Seuil

  • « Je vous invite à cheminer un moment avec moi, et vous serez surpris par les voies que nous prendrons. Nous nous écarterons
    des théories et des croyances pour nous diriger vers une forme unique de connaissance qui se situe en nous, libérée des divertissements du quotidien, un lieu où vous trouverez la lucidité, l'épanouissement et la joie. Un lieu de paix intérieure. »

    Dans ce livre très personnel, Prem Rawat partage des moments clés de sa vie, du jeune Indien âgé de 13 ans, soudainement
    propulsé sur scène au Festival de Glastonbury en 1971, à ses expériences de pilote d'avion. Il évoque ses rencontres avec des personnes remarquables, de dirigeants politiques aux prisonniers rencontrés dans certaines des prisons les plus inhospitalières au monde. Son enseignement et ses prises de parole, particulièrement incarnés, sont souvent illustrés d'histoires, d'une apparente simplicité et accessibles à tous, invitant à tendre l'oreille du coeur, à se reconnecter à soi-même et à (re)prendre le contrôle de notre vie. Ce livre nous plonge au coeur d'une réflexion singulière sur le sens de la vie humaine et les immenses possibilités qu'elle offre.

  • Une rabbin et un intellectuel musulman s'entretiennent ici autour de l'essentiel : comment être juif ou musulman ? Quel rapport – semblable, différent, complémentaire... – à l'histoire, à la loi, aux rites et aux coutumes, à la laïcité, à la filiation, à la vérité ? Où en sont les femmes dans le judaïsme et l'islam d'aujourd'hui, quelle est leur place publique et privée ? Quelle relation entretiennent musulmans et juifs avec Dieu ?
    La révélation dont les textes gardent la trace n'a de sens que dans des interprétations renouvelées au fil des générations : telle est la conviction qui rapproche, au-delà des différences, Delphine Horvilleur et Rachid Benzine, dans un dialogue à la fois vif et profond. La rabbin affirme que lire la Torah, c'est toujours se battre avec un texte complexe ; pour l'islamologue, se réclamer du Coran, c'est d'abord écouter une parole pour être " bien guidé ". La responsabilité religieuse consiste aujourd'hui à sortir de l'idéologie identitaire, du sacré intemporel qui fige la tradition dans le passé, à poursuivre avec les autres – tous les autres – un dialogue à la fois amical et franc, qui refuse les remparts du fondamentalisme religieux et laisse l'avenir ouvert.
    Un livre d'une grande liberté de ton, particulièrement bienvenu en ces temps où il faut lutter contre les murs, symboliques ou concrets, que certains érigent comme s'ils étaient devenus l'unique salut possible.
    Delphine Horvilleur est rabbin. Elle a publié En tenue d'Eve et Comment les rabbins font des enfants (Grasset, 2013 et 2015).
    Rachid Benzine est islamologue. Il a publié Les Nouveaux Penseurs de l'islam (Albin Michel, 2004), Le Coran expliqué aux jeunes (Seuil, 2013) et Nour, pourquoi n'ai-je rien vu venir ? (Seuil, 2016, adaptée au théâtre sous le titre Lettres à Nour).

  • Dieu, Kyrios, Deus, Notre Père, Iahvé, Elohim, Adonaï, Jésus ou Allah ont indéniablement un « air de famille ». Cela ne veut pas dire qu'on puisse les traduire les uns dans les autres sans précaution ni qu'ils soient identiques comme le laissent entendre un peu vite ceux qui prônent la notion de « religions abrahamiques ». Il n'en demeure pas moins que ces trois religions se réfèrent à des Révélations. Elles nous recommandent de croire que Dieu s'est révélé lui-même, de diverses manières selon qu'on soit juif, chrétien ou musulman.
    Philippe Borgeaud insiste sur un point névralgique : pour l'historien ou l'anthropologue, l'islam, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, l'animisme ou l'hindouisme n'existent pas en tant que tels, pas plus que les dieux auxquels on les associe. Il n'y a de religion que dans les paroles, les sentiments et les actes de ceux qui s'en proclament les acteurs ou les adversaires. Pour saisir cette divergence fondamentale, entre le sens commun et l'observation des sciences humaines, comparer les croyances entre elles est indispensable.
    Tout en interrogeant notre présent, posant la question de savoir si on peut encore « afficher de l'incroyance », Borgeaud analyse les systèmes de pensée religieuse. Dans ce livre, il nous propose de repenser les mythes et les récits fondateurs qui ont contribué à transformer des pratiques et des croyances ancestrales en « religions » modernes.

