• Extrait
    Chapitre 1
    Le 24 mai 1863, un dimanche, mon oncle, le professeur Lidenbrock, revint précipitamment vers sa petite maison située au numéro 19 de Königstrasse, l’une des plus anciennes rues du vieux quartier de Hambourg.
    La bonne Marthe dut se croire fort en retard, car le dîner commençait à peine à chanter sur le fourneau de la cuisine.
    « Bon, me dis-je, s’il a faim, mon oncle, qui est le plus impatient des hommes, va pousser des cris de détresse.
    – Déjà M. Lidenbrock ! s’écria la bonne Marthe stupéfaite, en entrebâillant la porte de la salle à manger.
    – Oui, Marthe ; mais le dîner a le droit de ne point être cuit, car il n’est pas deux heures. La demie vient à peine de sonner à Saint-Michel.
    – Alors pourquoi M. Lidenbrock rentre-t-il ?
    Il nous le dira vraisemblablement.
    – Le voilà ! je me sauve, monsieur Axel, vous lui ferez entendre raison. » Et la bonne Marthe regagna son laboratoire culinaire.
    Je restai seul. Mais de faire entendre raison au plus irascible des professeurs, c’est ce que mon caractère un peu indécis ne me permettait pas. Aussi je me préparais à regagner prudemment ma petite chambre du haut, quand la porte de la rue cria sur ses gonds ; de grands pieds firent craquer l’escalier de bois, et le maître de la maison, traversant la salle à manger, se précipita aussitôt dans son cabinet de travail.
    Mais, pendant ce rapide passage, il avait jeté dans un coin sa canne à tête de casse-noisettes, sur la table son large chapeau à poils rebroussés, et à son neveu ces paroles retentissantes : « Axel, suis-moi ! »
    Je n’avais pas eu le temps de bouger que le professeur me criait déjà avec un vif accent d’impatience :
    « Eh bien ! tu n’es pas encore ici ? »
    Je m’élançai dans le cabinet de mon redoutable maître.
    Otto Lidenbrock n’était pas un méchant homme, j’en conviens volontiers ; mais, à moins de changements improbables, il mourra dans la peau d’un terrible original.
    Il était professeur au Johannaeum, et faisait un cours de minéralogie pendant lequel il se mettait régulièrement en colère une fois ou deux. Non point qu’il se préoccupât d’avoir des élèves assidus à ses leçons, ni du degré d’attention qu’ils lui accordaient, ni du succès qu’ils pouvaient obtenir par la suite ; ces détails ne l’inquiétaient guère. Il professait « subjectivement », suivant une expression de la philosophie allemande, pour lui et non pour les autres. C’était un savant égoïste, un puits de science dont la poulie grinçait quand on en voulait tirer quelque chose : en un mot, un avare.
    Il y a quelques professeurs de ce genre en Allemagne.
    Mon oncle, malheureusement, ne jouissait pas d’une extrême facilité de prononciation, sinon dans l’intimité, au moins quand il parlait en public, et c’est un défaut regrettable chez un orateur.
    En effet, dans ses démonstrations au Johannaeum, souvent le professeur s’arrêtait court ; il luttait contre un mot récalcitrant qui ne voulait pas glisser entre ses lèvres, un de ces mots qui résistent, se gonflent et finissent par sortir sous la forme peu scientifique d’un juron. De là, grande colère.
    Or, il y a en minéralogie bien des dénominations semi-grecques, semi-latines, difficiles à prononcer, de ces rudes appellations qui écorcheraient les lèvres d’un poète. Je ne veux pas dire du mal de cette science. Loin de moi. Mais lorsqu’on se trouve en présence des cristallisations rhomboédriques, des résines rétinasphaltes, des ghélénites, des fangasites, des molybdates de plomb, des tungstates de manganèse et des titaniates de zircone, il est permis à la langue la plus adroite de fourcher.
    Donc, dans la ville, on connaissait cette pardonnable infirmité de mon oncle, et on en abusait, et on l’attendait aux passages dangereux, et il se mettait en fureur, et l’on riait, ce qui n’est pas de bon goût, même pour des Allemands. Et s’il y avait toujours grande affluence d’auditeurs aux cours de Lidenbrock, combien les suivaient assidûment qui venaient surtout pour se dérider aux belles colères du professeur !
