Littérature traduite

  • Sur une place de Marrakech, un conteur relate l'histoire d'Ahmed, un homme au destin aussi troublant que fabuleux. Élevé dans le mensonge pour sauver l'honneur de son père, Ahmed n'a de masculin que le nom. Un sexe et une condition imposés qu'il finit par revendiquer : à vingt ans, il pousse le zèle jusqu'à s'unir à une fille délaissée, bientôt complice de sa vertigineuse descente aux enfers... Écrivain d'origine marocaine mondialement connu, Tahar Ben Jelloun est né à Fez en 1944. Il a écrit des romans, des essais et des recueils de poésie. Il a obtenu le prix Goncourt pour La Nuit sacrée en 1987 et le prix international IMPAC en 2004 pour Cette aveuglante absence de lumière, également en Points. « Une aventure qui semble sortie tout droit des Mille et Une Nuits. » J. M. G Le Clézio

  • Dans un pays ravagé par la guerre, deux enfants (des jumeaux) abandonnés à eux-mêmes font seuls l'apprentissage de la vie, de l'écriture et de la cruauté. Premier roman d'une émigrée hongroise installée en Suisse, Le Grand Cahier est également le premier volet d'une trilogie qui comprend La Preuve et Le Troisième Mensonge. L'uvre d'Agota Kristof est aujourd'hui traduite dans une quinzaine de pays.

  • En attendant le vote des bêtes sauvages. Le président Koyaga est un maître chasseur et un dictateur de la pire espèce. Au cours dune cérémonie purificatoire en six veillées, un griot des chasseurs et son répondeur lui racontent sa propre vie, toute sa vie, sans omettre les parts dombre et de sang. Koyaga est né dans la tribu des hommes nus. Il a fait la guerre dIndochine. Puis il a pris la tête de la République du Golfe en usant de la sorcellerie et de lassassinat. Accompagné de son âme damnée Maclécio, qui a vu en lui son homme de destin, il a parcouru lAfrique de la guerre froide, prenant des leçons auprès de ses collègues en despotisme. On naura guère de peine à reconnaître au passage Houphouët-Boigny, Sékou Touré, Bokassa, Mobutu pour ne parler que des non-vivants. De retour chez lui, grâce aux pouvoirs merveilleux que lui confèrent la météorite de sa maman et le Coran de son marabout, il triomphe de tous ses ennemis, déjoue tous les complots. Jusquau jour de la dernière conjuration où, sétant fait passer pour mort, il perd la trace de la maman et du maraboutAvec un humour ravageur et une singulière puissance dévocation, le récit mêle hommes et bêtes sauvages dans une lutte féroce, allie le conte à la chronique historique et renverse nombre didées reçues sur les relations étroites quentretiennent la magie et la politique mondiale.

  • La preuve

    Agota Kristof

    Dans un pays en guerre, deux jumeaux se séparent. L'un d'eux franchit la rontière, laissant l'autre désemparé, privé d'une partie de lui-même. Lucas semble voiloir se consacrer au bien. Quand Claus revient, trente ans plus tard, Lucas a disparu. Seule preuve de leur existence commune : la Grand Cahier.Agota Kristof (1935-2011), née en Hongrie, est l'auteur de "la trilogie des jumeaux" (Le Grand Cahier, La Preuve et Le Troisième Mensonge) traduite dans le monde entier.

  • Quel sera le sort de Fama, authentique prince malinké, aux temps de l'indépendance et du parti unique ? L'ancien et le nouveau s'affrontent en un duel tout à la fois tragique et dérisoire tandis que passe l'histoire, avec son cortège de joies et de souffrances.

    Au-delà de la fable politique, Ahmadou Kourouma restitue comme nul autre toute la profondeur de la vie africaine, mêlant le quotidien et le mythe dans une langue réinventée au plus près de la condition humaine. Dès sa parution en 1970, ce livre s'est imposé comme un des grands classiques de la littéraure africaine.

  • - On m'appelle Claus T. Est-ce mon nom ? Dès l'enfance, j'ai appris à mentir. Dans ce Centre de rééducation où je me remettais lentement d'une étrange maladie, on me mentait et je mentais déjà. J'ai menti encore quand j'ai franchi la frontière de mon pays natal. Puis j'ai menti dans mes livres. Bien des années plus tard, je franchis la frontière dans l'autre sens. Je veux retrouver mon frère, un frère qui n'existe peut-être pas. Mentirai-je une dernière fois ?
    - Je m'appelle Klaus T. Mais personne ne me connaît sous ce nom-là. Depuis que mon frère jumeau a disparu, il y a cinquante ans de cela, ma vie n'a plus beaucoup de sens. J'ai longtemps attendu son retour. S'il revenait aujourd'hui, je serais pourtant obligé de lui mentir.
    Après les horreurs de la guerre ( Le Grand Cahier ) et les années noires d'un régime de plomb ( La Preuve ), le temps serait-il venu d'ouvrir les yeux sur la vérité ? Mais la vérité ne serait alors qu'un mensonge de plus car "un livre, si triste soit-il, ne peut être aussi triste qu'une vie".