  • Les « monothéistes » juif, chrétien et musulman croient en un Dieu unique, révélé dans la Bible et le Coran. Les croyants de bonne volonté parmi eux insistent à bon droit sur ce qui les unit. Il existe pourtant de grandes différences entre ces religions, en particulier à propos des origines de ce Dieu. Comme le montrent Thomas Rmer et Jacqueline Chabbi, la « naissance » de Yahvé et celle d'Allah ont eu lieu dans des contextes anthropologique et sociopolitique très contrastés, presque opposés. Quoi de commun en effet entre les petites royautés-États d'Israël et de Juda entre le viiie et le vie siècle avant notre ère, confrontés à de puissants empires comme l'Égypte, l'Assyrie, la Babylonie, la Perse, et une petite tribu de l'Ouest arabique au VIIe siècle de notre ère, à l'écart des routes caravanières, en dépendance vitale de l'eau ?
    Ces conditions historiques ont forcément marqué l'identité et le devenir du Dieu de chaque tradition. Un dialogue en vérité entre le judaïsme, le christianisme et l'islam ne saurait masquer ces différences. Celui de ce livre, entre Thomas Rmer et Jacqueline Chabbi, a la qualité de bousculer aussi les certitudes de tous les fanatiques d'une lecture littérale de la Bible et du Coran.

  • Les lectures fondamentalistes des Livres saints font peser sur la liberté un péril grandissant. Pour lutter contre leurs ténèbres, les lectures historiques et critiques enseignent à comprendre les Livres en fonction du passé et des intentions de leurs auteurs. Cette réfutation scientifique du fondamentalisme n'omet-elle pas toutefois des questions essentielles ?
    Ce livre explique comment une lecture spirituelle – ici selon la tradition juive – met en lumière d'autres paramètres. Elle pose que la langue des textes étudiés porte des significations à déployer dans le temps, grâce à leurs innombrables lecteurs. Par ailleurs et surtout, elle ne sépare jamais la quête du sens et de la vérité d'un travail exigeant sur soi-même. Dès lors, lire la Torah, c'est aussi voyager avec elle dans l'histoire, avec d'autres, hommes et femmes, qui n'avancent pas au même rythme. De nos jours, c'est rencontrer des questions brûlantes comme celle relatives à la terre d'Israël et à Jérusalem, au destin singulier du peuple juif et à la politique. La lecture spirituelle a alors son mot à dire : elle avise d'œuvrer pour une paix vouée à l'inquiétude du sort d'autrui.
    Catherine Chalier est philosophe, spécialiste du judaïsme. Elle a notamment publié : Transmettre, de génération en génération (Buchet-Chastel, 2008), La Nuit, le Jour (Seuil, 2009), qui a reçu le prix des Écrivains croyants, Le Désir de conversion (Seuil, 2011), Kalonymus Shapiro, rabbin au Ghetto de Varsovie (Arfuyen, 2011), Présence de l'espoir (Seuil, 2013).

  • Le Coran

    Anonyme

    Le Coran
    " Dieu est la lumière des cieux et de la terre. Cette lumière ressemble à un flambeau, à un flambeau placé dans un cristal, cristal semblable à une étoile brillante ; ce flambeau s'allume de l'huile de l'arbre béni, de cet olivier qui n'est ni de l'Orient ni de l'Occident, et dont l'huile semble s'allumer sans que le feu y touche. C'est une lumière sur une lumière. Dieu conduit vers sa lumière celui qu'il veut, et propose aux hommes des paraboles ; car il connaît tout. "
    Coran 24, 35
    Traduction de Albert Félix Ignace de Biberstein Kasimirski
    Préface de Mohammad Ali Amir-Moezzi

