Éditions du remue-ménage

  • Ils sont tournés les uns vers les autres. Ils s'observent et s'écoutent. Ils s'échangent des idées, des armes, de l'argent ou des femmes. Dans cet univers clos réservé aux hommes, le pouvoir se relaie et se perpétue à la façon d'une chorégraphie mortifère. Le boys club n'est pas une institution du passé. Il est bien vivant, tentaculaire: État, Église, armée, université, fraternités, firmes... et la liste s'allonge.

    À la manière d'une chasse à l'image, c'est dans les représentations au cinéma et à la télévision que Martine Delvaux le traque. Véritable plongée en eaux noires, ce livre nous invite à considérer l'entre-soi des hommes comme un phénomène régressif. Un dispositif à profaner, déconstruire, refuser, parce que nos vies comptent.

  • Depuis 1973, des travailleuses et travailleurs du sexe aux quatre coins de la planète se regroupent et s'organisent.

    Qui sont ces personnes ? Pourquoi et comment s'organisent-elles ? Quels sens confèrent-elles à leurs expériences ? Pourquoi revendiquent-elles la décriminalisation de leur travail ? Qu'ont-elles à dire à propos du syndicalisme, du féminisme, de la lutte contre le sida, de la violence ou des phénomènes migratoires ? Voilà un aperçu des questions auxquelles Maria Nengeh Mensah, Claire Thiboutot et Louise Toupin ont tenté de répondre, tout en situant le mouvement des travailleuses du sexe dans son contexte historique et international. Pour cela, elles ont colligé de nombreux documents témoignant des luttes des travailleuses du sexe de différents continents. Elles nous présentent ici les contributions choisies, signées pour la plupart par des militantes aux origines et aux expériences de travail du sexe variées. On trouvera donc dans cette anthologie unique une sélection importante de documents inédits ou traduits en français pour la première fois.

    Luttes XXX nous invite à la rencontre d'un mouvement social méconnu. Ici les voix des travailleuses et travailleurs du sexe, longtemps réduites au silence, s'élèvent, réclament justice.

  • C'est par devoir de mémoire qu'est publié cet ouvrage. Il propose, à juste titre, de revisiter un mouvement féministe aujourd'hui tombé dans l'oubli. Un mouvement dont la revendication de base était agitée à l'époque comme un véritable épouvantail: un salaire au travail ménager!

    À l'aube des années 1970, en pleine émergence du féminisme radical, naît le réseau du Collectif féministe international. Intersectionnels avant la lettre, ces groupes réunissent des femmes blanches hétérosexuelles, mais aussi des lesbiennes, des femmes racisées, des assistées sociales, des serveuses, des infirmières et des mères.

    L'objectif est scandaleux - et révolutionnaire: il faut refonder la lutte féministe sur de nouvelles bases, à commencer par la reconnaissance et la rémunération du travail domestique invisible. Accusé de piéger les femmes en les renvoyant à leurs fourneaux, ce courant fut voué aux gémonies par la plupart des féministes. Et enterré.

    En replongeant dans les idées et les actions d'un mouvement qualifié d'«embryon d'Internationale des femmes», Louise Toupin remet à l'avant-scène l'originalité et la force politique de cette pensée, qui s'est incarnée notamment en Italie, en Angleterre, aux États-Unis, en Allemagne, en Suisse et au Canada. Le salaire au travail ménager, fruit de plusieurs années de recherche, réinscrit dans l'histoire des idées féministes un chapitre évanoui, tout en offrant des outils critiques à nombre d'enjeux actuels dont le partage des tâches, le travail de soins, la division sexuée du travail, la conciliation emploi-famille, la sexualité comme travail et la reproduction sociale à l'échelle mondiale.

    Avec des entretiens accordés par les théoriciennes et pionnières Mariarosa Dalla Costa et Silvia Federici.

  • « J'haïs les féministes ! » : le 6 décembre 1989 et ses suites

    «J'haïs les féministes», la déclaration de Marc Lépine au moment d'ouvrir le feu sur des étudiantes de l'école Polytechnique le 6 décembre 1989, a suscité une vive controverse, répercutée dans les médias dès le lendemain de la tragédie. Pourtant, 20 ans plus tard, cet événement qui a profondément marqué la mémoire collective est toujours absent des livres d'histoire du Québec.

    S'inscrivant à même le travail de mémoire, cet ouvrage, à travers une étude minutieuse des médias (en particulier, des quotidiens La Presse, Le Devoir et The Globe and Mail), retrace l'évolution des réactions à la tuerie. Mélissa Blais s'intéresse aux multiples explications du geste de Marc Lépine, et défend les analyses et discours féministes, nés dans l'urgence, puis violemment discrédités ou détournés, malgré les intentions clairement exprimées par le tueur. Elle examine également les principales commémorations, notamment celles entourant le 10e anniversaire, et consacre un chapitre au film Polytechnique sorti en 2009.

    « J'haïs les féministes » : le 6 décembre 1989 et ses suites éclaire les débats entre féminisme et antiféminisme encore présents derrière cette tragédie.

  • Si vous avez vu le jour dans les années 1970, il y a de fortes chances que votre mère ait été attachée à son lit d'hôpital et qu'elle ait subi une épisiotomie à votre naissance. Si vous êtes un enfant des années 1950, elle a probablement été endormie et vous a cherché à son réveil, inquiète, tandis qu'une infirmière vous examinait dans une autre pièce.

