Editions du Cerf

  • La remontada : projet de reconstruction d'un pays à terre Nouv.

    Face à l'affrontement scénarisé en 2022 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les classes moyennes et populaires sont-elles condamnées à un non-choix ? Non, répond Arnaud Montebourg, appelant ici à un nouveau compromis historique entre les milieux économiques, les forces sociales, les mouvements populaires qui ont en commun l'intérêt général. Le manifeste du relèvement.
    " L'heure que nous vivons est cruciale. Il nous échoit de nous prononcer sur le futur, ou non, de notre pays.
    La nation française a connu de telles heures graves par le passé. Il revient à notre génération d'être à la hauteur de ce nouveau rendez-vous historique.
    Le pouvoir vous a été volé. L'amour de la France vous a été soustrait. Le bonheur et la fierté d'être français vous ont été dérobés.
    J'entends vous les rendre en partage. " A. M.

  • Le médecin-légiste et l'archéo-anthropologue des grandes émissions télévisées nous ouvre son cabinet privé et nous dévoile sa saisissante collection de clichés sur les manifestations du surnaturel dans les sociétés traditionnelles. Un livre à couper le souffle qui est aussi un passé entre les mondes visible et invisible. " Et quand il eut dépassé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre " (Nosferatu)Voici les fantômes du lointain ! Alors que l'Occident a un rapport très " romantique " avec les revenants, ou dicté par le spiritisme ou la religion (Purgatoire), qu'en est-il des quatre autres continents ?
    Partant d'objets originaux et de rituels souvent méconnus, Philippe Charlier nous fait découvrir cette façon qu'ont les peuples lointains d'entretenir des rapports entre le monde des vivants et celui des morts. Son récit nous mène des peintures de
    yurei (ces fantômes japonais) qu'il est possible d'animer, à ces statuettes des " épouses de l'au-delà " en Côte d'Ivoire ; du plus grand masque du monde (Dogon) au plus énigmatique (Grebo). On découvre des fétiches dont l'immense puissance est fondée sur le secret bien gardé de leur constitution (
    boliw), et des morceaux de bois sculptés chargés d'accueillir les esprits errants de Sibérie ou du sud du Sahara...
    Avec ces récits principalement issus d'Afrique et d'Asie, Philippe Charlier continue à tracer les chemins d'une anthropologie de l'invisible. Il nous révèle aussi toute la richesse et toute la force de l'anthropologie qui, en donnant un sens à ces objets et ces rituels, nous aide peu à peu à comprendre la complexité du monde.

  • Réunis par l'Institut européen en science des religions, Régis Debray et Jean-François Colosimo entrent en dialogue. Que reste-t-il aujourd'hui de la laïcité ? Et de la France au sein de la mondialisation des croyances ? Une interrogation sans concession sur notre exception.
    Face aux actes de barbarie qui frappent la France, où en est la République ? État, Église, nation, laïcité, que signifient aujourd'hui ces mots au sein d'un paysage confessionnel troublé, mais aussi d'un environnement international hostile ? Comment distinguer entre le culte et la culture ? Et pourquoi est-il urgent de réaffirmer la séparation du politique et du religieux ?
    Ces questions animent le dialogue entre Régis Debray, Didier Leschi et Jean-François Colosimo qui précède, dans ce livre, les commentaires personnels de chacun d'eux. Balayant l'histoire et l'actualité, leurs désaccords mêmes contribuent à éclairer un accord essentiel : nous ne saurions céder à la peur car l'exception française est plus que jamais indispensable à l'ordre du monde.
    Un appel à l'intelligence et à la lucidité.

