Sciences & Techniques

  • Dans le monde selon Étienne Klein, ses chroniques matinales de France Culture, le physicien aborde des sujets bien évidemment liés à son domaine de prédilection, mais toujours de façon décalée, drôle, iconoclaste : Qu'est-ce que le vide ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Que signifie inverser une courbe ? Peut-on avoir un mari quantique ? Quelles sont les grandes leçons du petit boson ? D'où vient que le temps passe ? Qu'est-ce que le sens de la mesure ? Les physiciens sont-ils vraiment dépourvus de sens pratique ? Quel lien y a-t-il entre la physique quantique et les anagrammes ?
    Réunis pour la première fois en volume, les chroniques d'Etienne Klein s'attachent à des sujets universels ou d'actualité. Il fait preuve d`une capacité incroyable à déconstruire, à traquer les abus de langage, les lieux communs et les écueils du bon sens.
    Ce physicien ne prend pas grand-chose pour argent comptant et la première équation à laquelle il croit est celle de l'humour.

  • Dans la foulée du rassemblement évangélique de Mulhouse, mi-février, les hôpitaux du Haut-Rhin sont les premiers en France à connaître un afflux de patients atteints du Covid-19. Cette vague épidémique, tant redoutée, s'abat dès le début du confinement sur l'hôpital Pasteur de Colmar, dont les capacités sont vite débordées. Au service des urgences, la Dr Claudia Chatelus, 49 ans, se retrouve en première ligne. Jour après jour, un nombre de plus en plus important de malades, parfois bien plus jeunes qu'elle ne l'imaginait, arrivent dans un état critique. Très vite, c'est la pénurie de masques, de tests, de respirateurs, d'oxygène, et de sédatifs. Formée à la médecine de catastrophe, le Dr Chatelus multiplie les intubations sur des hommes et femmes au bord de l'asphyxie. Alors que les services de réanimation d'Alsace sont combles et que Paris n'a pas encore pris la mesure de la situation, il faudra décider qui, selon son âge, son autonomie et son état de santé peut bénéficier de ce geste qui sauve. Elle se démène lors des transferts de patients en Allemagne ou dans d'autres régions françaises, parfois par la route en convois, parfois par les airs, grâce aux hélicoptères de la sécurité civile et du Samu, ou aux avions de l'armée. Comme d'autres, elle soutient ses collègues meurtris, stressés, anxieux pour leur santé et parfois eux-mêmes malades. En l'absence de coordination régionale, voire nationale, de santé dès le début de la crise, seule l'exceptionnelle mobilisation de tous les acteurs du secours et du terrain, la solidarité de la population et les aides venues de l'extérieur empêcheront l'effondrement des services d'urgence du Grand Est, comme des autres régions les plus durement touchées. Ma guerre contre le Covid est le journal d'une femme aux Urgences qui oscille entre sang-froid et colère, le récit brûlant d'un combat contre la pandémie, mais aussi contre la défaillance honteuse, organisée par les gestionnaires de la santé, d'un système de soin tenu longtemps pour l'un des meilleurs au monde. C'est un témoignage de première ligne, un récit d'indignation et d'empathie.

  • Quelle est la clé des couples qui durent ? Leur secret si bien garde, leur recette miracle, leur potion magique ? Bref, leur truc ? Laurent Pujo-Menjouet, docteur en mathématiques, possède une clé, peut-être même LA cle. Pas d'incantation magique, non, mais une formule ou pour etre plus precis, DES formules mathematiques. Si la solution de nos deboires sentimentaux se trouvait dans la matiere que nous detestions (peut-etre) le plus a l'ecole ?
    Si les x et les y pouvaient sauver votre couple, seriez-vous prets a vous immerger dans le cerveau des mathematiciens pour resoudre vos problemes de coeur ?
    Retracant les premieres tentatives de modelisation des relations amoureuses jusqu'a ses propres recherches, Laurent Pujo-Menjouet montre comment l'amour nous permet de jouer aux mathematiques et comment ceux-ci conduisent a penser differemment une relation. S'appuyant sur les travaux de psychologues, economistes, ecrivains et cineastes, parfois aussi sur son experience personnelle, il nous revele en M. Jourdain faisant des mathematiques sans le savoir, et nous amene a penser l'amour (moins le hasard) dans toute sa complexite.