    Loin de n'avoir que des retombées favorables, la médicalisation de la naissance est un phénomène très controversé. Remédiant à l'absence d'ouvrages sur l'histoire récente de la naissance au Québec, ce livre propose une analyse critique de ses transformations durant la seconde moitié du 20e siècle, à partir de l'expérience des mères. Andrée Rivard s'intéresse d'une part au rôle prépondérant qu'ont joué les élites médicales et l'État dans l'élaboration du modèle moderne de l'accouchement. D'autre part, elle documente la lutte des femmes qui résistent depuis le début à cette tendance lourde. Il est également question des politiques en périnatalité et de l'influence des sages-femmes sur les pratiques en obstétrique.

    Entre changement social et biopolitique, Histoire de l'accouchement dans un Québec moderne cherche à réfuter le déterminisme historique rendant inéluctable l'accouchement médicalisé, tout en démystifiant sa construction sociale.

  • Il n'est pas rare aujourd'hui que des pays soient gouvernés par des femmes; c'est le cas de l'Allemagne, de l'Argentine, du Brésil, du Chili, de la Corée du Sud, du Danemark et du Libéria. Plus près d'ici, pensons à Kathleen Wynne en Ontario, ou encore à Pauline Marois au Québec. Toutefois, en dépit de notables avancées, les femmes sont toujours largement sous-représentées dans les gouvernements du monde.

    Mais pourquoi faut-il plus de femmes dans les parlements? Comment le contexte politique est-il en train de se transformer? Les responsabilités familiales sont-elles un réel obstacle à l'engagement des femmes en politique? L'électorat est-il sexiste ou lesbophobe? Les femmes se font-elles offrir des circonscriptions perdues d'avance? Quels sont les arguments pour et contre les revendications de quotas et de parité?

    Constituant une radiographie de la situation des femmes en politique, au Québec, au Canada et dans le monde, cet ouvrage de référence entend répondre à ces questions et à bien d'autres encore.

  • «Je ne peux pas croire que je dois encore me battre pour ça!» clament les pancartes des manifestantes les plus âgées. On aimerait croire que ce débat appartient au passé, mais depuis 1989, près d'une trentaine de projets de loi visant à recriminaliser l'avortement ont été déposés par des députés du caucus pro-vie à la Chambre des communes du Canada. Si nous y avons échappé jusqu'à maintenant, c'est grâce à la vigilance de militantes et à l'appui de milliers de personnes, convaincues que le droit à l'avortement est crucial pour l'émancipation des femmes.

    Par sa durée, son ampleur et l'intensité des résistances, la lutte pour le droit à l'avortement libre et gratuit est l'une des plus importantes du mouvement féministe, au Québec comme ailleurs. C'est ce que permet de constater ce livre, précieux assemblage de documents et d'analyses, enquête minutieuse sur un pan ignoré et pourtant déterminant de l'histoire des femmes du Québec.

    Présentant une chronologie détaillée et rigoureuse des événements, tant sur les plans juridique et politique que du point de vue de l'organisation citoyenne, ce livre offre un portrait vivant, original et complet par une protagoniste de ce mouvement. Il salue également le courage des femmes qui ont réclamé le droit à l'avortement à une époque où il était considéré comme un meurtre, le dévouement de celles et ceux qui, devant la résistance et l'inertie des autorités, l'ont si longtemps pratiqué illégalement.

  • Plus tabou que le sexe, l'argent. En amour, on ne compte pas! Voilà sans doute le sujet le plus délicat à aborder dans la vie à deux. L'argent s'inscrit difficilement dans l'idéal amoureux du don, du désintérêt et de la solidarité. Il est pourtant au coeur d'une myriade de décisions qui engagent le couple et la famille, au quotidien et dans la durée.

    Alors, courage! En 60 questions (dont certaines dérangeantes), les auteures vous invitent à affronter ce tabou conjugal, à réfléchir et à agir. Avec humour, clarté et rigueur, et sans vous faire la leçon. Y a-t-il une meilleure façon de gérer l'argent à deux? Quelle différence ça fait d'être marié? À quoi faut-il penser quand on emménage ensemble? Et quand on devient parents?

    Ce livre présente de nombreuses histoires de vie et une foule d'informations pratiques. Il révèle aussi les résultats inédits de la première grande enquête sur le sujet au Québec.

  • En écho à Ne suis-je pas une femme?, célèbre discours de la militante abolitionniste afro-américaine Sojourner Truth en 1851, Rosa Pires signe un premier essai personnel et original sur une thématique brûlante d'actualité. Née au Québec d'immigrants portugais, souverainiste de longue date, quelque chose en elle se brise au moment de la Charte des valeurs; elle commence à se sentir étrangère en son propre pays. Entre les femmes issues des minorités et le projet d'indépendance de la nation québécoise, un pont déjà chancelant s'est rompu.

    La politologue décide alors de mener une enquête auprès de 10 femmes de la deuxième génération issue de l'immigration afin de sonder leur point de vue sur les inégalités, l'appartenance et la question nationale. Femmes de conviction au parcours peu banal, toutes rêvent du moment où leur corps, leurs vêtements ou leur nom cesseront d'être un marqueur de différence ou d'invisibilité. Elles revendiquent leur place comme citoyennes québécoises engagées. À part entière.

empty