  • Chaïdana et les siens sont le jouet d'une violence sans fin : le Guide Providentiel fait régner sur le peuple de Katamalanasie sa dictature absurde et sanglante. Dans ce pays maudit, les vivants ont à peine le droit de vivre et les morts refusent de mourir. Les guerres, les croyances et les amours se succèdent, déroulant la fable visionnaire d'un monde bien réel.

  • * Dadou repousse les avances d'une de ses élèves mais sombre dans l'alcool en pensant à elle. Rejetée, la jeune fille se suicide. Dadou est accusé de l'avoir tuée. La foule en colère tue toute sa famille et l'envoie en prison, d'où il finit par s'échapper. Commence alors une vie d'errance particulièrement difficile. * Sony Labou Tansi est né en 1947 au Congo où il a vécu jusqu'à sa mort en 1995. Romancier, poète et dramaturge, il est l'auteur de six romans, dont La Vie et demie, disponible en Points, et d'une douzaine de pièces de théâtre.

  • Désobéissant à Samory, empereur de tout le pays mandingue, le roi de Soba, Djigui Keïta, n'a pas rasé sa ville à l'arrivée des troupes coloniales - sûr que la magie des ancêtres, la protection d'Allah et la muraille édifiée à la hâte suffiraient à repousser les «Nazaréens». Ceux-ci prennent donc Soba sans coup férir. Mais tandis que les griots chantent la gloire de Djigui Keïta et de ses cent vingt années de règne, le roi déchu s'enfonce dans une collaboration de plus en plus meurtrière avec l'occupant.Sous l'épopée tragique et dérisoire d'un peuple livré à la colonisation, perce la satire des Etats africains modernes livrés à leurs démons, et un réquisitoire aussi drôle que violent contre ces conformismes qui mènent parfois aux pires compromissions.

  • L'armée du salut

    Abdellah Taïa

    Dans la maison où il est né, au Maroc, le père a sa chambre, le frère aîné la sienne. Lui dort avec sa mère et ses soeurs. Cocon familial chaleureux et sensuel. Les enfants savent tout des amours de leurs parents. Mais, par pudeur, on n'en parle pas.Il est adolescent lorsque son grand frère l'emmène à Tanger. Premier voyage qui lui révèle la vraie nature de ses désirs. Il se prend de passion pour cet aîné qu'il vénère et qui, tombant amoureux d'une femme, l'abandonne à son désespoir.Il a vingt ans. Il débarque à Genève pour poursuivre ses brillantes études. Il a tant rêvé d'Europe, de livres, de cinéma, de liberté ! C'est la solitude qu'il découvre, loin des siens. Il est séduisant, il en joue. Dès lors, comment échapper à l'image d'objet sexuel que lui renvoient les hommes qu'il rencontre, y compris ceux qui veulent son bien ?Abdellah Taïa a écrit l'itinéraire d'un enfant de notre siècle, en recherche d'équilibre entre la tradition marocaine et la culture occidentale, entre le désarroi et l'ambition de réussir. Il brave les hypocrisies, à la fois cru et délicat, naïf et malin, drôle et émouvant.

  • Beyrouth, quartier de Marsad, 1964. Simone, la fille cadette de Chakib Khattar, un notable chrétien issu d'une lignée d'industriels du marbre, est enlevée par Hamid Chahine, bras droit de son père à lusine. Ce rapt amoureux tombe au plus mal pour Chakib, obsédé par la transmission de son patrimoine et qui, face à lincapacité ou à lindifférence de ses héritiers légitimes, a fait de Hamid plus que son homme de confiance : une sorte de fils spirituel. Mais lenlèvement tourne court, après que les deux amants ont tenté de se marier clandestinement. Contraint de chasser Hamid, Khattar voit progressivement se transformer le monde autour de lui. Durant les années suivantes, le Liban senfonce dans la guerre, entre 1975 et la fin des années 1980. Isolé, abandonné par les siens, le dernier seigneur de Marsad est désormais au cur des convulsions dun pays livré aux milices et au chaos.Le vent de lHistoire anime cette fresque romanesque, qui est aussi une fable sur la vanité de la puissance et du pouvoir.

