement dans les flammes.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le conflit entre la Libre Pensée et la Religion. - Quelle pourra en être l'issue ? - Comment Libre Pensée et Religions pourront travailler de concert au progrès. - L'idéal des religions. - L'idéal de la Libre Pensée. - La méthode critique en face du sentiment religieux. - La méthode critique et la science des religions. - Comment la science des religions perfectionne les religions. - Impossibilité de supprimer le sentiment religieux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Avant d'aborder l'objet de cet article, il faut rappeler les antécédents de la question.Le 29 mars 1880, le Journal Officiel avait enregistré deux décrets : le premier contre les Jésuites seuls, le second contre les autres congrégations non autorisées d'hommes et de femmes.Le premier supprimait la Compagnie de Jésus en lui laissant trois mois pour se dissoudre, délai prorogé jusqu'au 31 août pour les maisons d'éducation.Le second portait que les autres congrégations seraient tenues, dans les trois mois, « de se pourvoir à l'effet d'obtenir la vérification et l'approbation de leurs statuts et la reconnaissance légale ».Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Il n'y a guère qu'un écrivain récent qui ait mentionné comme vraisemblable l'opinion d'après laquelle le Décret et les Sentences pourraient être considérés comme des ouvrages indépendants l'un de l'autre. En général, les auteurs s'accordent à les tenir pour des oeuvres étroitement apparentées. C'est là, à mon sens, une proposition incontestable. Toutefois, pour couper court à toute hésitation, il ne semble pas inutile de faire apparaître l'air de famille qui caractérise ces deux ouvrages.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La religion est un commerce libre et efficace de l'homme avec Dieu. - Elle est une science et la première des sciences. - Elle est aussi une vertu. - La religion est intérieure et extérieure, naturelle et surnaturelle.La religion, envisagée dans sa signification la plus étendue, telle que les peuples l'ont comprise, est un ensemble de relations libres et efficaces entre l'homme et Dieu. Tout ce qui se rapporte à ces communications est religieux ; tout ce qui s'en éloigne ne revêt pas ce caractère.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Introduction. - Deux systèmes : un Dieu mort, un Dieu vivant. - Principe de la critique littéraire : rapports des littératures et des institutions religieuses. - Aperçus du sujet. - Pourquoi la révolution d'Espagne est stérile. - Accord de la servitude religieuse et de la servitude politique. - École des nouveaux Guelfes en Italie : idéal de liberté, fondé sur la censure. - Les deux papes du dixneuvièmè siècle. - Rome et la Russie. - De la famine morale chez un peuple.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Dieu, c'est le Créateur ; son nom mystérieux est AUM. L'ESSENCE de la Triade Védique se compose : 1° du monosyllabe sacré AUM, dont les trois lettres ont été exprimées des trois livres saints, le Ritch, le Yadjous et le Sâma Véda, par le Créateur ; - 2° des trois paroles Bhour, Bhouvah et Swar, signifiant terre, atmosphère et ciel, qui représentent les trois mondes ; - 3° de la Savitrî, invocation au soleil, composée de trois stances et commençant par le mot Tad.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Jadis, en présence d'une objection embarrassante, on se contentait souvent de révoquer en doute l'exactitude du fait allégué ; ou bien on se rejetait sur des fautes de copiste : expédient commode, trop commode même, qui perd de son efficace à mesure qu'on en abuse et ne satisfait plus guère l'esprit positif de notre siècle. Sans renoncer absolument à ce moyen de défense, il s'agissait de trouver autre chose.On se souvient de la double tentative faite à quelques années d'intervalle par le cardinal Newman et par Mgr d'Hulst.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Jamais cela ne s'est vu : c'est toujours par sa raison, dans la mesure où il en sait user, que l'homme adhère à sa foi. Prenez un paysan, une servante, un ouvrier, un « simple » quelconque ! il n'a jamais fait de critique et cependant il sait qu'il ne croit pas à la légère. Il s'est dit : « Je ne suis pas un savant, mais je peux bien m'en rapporter à une Église qui a eu tant de savants. » Et, tout en appliquant son bon sens inculte à la considération de ce qu'il croit, il lui arrive d'en trouver, parfois sous de rudes images, le sens profond et vrai.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La question n'est pas de déterminer la place que le clergé occupait dans les institutions nationales, et les influences qu'il y exerçait. Nous avons déjà envisagé ce côté de son histoire. On sait que, sous la première et la seconde race de nos rois, le clergé se mêle à toutes les affaires, assiste à tous les « mais » des Champs de Mai, à côté des guerriers et des Leudes, pour y traiter de la paix, de la guerre, même des rapports de l'Eglise et de l'Etat.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Quelle que soit l'opinion sur l'origine complexe des populations qui sous le nom général de Berbères ont occupé et occupent encore tout le nord de l'Afrique septentrionale, de la Méditerranée au Soudan et de l'Atlantique à l'Égypte, elles forment une unité linguistique et c'est en se plaçant à ce point de vue qu'on peut essayer de reconstituer leur religion dans le passé. Mais, dès l'abord, nous nous trouvons en présence d'une difficulté presque insoluble.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La traduction des livres de l'Ancien Testament, attribuée, par les uns à soixante-dix, par les autres à soixante-douze vieillards envoyés de Jérusalem à Alexandrie par le grand prêtre Eléazar, sur la demande de Ptolémée Philadelphe, eut pour véritables auteurs les Juifs établis dans la capitale des Lagides. La plupart des critiques de nos jours en conviennent après J.-L. Vivès, J. Scaliger, Hody et Van-Dale, qui les premiers attaquèrent l'opinion contraire généralement acceptée avant le dix-septième siècle, sans doute parce qu'on ne l'avait pas examinée assez sérieusement.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Tout le monde est d'accord que le gouvernement des hommes est la chose du monde la plus difficile, qui se rencontre dans les affaires humaines. Les hommes, à dire vrai, sont autant de petits mondes, plus difficiles à gouverner que l'univers entier. Le cours de l'univers est si réglé qu'un mortel qui le gouvernerait un an, pourrait, par suite du même principe, le gouverner éternellement. Mais l'homme est un petit monde, qui change à tout moment ; c'est une girouette à tous vents ; et autant d'hommes que vous avez à gouverner, ce sont autant de petits mondés, différents l'un de l'autre.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • MESSIEURS,La question du surnaturel n'a pas besoin de longs discours pour s'introduire auprès de vous. Aucune n'est plus actuelle ni plus urgente : elle s'impose et elle se mêle à tous nos débats.Jamais, d'ailleurs, préoccupation ne fut plus légitime. Il n'existe pas, en effet, beaucoup de questions aussi grandes que celle du surnaturel : bien comprise, elle est du nombre de celles qui impliquent toutes les solutions suprêmes ou qui y sont impliquées.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Pour savoir si le non-civilisé croit à une survie, ne l'interrogeons pas, cela est malaisé et pourrait donner lieu à des méprises. Voyons-le agir, examinons les rites dont chez lui la mort est l'occasion ; ils manifestent dans un langage précis, observable pour tous, le fond de sa croyance. Suivons avec curiosité : 1) son attitude en face de la mort et du cadavre ; 2) ses habitudes de deuil ; 3) ses rites funéraires et son culte des morts.§ 1.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • 1. Le doute concernant l'existence des Esprits a pour cause première l'ignorance de leur véritable nature. On se les figure généralement comme des êtres à part dans la création, et dont la nécessité n'est pas démontrée. Beaucoup ne les connaissent que par les contes fantastiques dont ils ont été bercés, à peu près comme on connait l'histoire par les romans ; sans chercher si ces contes, dégagés des accessoires ridicules, reposent sur un fond de vérité, le côté absurde seul les frappe ; ne se donnant pas la peine d'enlever l'écorce amère pour découvrir l'amande, ils rejettent le tout, comme font, dans la religion, ceux qui, choqués de certains abus, confondent tout dans la même réprobation.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • OUVERTURE DE LA RETRAITEEmittes Spiritum tuum et creabuntur, et renovabis faciem terræ. Envoyez votre esprit, et une nouvelle création s'opérera et vous renouvellerez la face de la terre.Ps., CIII, 30.1° C'est la prière qui monte aujourd'hui vers Dieu de tous les points de la terre. Conçue du Saint-Esprit, dans le sein de Marie, comme Notre-Seigneur, l'Église, son Épouse immaculée, fait son entrée dans le monde le jour de la Pentecôte.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le Jansénisme