  • Claudel le poète, le chrétien, Claudel le diplomate, l'amant, le père de famille : cette nouvelle biographie nourrie d'informations inédites vient enfin rassembler les différentes faces d'un même homme. Un évènement littéraire. On ne connaît pas Claudel.
    On connaît une légende, une rumeur, mais on ne connaît pas Claudel. De sa conversion, on ne connaît que la parabole façonnée par lui et par d'autres ; de ses relations avec sa soeur Camille, guère plus que les romans ou les scénarios construits à partir des rares archives ; de son activité artistique, surtout les grands drames typiques d'un " théâtre de texte " : or ce prosateur de génie est devenu après
    Le Soulier de satin un homme de spectacles, pour qui réécrire voulait dire dés-écrire.
    Quant à la diplomatie et à la politique, qui est averti de son activité de tête de réseau d'espionnage à Copenhague en 1920 ? de ses interventions auprès de Roosevelt en faveur de Blum en 1936, puis en faveur de la paix jusqu'en 1939 ? Qui sait que le poème à Pétain est l'oeuvre d'un homme espionné jusque chez lui par la police de Vichy ? De Gaulle lui a dépêché deux émissaires en 1942 : qui en a entendu parler ?
    Et quel autre écrivain en 1941 osait condamner les persécutions antisémites comme cet anti-nazi véhément, devenu sioniste, l'a fait dans sa lettre au Grand Rabbin ou dans
    L'Apocalypse de saint Jean ? " Le Fils de l'Homme sur la croix avait quelqu'un au ciel pour répondre à son :
    Lamma sabachtani ? Mais Israël souffre sans consolateur. "
    Cette biographie appuyée sur des archives inédites offre un portrait renouvelé, paradoxal, inattendu, d'un soi-disant " gorille " qui se définissait en 1929 comme un " vieux lapin épouvanté ".

  • Après le visionnaire Bloc contre Bloc, le politologue Jérôme Sainte-Marie, spécialiste des sondages, allie à nouveau investigation historique, décryptage idéologique, examen sociologique et analyse statistique pour dévoiler l'inconscient de la France à l'approche de la présidentielle. Renversant. Indispensable.
    Après
    Bloc contre Bloc, où il démontrait l'état de polarisation dans lequel se trouve la France, après avoir dévoilé la genèse du bloc élitaire et éclairé les mécanismes de son pouvoir, Jérôme Sainte-Marie examine ici la formation et l'évolution parallèle du bloc populaire.
    Pourquoi son émergence ? Comment se manifeste-t-il ? Existe-t-il autrement qu'en puissance ? Quelles forces le composent ? Quelles sont les conditions de son développement ? Est-il soluble dans le " populisme " ?
    Peut-il surtout l'emporter électoralement et durer politiquement ? Alliant l'investigation historique, le décryptage idéologique, l'examen sociologique et l'analyse statistique, corrigeant les idées reçues et clarifiant les approximations théoriques, Jérôme Sainte-Marie nous fait plonger, à sa suite, au coeur des classes populaires pour explorer les véritables fractures de notre société. Et décrire le retour des humbles sur la scène publique.
    Un essai critique, passionnant et renversant, par le plus lucide de nos politistes.
    Un livre indispensable à l'approche des grandes échéances nationales.

  • Dans ce monde ultrarapide, qui honnit le silence et l'absence, l'éloge de l'attente... qu'on n'attendait plus ! Un ouvrage éclairé, étayé par de magnifiques références littéraires, d'Homère à Buzatti. Une suspension vitale par l'une des grandes auteures spirituelles d'aujourd'hui. " Heureux ceux qui connaissent encore la joie d'attendre - une lettre, une rencontre, une éclaircie, voire la vie éternelle. "Qu'y a-t-il de commun entre le peuple hébreu marchant dans le désert pendant quarante ans, la reine Pénélope dont l'époux, Ulysse, est absent depuis si longtemps, la Belle au bois dormant, l'arpenteur de Kafka, la sentinelle de Buzzati ? ou encore l'amour lointain chanté par les troubadours et le long désir qui brûle les mystiques ?
    Ici et là se manifeste une manière d'attendre - dans la paix, la détermination ou le doute, dans la confiance et la ferveur, avec parfois une joie intense.
    Immense et mystérieuse, l'attente tisse toute une existence et elle élève l'être humain jusqu'à l'infini.
    Un livre empli d'espérance.
    Écrivain, Jacqueline Kelen a publié de nombreux livres qui étudient les grands mythes de l'Occident, les figures de la mystique et les richesses de la vie intérieure. Aux Éditions du Cerf ont paru Le diable préfère les saints
    , Les compagnons de sainteté
    , et Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien
    (prix de la liberté intérieure 2020).