  • Si le judaïsme et, à sa suite, le christianisme et l'islam proclament l'unicité d'un dieu régnant seul de toute éternité sur le ciel et la terre, la Bible hébraïque elle-même témoigne, pour qui la lit attentivement, de ses racines polythéistes. De fait, le " dieu d'Abraham " auquel se réfèrent, chacune à sa manière, les trois religions du Livre n'a pas été unique depuis toujours.
    Comment un dieu parmi les autres est-il devenu Dieu ? Telle est l'énigme fondatrice que cette plongée aux sources du monothéisme se propose d'élucider en parcourant, sur un millénaire, les étapes de son invention. D'où vient ce dieu et par quel biais s'est-il révélé à " Israël " ? Quels étaient ses attributs et quel était son nom avant que celui-ci ne devienne imprononçable ? Quand accéda-t-il au statut de dieu tutélaire des royaumes d'Israël et de Juda ? Sous quelles formes était-il vénéré et représenté ? Pourquoi les autres divinités au côté desquelles il trônait déchurent-elles ? Au terme de quel processus et en réaction à quels événements le culte exclusif qui lui a progressivement été rendu s'est-il imposé ?
    À la lumière de la critique historique, philologique et exégétique et des plus récentes découvertes de l'archéologie et de l'épigraphie, Thomas Römer livre les réponses d'une enquête rigoureuse et passionnante sur les traces d'une divinité de l'orage et de la guerre érigée, après sa " victoire " sur ses rivaux, en dieu unique, universel et transcendant.
    Spécialiste mondialement reconnu de l'Ancien Testament, Thomas Römer occupe la chaire " Milieux bibliques " au Collège de France ; il est également professeur à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Lausanne.

  • Le Coran : tout le monde en parle, mais qui le connaît vraiment ?
    Ce livre révèle au grand public un Coran méconnu, souvent par les musulmans eux-mêmes. Avec méthode et clarté, Rachid Benzine met à la portée de tous les clés de sa lecture et de sa compréhension.
    Comment la révélation du Coran est-elle survenue ? Dans quel monde est-il apparu ? À qui s'adresse-t-il ? Qui était Muhammad ?
    Comment la prédication orale des débuts est-elle devenue ce livre dont se réclament aujourd'hui plus d'un milliard de nos contemporains ?
    Quels enseignements le Coran délivre-t-il ? S'agit-il d'un texte violent ? Quels sont ses points communs avec la Bible ?
    Un livre pour découvrir comment le Coran est devenu, en surgissant dans l'histoire, une source d'inspiration spirituelle et de transformation sociale.
    Rachid Benzine est l'auteur d'un livre de référence, Les Nouveaux Penseurs de l'islam (Albin Michel, 2004). Il enseigne notamment à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.
    NOUVELLE ÉDITION AUGMENTÉE

  • Y a-t-il une philosophie chrétienne ?
    Les trois courts et passionnants essais réunis ici explorent les différentes questions que soulèvent, dans l'univers du christianisme, les relations controversées de la philosophie et de la religion. Foi et raison sont-elles exclusives l'une de l'autre ? La raison n'aurait-elle rien à apporter à la subjectivité de la foi ? Peut-on se passer de croyances ? Science et foi sont-elles nécessairement en conflit ? Que prouvent les " preuves " de l'existence de Dieu ? Et si Dieu existe, pourquoi le mal accable-t-il le monde ? Défendant la fécondité du dialogue entre raison et foi, Denis Moreau ne se contente pas de rendre compte de l'histoire de ce débat. Il montre en quoi le christianisme constitue une ressource philosophique, et ce que la foi peut gagner en s'adossant à la raison : la philosophie chrétienne n'est donc pas un impensable, ni une sous-philosophie.
    Denis Moreau
    Agrégé et docteur en philosophie, il est professeur de philosophie à l'université de Nantes. Il est notamment l'auteur de Pour la vie ? (Seuil, 2014), Mort, où est ta victoire ? (Bayard, 2017) et Comment peut-on être catholique ? (Seuil, 2018).