    Jules Paquier

    PRÉLIMINAIRES. - Raison de cette Leçon didactique.CH.I. - Distinction entre le dogme et la théologie.Comparaison entre la théologie et la science, entre l'objet de la théologie et l'objet de la science.CH. II. - Exposé du dogme de l'état surnaturel auquel Dieu appelle l'humanité.Le dogme catholique de l'état surnaturel comprend deux points principaux : la distinction de l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel ; la persistance de l'activité responsable de l'homme en face de la grandeur de Dieu.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • ENCOURAGÉ par plusieurs amis, je prends la plume et je commence le récit détaillé de mon voyage à la Ville-Sainte. Mes préparatifs pour ce long voyage furent bientôt faits. Muni d'une petite valise et d'une couverture, j'étais, le 22 septembre 1891, à une heure de l'après-midi, à la gare de Paris-Lyon-Méditerranée. Les pèlerins commençaient à arriver et, pendant plus d'une demi-heure, ils devenaient à chaque instant plus nombreux. Parmi eux, se trouvait mon excellent compagnon de voyage, M.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « C'est en juin 1902 que parut pour la première fois, à New-York, l'ouvrage de l'illustre professeur de l'Université Harvard, intitulé The varieties of religions experience ; et aujourd'hui il en est peu qui soient plus répandus et lus plus avidement dans le monde entier. Tandis que les savants y goûtent une érudition étendue et sagace mise au service d'une philosophie vigoureuse et originale, les gens du monde, les consciences passionnées de vie intérieure, les femmes, y cherchent des lumières et des forces pour réaliser, en accord avec les idées modernes, l'idéal religieux. Il était à souhaiter qu'un ouvrage aussi universellement apprécié fût mis, chez nous-mêmes, à la portée de tous ; et c'est ce qui a lieu aujourd'hui grâce à la traduction très pénétrante, très vivante, ingénieusement exacte dans sa libre allure, qu'en donne M. Frank Abauzit. » (Extrait de la préface d'Émile Boutroux.)

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