  • Hier

    Agota Kristof

    Aujourd'hui recommence la course imbécile. Se lever à cinq heures, prendre le bus, pointer... Pour que demain soit différent, il faudrait qu'apparaisse enfin Line, la femme idéale dont rêve Sandor Lester depuis qu'il a quitté son pays natal. Alors, il y aurait un avenir possible dans lequel Sandor deviendrait écrivain sous le nom de Tobias Horvath. Mais ce jour-là, ce n'est pas l'avenir qui monte dans le bus. C'est Line, la vraie Line, surgie du passé...

    Avec la simplicité et la précision qu'on lui connaît, Agota Kristof raconte «l'histoire d'un grand amour impossible» et se livre à une réflexion aiguë sur le passage du temps et les injustices du monde contemporain.

  • C'est à Venise que le héros de Petru Dumitriu, Archange, est immortalisé par le divin Titien. Il devient l'Homme aux yeux gris et son regard reflète le mystère amer de l'éternel errant sur les routes du monde. Son périple commence à Tolède, où ses parents, parce que juifs, sont condamnés au bûcher. Contraint à la fuite, il suit avec sa bien-aimée Juana une troupe de mercenaires à travers l'Europe du XVIe siècle, déchirée par les guerres, enfiévrée par les idées de la Réforme et tenaillée par l'Inquisition. De l'Espagne aux Flandres, Venise et ses masques mortels, Malte et ses galères, où il connaît le calvaire de la chiourme, les contrées étranges de l'Orient, les rudes neiges de la Moscovie, le royaume trouble du Danemark, Archange est de tous les combats, de toutes les passions. Tour à tour esclave et confident des grands, il mène ses mille vies exacerbées jusqu'au terme de son destin douloureux et solitaire d'apatride. L'amour, la haine, la trahison, l'amitié, la cruauté et la pitié, Archange et son auteur nous entraînent dans tous les transports de l'âme et les vertiges de l'Histoire. Un roman d'action et de méditation, une épopée haletante, portée par un extraordinaire souffle romanesque.

  • Un destin funeste a voulu que Zina, lhéroïne de ce roman, soit conçue durant une nuit frappée de malédiction, « une nuit de lerreur » durant laquelle il ne fallait rien concevoir. Elle naîtra le jour de la mort de son grand-père. Ainsi ce qui devait être une fête fut un deuil. Frappée par le sort, maudite à jamais, elle sera un enfant, puis une femme en marge, celle par qui le malheur arrive. Zina fera de la cruauté sa façon dêtre au monde et se vengera des hommes captivés par sa beauté. « Les femmes sont cruelles, dira-t-elle, parce que les hommes sont lâches. » Zina semploiera à séduire puis à détruire ses amants. Trois lieux magiques, trois villes marocaines servent de décor à cette histoire : le Fès des années quarante, Tanger dix ans plus tard et Chaouen daujourdhui. Tahar Ben Jelloun met en scène plusieurs conteurs pour conjuguer les thèmes qui, depuis toujours, habitent son uvre : la violence des rapports entre lhomme et la femme, liberté « Comme par hasard, écrit-il, cest dans le désastre du monde que je me retrouve, dans les souffrances des innocents que je me reconnais. »

  • Iven Zohar est perdu. Radia, sa femme, l'attire et le fuit, dans un monde de lumières et d'ombres, peuplé de créatures menaçantes. Iven Zohar erre malgré lui dans ce monde inconnu, dont les métamorphoses sont aussi inquiétantes que le nouveau visage de son épouse. Radia n'est plus vraiment Radia. Une lueur de cruauté semble éclairer parfois son regard bienveillant. Mais comment lui résister ?Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) est le premier écrivain maghrébin à recevoir, en 1994, le Grand Prix de la Francophonie. Il est notamment l'auteur de La Grande Maison, Le Métier à tisser et Un été africain, disponibles en Points.« Mohammed Dib est l'un des écrivains qui ont su, à partir de leur identité nationale, s'élever vers une certaine idée de l'universalité. »Louis Aragon

  • Le maître de chasse

    Mohammed Dib

    Voici trois ans que l'Algérie a conquis son indépendance. Le préfet Waëd, idéaliste déterminé, entreprend de forger l'Algérie de ses rêves : un pays où règnent l'Ordre et le Progrès. Les fellahs et les maquisards, menés par le charismatique Madjar, nourrissent, eux, des rêves de partage et de fraternité. Au nom de la paix, Waëd va réprimer ces « agitateurs », dans une lutte démente et fratricide.Né en Algérie en 1920, Mohammed Dib a été instituteur puis journaliste avant de se consacrer à l'écriture de poèmes et de romans. Sont également disponibles en Points La Grande Maison, L'Incendie et Un été africain. Il est décédé en 2003.« Le romancier nous tient grâce à son écriture qui allie la légende, l'apologue et le roman d'action. »La Croix