    Quoi qu’il en soit, mon oncle, je ne saurais trop le dire, était un véritable savant. Bien qu’il cassât parfois ses échantillons à les essayer trop brusquement, il joignait au génie du géologue l’œil du minéralogiste. Avec son marteau, sa pointe d’acier, son aiguille aimantée, son chalumeau et son flacon d’acide nitrique, c’était un homme très fort. À la cassure, à l’aspect, à la dureté, à la fusibilité, au son, à l’odeur, au goût d’un minéral quelconque, il le classait sans hésiter parmi les six cents espèces que la science compte aujourd’hui.
    Aussi le nom de Lidenbrock retentissait avec honneur dans les gymnases et les associations nationales. MM. Humphry Davy, de Humboldt, les capitaines Franklin et Sabine, ne manquèrent pas de lui rendre visite à leur passage à Hambourg. MM. Becquerel, Ebelmen, Brewster, Dumas, Milne-Edwards, Sainte-Claire-Deville, aimaient à le consulter sur des questions les plus palpitantes de la chimie. Cette science lui devait d’assez belles découvertes, et, en 1853, il avait paru à Leipzig un Traité de Cristallographie transcendante, par le professeur Otto Lidenbrock, grand in-folio avec planches, qui cependant ne fit pas ses frais.
    Ajoutez à cela que mon oncle était conservateur du musée minéralogique de M. Struve, ambassadeur de Russie, précieuse collection d’une renommée européenne.
    Voilà donc le personnage qui m’interpellait avec tant d’impatience. Représentez-vous un homme grand, maigre, d’une santé de fer, et d’un blond juvénile qui lui ôtait dix bonnes années de sa cinquantaine. Ses gros yeux roulaient sans cesse derrière des lunettes considérables ; son nez, long et mince, ressemblait à une lame affilée ; les méchants prétendaient même qu’il était aimanté et qu’il attirait la limaille de fer. Pure calomnie : il n’attirait que le tabac, mais en grande abondance, pour ne point mentir.
    Quand j’aurai ajouté que mon oncle faisait des enjambées mathématiques d’une demi-toise, et si je dis qu’en marchant il tenait ses poings solidement fermés, signe d’un tempérament impétueux, on le connaîtra assez pour ne pas se montrer friand de sa compagnie.
    Il demeurait dans sa petite maison de Königstrasse, une habitation moitié bois, moitié brique, à pignon dentelé ; elle donnait sur l’un de ces canaux sinueux qui se croisent au milieu du plus ancien quartier de Hambourg que l’incendie de 1842 a heureusement respecté.
    La vieille maison penchait un peu, il est vrai, et tendait le ventre aux passants ; elle portait son toit incliné sur l’oreille, comme la casquette d’un étudiant de la Tugendbund ; l’aplomb de ses lignes laissait à désirer ; mais, en somme, elle se tenait bien, grâce à un vieil orme vigoureusement encastré dans la façade, qui poussait au printemps ses bourgeons en fleurs à travers les vitraux des fenêtres.
    Mon oncle ne laissait pas d’être riche pour un professeur allemand. La maison lui appartenait en toute propriété, contenant et contenu. Le contenu, c’était sa filleule Graüben, jeune Virlandaise de dix-sept ans, la bonne Marthe et moi. En ma double qualité de neveu et d’orphelin, je devins son aide-préparateur dans ses expériences.
    J’avouerai que je mordis avec appétit aux sciences géologiques ; j’avais du sang de minéralogiste dans les veines, et je ne m’ennuyais jamais en compagnie de mes précieux cailloux.
    En somme, on pouvait vivre heureux dans cette maisonnette de Königstrasse, malgré les impatiences de son propriétaire, car, tout en s’y prenant d’une façon un peu brutale, celui-ci ne m’en aimait pas moins. Mais cet homme-là ne savait pas attendre, et il était plus pressé que nature.
    Quand, en avril, il avait planté dans les pots de faïence de son salon des pieds de réséda ou de volubilis, chaque matin il allait régulièrement les tirer par les feuilles afin de hâter leur croissance.
    Avec un pareil original, il n’y avait qu’à obéir. Je me précipitai donc dans son cabinet.