  • De nouveau, il ne fait pas bon être juif en France. Du massacre d'Ilan Hamili aux attentats islamistes, un nouvel antisémitisme a tissé sa toile. Un livre nécessaire pour comprendre ce mal qui gangrène la France. Ce n'est jamais bon signe quand on recommence à s'en prendre aux juifs. Aujourd'hui, alors qu'ils ne représentent pas 1% de la population française, ils subissent une violence raciste sur deux.
    L'antisémitisme connaît un fort regain qu'encouragent les réseaux sociaux. Il est entretenu par la folle haine d'Israël. Il se nourrit des complotismes d'extrême droite et d'extrême gauche. Il grandit sous la rivalité des communautarismes. Il explose avec l'essor de l'islamisme. Dans le même temps, paradoxalement, la vie juive en France n'a jamais été aussi dynamique de toute son histoire.
    Qui sont vraiment nos compatriotes de confession ou de culture juive ? Le journaliste Robert Mauss a demandé à une bonne vingtaine d'entre eux de retracer leur passé, de décrire leur présent, d'envisager leur avenir. Responsables institutionnels, personnalités publiques ou citoyens ordinaires, ils se racontent. Certains expriment l'optimisme vital propre au peuple de la Bible. D'autres, l'inquiétude politique d'une minorité agressée. D'autres encore, le désir radical de l'exil.
    Quarante ans après
    Juifs et Français, l'ouvrage phare d'André Harris et Alain de Sédouy, cette enquête de terrain révèle comme jamais une réalité française sans laquelle la France ne serait pas ce qu'elle est.
    À lire absolument. Pour savoir et pour comprendre. Pour prévoir et pour parer.

  • Le Western, ce n'est pas que du cinéma. Par-delà les clichés, cet essai fulgurant explore la signification du Nouveau Monde, la violence de la conquête et le repoussement de la frontière pour décrypter le mythe contemporain. Un livre éblouissant par un grand penseur de la modernité. On assimile souvent les westerns hollywoodiens à de simples divertissements commerciaux véhiculant les clichés les plus éculés de la modernité américaine. N'est-ce pas réducteur ? Certains westerns ne sont-ils pas d'authentiques " formes de pensée " portant un regard distancié, démystificateur et ironique sur la fondation épique du " Nouveau Monde " ?
    Dans ce livre captivant, Robert Pippin s'interroge sur l'apport des grands westerns à la philosophie politique. Ceux-ci mettent en scène le grand mythe américain de la conquête de l'Ouest, le passage de la " Frontière " à une vie civilisée régie par l'État de droit. Ils donnent à voir les tensions de la modernité sous l'angle de la psychologie politique et proposent un traitement nuancé et critique des grands thèmes de l'imaginaire américain : la vie démocratique, les rapports entre les races, les sexes et les classes sociales dans une communauté nationale, le passage de la domination violente à un gouvernement rationnel et partagé. Par la prise en compte des coûts psychologiques de la transition vers la modernité capitaliste, ils nous invitent à réfléchir aux ambiguïtés du mythe américain.

  • Face aux défis planétaires de l'islam, que peut la France ? Face au retour du religieux, que peut la République ? Ce sont les mille ans de laïcité qui ont fait la France qu'exhume cet essai iconoclaste, éclairant et renversant. Une laïcité qui est synonyme de souveraineté et de liberté.
    De Philippe le Bel à De Gaulle, en passant par Louis XIV, Robespierre et Napoléon Ier, des Légistes médiévaux aux Constitutionnalistes contemporains en passant par les Politiques renaissants, de la destruction des templiers à l'expulsion des congrégations en passant par les dragonnades, et de la confrérie du Saint-Sacrement au Grand Orient en passant par Port-Royal, c'est l'histoire oubliée de la religion française qu'exhume cet essai iconoclaste.
    Pas plus que la France, la laïcité n'a commencé en 1905 ou débuté en 1789. Elle est l'autre nom de la singularité qui, depuis les débuts, a constitué un invariant de notre histoire, un constituant de notre pays, l'essence de notre politique. Elle a porté à son terme la relation exclusive, mimétique et critique, traversant monarchie et république, envers l'icône du pouvoir suprême, la Rome des Césars et des Pontifes. Elle est l'aboutissement, sur un millénaire, du rapport unique tissé entre religion et nation, hérité de l'Israël biblique, afin de lutter contre les féodalités et les empires. Au contraire des illusions sur la neutralité laïque ou le pacte laïc, l'État n'aura ainsi cessé d'imposer aux Églises la neutralisation de leurs ambitions et la domination de ses règles. Les Églises y auront gagné l'émancipation de leurs théologies.
    De guerre lasse, voulons-nous aujourd'hui enterrer notre culte commun, celui de l'indépendance et de la liberté ?