  • Messaouda

    Abdelhak Serhane

    Prostituée, initiatrice, sorcière, Messaouda est un personnage de légende. Elle fait l'unanimité des désirs, et chacun la vénère comme une sainte. Dans un monde hanté par ses terreurs, elle incarne la liberté et la vie. Après sa mort, Driss répudiera son épouse, abandonnera ses enfants, s'en ira à la recherche de sexes pubères ou incrédules. Il ne tardera pas à trouver des matrices ouvertes à ses obsessions. Quant à son fils - le narrateur -, il apprendra l'atroce vérité sur la médiocrité de son père qui fut mêlé aux événements sanglants de la colonisation.

    L'extraordinaire violence de ce récit jaillit des souvenirs, des rêves et des fantasmes d'un jeune Maghrébin. Messaouda dit l'angoisse terrible d'une solitude, parmi d'autres solitudes. C'est le roman d'un peuple oublié, tapi à l'ombre d'une histoire silencieuse.

  • Le souffle dune vie naît dune rencontre entre un enfant devenu jeune adulte, Massyre, et un lieu, la Montagne Blanche, particulièrement apprécié par tous les conquérants venus visiter la Tunisie, y compris les frères protecteurs armés français. Le lieu est unique. Massyre est multiple. Il y a dabord ses sept surs et leur destin qui le regardent en silence, lui, le garçon, le huitième. Et puis, il y a ses huit métiers : suiveur de chèvres jusquà labattoir, chercheur d'Helix aperta, lescargot souterrain, vendeur de fruits sauvages, deau à la criée, de boissons gazeuses, négociant en journaux au kilo et fripier. Tout en commerçant, Massyre va à lécole puis à luniversité, fait une rencontre déterminante avec la problématique et lHistoire, et devient professeur au lycée de sa région natale. Mais, sauf à partir ailleurs, au-delà de la Montagne Blanche, peut-on enseigner le passé sur le lieu de sa propre histoire ?Saber Mansouri est né en 1971. Je suis né huit fois est son premier roman.

  • Si le premier livre, "Le champ des Oliviers", déployait le territoire d'une inscription concernant aussi bien l'histoire que la guerre d'Algérie, "Mémoire de l'Absent" restitue par et dans le langage la cassure mentale et sociologique d'un monde en pleine destruction.



    Récit de la vie d'Abdenouar, de ses rapports avec les membres de sa famille ou d'un lycée d'Alger ; mythe touchant aux origines de la constitution arabo-berbère du Maghreb, ce deuxième livre, par l'intermédiaire des personnages de Jidda - la Vieille - et du Récitant, enracine ses pages et son propos dans les plus lointaines données de la mémoire collective. Telle est l'importance du récit de la mort de Kahéna, prise, comme celle d'Abdenouar, dans l'étendue du langage de l'Outre, métaphore par laquelle sont signifiés le passage, l'abondance, et l'écoulement de la vie.



    Selon une lecture attentive, "Mémoire de l'Absent" est bien le deuxième livre de cette découverte du Nouveau Monde.



    Nabile Farès Né à Collo (Algérie) en 1940. Après avoir vécu en Espagne et en France, il enseigne actuellement à l'université d'Alger.

  • «Je m'appelle Azad Shero Selim. Je suis le petit-fils de Selim Malay. Mon grand-père avait beaucoup d'humour. Il disait qu'il était né kurde, sur une terre libre. Puis les Ottomans sont arrivés et ils ont dit à mon grand-père : Tu es ottoman, et il est devenu ottoman. À la chute de l'Empire ottoman, il est devenu turc. Les Turcs sont partis, il est redevenu kurde dans le royaume de Cheikh Mahmoud, le roi des Kurdes. Puis les Anglais sont arrivés, alors mon grand-père est devenu sujet de Sa Gracieuse Majesté, il a même appris quelques mots d'anglais. Les Anglais ont inventé l'Irak, mon grand-père est devenu irakien, mais il n'a jamais compris l'énigme de ce nouveau mot : Irak, et jusqu'à son dernier souffle, il n'a jamais été fier d'être irakien ; son fils, mon père, Shero Selim Malay, non plus. Mais moi, Azad, j'étais encore un gamin.»