  • Extrait
    Chapitre I
    Le comte : « Voici ma carte. » – Le capitaine : « Voici la mienne. »
    « Non, capitaine, il ne me convient pas de vous céder la place !
    – Je le regrette, monsieur le comte, mais vos prétentions ne modifieront pas les miennes !
    – Vraiment ?
    – Vraiment.
    – Je vous ferai cependant remarquer que je suis, incontestablement, le premier en date !
    – Et moi, je répondrai que, en pareille matière, l’ancienneté ne peut créer aucun droit.
    – Je saurai bien vous forcer à me céder la place, capitaine.
    – Je ne le crois pas, monsieur le comte.
    – J’imagine qu’un coup d’épée…
    – Pas plus qu’un coup de pistolet…
    – Voici ma carte !
    – Voici la mienne ! »
    Après ces paroles, qui partirent comme des ripostes d’escrime, deux cartes furent échangées entre les deux adversaires.
    L’une portait :
    HECTOR SERVADAC,
    Capitaine d’état-major.
    Mostaganem.
    L’autre :
    COMTE WASSILI TIMASCHEFF,
    À bord de la goélette Dobryna.
    Au moment de se séparer :
    « Où mes témoins rencontreront-ils les vôtres ? demanda le comte Timascheff.
    – Aujourd’hui, à deux heures, si vous le voulez bien, répondit Hector Servadac, à l’État-Major.
    – À Mostaganem ?
    – À Mostaganem. »
    Cela dit, le capitaine Servadac et le comte Timascheff se saluèrent courtoisement. Mais, au moment où ils allaient se quitter, une dernière observation fut faite par le comte Timascheff.
    « Capitaine, dit-il, je pense qu’il convient de tenir secrète la véritable cause de notre rencontre ?
    – Je le pense aussi, répondit Servadac.
    – Aucun nom ne sera prononcé !
    – Aucun.
    – Et alors le prétexte ?
    – Le prétexte ? – Une discussion musicale, si vous le voulez bien, monsieur le comte.
    – Parfaitement, répondit le comte Timascheff. J’aurai tenu pour Wagner, – ce qui est dans mes idées !
    – Et moi, pour Rossini, – ce qui est dans les miennes », répliqua en souriant le capitaine Servadac. Puis, le comte Timascheff et l’officier d’état-major, s’étant salués une dernière fois, se séparèrent définitivement.
    Cette scène de provocation venait de se passer, vers midi, à l’extrémité d’un petit cap de cette partie de la côte algérienne comprise entre Tenez et Mostaganem, et à trois kilomètres environ de l’embouchure du Chéliff. Ce cap dominait la mer d’une vingtaine de mètres, et les eaux bleues de la Méditerranée venaient mourir à ses pieds, en léchant les roches de la grève, rougies par l’oxyde de fer. On était au 31 décembre. Le soleil, dont les obliques rayons semaient ordinairement de paillettes éblouissantes toutes les saillies du littoral, était alors voilé par un opaque rideau de nuages. De plus, d’épaisses brumes couvraient la mer et le continent. Ces brouillards, qui, par une circonstance inexplicable, enveloppaient le globe terrestre depuis plus de deux mois, ne laissaient pas de gêner les communications entre les divers continents. Mais à cela, il n’y avait rien à faire.
    Le comte Wassili Timascheff, en quittant l’officier d’état-major, se dirigea vers un canot, armé de quatre avirons, qui l’attendait dans une des petites criques de la côte. Dès qu’il y eut pris place, la légère embarcation déborda, afin de rallier une goélette de plaisance qui, sa brigantine bordée et sa trinquette traversée au vent, l’attendait à quelques encablures.
    Quant au capitaine Servadac, il appela d’un signe un soldat, resté à vingt pas de lui. Ce soldat, tenant en main un magnifique cheval arabe, s’approcha sans prononcer une parole. Le capitaine Servadac, s’étant lestement mis en selle, se dirigea vers Mostaganem, suivi de son ordonnance, qui montait un cheval non moins rapide que le sien.
    Il était midi et demi lorsque les deux cavaliers passèrent le Chéliff, sur le pont que le génie avait construit récemment. Une heure trois quarts sonnaient au moment où leurs chevaux, blancs d’écume, s’élançaient à travers la porte de Mascara, l’une des cinq entrées ménagées dans l’enceinte crénelée de la ville.
    En cette année-là, Mostaganem comptait environ quinze mille habitants, dont trois mille Français. C’était toujours un des chefs-lieux d’arrondissement de la province d’Oran et aussi un chef-lieu de subdivision militaire. Là se fabriquaient encore des pâtes alimentaires, des tissus précieux, des sparteries ouvrées, des objets de maroquinerie. De là s’exportaient pour la France des grains, des cotons, des laines, des bestiaux, des figues, des raisins. Mais, à cette époque, on eût vainement cherché trace de l’ancien mouillage sur lequel, autrefois, les navires ne pouvaient tenir par les mauvais vents d’ouest et de nord-ouest. Mostaganem possédait actuellement un port bien abrité, qui lui permettait d’utiliser tous les riches produits de la Mina et du bas Chéliff.
    C’était même grâce à ce refuge assuré que la goélette Dobryna avait pu se risquer à hiverner sur cette côte, dont les falaises n’offrent aucun abri. Là, en effet, depuis deux mois, on voyait flotter à sa corne le pavillon russe, et, en tête de son grand mât, le guidon du Yacht Club de France, avec ce signal distinctif : M.C.W.T.
    Le capitaine Servadac, dès qu’il eut franchi l’enceinte de la ville, gagna le quartier militaire de Matmore. Là, il ne tarda pas à rencontrer un commandant du 2e tirailleurs et un capitaine du 8e d’artillerie, – deux camarades sur lesquels il pouvait compter.
    Ces officiers écoutèrent gravement la demande que leur fit Hector Servadac de lui servir de témoins dans l’affaire en question, mais ils ne laissèrent pas de sourire légèrement, lorsque leur ami donna pour le véritable prétexte de cette rencontre une simple discussion musicale intervenue entre lui et le comte Timascheff.