  • N'en déplaise aux déclinistes, la fin de la civilisation chrétienne n'est pas la fin du monde. Ce qui se joue à travers l'inversion normative et la transformation radicale des moeurs, c'est le retour du monde païen. Un livre fondamental pour comprendre cette mutation. Un grand livre de Chantal Delsol. Seize siècles de Chrétienté s'achèvent. Le temps présent connaît une inversion normative et philosophique qui nous engage dans une ère nouvelle.
    La transition est brutale. Elle est difficile à accepter pour les défenseurs de l'âge qui s'efface.
    De même que le vieillard tend à colorer le monde de sa propre décrépitude et à le voir décadent, de même il est des chrétiens qui, aujourd'hui, se plaisent à contempler le déclin du monde dans leur propre déclin.
    Nous assistons en fait à une métamorphose. Le temps païen qui s'ouvre restaure les anciennes sagesses en même temps que les anciennes sauvageries. Le grand Pan est de retour.
    L'ère chrétienne qui s'achève avait vécu sur le mode de la domination. Le christianisme doit inventer un autre mode d'existence. Celui du simple témoin. De l'agent secret de Dieu.

  • Dictionnaire des islamismes Nouv.

    Il n'est pas un islamisme, mais des islamismes. Voici la somme inédite et définitive, à la fois historique, géopolitique et idéologique qui décrit et décrypte en détail et en totalité l'ensemble des mouvances qui constituent cette menace planétaire. Un outil indispensable. Un panorama soufflant. Alors que l'islamisme tente d'imposer sa domination sur le monde, il est indispensable de savoir qui conduit cette guerre planétaire à grands coups d'infiltrations, de manipulations, d'intimidations et d'actes de terreur. Il est nécessaire de décrypter comment cette nébuleuse se revendique de l'islam tout en gangrenant ses fondements. De déceler quels détournements religieux et politiques elle opère. De discerner quel défis sécuritaires et sociétaux elle pose. Et, pour ce faire, de déchiffrer un à un les mouvements multiples et divers qui la composent.
    C'est la somme inédite que présente ce dictionnaire en plus de 200 entrées qui couvrent les différentes tendances et mouvances fondamentalistes dans les mondes sunnite et chiite. On y trouvera les concepts théologiques et leurs dénaturations idéologiques. La genèse des corpus, l'histoire des organisations et la chronologie des événements ainsi que leurs collusions ou compétitions. L'identification et l'analyse des courants piétistes comme des groupes djihadistes.
    D'Al-Qaïda à Daech, de l'internationale des prédicateurs itinérants du Tabligh à la confrérie néo-soufie et inter-culturaliste Gülen, du réseau diplomatique des Wahhabites à l'essaimage associatif des Frères musulmans ou numérique des Salafistes, sans oublier les Talibans d'Afghanistan, voici comment la langue révolutionnaire des centres lointains d'endoctrinement alimente le jargon émeutier de nos proches banlieues. Et comment la violence sacrée entend ensanglanter les cinq continents.
    Le maître-ouvrage, complet, informé et éclairant, sur les islamismes.

  • éloge de l'ordinaire Nouv.

    Sandra Laugier, la penseuse de la vie ordinaire, l'initiatrice du concept de care, plébiscité lors de la crise sanitaire, entre ici en dialogue et débat avec le journaliste Philippe Petit. Un entretien exclusif avec l'une des philosophes de notre temps. Philosophe française contemporaine, Sandra Laugier a ouvert de nouveaux champs intellectuels au cours des trente dernières années en se faisant la passeuse et la penseuse de la vie ordinaire. Passeuse, avec ses traductions de Stanley Cavell (1926-2018) dans la suite du grand philosophe américain Ralph Waldo Emerson (1803-1882). Penseuse par l'édification de son domaine de réflexion propre. Elle a aussi bien exploré la philosophie analytique que la philosophie morale, les potentialités de la désobéissance civile comme celles de l'éthique féministe du
    care, ou la radicalité aux États-Unis sur les questions de genre et de race. Son analyse de la culture populaire, à travers l'étude qu'elle a faite des séries télévisées, est elle aussi significative.
    Aujourd'hui, la philosophe dresse un premier bilan raisonné de sa trajectoire. Pour ce faire, elle a choisi la forme du dialogue qui sied à sa démarche. Cette conversation menée par le journaliste Philippe Petit nous aide à mieux la connaître.
    Une biographie existentielle et intellectuelle.