  • "Exil de la pierre en ce monde. Où l'homme tue. Faisant voler la pierre, ou l'argile, là, au-dessus de nous, pour dire : Aucun lieu en ce monde... Aucun lieu... Que cette déflagration meurtrière de votre terre... Oui. Une peine à vivre. Qu'une folie à circonscrire... Qu'une mort à accomplir... Aucun lieu en ce monde... Votre pas et votre désir désaccouplés... Notre règne parmi les pierres, les herbes, et vos champs. Aucun lieu. Il n'existe aucun lieu en ce Monde." Telle est l'Inscription de ce livre où s'affrontent, en une jalousie "sauvage", Vie et Mort, Amour et Haine, comme Mythe ou Meurtre au-dessus du Monde. Ouverture des deux premiers livres "Yahia, pas de chance" et "Un passager de l'occident", à une parole de l'Amin, le Vieux Maître, celui qui commandait, au village d'en-Haut, la Migration de la guerre. Aucun Folklorisme : deux parties : dont la première, voilant le nom, "L'Ogresse au nom obscur", énonce une sorte de jouissance-dévoration des territoires culturels, depuis les paroles du Vieux Monde aux "consécrations" religieuses ou, plus directement, littéraires; la seconde "Les Grives au nom diurne" accentue le heurt des deux Mondes - Ancien/Nouveau - celui provoqué par la Révolution industrielle et les conquêtes impérialistes, en différents points, lieux, du Pays - Algérie - où dès 1850, puis un siècle plus tard (1954), s'affirmait l'Indépendance "autrement". La découverte du Nouveau Monde est l'incision contemporaine : Le "champ des Oliviers" est l'espace qui brûle autant soi, la terre, que le livre." Nabile Farès

  • Djemaï était un adolescent lorsque la fin de la guerre d'Algérie a mis sa ville à feu et à sang : attentats sanglants de l'OAS, départ en panique des Pieds-Noirs, armée française aux prises avec les nouveaux maîtres du FLN et les desperados de l'OAS. C'est la vision d'un enfant confronté à ces déchaînements de violence que donne Djemaï avec sa pudeur et sa tendresse habituelles.

  • Incognito

    Petru Dumitriu

    Incognito est l'extraordinaire récit d'une aventure intérieure, dans les tourbillons de l'histoire : une histoire roumaine - une histoire humaine.Petru Dumitriu nous entraîne aux côtés de Sébastien Ionesco sur les rives enchanteresses du Danube, puis dans les horreurs de la guerre et les passions révolutionnaires... Sur les marches du pouvoir, refusant le mensonge et l'imposture, Sébastien choisit le suicide social et politique pour mieux se retrouver : après une désespérante dégringolade jusqu'au fond des prisons et des camps de rééducation, il découvre la foi et le courage de résister.Incognito retrace le parcours initiatique d'un saint sans Église, sans credo, sans auréole, perdu dans la foule muette des opprimés et signe la victoire de l'homme sur la terreur totalitaire, sur le mal et la souffrance : un vibrant message d'espoir.Petru Dumitriu est né en Roumanie en 1924 et mort à Metz en 2002. Écrivain déjà célèbre dans son pays, il choisit la liberté en 1960. Il est l'auteur d'une oeuvre très importante, écrite en roumain, en français et en allemand : romans, théâtre, essais, traduits dans de nombreux pays. En 2005, les Éditions du Seuil ont republié L'Homme aux yeux gris.

  • Fils dun ministre déchu, un jeune Africain senfuit de chez lui, une ébauche de pays momentanément appelé Guien attendant confirmation. Le hasard le mène devant la consigne n°319 dune drôle de gare, dans une grande cité de la douce France. Comme bon nombre de métropoles européennes, Loug est une capitale africaine. Mais avec ces deux fleuves, sa presquîle de Perrache à la dérive, nest-elle pas le microcosme par excellence, ce monde en réduction doù lAfrique serait exclue, doù lAfrique sexclurait delle-même, réduite à ses rêves dauthenticité, de progrès, daffrontement et de réconciliation ? Étudiant en physiologie, livreur dappareils ménagers, militant don se sait trop quelle cause exotique, notre jeune intellectuel se voit chargé dalphabétiser les travailleurs immigrés. Ironie du savoir, Oncle Momo, Galant-Métro, Seyni Mboup et Cie nont pas besoin de ses leçons. Revers pédagogique, cest le militant scolaire qui se retrouve à rude école. Et nous voici conviés à une grande farce qui noublie pas le souvenir de Rabelais ni celui de Guignol : la farce de la politique, de lamour, des destins croisés, de la littérature

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