  • Rue morgue, une mère et sa fille sont retrouvées sauvagement assassinées ; leur porte était pourtant fermée de l'intérieur, et il était impossible de passer par les fenêtres.
    Un marin échappe à une effroyable mésaventure en mer. une sinistre mariée sort de sa tombe... un défi pour la logique, la raison et le sang-froid...

  • C'est peut-être parce que Lincoln est né dans un bordel qu'il s'est très vite mis à le foutre. Mais voilà que Dieu décide de s'occuper de lui, notamment en lui conférant l'immortalité. En échange, il voudrait que Lincoln devienne justicier, et la partie n'est pas gagnée... Un bijou de noirceur existentielle sur fond de western, avec un rythme propre composé cycliquement d'action et de flânerie, de discussions existentielles ( pour rire ) et de jurons. Savoureux...




  • Extrait
    UN SCANDALE EN BOHÊME
    I
    Pour Sherlock Holmes, elle est toujours la femme. Il la juge tellement supérieure à tout son sexe, qu’il ne l’appelle presque jamais par son nom ; elle est et elle restera la femme.
    Aurait-il donc éprouvé à l’égard d’Irène Adler un sentiment voisin de l’amour ? Absolument pas ! Son esprit lucide, froid, admirablement équilibré répugnait à toute émotion en général et à celle de l’amour en particulier. Je tiens Sherlock Holmes pour la machine à observer et à raisonner la plus parfaite qui ait existé sur la planète ; amoureux, il n’aurait plus été le même. Lorsqu’il parlait des choses du cœur, c’était toujours pour les assaisonner d’une pointe de raillerie ou d’un petit rire ironique. Certes, en tant qu’observateur, il les appréciait : n’est-ce pas par le cœur que s’éclairent les mobiles et les actes des créatures humaines ? Mais en tant que logicien professionnel, il les répudiait : dans un tempérament aussi délicat, aussi subtil que le sien, l’irruption d’une passion aurait introduit un élément de désordre dont aurait pu pâtir la rectitude de ses déductions. Il s’épargnait donc les émotions fortes, et il mettait autant de soin à s’en tenir à l’écart qu’à éviter, par exemple de fêler l’une de ses loupes ou de semer des grains de poussière dans un instrument de précision. Telle était sa nature. Et pourtant une femme l’impressionna : la femme, Irène Adler, qui laissa néanmoins un souvenir douteux et discuté.
    Ces derniers temps, je n’avais pas beaucoup vu Holmes. Mon mariage avait séparé le cours de nos vies. Toute mon attention se trouvait absorbée par mon bonheur personnel, si complet, ainsi que par les mille petits soucis qui fondent sur l’homme qui se crée un vrai foyer. De son côté, Holmes s’était isolé dans notre meublé de Baker Street ; son goût pour la bohème s’accommodait mal de toute forme de société ; enseveli sous de vieux livres, il alternait la cocaïne et l’ambition : il ne sortait de la torpeur de la drogue que pour se livrer à la fougueuse énergie de son tempérament. Il était toujours très attiré par la criminologie, aussi occupait-il ses dons exceptionnels à dépister quelque malfaiteur et à élucider des énigmes que la police officielle désespérait de débrouiller. Divers échos de son activité m’étaient parvenus par intervalles : notamment son voyage à Odessa où il avait été appelé pour le meurtre des Trepoff, la solution qu’il apporta au drame ténébreux qui se déroula entre les frères Atkinson de Trincomalee, enfin la mission qu’il réussit fort discrètement pour la famille royale de Hollande. En dehors de ces manifestations de vitalité, dont j’avais simplement connaissance par la presse quotidienne, j’ignorais presque tout de mon ancien camarade et ami.
    Un soir – c’était le 20 mars 1888 – j’avais visité un malade et je rentrais chez moi (car je m’étais remis à la médecine civile) lorsque mon chemin me fit passer par Baker Street. Devant cette porte dont je n’avais pas perdu le souvenir et qui sera toujours associée dans mon esprit au prélude de mon mariage comme aux sombres circonstances de l’Étude en Rouge, je fus empoigné par le désir de revoir Holmes et de savoir à quoi il employait ses facultés extraordinaires. Ses fenêtres étaient éclairées ; levant les yeux, je distingue même sa haute silhouette mince qui par deux fois se profila derrière le rideau. Il arpentait la pièce d’un pas rapide, impatient ; sa tête était inclinée sur sa poitrine, ses mains croisées derrière son dos. Je connaissais suffisamment son humeur et ses habitudes pour deviner qu’il avait repris son travail. Délivré des rêves de la drogue, il avait dû se lancer avec ardeur sur une nouvelle affaire. Je sonnai, et je fus conduit à l’appartement que j’avais jadis partagé avec lui. Il ne me prodigua pas d’effusions. Les effusions n’étaient pas son fort. Mais il fut content, je crois, de me voir. À peine me dit-il un mot. Toutefois son regard bienveillant m’indiqua un fauteuil ; il me tendit un étui à cigares ; son doigt me désigna une cave à liqueurs et une bouteille d’eau gazeuse dans un coin. Puis il se tint debout devant le feu et me contempla de haut en bas, de cette manière pénétrante qui n’appartenait qu’à lui. « Le mariage vous réussit ! observa-t-il. Ma parole, Watson, vous avez pris sept livres et demie depuis que je vous ai vu.
    – Sept, répondis-je.
    – Vraiment ? J’aurais cru un peu plus. Juste un tout petit peu plus, j’imagine, Watson. Et vous avez recommencé à faire de la clientèle, à ce que je vois. Vous ne m’aviez pas dit que vous aviez l’intention de reprendre le collier !
    – Alors, comment le savez-vous ?
    – Je le vois ; je le déduis. Comment sais-je que récemment vous vous êtes fait tremper, et que vous êtes nanti d’une bonne maladroite et peu soigneuse ?
    – Mon cher Holmes, dis-je, ceci est trop fort ! Si vous aviez vécu quelques siècles plus tôt, vous auriez certainement été brûlé vif. Hé bien ! oui, il est exact que jeudi j’ai marché dans la campagne et que je suis rentré chez moi en piteux état ; mais comme j’ai changé de vêtement, je me demande comment vous avez pu le voir, et le déduire. Quant à Mary-Jane, elle est incorrigible ! ma femme lui a donné ses huit jours ; mais là encore, je ne conçois pas comment vous l’avez deviné. »
    Il rit sous cape et frotta l’une contre l’autre ses longues mains nerveuses.
    « C’est d’une simplicité enfantine, dit-il. Mes yeux me disent que sur le côté intérieur de votre soulier gauche, juste à l’endroit qu’éclaire la lumière du feu, le cuir est marque de six égratignures presque parallèles ; de toute évidence, celles-ci ont été faites par quelqu’un qui a sans précaution gratté autour des bords de la semelle pour en détacher une croûte de boue. D’où, voyez-vous, ma double déduction que vous êtes sorti par mauvais temps et que, pour nettoyer vos chaussures, vous ne disposez que d’un spécimen très médiocre de la domesticité londonienne. En ce qui concerne la reprise de votre activité professionnelle, si un gentleman qui entre ici, introduit avec lui des relents d’iodoforme, arbore sur son index droit la trace noire du nitrate d’argent, et porte un chapeau haut de forme pourvu d’une bosse indiquant l’endroit où il dissimule son stéthoscope, je serais en vérité bien stupide pour ne pas l’identifier comme un membre actif du corps médical. »
    Je ne pus m’empêcher de rire devant l’aisance avec laquelle il m’expliquait la marche de ses déductions