  • Trente ans après son mythique Temps des tribus, le grand sociologue de l'imaginaire lance une nouvelle annonce prophétique. Reprenant un à un les récents séismes qui ont ébranlé nos représentations, il montre comment l'avènement d'un totalitarisme doux marque, par réaction, l'Ère des révoltes. Un essai indispensable pour comprendre ce que sera notre monde demain. Dès les années 1980, Michel Maffesoli se fait l'observateur averti et implacable des temps postmodernes. Il annonce un effondrement social porteur d'un paradoxal retour des tribus, ce que prouveront les décennies suivantes. Il pronostique également que, profitant de la fin des idéologies, les élites au pouvoir entendent instaurer un ordre nouveau qu'il qualifie de totalitarisme doux. Ce que démontre l'actualité récente.
    De l'éruption des gilets jaunes devenus un phénomène international à la contestation globale de la gestion de la pandémie, des grèves émeutières pour contrecarrer le libéralisme mondialisé à la vague d'émotion planétaire suscitée par l'incendie de Notre-Dame, le sociologue du quotidien et de l'imaginaire traque, de son oeil inégalé, le changement de paradigme que nous vivons.
    Le règne de la rationalité, de la technicité et de l'individualité agonise convulsivement sous nos yeux. Pour le meilleur et pour le pire, l'ère des révoltes a commencé et ne cessera pas avant longtemps.
    Cet essai flamboyant dit pourquoi et comment le peuple a raison de se rebeller.

  • Longtemps, Spinoza a été considéré comme marginal, archaïque, et même " médiéval ". Sa philosophie est, en effet, étrangère à la voie moderne principale portée par Descartes, Kant, Hegel, celle de la philosophie du sujet et de l'esprit qui a exalté le " j

  • L'égalité c'est bien, le vote c'est mieux ! En France, le femmes n'en obtiennent le droit qu'en 1944 ! Loin derrière d'autres pays, et après un siècle de combats. C'est cette révolution que raconte avec brio la grande spécialiste du féminisme hexagonal. Un livre à offrir un certain 8 mars...
    Les femmes, en France, n'ont pas reçu le droit de vote des mains d'un homme enfin éveillé et attentif à l'injustice de leur sort. Elles l'ont gagné de haute lutte après cent ans de revendications. Elles l'ont arraché au législateur. L'ordonnance promulguée en 1944 a été l'aboutissement d'un mouvement sans cesse recommencé de contestation initié au milieu du xixe siècle.
    C'est l'histoire de cette ère de débats et de combats que dresse ici, d'une plume ardente et vivante, Anne-Sarah Moalic, la spécialiste incontestée de cette question cruciale qui constitue aussi bien une épopée militante. Loin des images d'Épinal, recourant aux faits, aux portraits, aux archives, reprenant argument contre argument ce long cheminement, ce livre montre comment, face aux défenseurs d'un ordre inique assignant les femmes à un rôle secondaire, les pionnières de l'équité politique ont peu à peu structuré la conscience du féminisme.
    Passer derrière l'isoloir, glisser un bulletin dans l'urne, émarger les listes électorales : ces gestes devenus communs à toutes et à tous condensent une mémoire active qui détermine encore aujourd'hui la recherche de l'égalité réelle entre les sexes.
    Une lecture passionnante et tonifiante.

  • C'est en philosophe de métier et en bouddhiste de conviction que Danielle Moyse nous raconte et nous explique l'apocalypse que nous nous préparons. En oubliant l'unité du vivant, notre civilisation de la mort creuse sa tombe. Car plus que jamais l'animal est l'avenir de l'humanité. Une exhortation à renouer avec la plénitude du cosmos. Ne pas protéger les animaux, c'est perdre de vue notre humanité. En raison de l'installation croissante de l'homme sur la terre comme conquérant, et non comme simple cohabitant, les animaux font désormais partie des plus vulnérables. Et ce que l'homme inflige aux bêtes, il se l'inflige à lui-même.
    Élevage intensif violent pour les animaux et déshonorant pour les hommes, destruction des forêts primaires bouleversant les lieux de vie des uns et des autres, propagation d'épidémies franchissant la barrière des espèces font aujourd'hui apparaître, grandeur nature, qu'hommes et animaux sont engagés dans un destin commun, et que les agressions infligées au vivant nous entraînent dans une spirale suicidaire. À l'heure de l'industrie agro-alimentaire, de la Covid-19 et du réchauffement climatique, c'est à un sursaut salutaire que Danielle Moyse, philosophe, par ailleurs spécialiste des questions d'éthique médicale, appelle de ses voeux. Il n'y va pas seulement de notre survie, même si la brutalité à l'égard des animaux n'a jamais tardé à s'étendre concrètement à l'être humain. Sans une réforme radicale de notre rapport au vivant et une redéfinition de notre habitation terrestre, le pire est à venir.
    Un plaidoyer magistral en faveur des hommes et des bêtes. Un appel décisif au respect de tous !