  • Argent, sexe et travail occupent notre quotidien, et souvent nous préoccupent. Un chemin spirituel authentique peut-il alors les exclure ? Éveilleur percutant, Chögyam Trungpa nous conduit à réaliser le caractère sacré de la vie, y compris de ces activités qu'on croit triviales : le travail que nous avons pris l'habitude de subir, le sexe étouffé par les conventions et les schémas moraux, l'argent, objet d'avidité et moyen de contrôle, et pourtant nécessaire. Les enseignements rassemblés dans ce livre montrent ainsi que la créativité est la clé du travail, que celle du sexe est la communication (et même que toute communication est sexuelle) et que l'argent est un moyen de prendre conscience de la façon dont nous utilisons notre énergie. Alliant réalisme et respect de la vie, Trungpa nous incite à la fois à accepter et à créer : accueillir le quotidien avec un esprit ouvert, créatif, respectueux, en étant prêt à l'utiliser comme une partie intégrante de notre développement.
    Des enseignements puissants, qui offrent une vision d'ensemble de notre vie.
    Chögyam Trungpa (1939-1987), héritier de la tradition tantrique du Tibet, est l'un des premiers maîtres à avoir enseigné le bouddhisme aux Occidentaux. Un maître à part, qui s'est immergé dans la vie occidentale et a diffusé un enseignement radical, à la fois provocateur et d'une fraîcheur incomparable. Ses livres sont publiés au Seuil.
    Traduit de l'anglais par Thomas Demarcq.

  • Alors que le Coran fait l'objet, dans les courants salafistes et dhjihadistes, d'une interprétation atemporelle et anhistorique, cet ouvrage passionnant a l'ambition de donner à comprendre ce que le discours coranique de Mahomet, qui était alors loin d'être fixé par écrit, a pu signifier pour ceux qui l'ont entendu, dans la société sans livre qu'était l'Arabie du début du viie siècle.
    L'originalité de cette approche consiste ainsi à déchiffrer le Coran à la lumière d'un contexte historique et anthropologique précis, celui de tribus vivant selon des rapports de solidarité et d'alliance pour faire face à l'environnement éprouvant du désert. Jacqueline Chabbi montre avec brio, et une connaissance approfondie de la langue coranique, que les trois caractéristiques principales du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : l'alliance, la guidance et le don. Pour ce groupe humain patriarcal du désert, Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement.
    Outre que cet éclairage permet d'élucider un nombre considérable de notions et de distinguer celles qui sont d'origine biblique, il renouvelle totalement le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia notamment). Car il ne s'agit pas, en découvrant des significations en relation avec un terrain chronologiquement premier, de figer les mots dans leur sens d'origine mais au contraire de faire apparaître combien ils ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle a notamment publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (CNRS, 1997/2013) et Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard 2008/Le Cerf, 2004).

  • Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente.
    À partir de deux versets de la sourate IV qui évoquent la crucifixion de Jésus de manière inattendue, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur cherchent à reconstituer ce que l'on peut comprendre des origines de la prédication de Mahomet, de son développement dans un milieu païen très marqué pourtant par les références et les influences bibliques.
    Une religion ne naît jamais de rien. L'islam s'est voulu l'ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois l'héritière et la concurrente. Au carrefour des trois monothéismes, dans la succession du judaïsme de Moïse et du judéo-christianisme de certains disciples de Jésus, ce livre explore pour nous la formation de l'islam au début du VIIe siècle de notre ère.
    Pourquoi et comment le juif de Galilée mué en Christ fondateur du christianisme est finalement devenu dans la péninsule arabique " le messie Jésus, fils de Marie, envoyé d'Allah ", l'ultime prophète avant le Prophète.
    Jérôme Prieur et Gérard Mordillat sont écrivains et cinéastes. Les auteurs de la mémorable série de films Corpus Christi ont publié au Seuil Jésus contre Jésus. Leur premier essai, qui demeure un grand succès, a été suivi de Jésus après Jésus sur les origines du christianisme puis de Jésus sans Jésus sur la christianisation de l'Empire romain.
    Jésus selon Mahomet accompagne et prolonge Jésus et l'islam, la nouvelle série qu'ils ont réalisée pour Arte où interviennent vingt-six des plus grands chercheurs internationaux sur l'islam.