  • La religion du Capital - cette « farce » savoureuse de l'auteur du Droit à la paresse publiée pour la première fois en 1887, est le compte-rendu d'un congrès international tenu à Londres, au cours duquel les représentants les plus éminents de la bourgeoisie rédigent les Actes d'une nouvelle religion pour ce Chaos qu'ils ont créé et ont décidé d'appeler « Monde civilisé ». Une nouvelle religion, susceptible non seulement « d'arrêter le dangereux envahissement des idées socialistes », mais capable de donner à ce monde chaotique et capitalistique une forme au moins apparemment définitive. Il faut bel et bien au Capital un Dieu propre, qui « amuse l'imagination de la bête populaire ».

  • Tout le programme de droit constitutionnel de L1 abordé par le biais de 11 séquences consacrées au grandes notions de la matière (état, histoire constitutionnelle, régimes étrangers, Ve République...). Ces 11 séquences permettent d'envisager différemment la matière en proposant notamment des situations qui montrent la mise en application de certains principes.

  • This open access book provides an extensive treatment of Hardy inequalities and closely related topics from the point of view of Folland and Stein's homogeneous (Lie) groups. The place where Hardy inequalities and homogeneous groups meet is a beautiful area of mathematics with links to many other subjects. While describing the general theory of Hardy, Rellich, Caffarelli-Kohn-Nirenberg, Sobolev, and other inequalities in the setting of general homogeneous groups, the authors pay particular attention to the special class of stratified groups. In this environment, the theory of Hardy inequalities becomes intricately intertwined with the properties of sub-Laplacians and subelliptic partial differential equations. These topics constitute the core of this book and they are complemented by additional, closely related topics such as uncertainty principles, function spaces on homogeneous groups, the potential theory for stratified groups, and the potential theory for general Hrmander's sums of squares and their fundamental solutions.