  • Les inventeurs de l'Internet n'imaginaient sans doute pas la surveillance du big data par la NSA et les autre agences de renseignement. Les médecins à l'origine du premier « bébé-éprouvette » ne pouvaient imaginer que les biotechnologies nous mèneraient aux portes d'un eugénisme high-tech planétaire digne du roman d'Aldous Huxley « Le meilleur des mondes ».
    Louise Brown a fêté ses trente-huit ans... Son nom ne vous évoque rien ? C'est celui de la Britannique qui, le 25 juillet 1978 à 23h47, fut le premier « bébé-éprouvette » à venir au monde. Depuis, la FIV, la fameuse fécondation in vitro, a pris son essor et la procréation médicalement assistée, de son petit nom « PMA », a affûté ses techniques.
    Aujourd'hui, dans notre pays, un enfant sur trente-deux, en crèche ou en petite section de maternelle, n'est pas le fruit d'un rapport sexuel. Les Terriens conçus en laboratoire sont plus de cinq millions.
    Mais voilà, en une poignée d'années, la FIV a croisé d'autres révolutions biotechnologiques. Comme le séquençage du génome humain, qui donne la possibilité de sélectionner les embryons pour des raisons médicales, ou des motifs moins avouables. Et les « ciseaux moléculaires », mis au point en 2012, qui permettent de modifier, à loisir et à bas coût, le génome humain.
    Comme l'écrit l'auteur : « Il est quand même piquant de penser que, dans une histoire d'Homo sapiens vieille de 200 000 ans, il a fallu que vous lecteurs et moi-même arrivions sur Terre pile au moment où l'homme savant entreprend de se « recréer » lui-même en prenant la main sur le hasard et l'évolution. »

  • Accompagner. Des hommes et des femmes en fin de vie. Tel est le récit de cette femme qui est aux côtés des malades et de leurs proches chaque semaine au sein d'une unité palliative. Elle raconte des existences qui s'en vont, l'adieu au vivant mais il n'y a rien de morbide ou de mortifère dans ce témoignage extraordinairement lumineux. Souvent c'est un échange de regards, une main tendue, un sourire qui relient à la vie. Il y a des personnes âgées mais aussi des jeunes gens foudroyés par la maladie. La qualité de ce récit est qu'il est paradoxalement plein de vie et d'éclat. En quelques minutes, dans un étonnant précipité, les patients racontent leur vie, allant à l'essentiel comme s'il n'y avait plus une minute à perdre. Il faut écouter, recueillir les mots, les pleurs et accepter le silence. C'est parfois cocasse, toujours bouleversant, terriblement émouvant. La mort est violente, scandaleuse, bouscule à chaque instant. Elle est libératrice, déchirante, sereine ou intolérable mais il faut parler de cette mort tant redoutée. Chaque chapitre très court, enlevé, est un morceau d'une vie extraordinaire. C'est le quotidien le plus nu, le plus désarmé mais ça dépasse en intensité et en force toute fiction ou toute histoire romanesque. Véronique Comolet ne s'embarrasse pas de littérature, de lyrisme ou de pathos mais elle raconte en tout humilité la souffrance de notre humanité défaite. Par sa modestie, sa vivacité de ton, ce livre fait preuve d'une intense spiritualité.

  • Un organisme unicellulaire dépourvu de bouche, d'estomac, d'oreilles d'yeux, susceptible d'offrir 720 sexes différents, qui pourtant voit, sent, digère, s'accouple... Ni plante, ni animal, ni champignon, voici le blob !
    Derrière ses allures d'ovni, cette espèce non identifiée promet des avancées scientifiques majeures. En 1973, au Texas, une femme trouve dans son jardin une énorme masse jaune de la texture d'une éponge. Appelés à la rescousse, les policiers lui tirent dessus, sans aucun effet, les pompiers tentent de le brûler mais, le lendemain, la créature a doublé de volume. Au-delà de l'anecdote, Physarum polycephalum (son nom scientifique) semble immortel. Coupé en morceaux, il cicatrise en deux minutes. Ses seuls ennemis sont la lumière et la sécheresse. Le blob n'a pas de neurones, mais se montre capable d'apprendre et de résoudre des problèmes complexes comme trouver la sortie d'un labyrinthe. Il apparaît même doté d'une personnalité. Dénué de membres, il se déplace. Sans cerveau ni estomac, il parvient pourtant à maintenir un apport optimal de nutriments essentiels à sa croissance. Le hasard a mis le blob sur le chemin d'Audrey Dussutour, spécialiste des fourmis. Depuis, la jeune chercheuse toulousaine s'y consacre entièrement. Le blob révèle d'étonnantes capacités. Chacune d'elles ouvre une fenêtre sur notre propre espèce : mystère de nos origines, solutions pour prolonger notre longévité, améliorer notre nutrition. Le blob promet aussi un traitement plus efficace du cancer, une nouvelle méthode d'apprentissage... Il est temps de voir la vie et la science sous l'angle du blob ! 

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