  • Et si c'était la préhistoire qui nous faisait sortir de nos illusions sur l'histoire ? Méprisée, oubliée, l'archéologie préhistorique a pourtant à nous offrir une approche fraîche et renouvelée de l'anthropologie fondamentale. Bouleversant, à tous les sens du mot ! Depuis cent cinquante ans que la préhistoire a été inventée, la philosophie n'y a prêté qu'une attention médiocre, voire nulle. Pourquoi ? Que gagnerait-elle à s'y intéresser ?
    Prenant appui sur cet essentiel témoignage que constitue l'art figuratif des cultures concernées, du Paléolithique récent jusqu'à la fin de l'âge des Métaux, Philippe Grosos tente de répondre à ces questions en repensant conjointement le sens de ce qu'on nomme " préhistoire " et " philosophie ".
    Ainsi s'agit-il, d'une part, de concevoir les différents moments de cette histoire d'
    homo sapiens en termes de mode d'être au monde ; d'autre part, d'en méditer les incidences sur la philosophie elle-même en se rappelant que son invention date du second âge du Fer.

  • Alain : l'éveilleur d'esprit Nouv.

    Voici la grande biographie totale du philosophe, écrivain, peintre, combattant pacifiste de la première guerre et engagé politique que fut Émile Chartier dit Alain. 70 ans après sa disparition, une plongée dans le parcours du penseur d'un humanisme aujourd'hui débattu. Émile-Auguste Chartier, dit Alain, a marqué de son intelligence, sa force et sa créativité la première moitié du XXe siècle. Mais qui était ce normalien, professeur de philosophie en khâgne au lycée Henri-IV, lui-même philosophe, inventeur du " Propos ", un genre littéraire jusque-là inédit ?
    Que connaît-on de l'Alain engagé, militant républicain et radical, fervent défenseur de la laïcité, appelant à la paix au moment où l'Europe sombre dans le premier conflit mondial ? Du pamphlétaire Alain ? Et comment juger les polémiques récentes à son sujet ?
    Alain, qui fut le maître de personnalités aussi diverses que Simone Weil, Raymond Aron, Georges Canguilhem, André Maurois et Julien Gracq, aura également été cet original, rebelle sauvage bousculant l'ordre établi et la pensée conforme. Tantôt admiré, tantôt critiqué, il fut un éveilleur d'esprits et un influenceur.
    Thomas Chaline explore tout ce qui a forgé la pensée du philosophe et son tempérament dans son siècle, de sa vie personnelle à ses engagements et prises de position publiques ou privées. Enfin, cet ouvrage se plonge dans l'héritage intellectuel qu'a laissé Alain.
    La biographie définitive du philosophe pour les 70 ans de sa disparition.

  • La politique n'est plus ce qu'elle était. Impuissante et déclassée... Il était une fois un pays, la France, qu'avait fait la politique et qui était fait pour la politique. Il en était la terre de toutes les conceptions, raisons et déraisons, passions et pondérations. Ce temps n'est plus.
    Pourquoi assistons-nous au dépérissement de la politique ? Pourquoi n'assume-t-elle plus et ne protège-t-elle plus ni le peuple et les libertés, ni la nation et les citoyens ? Pourquoi ne résiste-t-elle pas à l'emprise de la globalisation, de l'individualisme et de la technique ? Comment cède-t-elle à la mainmise de la communication, du ritualisme et de l'expertise ? Comment abdique-t-elle son devoir de décision face aux opinions instantanées et volatiles ? Et comment les trois derniers quinquennats ont-ils accéléré le mouvement ?
    C'est en mémorialiste impartial et en observateur capital qu'Arnaud Benedetti éclaire ici l'étrange défaite des politiques qui apparaissent déclassés, décrédibilisés, discrédités. En historien qu'il dévoile ce théâtre d'ombres. En chroniqueur qu'il décrypte ses simulacres. En contradicteur qu'il détaille son abyssal bilan qui cumule fractures sociales, désinvestissements civiques, replis communautaires. Et en penseur qu'il nous interroge sur la fragilité de la démocratie.
    Voici, en forme de coup de poing, un appel au réveil.