    This monograph is the winner of the 2018 Ferran Sunyer i Balaguer Prize, a prestigious award for books of expository nature presenting the latest developments in an active area of research in mathematics. As can be attested as the winner of such an award, it is a vital contribution to literature of analysis not only because it presents a detailed account of the recent developments in the field, but also because the book is accessible to anyone with a basic level of understanding of analysis. Undergraduate and graduate students as well as researchers from any field of mathematical and physical sciences related to analysis involving functional inequalities or analysis of homogeneous groups will find the text beneficial to deepen their understanding.

  • « Ce devait être un coup fatal. Tumeur d'une corde vocale : le cancer du fumeur, moi qui n'ai jamais fumé. Un premier combat puis la récidive. Quatre mois à vivre. Ablation du larynx, parole en charpie, sortie de piste annoncée. Pour un entraîneur professionnel de basket-ball, c'est la mort du métier. Je me suis rebellé une fois. Je me suis rebellé deux fois. Et avec moi les joueurs, le club de Le Portel, cette petite ville du Pas-de-Calais qui a la même rage de résister, de vivre. Je vais vous raconter un combat pied à pied, une mobilisation générale qui dépasse la saga sportive. Tous rassemblés autour d'une seule voix. Ma voix retrouvée. » Éric Girard Éric Girard, 51 ans, est entraîneur professionnel de basketball. Il a dirigé quelques-unes des plus grandes équipes françaises - Cholet, Strasbourg, Limoges - et a remporté notamment le titre de champion de France et deux Coupes de France. Élu coach de l'année 2005, Éric Girard est aujourd'hui l'entraîneur de Le Portel, avec lequel il réalise des miracles... Pierre Ballester, journaliste de sport et d'investigation, est l'auteur de nombreux livres à succès, notamment Rugby à charges (La Martinière, 2015).

  • Éditorial, Hélène Cazaux-Charles
    Dossier coordonne par Pierre Berthelet
    Les activités de la Sûreté du Québec à l'international, Pierre Allaire
    La légalisation du cannabis au Canada : la question des facultés affaiblies, Line Beauchesne
    Réinsertion des délinquants. Envers du décor et coulisses d'une propagande étatique, Philippe Bensimon
    La vérité judiciaire : une vérité à géométrie variable ?, Jean Claude Bernheim
    Portrait des infractions criminelles reliées à la conduite avec les capacités affaiblies au Québec de 2009 à 2016, Christophe Huynh, Valérie Beauregard, Jacques Bergeron, Serge Brochu
    Un programme d'enseignement et de recherche académique spécifique en science forensique au Canada : pourquoi ?, Frank Crispino
    Cerbère et les trois théories de l'enquête, Maurice Cusson
    Une technologie de surveillance pour prendre en charge les criminels violents dans la communauté et pour réduire la surpopulation carcérale, Maurice Cusson, Jonathan James
    Crime linkage et profilage criminel, Nadine Deslauriers-Varin, Craig Bennell, Andréanne Bergeron
    Radicalisation et extrémisme violent à l'ère du Web, Numerique et radicalites violentes : au-dela des discours communs, Benjamin Ducol, Martin Bouchard, Garth Davies, Christine Neudecker, Marie Ouellet
    Radicalisation(s) et extrémisme(s) violent(s) : regard sur l'émergence d'initiatives de prévention au Canada, Benjamin Ducol, Alexandre Chevrier-Pelletier
    L'aide aux victimes d'actes criminels et la reconnaissance de leurs droits au Québec : quatre décennies plus tard, Arlène Gaudreault
    Le terrorisme au Canada, Stéphane Leman-Langlois
    Quelle cybersécurité pour le Québec et le Canada ?, Hugo Loiseau
    Entre justice populiste et gestion du risque : la réponse sociolégale nord-américaine face aux crimes sexuels, Sébastien Brouillette-Alarie, Patrick Lussier
    La baisse de la criminalité traditionnelle au Canada au cours des 40 dernières années ?, Marc Ouimet
    L'évaluation de la menace en matière de crime organisé : difficultés méthodologiques et pistes de solution, Robert Poirier
    Adversité psychosociale, détresse psychologique et sympathie pour la radicalisation violente chez les collégiens du Québec, Cécile Rousseau, Ghayda Hassan, Aude Rousseau-Rizzi, Victorine Michalonbrodeur, Youssef Oulhote, Abdelwahed Mekki-Berrada, Habib El-Hage
    La justice réparatrice au Québec : mesures de rechange, non-judiciarisation, rencontres de dialogue et médiations, Catherine Rossi, Serge Charbonneau
    Passé, présent et avenir des programmes de formation en criminologie et en justice pénale au Canada, John Winterdyk, Jean Sauvageau
    Recension du livre de John Winterdyk : Pioneers in Canadian Criminology, André Normandeau
    1968 aux origines de la sociologie de la police, Jean-Louis loubet del Bayle
    Culture du cannabis en France : de l'artisanat à la production industrielle, Caroline Masson, Michel Gandilhoni
    L'intelligence-led policing, une doctrine d'action policière pour faire d'Europol le « centre névralgique » du renseignement européen, Pierre Berthelet
    Un exemple de criminalité économique : Le racket policier en Côte d'Ivoire, Henry B. Yebouet