  • Le Livre brûlé
    A côté de la Bible - la Loi écrite - le Talmud, depuis sa clôture vers l'an 500 de notre ère, constitue la Loi orale, l'enseignement jamais interrompu de la tradition juive, sa mémoire et les racines de sa culture.
    Le Livre brûlé se déploie en trois livres : le premier présente une introduction systématique à l'univers talmudique, à ses méthodes, à ses débats, à sa logique, à son histoire. Le deuxième, qui commente deux textes importants de la Michna et de la Guémara, offre un modèle d'étude séculaire confronté aux réflexions philosophiques contemporaines. Le troisième enfin, qui donne son nom à l'ouvrage, interroge la figure énigmatique et puissante d'un maître hassidique, Rabbi Nahman de Braslav, qui, sentant la mort venir, détruisit par le feu un de ses écrits... Trois livres qui en suscitent d'autres, à l'infini, et qui posent la même question : ne faut-il pas, au fond, "détruire" les livres pour donner naissance à la pensée, pour créer le renouvellement du sens ? Pour que la fidélité aux écritures ne se pétrifie pas en respect têtu et en refus aveugle du temps et de l'Histoire. Car, comme dit R. Nahman de Braslav : "Il est interdit d'être vieux."
    Marc-Alain Ouaknin
    Né à Paris en 1957, rabbin et docteur en philosophie, auteur de nombreux ouvrages et articles sur la pensée juive, est directeur du centre de recherches et d'études juives ALEPH (Paris) et enseigne la philosophie et la littérature comparée.

  • Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ?

    Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Église ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles.

    Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Église chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Église donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle.

    Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Église aujourd'hui.

    Un livre passionnant et nécessaire.

  • Les Pouvoirs du sacré pose une question brûlante : celle de la place persistante du sacré et de la religion dans la vie sociale contemporaine. Ni une vision linéaire de la sécularisation comme déclin progressif et mondial de la religion, ni une compréhension mystique du " retour du religieux " ne conviennent pour appréhender ce phénomène complexe. Hans Joas parcourt, synthétise et discute les grands paradigmes qui ont été élaborés par la philosophie et la sociologie, depuis le xviiie siècle, pour penser la vie religieuse.
    En discussion critique avec Max Weber, Joas construit une alternative au récit du " désenchantement du monde ". Il estime qu'une compréhension du devenir de la religion ne peut se séparer d'une interprétation des tensions entre le politique et le religieux, l'État et les Églises, qui ont paradoxalement créé des interstices dans lesquels les individus ont pu construire leur liberté et redéfinir leur vie en commun.
    Il s'agit aussi d'un livre engagé en faveur d'un universalisme des droits de la personne qui se traduirait, au plan théologico-politique, par le double rejet des théocraties et des dictatures laïques, et par une mise en garde contre la tentation d'une " auto-sacralisation de l'Europe " contre l'islam.
    Hans Joas est aujourd'hui l'un des plus éminents représentants de la sociologie des religions et de la " philosophie sociale " allemande, illustrées jadis par Max Weber ou Georg Simmel. Ont été traduits en français La Créativité de l'agir (Le Cerf, 1999), George Herbert Mead. Une réévaluation de sa pensée (Economica, 2007) et Comment la personne est devenue sacrée. Une nouvelle généalogie des droits de l'homme (Labor et fides, 2016).
    Traduit de l'allemand par Jean-Marc Tétaz.

  • "L'admirable, la parfaite biographie que vient d'écrire Marcelle Auclair."
    A. Maurois, les Nouvelles littéraires
    "Il faut saluer, et on oserait presque dire fêter, une oeuvre aussi belle que celle de Marcelle Auclair."
    P. Doncoeur, Les Etudes
    "La biographie de Marcelle Auclair est brillamment écrite, solidement documentée, aussi large, pénétrante, alerte et pittoresque que le demandait le sujet."
    le Figaro littéraire
    "Voici la vie d'une des plus grandes mystiques, racontée avec la couleur et la vivacité d'un roman de cape et d'épée, mais tissée à chaque page sur le fond solide de la vérité historique.(...) Il y a, dans ce livre, une foule d'admirables pages, éclairées par les témoignages et les lettres du temps, dans lesquelles l'extraordinaire existence de la sainte d'Avila est évoquée avec une merveilleuse puissance de vie.(...) Ici, nulle concession au style artificiel de l'hagiographie décadente, mais le langage le plus humain. Et pourtant comme il nous conduit avec feu sur le sentier de Thérèse vers le château de l'âme !"
    M. Carrouges, La Vie spirituelle