  • Capitale

    Jonathan Siksou

    C'est en romancier au grand style que Jonathan Siksou se fait le promeneur de Paris égrenant les lieux et les siècles. Qu'est-ce que voir la sédimentation des âges à travers la destruction et la reconstruction des paysages ? Qu'est-ce que revoir le temps qui passe ? Un événement de la rentrée littéraire. Rues et statues, défilés et bals, décrets et émeutes, crues et incendies, saints et assassins : c'est la France qui, à travers Paris, comme en un kaléidoscope, se diffracte, se déroule et se donne tout en sourires et en larmes dans son éternel quotidien.
    Qu'est-ce une ville, sinon un livre tissé de livres s'ouvrant devant qui désire déchiffrer les époques, les lieux, les êtres qui l'ont façonnée ? Qu'est-ce voir vivre et mourir une ville, la concevoir siècle après siècle à se construire et à se détruire jusqu'à ne plus savoir ce qu'elle est ? Qu'est-ce le souvenir d'une ville s'il ne fait pas mémoire ? La mémoire d'une ville, si elle ne fait pas histoire ? L'histoire d'une ville si elle ne se fait pas récit ? Qu'est-ce revoir le temps qui passe et qui efface inexorablement la pierre, l'événement, le visage qui ne subsistent plus alors que dans l'écrit ?
    C'est en écrivain au grand style, précis et libre, ascétique et inspiré, que Jonathan Siksou se fait l'ultime promeneur de Paris, entraînant à sa suite les chroniqueurs qui l'ont précédé et qui ont tout raconté, tout chanté, tout filmé de la ville-lumière. Sauf comment, dans la Capitale, notre passé devient notre présent au point de réduire l'avenir à une nostalgie.
    Une démonstration littéraire à hauteur de la plus fascinante des villes du monde. Une métaphysique de l'urbanité. Un roman. Le nôtre.

  • Le fils de Philippe-Auguste et le père de Saint Louis a peu régné (1223-1226). Mais sans lui, la France ne serait pas la France. Faisant face aux agressions de toutes parts, il a assuré l'unité et la continuité de l'aventure nationale. Il l'a fait avec un panache et une bravoure qui, jusqu'à aujourd'hui, ne cesseront d'inspirer ses successeurs. Stylé ! Que sait-on aujourd'hui de Louis VIII, roi de France pendant seulement trois ans, qui manqua de devenir à la fois roi de France, d'Angleterre et de Castille ? Louis le fils de Philippe Auguste, attendant patiemment dans l'ombre de son père que vienne son heure. Louis le Lion, qui étendit le pouvoir royal jusqu'à La Rochelle et rattacha le Languedoc à la couronne. Louis le guerrier, à la reconquête du Poitou, triomphant du roi d'Angleterre à la Roche-aux-Moines, sans qui la fameuse victoire de Bouvines n'aurait pas été possible... Louis le Capétien, revenu de l'ivresse de la conquête, qui reprit à son compte la politique patiente de ses ancêtres et poursuivit l'expansion du domaine royal à l'intérieur des frontières du royaume. Mais aussi Louis l'époux de Blanche de Castille, qui assura ensuite la Régence jusqu'à l'avènement de son fils, le célèbre Saint Louis.
    Le témoignage d'un destin téméraire : celui d'un souverain à la fois sage et brave, foudroyé au zénith de son règne. Un roi lettré, cultivé, injustement tombé dans l'oubli, protecteur des arts et des lettres, à rebours des clichés médiévaux.
    Un récit enlevé et un travail précieux, qui vient éclairer un pan jusque-là méconnu de notre récit national.