  • Ce dossier aborde les attentes des territoires ruraux qui résultent des maux auxquels ils sont exposés. L'isolement géographique, la fragilité économique et sociale, le retrait des services publics constituent leur quotidien. Les populations rurales connaissent également les incivilités, la prévention de la délinquance, une insécurité multiforme et mobile. Même le terrorisme et la radicalisation les concernent, les inquiètent.
    Ce numéro est aussi l'occasion de mettre en lumière le travail de la jeune génération de chercheurs qui, dans les universités et les laboratoires assurera la pérennité et le renouvellement de la réflexion en matière de sécurité et de justice.

  • Casterman est un éditeur de bandes dessinées tous publics et de livres pour la jeunesse. Nos héros sont depuis longtemps des compagnons de route au long cours, ils ont fait rire et rêver plusieurs générations de lecteurs, de Tintin à Martine, d'Alix à Emilie, de Corto Maltese à Ernest et Célestine, entre eutres... Ainsi, les premières lectures, les romans, le documentaire s'écrivent-ils aussi en bande dessinée. Découvrez l'actualité de la bande dessinée jeunesse chez Casterman.

  • Jack Nightingale - lives in the shadows, fights in the dark.
    Ex-cop turned private eye Jack Nightingale is used to dealing with tricky situations. He's faced down the powers of hell a couple of times, too. In this new short story, he's called in to help a policeman who's lying at death's door. The doctors can't work out what's wrong. But the dying man's colleagues swear blind that he was cursed by a gypsy during the Dale Farm clearance. And Nightingale could be his only hope.
    Jack Nightingale is the hero of Stephen Leather's supernatural detective trilogy which began with NIGHTFALL, continued with MIDNIGHT, and reaches a devastating conclusion in NIGHTMARE.

  • Bestselling author and home cook Sally Bee is back with a collection of deliciously simple recipes that show how easy it is to follow a healthy diet for life.Many of us know the principles of healthy eating but actually incorporating them into daily life is much harder. Whether it's eating more fruit and vegetables, reducing fat without losing flavour or feeding a family after work without the aid of a take-away menu, Sally Bee explains how to make good food second nature.Sally isn't a dietician, but a busy mum who knows how tough it can be to change eating habits. Her down-to-earth advice and realistic approach is borne from her own experience of life-threatening heart disease, which she recovered from thanks to her own delicious and easy-to-follow eating plan. Sally understands how real people eat and how recipes must be quick and made with affordable, readily available food. Her plan won't leave you feeling deprived or hungry, but allows you to enjoy many of your favourite foods in a balanced way.Recipes for Life offers refreshingly simple advice and tasty dishes that will change your eating habits and help you enjoy a healthy mind and body - not just for a few weeks, but for life.Recipes include:Chicken KormaHealthy Chinese Chicken WrapsSmoked haddock and leek pieHealthy Fish Chips and Mushy PeasRoast Monkfish with Olives and CapersAll-in-one Lentil and Sausage CasseroleSpanish Pork and Bean StewCaramelised Veggies with Sausages and Baked Sweet PotatoWinter SaladAsparagus and Artichoke Salad with Wild Rice and Basil DressingPumpkin and mushroom lasagneBroccoli and Leek BakeApricot and Pistachio Tart

  • Be careful who you invite into the bosom of your home - she may never leave...The new novel from Fay Weldon, the writer who knows women better than they know themselves.Hattie has a difficult if loving partner, Martyn, an absentee mother, Lallie, and a cynical if attentive grandmother Frances. She tries to do the right and moral thing in a tricky world, and always has. But she now has a baby, Kitty, which makes true morality rather harder to achieve. Somehow, money has to be earned. Into this household comes Agnieszka, from Poland, a domestic paragon. But is she friend or foe? And even if she is foe, and seems likely to bring the domestic world crashing down around their ears, can they afford to let her go? Well, no.Martyn works for a political magazine, Hattie for a literary agency. At work, too, integrity is suffering as the need for compromise becomes ever more pressing. And always in the background is Frances, tracing the family and social history. And not just family and society but the dwelling houses too; and all those girls and women (the au pairs, the child-minders, the cleaners) who've made Hattie what she is. Not to forget that hefty dollop of male genes which has also played its part - for Hattie's is a lively and none too respectable background - and now, finally, Agnieszka, come to claim her rightful heritage - which is, let's face it, everything. Will Hattie go to the wall? And poor little Kitty...Or will rescue come?