  • " Nul n'est prophète en son pays ", " Semer la zizanie ", " L'homme ne vit pas que de pain ", " Porter au pinacle ", " Rendre à César ", etc. : comme monsieur Jourdain faisait de la prose, nous citons les Évangiles sans le savoir. En presque 2 000 ans d'histoire du christianisme, ces textes ont imprégné notre culture : on y trouve de multiples aphorismes et sentences qui sont devenus des expressions courantes. Ces paroles vives, voire provocatrices, qu'on attribue pour la plupart à Jésus, se sont banalisées, et leur sens religieux est aujourd'hui imperceptible.
    En honnête homme amoureux des textes bibliques, Denis Moreau a choisi une centaine de ces locutions et leur redonne leur saveur première. Restituant le contexte où elles ont été prononcées selon un ordre qui rend compte du récit évangélique, il explique leur sens et leur portée, et retrace, non sans humour, les multiples échos qu'elles ont trouvés au cours des siècles.
    Une façon à la fois distrayante et profonde de redécouvrir les Évangiles sous un jour inattendu, ou de s'y initier.

  • Pourquoi prie-t-on aujourd'hui ? Comment prier ? Le sait-on encore ? Que signifie cet acte, le plus immémorial dans l'histoire des hommes ? À quelle faim, à quelle soif, à quelle urgence, mais aussi à quel amour répond la prière ? Les saints de tous les temps, les poètes et les écrivains, les musiciens et les peintres en ont tissé leurs œuvres. Mouvement intérieur ou communion collective, la prière n'en finit pas de soulever une infinité de questions et d'espérances. Elles sont au cœur du livre de Christiane Rancé où se croisent et se mêlent traits historiques, rencontres, dialogues, aphorismes, paysages et méditations.
    Un nouveau bréviaire enchanteur.
    Christiane Rancé est grand reporter, essayiste et romancière. Elle a déjà publié deux magnifiques biographies spirituelles au Seuil : Simone Weil, le courage de l'impossible (2009) et Tolstoï, le pas de l'ogre (2010), ainsi qu'un Jésus (Gallimard, coll. " Foliobiographies ").

  • " La question que nous posons est une question de principe. Est-il possible à l'homme d'entendre dans le langage qui est le sien une parole qui parlerait dans un autre langage, qui serait celle de Dieu, très exactement de son Verbe ? [...] Nous prendrons pour guide de notre réflexion les paroles même du Christ. Car ce sont elles sans aucun doute qui contiennent la réponse. De même en effet que toute assertion scientifique et au fond toute affirmation humaine portent en elles une prétention à la vérité, de même la parole du Christ se distingue par une prétention démesurée aux yeux et aux oreilles de beaucoup d'hommes de ce temps. Sa prétention n'est pas seulement de transmettre une révélation divine mais d'être en elle-même, purement et simplement, cette Révélation, la Parole de Dieu lui-même. En suivant pas à pas l'enchaînement de ces paroles nous nous efforcerons de voir si elles sont capables de légitimer une telle prétention : proférer la Parole de ce dieu que le Christ dit être lui-même. "
    M. H.

  • " S'asseoir, tout simplement " est une célèbre formule de la tradition zen pour décrire la méditation. Sa limpidité dit pourtant l'exigence d'une transformation de soi. Dans l'assise méditative en effet, le pratiquant est invité non seulement à se désencombrer, mais à se défaire inconditionnellement des peurs et des jugements qui colorent la réalité, pour vivre une expérience d'unité et de simplicité.
    Cet ouvrage passionnant est le premier à décrire l'expérience subjective de la méditation. Répondant aux nombreuses questions que le néophyte comme le pratiquant avancé peuvent se poser sur la posture physique, l'attitude mentale, les différentes techniques, la relation avec le maître, il décrit minutieusement, comme cela n'avait jamais été fait, les mécanismes psychologiques qui empêchent ou permettent l'expérience méditative.
    Alors que la méditation bouddhiste suscite un réel engouement, notamment par le développement d'une forme simplifiée et laïcisée de celle-ci, la pleine conscience, l'auteur propose également une réflexion critique sur ce nouveau phénomène de société à partir de sa propre expérience de méditant.
    Un livre concret et profond, indispensable sur la voie d'une méditation authentique.
    Éric Rommeluère est enseignant bouddhiste dans la tradition zen. Il a reçu les préceptes bouddhistes du maître zen japonais Taisen Deshimaru, puis pratiqué sous la direction des maîtres Ryôtan Tokuda et Gudô Nishijima. Ses ouvrages explorent les enseignements du Bouddha, leurs interprétations et leurs adaptations en Occident.
    Merci de prévoir une photo de l'auteur en 4e