  • Troubles pathologiques, psychologiques, sexuels, sociaux, violences, délires, mort : vu du cabinet d'un généraliste, l'abus d'alcool demeure le premier fléau. Le livre vertigineux de l'autodestruction au quotidien qui révèle la face sombre de la réalité française aujourd'hui. À consommer sans modération. En France l'alcool coule à flot : on boit pour rire, pour fêter une victoire, pour soutenir le chagrin, pour oublier l'horreur. Et aussi quand on n'est plus libre de ne pas boire : on doit alors chercher l'aide d'un soignant. Tous ne savent pas répondre : ils sont souvent désemparés, mal armés ou mal formés pour accueillir cette souffrance.
    Certains soignants ont pris le temps d'écouter et d'accompagner. Ici, c'est un généraliste qui parle et aborde des questions concrètes : Faut-il arrêter de boire ou seulement boire moins ? Comment dire non ? De quelles libertés et de quelles contraintes parle-t-on ? Qu'attendre des médicaments ? Comment aider un proche dépendant ? Que vit l'enfant d'un malade de l'alcool ? Un couple peut-il survivre à l'alcool ? À quoi sert une cure, un mouvement d'entraide ? La dépendance peut-elle masquer la maladie mentale ?
    Loin des solutions miracles, Jean-Pierre Aubert explore des pistes de réponses, sans langue de bois et sans jargon. Il écrit pour ses patients, pour leur entourage, et pour les jeunes médecins. L'alcoolisme se dévoile, avec son cortège d'orgueils blessés, de dissimulations, de succès et d'échecs. On voit se construire le travail conjoint du patient et du soignant, toujours riche et parfois chaotique, mais où la confiance réciproque est une clé constante.

  • Aux sources de l'impérialisme américain, se trouve la terrible conquête de territoires mexicains. Cette guerre extrême de colonisation est advenue au milieu du XIX e siècle. Mais, aujourd'hui, le traumatisme de la première minorité aux Etats-Unis reste entier. Hier raconte aujourd'hui dans cette plongée abyssale au coeur d'un passé qui ne passe pas :
    S'il est une amnésie dans la mémoire, l'histoire et la conscience contemporaine, c'est l'invasion du Mexique par les États-Unis en 1846-1848. Pour les Nord-Américains, elle n'a pratiquement pas existé. Pour les Européens, elle représente un détail. Pourtant l'annexion de plus de la moitié du territoire d'un pays ne saurait être anecdotique. Et d'autant plus que cette annexion a annoncé toutes les sales guerres du XXe siècle.
    Pour la première fois, Éric Taladoire, spécialiste du Mexique, décrit la disproportion des forces, les atrocités commises, le racisme à l'oeuvre, la politique de superpuissance mise en acte. Le tableau inédit qui en ressort vient écorner le roman national d'une Amérique patrie de la liberté et de la démocratie. C'est là toute la raison de notre méconnaissance totale de ce conflit prototypique.
    Grâce à une documentation exigeante qui démolit les fausses évidences sur cette guerre abominable et qui éclaire ses conséquences encore aujourd'hui prégnantes de part et d'autre du Rio Grande, ce livre constituera l'ouvrage de référence sur la guerre du Mexique. Tout en offrant un aperçu salutaire sur la face obscure des USA.

  • L'Église confinée serait-elle devenue folle ? Et les catholiques, des professionnels du déni de réalité ? Récusant la réduction de l'Évangile à un militantisme grégaire et moutonnier, Jean-Pierre Denis s'affirme ici comme la voix chrétienne d'aujourd'hui dans le sillage d'un Bernanos ou d'un Mauriac. Un appel à la liberté contre le fanatisme. Que nous arrive-t-il ? Quel est le sens de cette pandémie ? Que reste-t-il de nos visions de la vie, du monde, de l'homme ? Où allons-nous ? Et où est passé Dieu dans tout ça ?
    Répondant du tac au tac à son contemporain dépressif ou dubitatif, Jean-Pierre Denis lui oppose les leçons de la Bible. Lui concédant que son désarroi n'est pas sans raison, il n'épargne pas la France, ni son État, ni son Église. Lui déniant de réduire la foi à un fidéisme ou à un fanatisme, il montre la fulgurante actualité de l'Évangile.
    Un dialogue enlevé, lumineux, frappant. Un essai ravageur d'humour et pétillant de profondeur. L'irrésistible appel à la lucidité d'une grande voix spirituelle d'aujourd'hui.

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