  • Bomb Hunters tells the story of the British army's elite bomb disposal experts in Helmand Province, Afghanistan.This enhanced ebook brings the experience to life with video from the frontline; interviews with ex-head of the Army General Sir Mike Jackson and the head of the EOD unit Colonel Gareth Collett, plus colour maps and photographs.Bomb Hunters are up against the Improvised Explosive Device - the IED - the deadly homemade bombs planted by the Taliban. Hard to detect and easy to trigger, an estimated 10 bombs for every one of the 10,000 British troops have been planted in the region. IEDs are now the main killer of British troops in Afghanistan and the ultimate psychological weapon.Bomb Hunters work in 50-degree heat as they take the 'long walk' into the kill zone, defusing as many as 15 bombs a day. In the past year the casualty rate has soared as the troops have become locked into a deadly game of cat and mouse - to locate and deactivate the deadly bombs before they maim and kill soldiers, police and civilians. Skill, cold courage and inevitably pure luck play a huge part in the survival of these men and as the British public have already seen - a single lapse of concentration can result in instant death.Ex-paratrooper, now defence journalist, Sean Rayment, takes the reader on a journey into the heat and dust of Helmand Province as he meets these courageous soldiers while they put their lives at risk to prevent other British troops falling vicim to the IED.This is as vivid and dramatic as war reporting gets, mixing 'close to the bone' narrative and dead-pan black humour from the Bomb Hunters themselves, some of whom were subsequently killed in action. No punches will be pulled on what these men feel about the war, their place in it, the politicians and generals who send them there, and how they deal with the relentless pressure of the job itself in the heart of the world's most hostile combat environment.The enhanced version contains unique footage of British soldiers in action in Afghanistan, related TV news reports, a set of interactive maps explaining key trouble spots, plus audio and video interviews with senior military personnel such as Gareth Collett, Head of Army Bomb Disposal, and General Sir Mike Jackson, former Chief of the General Staff.


  • In this practical guide TV farmer Jimmy Doherty imparts his experience and ideas to show you how to achieve the self-sufficient lifestyle and add to your life whether growing for your own pleasure - or profit!

  • Anglais The Wreckers

    ,

    From the bestselling author of 'The Lighthouse Stevensons', a gripping history of the drama and danger of wrecking since the 18th-century - and the often grisly ingenuity of British wreckers, scavengers of the sea.

  • 'Everyone should try childcare with a hangover. Once.' Sean Hyland's wife has left him in Dublin for the weekend, home alone with their infant daughter and teenage son. He has never felt more middle aged... Figure in a Photograph is a tender, funny and quietly poignant story that takes us to the heart of fatherhood and marriage, via skateboards, Jeremy Kyle and ectoplasms of snot.



    This story is taken from Where Have You Been?, award-winning novelist Joseph O'Connor's first collection of short stories in more than twenty years.



    Ranging from urgently contemporary London and Dublin to New York's Lower East Side in the nineteenth century, from dark comedy to poignancy, from the wryly provocative to the quietly beautiful, Where Have You Been? offers a gathering of dreamers and lost souls who contend with the confusions of living.



    An entertaining and life-affirming read from the internationally acclaimed author of Star of the Sea, Redemption Falls and Ghost Light.



    The full physical and digital editions will be available on 4th October 2012.

  • Whether you're struggling with insomnia, the kids have eczema, or your partner is feeling under the weather, this book could have the answer.

  • FREE HEART-WARMING FESTIVE TASTERS FROM THREE BESTSELLING AUTHORS. A Sixpenny Christmas by Katie FlynnTwo women struggle to bring up their children in the aftermath of World War II. Angels at the Table by Debbie MacomberA heart-warming Christmas story of love and miracles by the international bestselling Debbie Macomber.The Lady's Maid by Dilly CourtDespite the differences in their circumstances, Kate and Josie have been friends since childhood. But their past binds them together in ways they must never know.

  • A FREE SAMPLER OF HARUKI MURAKAMI'S NEW MASTERPIECE This sampler contains the first two chapters of Haruki Murakami's magnum opus, 1Q84, introducing the reader to the hero and heroine of the story, Tengo and Aomame.



    The full ebook of Books One and Two will be available in one volume on 18th October 2011, followed by the ebook of Book Three on 25th October.





    The year is 1984. Aomame sits in a taxi on the expressway in Tokyo.



    Her work is not the kind which can be discussed in public but she is in a hurry to carry out an assignment and, with the traffic at a stand-still, the driver proposes a solution. She agrees, but as a result of her actions starts to feel increasingly detached from the real world. She has been on a top-secret mission, and her next job will lead her to encounter the apparently superhuman founder of a religious cult.



    Meanwhile, Tengo is leading a nondescript life but wishes to become a writer. He inadvertently becomes involved in a strange affair surrounding a literary prize to which a mysterious seventeen-year-old girl has submitted her remarkable first novel. It seems to be based on her own experiences and moves readers in unusual ways. Can her story really be true?



    Both Aomame and Tengo notice that the world has grown strange; both realise that they are indispensable to each other. While their stories influence one another, at times by accident and at times intentionally, the two come closer and closer to intertwining.

empty