  • Ni apologétique ni polémique, mais témoignant d'une sympathie pour le " héros " de l'histoire que fut Jésus de Nazareth, ce livre en offre une présentation éclairante. Vulgarisant avec talent les travaux récents des historiens et des théologiens, il répond aux questions déterminantes concernant cette figure au cœur du christianisme, y compris celles qui provoquent critique, dérision ou incompréhension. Que sait-on de Jésus et de son existence ? Quelles sont les sources de ce savoir ? Qui était-il : maître de sagesse, prophète, Dieu, demi-Dieu ? Que recouvre l'idée de miracles ? En quel sens comprendre l'amour du prochain qu'il prônait ? Pourquoi cette foi incroyable en sa résurrection ? Quel lien établir entre son existence, son message et l'Église ?
    Un petit livre passionnant qui, du Jésus de l'histoire à la singularité de son message, permet de comprendre la postérité de celui qu'on appela " Christ " et son rôle dans la naissance du christianisme.
    Monseigneur Joseph Doré, théologien, archevêque émérite de Strasbourg, a notamment publié : La Grâce de vivre (Bayard, 2003) et Peut-on vraiment rester catholique ? (Bayard, 2012). Il est l'un des meilleurs spécialistes français de Jésus.

  • " La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément. Elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Église ait donné naissance à une civilisation, à une culture en tout inverse de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul [...]. Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la Chrétienté et l'Église. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce est dit. Or il n'y pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, dont véritable subversion. "
    J. E.

  • Mahomet

    Maxime Rodinson

    Mahomet
    En proie au déchirement interne et à la menace de ses puissants voisins, l'Arabie se cherche.
    C'est en 571, si l'on en croit la tradition, que naît l'homme qui va incarner l'avenir de ce monde en gestation. La vie et le destin de Mahomet sont marqués par la rencontre entre la force des choses et la complexité psychologique de son personnage.
    Il fallait à l'Arabie une religion monothéiste qui ne soit ni le judaïsme ni le christianisme, un État cimenté par une idéologie adaptée aux attentes de ses habitants. De Mahomet allait naître l'Islam, tout à la fois communauté de croyants, religion et empire à dimensions mondiales, où devait se forger une civilisation nouvelle.
    Maxime Rodinson (1915-2004)
    Sociologue et orientaliste, il fut directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Sorbonne), où il a enseigné les langues sémites anciennes.

  • Olivier Roy s'est imposé comme un spécialiste mondial de l'islam politique. Mais l'acuité de son point de vue est-elle simplement due au savant travail d'un universitaire méditant les bouleversements géopolitiques dans la solitude de son cabinet ? Non : ce livre d'entretiens montre au contraire ce que ses analyses doivent à l'épreuve du terrain. De ses engagements étudiants pendant les " années de poudre " aux voyages répétés en Afghanistan avant et pendant la guerre des années 1980, en passant par la Turquie, l'Iran, le Pakistan ou le Yémen, jusqu'à ses fonctions " officielles " en Asie centrale et sa consécration scientifique, il revient sur un parcours surprenant, voire iconoclaste, conté avec talent et liberté.
    Mais au-delà d'un récit vivant et coloré, les événements deviennent prétextes à de multiples réflexions, inédites et stimulantes pour l'intelligence de notre situation actuelle. Le livre prolonge en effet la réflexion originale d'Olivier Roy sur ses objets de prédilection : l'islam politique bien sûr, mais aussi l'" invention des nations " postsoviétiques, le rapport du chercheur aux États qui le consultent et, plus largement, le devenir des cultures, des religions et de la laïcité dans les soubresauts de la mondialisation.
    Préface d'Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel
    Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, enseigne aujourd'hui à l'Institut universitaire européen de Florence. Il a notamment publié, au Seuil, L'Islam mondialisé (2002 ; " Points Essais ", 2004) et La Sainte Ignorance. Le temps de la religion sans culture (2008 ; " Points Essais ", 2012).

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